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17 Mai 2026 à 04:46:50
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Auteur Sujet: L'étang  (Lu 1282 fois)

Hors ligne Shendo

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L'étang
« le: 04 Septembre 2025 à 12:10:02 »
C’était un après-midi comme on n’en fait plus. Nous étions trois marmots qui frôlaient la petite délinquance et qui se jouaient de ces grands indécis de la vie : les adultes. Les adultes, nous ne les comprenions pas. Eux, non plus.

   Dans notre bande, il y avait Fred, le gentil Fred. Il est mort d’un cancer du pancréas il y a trois ans, m’a rapporté un vieil habitant du quartier des Batignoles, notre fief d’antan. Fred était un petit brun dont l’affection pour la nature nous rendait souvent perplexes. Il observait les grenouilles, la sève des arbres, les escargots… Un jour, alors que nous avions dérobé des caramels mous et des sucettes qui piquent dans l’épicerie locale, Fred était descendu de son vélo pour sauver un hérisson d’une mort certaine. « On peut pas le laisser là, l’ami ! Il va se faire transformer en pâté. »

   À côté, il y avait Marcel, le rondouillard. Marcel mangeait (il les avalait) du chewing-gum matin, midi et soir. Je suspectais même qu’il en mangeât la nuit. Sa femme est morte dans un accident de voiture, il ne l’a pas supporté et s’est donné la mort la veille de Noël. Il avait rencontré Emilie, sa future femme, lors de la messe dominicale. Lui qui ne croyait en rien. Il est finalement allé jusqu’à sa confirmation.

   Le troisième larron, c’était moi, David. Le nez à l’affût, je sentais tout ce qui vivait, et ce qui ne vivait pas. Ainsi, même de loin (depuis notre cabane par exemple), je savais par expérience que Fred avait tenté de sauver le dixième d’un chat écrasé et que Marcel mangeait cinq chewing-gum mentholés.

 Soixante ans plus tard, je tiens dans mes mains ridées le souvenir sépia, et pourtant coloré, de notre jeunesse. Bien que je ne parvienne plus à rétablir l’ordre de mes pensées, m’arrivent par bribes quelques odeurs, de lointaines impressions, un souffle apaisant de liberté.

   Je revois le parc dans lequel nous séchions assidûment les cours. Madame Thérèse, notre professeur principal au collège Eugène Delacroix, nous cherchait souvent. Nous préférions nous assoir sur un banc, vous savez, un de ces bancs craquelés où le temps nous semble affreusement long. Mais quelle joie ! C’était bien, quand l’après-midi semblait être une aventure dont nous définissions les contours au préalable, à la cantine, juste avant de partir par la porte d’entrée. Fred se dandinait, Marcel sifflait, et moi, moi je ne sais pas vraiment ce que je faisais. Je crois que je montrais des choses, toutes sortes de choses ; sans jamais pouvoir identifier ce que je nommais avec certitude, il m’arrivait, par de légers flottements, d’attendre une réaction de mes chers compagnons.

   Je me souviens de ce petit étang. Nous pensions que c’était un lac ! Je ris aujourd’hui. L’infirmière m’a vu, j’ai rougi. Mon fils me dit que je ne rougis plus. Comment est-ce possible ? Moi qui ai toujours rougi. Ce qui est amusant quand nous ne sommes pas plus haut que trois pommes, c’est que tout nous paraît très haut, très loin, très incompréhensible en somme. Et je crois que cet étang, où nageaient de discrets canards et flottaient des feuilles endormies, est la parfaite représentation de cet après-midi-là. Soixante années nous séparent, bon dieu ! Mais je suis sûr que l’herbe y est toujours aussi verte, que la terre enfouit toujours en elle de petits insectes et que la peau des arbres y est toujours aussi dure. À eux, qui ont tout vu de ce doux après-midi, j’aimerais leur demander tout cela.

