Bonjour Ser-metho
Dans le monde de l'édition comme partout ailleurs : le bluff est de rigueur et tu le sais ! Certes, je peux comprendre l'agacement qui touche un bon nombre d'entre nous : la pression à produire vite, les chalenges « écris 10 000 mots par jour », les "success stories artificielles"… tout ça peut donner l’impression que l'art de la littérature est de nos jours plus sujet à être "usiné" que peaufiné. Pourtant, je reste comme toi persuadé que moult auteurs en herbe s'attachent d'avantage à poster du texte en quantité élémentaire qu'à transmettre la valeur humaine qui ne se trouve guère qu'en soi-même.
Eh oui, beaucoup de livres écrits trop vite à grand renfort d'i.a. mal maitrisées manquent de souffle, de travail, de profondeur. Pourtant, il suffit de peu de talent pour que ce mélange de plusieurs réalités différentes se mue en satisfaction réellement partageable.
Écrire vite n’est pas un problème en soi. Écrire vite mais mal, oui ! Écrire bien mais lentement peut se discuter (quoique : écrire mal et lentement, ça existe aussi !) La vitesse n’est donc qu’un outil tant mental que matérialisé, qui demande à être habilement manié, pas un critère de qualité. Qu'on le veuille ou non, il y a des auteurs qui mûrissent un livre pendant dix ans et d’autres qui en sortent un par an sans perdre en exigence. Les deux approches sont légitimes. Ce qui importe, c’est la cohérence entre la méthode et le résultat.
Il est que néanmoins, la mise en scène de la productivité crée une illusion de maîtrise. Cela se rencontre partout. Et pas seulement en littérature ! Sauf que pour cette dernière, l’autoédition devient numérique et partant, elle souffre d’un foisonnement énorme. Ce qui rend la découverte de pépites de plus en plus aléatoire. Les principaux critères étant que le texte soit abouti, qu’il tienne debout (et ce : de bout en bout) et surtout qu’il touche le lecteur, la lectrice !
Alors, on n'y peut rien changer : si certaines personnes ont besoin de quinze ans pour ça, d’autres d’un an, d’autres encore, d’un mois ! (ça existe) ça prouve indubitablement que le temps n’est pas un gage de qualité mais seulement une dimension additionnelle.
Et puis, chacun écrit pour des raisons différentes : certains veulent vivre de leur plume, d’autres veulent créer un magnum opus, d’autres encore veulent simplement raconter des histoires où matérialiser leur modèle de pensée. Il n’y en a donc pas une seule raison qui soit valable, mais des centaines !
Pour ma part, j'ai voulu me prouver que j'en suis capable. ce fut donc un pari intérieur. Oh, bien sûr, comme nombre d'auteurs amateurs, je me suis pris à rêver d'édition à compte d'éditeur… Mais publier pour publier n’a aucun intérêt. À moins d'avoir su créer de bout en bout quelque chose de solide à offrir… Et surtout d'être connu… Or c'est bien connu : pour être dans ce cas il convient en premier d'être… connu !
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À présent que depuis longtemps le soufflé s'est dégonflé (et mes chevilles par la même occasion !) je préfère partager ici l'idée d'une littérature diverse, avec des rythmes différents, parfois juvéniles, voire puérils ou au contraire "murement muris".
Plutôt qu’a suivre à la trace un dogme unique : j'écris pour le plaisir — celui de la vitesse ou celui de la lenteur m'importent peu ! voire pas du tout !