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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jeux de serrures en clay-motion

Auteur Sujet: Jeux de serrures en clay-motion  (Lu 1138 fois)

Hors ligne Say

  • Aède
  • Messages: 158
Jeux de serrures en clay-motion
« le: 29 février 2016 à 16:21:44 »
Encore un texte de mon réveil de plume de la fin 2015. Celui là c'est un petit texte sans prétention, écrit un peu pour le fun ! C'est parti !

*  *  *

  Clémence monta chaque marche quatre à quatre. Elle n'avait qu'une hâte : rentrer dans son appartement, faire la vaisselle, dormir puis manger. L'ordre importait peu, en fait. Son huitième étage n'était pas donné à tout le monde, et, arrivé au septième, elle du boire dans son intégralité une canette de boisson énergisante pour tenir le choc. C'est presque arrivé en haut, à peu près trois marches avant de poser le pied sur le palier, qu'elle plongea la main dans sa poche, pour ne rien y trouver. Elle n'avait pas ses clés sur elle. Une vague de détresse lui tomba sur les épaules. Elle rembobina toute sa journée dans son esprit pour essayer de comprendre où elle avait pu les laisser. Elle s'arrêta un peu en détail sur cette séquence, dans le métro, ou un inconnu avait plongé la main dans sa poche, en affirmant chercher un ami miniaturisé par une machine de son invention, qu'il avait perdu dans la nature. Sur le coup, Clémence n'avait été que compassion pour le pauvre homme. Maintenant elle commençait à se demander si il n'y avait pas un mensonge derrière toute cette histoire. Et un vol de clés. 
  Elle marcha, deux trois pas lents, et s'affala contre le mur, soufflant à peine un bonjour poli au Sphinx de la porte mitoyenne à la sienne. Elle resta écrasée cinq minutes, comme ça, à respirer et réfléchir à ce qu'elle allait faire sans pouvoir rentrer chez elle et sans  encore connaître personne à Paris. Elle était fatiguée, et n'avait pas envie de redescendre ce qui semblait un million de marches pour retourner dans ce monde plein de machines terrifiantes et/ou de voleurs de clés.

  C'est à ce moment là que Cléopâtre, la voisine de Clémence, arriva sur le palier, avec son air digne habituel. Cléopâtre était ce qu'on pouvait appeler une bricoleuse mystique. Elle fabriquait des choses un peu trop incroyables pour être mécaniques, et un peu trop réelles pour être magiques. D'où sa serrure particulière, même pour les standards de Paris. Elle s'était construit un Sphinx en guise de verrou, et l'avait placé devant sa porte. Il lui posait une énigme, elle y répondait, elle pouvait rentrer. La légende voulait que personne ne puisse répondre à ces énigmes, Cléopâtre mise à part. Dans la réalité, le Sphinx ne laissait surtout rentrer personne à part elle, bonne réponse ou pas.
  L'autoproclamée égyptienne jeta un regard con descendant droit en direction de Clémence, avachi sur le plancher, l'air terminée. Elle ne l'invita pas à rentrer boire un thé, de toute façon elle n'en buvait pas. Elle salua son Sphinx.
  « Bonjour Cléopâtre, répondit il. Réponds à mon énigme si tu veux entrer. Je n'ai pas de pattes le matin, quatre pattes le midi, et six pattes le soir. Qui – suis – je ? »
  A cet instant, quelque chose fit tilt chez Cléopâtre - ce qui donna à Clémence l'espoir avoir reçu un texto de compassion d'un de ses éparses amis, qui semblaient tous se moquer de son embarrassante situation -. Cléopâtre connaissait bien les énigmes du Sphinx, et elle trouvait généralement la réponse d'instinct. Mais là, elle n'avait AUCUNE idée. Gênée, elle chercha parmi les insectes, les mammifères méconnus, les oiseaux -sans trop d'espoir -... elle finit par essayer de trouver un concept qui pourrait correspondre. Le temps, Dieu, le néant… ? Rien ne marchait.
  Pleine de honte mais exténuée, elle finit par s'affaler contre le mur aux côtés de l'étudiante désabusée. Celle ci avait bien essayé de se prêter au jeu, en citant cette famille de chenille dont les pattes poussaient progressivement au fil de leur vie, mais on lui avait vite fait comprendre que si elle continuait de « participer », les choses allaient mal finir.

  Chacune des deux femmes était donc assise à côté d'une autre femme qu'elle n'appréciait pas du tout. Elles passaient un mauvais moment. Au bout d'un temps assez long pour commencer à ne plus avoir toute sa raison, Clémence commença à avoir des visions de flash-back. Un glissendo de xylophone lui fit apparaître une salle d'accouchement. Elle se revoyait, fraîchement née, devant sa mère à l'air saintemariemèrededieuesque. La phrase qu'elle entendit alors résonna avec caractère :
« Ma fille –-...De ta vie, jamais tu ne seras à la porte----...Car je te vais t'offrir ce nom —… Clémence ... »
  Boom. Fin du flash-back. C'était un très beau flash-back, et Clémence en fut très émue, mais pas le temps pour ça. Elle avait enfin compris le sens du pourquoi et du comment de son prénom. Elle se tortilla dans tous les sens et en arracha le préfixe.