   Marcel n’était pas un grand sportif, il détestait courir et s’appesantissait davantage dans les vestiaires. Il défilait en sous-vêtements en montant sur les bancs, sortait des toilettes en mimant les charmes d’une de ces actrices qu’on voyait dans les magazines de papa. Pour autant, il était devenu maître du ricochet. Aucun bout de silex ne pouvait lui résister ! Caillou des villes, caillou des campagnes… « Tu le prends, tu le jettes », qu’il me disait. Un jour, Marcel toucha un canard. C’était un beau lancer, pour sûr. Six rebonds ! Merci mémoire. On vit alors la bête se morfondre dans les eaux déjà froides de l’automne. Je crois que Fred avait versé quelques larmes. Il était sincèrement mal à l’aise. « Petit, petit… », appelait-il son camarade à plumes. La bouche de Fred émettait un clappement. Nous riions. Il cherchait son canard ! « Il a rejoint le paradis des canards, Fred ! T’obstine pas… » Toute l’attention de Fred était absorbée par ce canard. Mais quand, après avoir sonné l’infirmière, j’enfilai mes lunettes, je compris qu’il avait été interpellé par le reflet de nos trois jeunes silhouettes. Là, dans cette eau parsemée d’automne, vivait un monde parallèle. Un monde dans lequel tout serait bouleversé. Marcel n’aurait pas mis cette corde autour de son cou, Fred aurait eu une santé de fer. Quant à moi, où serais-je ? Pour sûr, à cet instant précis, je suis dans ce parc, et j’ai treize ans. Jadis, je croyais que les histoires que me racontaient maman n’avaient pas grand intérêt car les animaux de La Fontaine n’existaient pas. Sur mon lit d’enfant, je rechignais à saisir l’importance du message. Sur mon lit de mourant, j’ai compris bien plus de choses que durant toutes ces années. Soixante ans plus tard, j’aimerais que maman me lise une histoire. Peut-être celle de la tortue et du lièvre. Je ne sais plus très bien de quoi elle parle, je sais qu’elle me faisait du bien, qu’elle me réconfortait au creux de mon lit. Alors, j’ai posé mon vieux corps endolori au milieu de cette machine branchée. J’ai dû appeler l’infirmière, une gentille dame, parce que je ne savais plus très bien comment m’allonger. Et, bien que je n’aie jamais éprouvé un réel plaisir à lire ou à regarder un film, par exemple, j’ai ressenti le besoin inédit de me raconter une histoire. Mais l’infirmière arrive.

   Le lendemain, mon cerveau était complètement embrumé. Je n’ai pas eu la force de voir mes enfants. Ils ont dû partir. Le jour suivant, ou peut-être le jour d’après, j’eus la chance de profiter du grand air. L’infirmière, qui avait changé de visage et de cheveux, me conduisit dans les jardins. Surprise ! Je vis un espace d’eau. Immédiatement, je demandai à y accéder et à rester seul. Je remerciai l’infirmière en lui caressant la main.

   « Petit, petit… » Je vis Fred, le dos bossu, les mains sur les jambes, lesquelles étaient pliées de sorte à concentrer sa petite tête sur les profondeurs de l’étang.
— Fred, c’est toi ? lui demandai-je.
Il ne me répondit pas. « Petit, petit… »
— Fred, allons ! Réponds-moi…
— Qu’est-ce que vous en avez fait de mon canard ? Vous n’êtes pas possibles !
— Je… Je suis désolé Fred, on va le chercher, ton canard.
On fit alors le tour de l’étang. Mes recherches furent très minutieuses. Bâton en main, je soulevai les feuilles sous lesquelles le canard pouvaient se trouver. Je me penchai de plus en plus. Jusqu’à perdre pied, à tomber dans cette bulle d’eau. Je n’avais pas froid, j’y étais bien. Je pouvais respirer sous l’eau ! C’était un miracle ! Mais, au loin, se rapprochait dangereusement une espèce de typhon.    Il tournait à tout allure. J’espérai que le canard ne s’y trouvât pas. Soudain, l’étang me recracha.
— Ça va, vieux ?
Je n’étais toujours pas mort. Je sentis un coup sur ma cuisse.
— Hé ! Vieux, t’es là ?
Une odeur de chlorophylle me prit le nez. Marcel !
— Réveille-toi, quoi !
— Désolé, Marcel ! Je me suis endormi. Qu’est-ce que tu deviens ?
J’avais tout oublié.
— Hein ? Tu te fous de ma gueule ! Non, sérieux, viens voir à quel point la nana est belle sur le banc d’en face.
Marcel, discret dans l’âme, pointa du doigt une jeune fille. Elle avait en effet assise sa jupe proprette sur le banc situé de l’autre côté de l’étang. On n’aperçut que ses jambes découvertes, ses chaussettes blanches et ses ballerines noires.
— Elle est grave canon, non ?
— Oh oui, elle a l’air, lui dis-je comme pour le rassurer.
— Eh ben, c’est la fille qui va à la messe.
Ce fut elle, Emilie. C’est drôle, je ne m’étais jamais souvenu de ce moment. Je ne l’avais même jamais vue, elle, la petite fille de la messe dominicale. Elle était si sage, si gentille, si bosseuse ! Pour nous, qui étions si… insolents et menteurs.
 
