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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La dernière heure de Sylvia Plath

Auteur Sujet: La dernière heure de Sylvia Plath  (Lu 722 fois)

Hors ligne Marcel Dorcel

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La dernière heure de Sylvia Plath
« le: 20 Octobre 2025 à 13:47:13 »
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" Oh ! Comme il est beau. On dirait une fille ! "
Par ces mots, on m'acueillit dans le monde. Quelques jours avant la mort de Sylvia.
Le grand hiver 1962-1963 .
Les on dit racontent que Marseille se serait réveillée sous 40 cm de neige. Un froid sec, cru et violent. Et à Barcelone, les gens mettaient les pieds dans la neige, comme s'ils pensaient que c'était du sable.
Tandis que je m'éveille au jour, Londres est également prisonnier du froid et sylvia prisonnière d'elle-même.
Quatre jours nous séparent, elle de sa mort, et moi de ma naissance.
Je viens de fêter mon quatrième jour. Sylvia, sa dernière heure.

" Et je suis une femme tout sourire
je n’ai que trente ans.
Mourir
Est un art, comme tout le reste.
Je le fais vraiment très bien."


- Pourquoi  ? Pourquoi ?

- Et toi, pourquoi tu bois ?

Que pouvais-je lui répondre avec mes quatre jours sur terre ?

Le plaisir se consume dans la mort. Quelqu'enfer, d'où qu'il vienne, nous rassemblera, nous ressemblera.

- Tu sais, Oliver. Je suis frigide. Je l'ai toujours été. Et j'ai peur. J'ai peur de la vie !

- Sylvia, je t'en conjure...le soleil est sur ta bouche, sur tes cheveux. Le feu du ciel ne nous mérite pas.
La dernière heure approche.

- Oliver, je ne le voulais pas. Cette force intérieure a décidé pour moi.

- Sylvia, je n'ai aucune passion pour la vie, sache-le...mais la limite de l'idéal a ses propres projets. Nous sommes, toi et moi, les ennemis du jour et de la nuit.

- Pourquoi le mystère, Oliver ?

- Celui qui rit de notre peau de fantôme ne devine pas la désillusion. Nous sommes deux. Un et ensemble.
En un seul être, il nous faut apprendre à mourir, à nous regarder mourir. Jusqu'à l'absurde, nous aurons pris la plume.
Je le sais Sylvia. Personne ne nous aura....écoutés.

Il y a un ailleurs dans lequel tout espoir est permis.

Je t'embrasse sans emphase, mon amie, ma soeur, ma mort.

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« Modifié: 20 Octobre 2025 à 13:52:44 par Marcel Dorcel »
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
Sacha Guitry

J'écris pour me taire
Philippe Léotard

Aime-moi, ou pas, mais je t'interdis de me juger.
Marcel Dorcel

Hors ligne BAGHOU

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Re : La dernière heure de Sylvia Plath
« Réponse #1 le: 20 Octobre 2025 à 16:54:44 »
Bonjour,

Souvent croisé, mais jamais arrêtée et puis aujourd'hui la curiosité m'a fait cliquer... :)

Waouh, c'est original, émouvant, sacrément bien écrit et je ne regrette pas cette visite. En quelques lignes tant de choses sont dites avec toute une ribambelle de sensations. Je me suis sentie un peu de trop dans cet hommage fraternel et pourtant les mots touchent et on ne peut s'empêcher de vouloir poser un énorme SI pour ce qui aurait pu être...

Bravo.
« Modifié: 20 Octobre 2025 à 20:10:09 par BAGHOU »
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

Hors ligne Marcel Dorcel

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Re : La dernière heure de Sylvia Plath
« Réponse #2 le: 20 Octobre 2025 à 17:42:37 »
Merci BAGHOU de ton passage.

Et pour te répondre très franchement:

" “Il n'y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage "


Henry David Thoreau

La capitale de la douleur ne s'éloigne jamais très loin de moi; elle me suit ou me poursuit.
Mais je ne me voile pas la face.
Je continue pour ce qu'il me reste...

Merci à toi et bonne continuation
« Modifié: 20 Octobre 2025 à 17:50:19 par Marcel Dorcel »
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
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Philippe Léotard

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Marcel Dorcel

Hors ligne HELLIAN

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Re : La dernière heure de Sylvia Plath
« Réponse #3 le: 20 Octobre 2025 à 19:17:39 »
  ce texte est d’une intensité poétique rare.
L’écriture est sobre, maîtrisée, bouleversé autant que bouleversante. Les ruptures de ton (Pourquoi ? Pourquoi ? / Et toi, pourquoi tu bois ?) ramènent brutalement à l’humain, comme un écho de douleur brute entre deux êtres au bord du gouffre.

Les références implicites au poème Lady Lazarus de Sylvia Plath (« Mourir est un art … ») ajoutent une   résonance littéraire et symbolique.

Cette narration atteint une forme d’universalité tragique :
la vie, la mort, l’art, la mémoire, tout s’y mêle.
C'est un texte très fort à la frontière du poème en prose et de la pièce symboliste.

Je kiffe un max…
 
cent fois sur le métier...

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
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Re : La dernière heure de Sylvia Plath
« Réponse #4 le: 20 Octobre 2025 à 20:58:35 »
Merci HELLIAN.

Je n'en dirai pas plus sauf que ce texte est très important pour moi.

Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
Sacha Guitry

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Marcel Dorcel

 


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