Les oubliés
Quand viendrez en pitié les dimanches maussades
Nous visiter malades,
violacés et puants dans la tanière ultime,
cherchant à nos faciès une vie qui se mime,
Et nous verrez cloués en grotesques postures,
affublés de vêture
nous faisant pis que clowns , ne prenez pas chagrin
de nos masques affreux que même la mort craint.
Nous eûmes nos victoires, nos incandescences.
Nos corps furent de liane, habités des essences
qui vous font désirer.
Nos torses admirés
Comme ceux des statues, ont été enlacés,
Célébrés de baisers, nos lèvres embrassées
de féline manière
pardes louves altières.
Rangés, jambes nouées
à la chaise insulaire où nous sommes échoués,
Nous supplions en vain le cadran du couloir.
Nous avons beau vouloir,
Aucune heure ne goutte à l'aiguille qui vibre.
Un sirop de néant englue toute nos fibres
Et le regard béant vers la porte fermée,
Nous mouron étonnés d'avoir un jour aimé.