Sous un ciel parfait
Frôlerait-il la douleur, timide, en silence,
Sur le sable tiède où dort un amour défait,
Perdu dans l’ombre azur d’une brève présence,
Où rouille un cœur dévasté sous un ciel parfait ?
Trompée par l'imparable et la mer insoumise,
La fleur s’est ouverte à peine aux flammes sans nom,
Puis s’est fanée seule, brûlée par une brise
Qui portait en profondeur un secret poison.
Aurait-il tu ses mots, rongé par la mémoire,
Avalé ses cris perçants dans l’eau qui recule…
Pour sceller ses élytres dans un noir couloir
Là où chaque battement le désarticule ?
Loin, la sirène pleure et berne dans la brume.
Sa complainte d’amertume appelle et rappelle
L’âme sœur enchaînée sous les baisers sans plume,
Que hante à jamais les spectres d’une étincelle.