  Mance entra chez lui avec soulagement, en laissant Cléopâtre derrière sur le palier, avec plaisir. C'est en passant devant le miroir de la salle de bain qu'il eu un choc. Sans son préfixe, c'était un homme. Et un anglais en plus. Il se surprit à penser en anglais, et à ne plus savoir aligner deux mots de français. C'était un problème. Feu-Clémence avait toujours particulièrement aimée être une femme, et si elle aimait raisonnablement bien les hommes, elle refusait catégoriquement d'en être un. D'autant plus un pas très beau. Et anglais -bon ça, encore, d'accord -. Il fallait que Mance se retrouve un préfixe, et au plus vite. Il pensa d'instinct aux quelques clémentines qu'il avait dans la cuisine. Non, quand même. Il n'allait pas se salir les mains, il lui fallait un nom propre. Sans trop réfléchir, il commença à penser à sa voisine. Pendant ce temps, un homme d'une taille minuscule était sorti de sa poche, et commençait à faire son nid dans son pot à sucre.

* * *

  Cléopâtre céda, et demanda un indice. Elle n'y tenait plus. C'est à cet instant qu'un type sortit de l'appartement de sa voisine, et s'en retourna assez vite.
  « D'accord. Indice, accepta le Sphinx. Ecoutez bien. Dans les six pattes du soir, j’inclus les fusilli vodka.
  Cléopâtre manqua de s'étouffer.
  «Grpl ? Attends, fils de coq, la réponse, c'est le marchant de pâtes fraîches en bas de l'immeuble?
Le Sphinx regarda vers la caméra.
« Hé oui, bien entendu. Le marchand de pâtes n'a pas de pâtes le matin, car il est ferm...
- Hola, arrête toi deux minutes, fils de chien. Pourquoi tu m'as répété sans arrêt le mot « pattes » alors que c'était le mot « pâtes » que tu voulais dire?
- Vous avez dû mal entendre, c'est tout.
  L'égyptienne soulagea ses nerfs en mordant un pan de bois qui dépassait du mur.
« Maintenant que j'ai la réponse, laisse moi entrer, vite.
- Je ne peux pas.
- Grrmblrn ! Pourquoi, bordel ?
- Vous n'êtes pas Cléopâtre. »

  Et c'était vrai. O'Patr se regarda, des pieds au torse. Ce n'était plus une grande dame égyptienne, mais un écossais bedonnant au poil roux. Il sonna chez Clémence, en désespoir de cause, mais celle ci ne comprenait plus l'anglais, et du, confuse, le laisser sur le palier.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Jeux de serrures en clay-motion
« Réponse #1 le: 02 mars 2016 à 22:35:43 »
Bonjour Say, premier texte que le lis de toi, et c'est complètement farfelu !

Elle n'avait qu'une hâte : rentrer dans son appartement, faire la vaisselle, dormir puis manger.
Moyenne, cette introduction, je dirais même plus qu'elle peut décourager quelqu'un de lire, dans le sens où on a l'impression que tu vas nous raconter quelque chose de non seulement très banal (ce qui n'est pas le cas bien sûr) mais en plus d'écrit de la manière la plus monocorde qui soit. Du coup, il vaut mieux revoir un peu le premier paragraphe pour donner un peu de profondeur à l'intro tout en gardant l'intention de départ. Ainsi, même si tu as voulu un effet de style qui aille du "normal" vers la surprise, je pense que tu devrais trouver quelque chose d'un peu plus fin.

Sinon, j'ai passé un bon moment, c'est vivant.

Et c'était vrai. O'Patr se regarda, des pieds au torse. Ce n'était plus une grande dame égyptienne, mais un écossais bedonnant au poil roux. Il sonna chez Clémence, en désespoir de cause, mais celle ci ne comprenait plus l'anglais, et du, confuse, le laisser sur le palier.
dut, au passé simple, sinon on se perd !!

 8) Bon, bah ! On se recroisera peut-être bientôt, alors à bientôt !

Hors ligne Say

  • Aède
  • Messages: 158
Re : Jeux de serrures en clay-motion
« Réponse #2 le: 13 mars 2016 à 18:47:36 »
Merci pour ta lecture et ton commentaire Alan !

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Moyenne, cette introduction, je dirais même plus qu'elle peut décourager quelqu'un de lire, dans le sens où on a l'impression que tu vas nous raconter quelque chose de non seulement très banal (ce qui n'est pas le cas bien sûr) mais en plus d'écrit de la manière la plus monocorde qui soit. Du coup, il vaut mieux revoir un peu le premier paragraphe pour donner un peu de profondeur à l'intro tout en gardant l'intention de départ. Ainsi, même si tu as voulu un effet de style qui aille du "normal" vers la surprise, je pense que tu devrais trouver quelque chose d'un peu plus fin.

Ha moi je crois que je l'aime bien cette introduction, parce que justement elle ouvre sur du "potentiellement normal", mais avec déjà plein de trucs bizarres dedans, comme l'ordre un peu anarchique de ses envies (qui, exténué, peut avoir hâte de faire la vaisselle en arrivant ?) ou le fait que Clémence doive boire une boisson entière de Redbull (ou autre) pour tenir le choc entre le septième et le huitième étage.

Mais je retiens ton commentaire bien sur, et j'essaierais de voir si je peux rendre cette entrée en matière plus efficace, sans trop en faire !

Citer
Sinon, j'ai passé un bon moment, c'est vivant.

Merci ! C'est un adjectif qui me fait plaisir :D !

A bientôt Alan !


 


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