Comme « vagabonde » est un joli mot, comme il chante, s’envole, un mot de liberté, de départs joyeux, de jeunesse, un mot plein de lumière et de légèreté. D’où lui vient ce pouvoir ? Il faut l’analyser, le disséquer pour le comprendre.
« Va », tout d’abord, est une invitation à partir, à l’évasion. Puis vient « vague » si on y ajoute la deuxième syllabe, soit avec le sens d’errance, de rêve, ou celui, bien sûr qui se rapporte à la mer… nous nous évaderons donc sur un grand voilier qui nous attend dans quelque port tranquille… et comme il se prolonge par « bond », il bondira sur les vagues ce bateau d’aventure, et « onde » qui le termine confirme tout cela poétiquement. Mais il y a aussi en lui le mot « bonde »… lâcher la bonde, c’est se libérer bien sûr, faire fi des contraintes… Et tout cela dans la plénitude, l’abondance, puisque de surcroît, il y a en lui le mot « abonde ».
Qu’y a-t-il de plus beau que d’avoir « l’humeur vagabonde »… à 70 ans passés, puisque tel est mon âge, puis-je encore avoir cette disposition d’esprit ? quelquefois, quelquefois… furtivement, je vagabonde.