 Tandis qu’il contemplait sa future femme, Marcel mastiquait son chewing-gum avec toujours plus d’entrain. Il fit de géantes bulles vertes. C’était la plus belle de ses bulles. Assez rapidement, elle engloba l’étang, notre reflet qui y jaillissait, ; Fred s’échappa sans que je ne puisse l’appeler. La bulle de chewing-gum nous prit au piège. Marcel, Marcel ! Inéluctablement, nous étions de nouveau séparés. Et puis… plus rien. Le néant total.

   L’infirmière, celle dont j’avais l’habitude, me réveilla doucement. Un peu comme maman le faisait. Maman… C’est toi ? Ce n’était pas elle. Je devenais fou. Quand j’ouvris mes yeux, j’entr’aperçus mon fils et ma fille. Ils étaient sur mon lit. Mes mains d’écolier avaient disparu. Je réclamai Marcel et Fred.

— Papa… C’est moi, Sophie.
J’insistai. Il fallait bien que je retrouve le canard de Fred !
— Tu étais aux jardins, papa. Tu es tombé.
Je crus reconnaître la voix grave de mon fils, Martin.
— Comment tu vas, papa ?
Que fallait-il dire dans ces moments de grande commisération ? Non… Je ne voulais plus être considéré comme le malade, que je savais que j’étais ! Ils me pensaient tous sénile. Oui, j’accusais quelques pertes de mémoire, mais comment ne pas succomber à la solitude qui enfermait mon esprit si vagabond ? Dans ces murs blancs où la mort guette chacun d’entre nous. Des numéros. Peut-être bien que l’infirmière connaissait mon prénom. Et après ? Qui d’autre ? Non… Retrouver le canard de Fred, ça, je lui devais bien. Et Marcel, de qui on se moquait à cause de son embonpoint, j’aurais dû lui dire haut et fort qu’il marierait la petite Emilie !
— Les enfants… Merci de me rendre visite. Je suis tombé. Cela arrive. J’aimerais vous demander un service.
— Papa, il faut rester au calme pour le moment, me rétorqua aussi net Martin.
— Attends… Qu’est-ce qu’il y a, papa ? De quoi tu veux nous parler ? ajouta, doucereuse, Sophie.
— J’aimerais retourner au quartier des Batignoles. Ce petit étang.
— On ne comprend pas, papa. Tu es tombé sur la tête, la maladie pourrait s’aggraver. Les médecins viennent te voir cet après-midi.
— Non, non… Non !
Je me sentais démuni. Face à mes propres enfants.
— Papa, Martin a raison. Pour l’instant, on ne peut pas t’emmener à l’extérieur. C’est pour ton bien, je t’assure. Si tu nous fais le plaisir de rester une semaine tranquille, je te promets que nous irons au quartier des Batignoles.
— Voir l’étang ? répliquai-je.
— Oui, voir l’étang.

