Ce n’est pas de songer aux grands espaces, aux milliers d’années-lumière séparant les galaxies qui me donne le vertige, tout ça est trop abstrait, non, ce sont des choses plus familières. Tenez, je suis un grand amateur de tennis et c’est d’imaginer que bientôt, inévitablement, dans un avenir à l’échelle de nos vies se jouera la toute dernière partie. Dans quelles circonstances, suite à quelles évolutions de mentalités, à quelle catastrophe peut-être, je l’ignore, mais la chose est certaine. La dernière partie et puis plus rien, rideau. Mais bien pire, et tout aussi certain, on ne se souviendra de ce sport que l’espace de quelques décennies, au mieux de quelques siècles, et puis viendra l’oubli total. Rien ne subsistera, ni les lieux, ni les noms des champions qui s’y illustrèrent, aucun objet, aucune photo, aucun enregistrement pouvant y faire référence, plus rien vous dis-je. Vertige, oui, cela me donne le vertige. Le temps est un monstre qui ricane, sûr de son pouvoir.