[Ceci est un collage des paragraphes d'Aimer, belle Isidora dans Melmoth, l'homme errant de Maturin]
Aimer, belle Isidora,
C’est vivre dans un monde de douce illusion,
Où l’arc-en-ciel vomit des escargots d’argent,
Qui germent en une maudite présence maladive,
Où l’été devient apocalypse, l’hiver genèse,
Où jour et nuit se séduisent, Béhémoth et Léviathan,
Où société et solitude naissent jumelles.
Où l’air est son haleine, putride oxygène.
Où ses yeux, ces deux soleils montagneux,
Entretiennent la création.
Aimer, le plus violent de tous les oxymores,
Le mutisme en présence, l’Odyssée à l’absence.
Le rêve est déjà science, le cauchemar sera fragrance,
Rire au bleu de la nuit, pleurer de l’orange du soleil.
Aimer, c’est n’être que par ce qu’il est,
Nihilisme absurde, alliage volatile,
Qui fait naître l’un, et deux meurent.