   Je pris donc mon mal en patience. Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche… Mon dieu ! Que le temps est long. Je préférerais le passer sur mon banc craquelé. J’étais devenu incapable de lâcher cette photo de nous, de cet après-midi, à l’étang. C’était mon doudou. Entre-temps, les médecins m’annoncèrent que la maladie progressait. Mon cerveau toussotait un peu, et alors ? Je suis vieux ! Bon dieu, quelle est cette affreuse volonté de faire de nous des êtres humains en parfaite santé ? C’est aussi simple que ce que me disait Marcel au moment de jeter son bout de caillou : « Tu prends, tu jettes ». Dans ma vie, j’ai pris. J’ai été heureux. Maman est morte, ma femme est morte, mes voisins sont morts, même mon chat est mort. Quant à mes enfants, ils font leur vie désormais. Je ne m’en plains pas. Je voudrais juste voir mes anciens compagnons. Cette photo est mon dernier plaisir. Nous sommes en automne, les feuilles tombent des arbres, elles roussissent. Que c’est beau. Je les vois de ma fenêtre, et j’aimerais les caresser au bord de l’étang.

   L’infirmière plaisantait sur mon doudou chaque matin. Je ne le prenais pas mal. Un vieil homme pouvait avoir ses sensibilités. Elle me voyait compter les jours, la maline !
— Vous avez assez de doigts pour compter les jours qu’il vous reste avant votre balade, heureusement ! riait-elle en me frottant le torse. On aurait dit maman qui me réchauffait dans mon lit quand j’étais grippé.
— Vous les avez retrouvés, alors ?
— Qui donc ? demandai-je, avant même de tomber de sommeil.
— Fred et Marcel, vous les avez vus ?
— Ah ! Euh… non ! Je dois les revoir demain.
— Pensez à bien vous couvrir, il fait froid dehors.
— Sur cette photo, c’est nous trois, la petite bande. On était à l’étang, près du quartier des Batignoles, vous connaissez ?
— Non ! Vous me raconterez en revenant.
— Oh, je ne vous l’ai pas dit… Je ne sais pas si je reviendrai.
C’était le grand jour. Sophie m’avait rapporté écharpe, gants, manteau en laine, bonnet… Elle fit mes lacets.
— Papa, on a une heure, me chuchota-t-elle. Il ne faudra pas trop tarder, tu comprends ?
J’acquiesçai.

   Martin conduisait sa grosse voiture. Côté passager, je vis les routes, les autocars, les magasins, les feuilles ! On traversa une allée remplie de feuilles orange. Le ciel était menaçant, disait Sophie. Durant le trajet, je pensais à Marcel et Fred. Ils m’appelaient. Sur le poste de radio, Frank Sinatra chantait. On s’arrêta prendre de l’essence. Sophie gronda son frère. Dans cette station, je vis Fred acheter des sucettes qui piquent. Marcel se tenait à côté de lui, il avait des caramels mous dans les poches. Je souris.

   Le quartier des Batignoles s’offrait à notre vue. Les masures paraissaient plus déconfites que dans mon souvenir. Deux enfants jouaient au ballon, d’autres avaient la nuque baissée sur leur téléphone. Nous passâmes devant le collège Eugène Delacroix. Les grilles n’avaient pas changé. Peut-être un coup de peinture avait été donné, peut-être… Mais c’était bien par là d’où on sortait, pour sûr !
— Arrête-toi, Martin. Je vais dire bonjour à madame Thérèse.
— Papa, elle est morte.
Je clignai des yeux.
— C’était donc là que vous alliez au collège, avec Fred et Marcel ?
— Oh ! Nous y allions, parfois…
Plus loin, l’étang. Je posai mes deux pieds engourdis par terre. Quelle odeur ! Je sentais d’un côté l’arôme de cantine qui nous restait dans les manches de vêtements ; de l’autre, il y avait cette fraîcheur singulière de l’herbe mouillée. Les oiseaux pépiaient comme autrefois. Pour sûr qu’ils chantaient la même mélodie ! Les poubelles étaient toujours auprès des bancs ronflants, ceux-là mêmes qui avaient vu et entendu les rires, les blagues, les « à demain, les gars ! ». Nous marchions. Martin traînait le pas. Sophie me tenait le bras. La vie m’a montré que les coïncidences n’étaient que Dieu qui passait là par hasard. Et, le vieil adage, — en voici un plus vieux que moi —, se confirma. Tout était la copie parfaite de ce à quoi j’aspirais depuis tant de jours dans ma chambre blanche. Mes impressions, mes sensations, alors même que j’oubliais le visage et la voix de mon épouse, tout cela revenait à mesure que mes pas difficiles et fragiles marchaient dans l’empreinte indélébile de mon enfance.

