Cher Jeune homme (correspondance d’antan)
Le temps a passé, je sais bien que je vous avais blessé, mais aujourd’hui, je pense que les années ont adouci votre douleur ?
Enfin, j’ose l’espérer.
Votre jeunesse m’avait fait perdre la tête, voir la raison et vous qui ne vouliez qu’une aventure.
Vous viviez une torture, car au fil des jours, votre cœur, lui, battait d’amour.
Vous étiez tombé dans votre propre piège, vous mon beau troubadour au regard de velours.
Qui de nous deux fut le plus sage, ni l’un ni l’autre, car la passion nous dévorait corps et âme.
Nous avions vécu, là, une belle histoire.
Mais voilà ! Qu’un jour, ma raison fut plus forte que mon penchant pour vous, non, cela n’était pas sans douleur, mais sans nuls regrets, car vingt ans nous séparaient, l’aviez-vous compris, hélas, je savais fort bien, que pour vous, c’était impensable, car cela n’avait pas d’importance à vos yeux.
Cependant, un soir, ce dernier soir, de tendresse suivit d’un baiser d’adieu, je vous avais laissé là où notre amour était né, oui, je sais, combien vous avez souffert, votre cœur saignait laissant une larme sur le port d’Amsterdam où cet amour venait de mourir, la lune fut, elle, témoin de votre souffrance.
Vous m’aviez donné la fleur de votre jeunesse et je vous avait offert mon corps de femme, mes doux sillages, ce privilège gourmand de sensualité.
Cette missive, vous parviendra t’elle ?.
Dans l’attente de votre lettre attestant votre apaisement et votre pardon.
Peu importe votre réponse où alors votre silence, car cette anecdote fut un passage dans ma vie et la vôtre, or rien ne peut effacer l’histoire.
Car le ciel a immortalisé le dernier baiser de cet amour, sur le port d’Amsterdam.
Rien ne meurt, la dame à la rose rouge.
********************
Chère Belle dame à la rose (correspondance d’antan)
Votre missive m’est bien parvenu.
Mon cœur a fait un bon, madame, je ne pensais pas un jour recevoir de vous, une lettre, qui lors brouille ma vue.
Pourquoi aujourd’hui, réveiller en moi de nouveau, mes émois ?
Vous dites ne pas avoir de regret, Ô, j’en doute, pourquoi donc avez-vous pris la peine à m’envoyer cette lettre.
Je ne vous ai pas oubliée et vous non plus, vous ne pouvez le nier.
Ces moments charnels dans mon logis sous l’azur d’Amsterdam, sont pour moi Madame inoubliables, oui, je reconnais que je ne voulais pas d’attache et que je vivais d’aventure avec des femmes d’âge mur.
Or voilà qu’un jour vous aviez chamboulé ma vie, qu’alors chaque jour mes sentiments grandissaient sans que je ne puisse rien faire, contre cette prémisse, que voulez-vous, je vous aimais et je vous aimerai toujours, sachez le, madame, vous êtes ma rose éternelle.
Vous aviez fait de moi un autre homme, j’étais heureux.
Je voulais vous présenter à ma famille et peu importe, que fut leurs pensées sur notre différence d’âge.
Vous étiez pour moi ma douce fleur de vanille, c’était le parfum de votre chevelure, qui tombait sur votre belle cambrure, sensuelle, alors que vous saviez bien, je perdais pied, mon corps ne répondait plus de moi.
Je pensais que pour vous aussi, cela n’avait pas d’importance, j’avais trente ans et vous belle dame le bel âge de la maturité, quelle déconvenue fut pour moi, ce soir-là, vous m’aviez simplement anéanti, détruisant tout d’espoir de vivre avec vous, jusqu’à mon ultime soupir.
Votre bouche sur la mienne en ce beau crépuscule, n’avait plus qu’un goût amer, ce baiser d’adieu, mon Dieu ! Il fut telle, la brûlure d’un vampire aspirant mon âme dans les feux de l’enfer.
Non, Madame, le temps n’a pas apaisé ma douleur, cependant, je vous ai pardonné malgré la couleur du désespoir, qui donc habille encore mon cœur de noir.
Les années ont passé faites de larmes, oh combien amers sur l’oreiller ou vous aviez posé votre tête, je sens encore le parfum vanillé de vos cheveux.
Savez-vous, que chaque soir sur le port d’Amsterdam, je dépose une rose rouge en souvenir de vous, car voyez-vous, la passion brûle encore en moi, au flambeau d’une illusion.
Comme vous le dites, mon inoubliable déesse, ce baiser final qui me fit mal, est immortalisé sous la voûte du port d’Amsterdam, mais en moi, il demeure le feu de mes tourments.
Je vous prie madame de ne pas répondre à ce billet, car vous avez encore une fois fait couler mes larmes.
L’amant inconsolable.
Béatrice Montagnac