   Me voilà au bord de l’étang du quartier des Batignoles. Flottait sur son drap lisse et calme un jeune canard. Il voguait en solitaire, dans un coin. Petit, petit… lui dis-je. Petit, petit…
Je vis bien que mes deux progénitures me regardaient du coin de l’œil. Qu’à cela ne tienne, si je suis fou autant l’être jusqu’au bout ! Le canard se mit soudainement à nager vers nous. Petit, petit… L’ami à plumes s’arrêta face à nous. Je me penchai, mais rattrapé par mon dos, Martin me reprit aussitôt. Je le sommai de m’aider à m’assoir. Au son de ma voix, il s’exécuta. J’allongeai ma main. Vous me prendrez pour un dingue si je vous disais que, celle-ci, reflétée par l’étang, était devenue subitement élastique, jeune, blanche, sans cet aspect mortifère qui l’avait rongée depuis bien longtemps. « Petit, petit… » Le canard demeura figé, nous nous regardions. Jusqu’à ce qu’il me tourna les plumes et repartit doucement dans son coin. Alors que je suivais scrupuleusement sa démarche, je sentis mon autre main être comme attirée. Non, elle était collée !

— Ah, les sales gosses. Tu as du chewing-gum collé sur ta main, papa.
Je ris ! Sacré Marcel, alors… Je rapprochai ma main de mon nez, et j’en sentis Marcel. Celui-là, tu ne l’auras pas avalé, mon grand. C’était mon escapade sensorielle. J’étais sorti du carcan dans lequel on m’avait placé. Nous restions là, assis tous les trois, au bord de l’étang du quartier des Batignoles, mes enfants et moi. Je pensai très fort à mes compagnons de route et repris la mienne.

Tout juste un an plus tard, Martin, le fils de David, désencombrait quelques cartons du grenier en vue d’un déménagement. Sophie, sa soeur, l’aidait.

— Sophie… Regarde.
— C’est quoi ?
— Tu te souviens pas de cette photo ? Papa nous en avait beaucoup parlé avant de partir.
— Oui ! Exact. C’est une belle photo. Et c’est quoi cette lettre ?
— C’est pas une lettre. C’est une sorte de texte. Je savais pas que papa écrivait.
— Il n’écrivait pas, enfin je crois pas.
Sur les marches du grenier, Sophie lut le texte avec grande attention.
— C’est… assez incroyable. Je ne le pensais pas aussi sensible.
— Ouais. C’est triste, je trouve.
— Non, je sais pas… Je crois qu’il a pris plaisir à écrire. Tu sais, avant mon départ aux Etats-Unis, avant que tu rejoignes les enfants dans le Sud, ce serait bien qu’on y repasse.
— Où ça ?
— À l’étang.

Martin n’y voyait pas grand intérêt, mais Sophie insista. Munis de la lettre et de la photo, les enfants revinrent sur les bords de l’étang du quartier des Batignoles. Ils s’assirent. De l’autre côté de l’étang, ils aperçurent trois enfants.
« Modifié: 04 Septembre 2025 à 13:18:50 par Shendo »

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    • Texte mi-long » Bestia ex machina : La Bête de l'évènement
Re : L'étang
« Réponse #1 le: 12 Septembre 2025 à 21:48:30 »
Salut, le texte est émouvant, le rythme est cohérent avec l'état du narrateur.

À côté, il y avait Marcel, le rondouillard. Marcel mangeait (il les avalait) du chewing-gum matin, midi et soir. Je suspectais même qu’il en mangeât la nuit. Sa femme est morte dans un accident de voiture, il ne l’a pas supporté et s’est donné la mort la veille de Noël. Il avait rencontré Emilie, sa future femme, lors de la messe dominicale. Lui qui ne croyait en rien. Il est finalement allé jusqu’à sa confirmation.
Si c'est bien Emilie qui est décédé d'un accident de voiture, tu devrais dire avant comment il l'a rencontré. Comme ça c'est beaucoup plus impactant je trouve quand tu décris comment ils sont morts. On passe d'un coup de  "Oh c'est mignon" à "Ah merde".

 


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