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06 Septembre 2026 à 05:09:53
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Pianiste

Auteur Sujet: Le Pianiste  (Lu 1038 fois)

Hors ligne Vilmon

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Le Pianiste
« le: 07 Janvier 2024 à 19:10:40 »
Tout n’est que noirceur autour de lui dans cette cacophonie qui assaille ses oreilles.  Assis sur ce siège d’autobus que les autres passagers lui ont cédé, il imagine ce qui l’entoure.  Les gens ne sont pas toujours aimables à son égard, certains tentent de lui jouer des tours.  Déplacer une chaise, éloigner son verre d’eau, lui voler sa canne lorsqu’il la laisse contre le mur pour trouver la monnaie exacte, lui faire des grimaces pendant qu’il essaie de leur faire face ou l’orienter dans la mauvaise direction.  Certains le croient stupide et pourtant il entend bien le léger crissement des pattes contre le carrelage, le cliquetis du verre lorsqu’il est déposé plus loin, le froissement de leur vêtement pour saisir sa canne, les doux giclements de leur langue et leurs lèvres en forçant leur visage ou les murmures des reproches pour la fausse indication.

Mais il y a plus.  Un petit quelque chose qui joue en arrière-champ, une mélodie dont les notes s’entrechoquent à la moindre malice ou mauvaise intention envers lui.  Il ne parvient pas à l’expliquer, c’est comme une musique à l’intérieur des éléments, des personnes autour de lui, une trame qui se modifie alors qu’il évolue dans cet univers sombre.  Certainement des ondes, toutes d’amplitudes différentes, de fréquences distinctes, mais très, très subtiles.  Il arrive à les discerner malgré tous ces bruits de circulation, le vacarme du marteau-piqueur que l’autobus laisse derrière, l’homme qui discute sur son portable à ses côtés, le grincement de la semelle trempée de la femme assise devant lui et le tintement métallique de la monnaie dans la caisse à péage près du chauffeur.  En ce moment même, il ressent un changement dans l’air qu’il respire, son arrêt approche.  Il appuie sur le bouton pour le signaler au conducteur, la clochette électronique le lui confirme.

– Comment faites-vous ? lui demande la dame devant.
– Je compte les arrêts, lui ment-il pour s’en débarrasser gentiment.

Des ondes lui parviennent, il comprend qu’elle fronce les sourcils.  Comment arriver au nombre exact alors que l’autobus ne s’immobilise pas systématiquement à chaque arrêt ? C’est sa manière de les rembourser de leurs mauvais tours.  Le moteur change de régime, la décélération lui décolle légèrement le dos de son siège, encore un petit moment.  Maintenant, il se lève en se cramponnant à la main courante, il arrive que des soubresauts sur les pavés troués le déséquilibrent, surtout ici, cet endroit n’a toujours pas été corrigé par la voirie.  Il promène sa canne au-devant pour éviter les obstacles et pour se créer un passage en frappant les pieds récalcitrants.  Il salue le chauffeur et descend avec difficulté, ses jambes ne sont plus aussi vigoureuses.  Arrivé à la dernière marche, il s’immobilise en sentant le souffle d’un homme tout près en face de lui.  Il lève la tête et feint de lui fixer son visage.  L’astuce fonctionne comme à plusieurs occasions, les personnes ressentent un malaise d`être ainsi dévisagé par des yeux dépareillés.  L’homme le laisse passer après quelques secondes, recouvrant un peu de sa politesse.

Il rejoint le trottoir et retrouve rapidement ses repères avec quelques passages de sa canne, il est au bon endroit.  Sitôt rassurer, il prend la direction du petit bar de blues où on le paie assez généreusement pour jouer et divertir les clients.  Son avancée est laborieuse pour éviter les gens pressés et qui le bousculent.  Son pas n’est plus aussi ferme qu’auparavant, mais il arrive tant bien que mal à se faufiler parmi tous ces gens indifférents.  Il entend le tintement des verres, les rires gras des alcoolisés, les palabres autosuffisantes, les exclamations féminines exagérées et, en arrière-champ, les notes du piano qui attend son retour.  Il sent un frémissement parcourir ses mains, un léger engourdissement au bout de ses doigts, une envie le ronge, il doit vite rejoindre cet instrument de musique.

– Bonjour, monsieur Jacobi, bien heureux de vous revoir, l’accueille le portier du Coco Blues Lagoon.
– Bonsoir, Charles, je crois que je vais faire un malheur ce soir, lui répond le pianiste.
– Comme toujours, monsieur Jacobi, comme toujours.  Oh ! Il y a dame Rosalie qui aimerait que vous passiez à sa table habituelle.
– Ah ! La roucoulante Rosalie est ici, je ne manquerai pas d'y faire un tour.
– Veuillez entrer, monsieur Jacobi, faites comme chez vous, votre piano vous attend.
– Bien aimable de votre part, Charles, il ne s’en fait plus comme vous.

Jacobi traverse le seuil de l’entrée principale et c’est comme s’il plongeait dans un océan vivifiant, cette atmosphère du Coco Blues Lagoon fait vibrer ses tripes.  Alors qu’il évolue à travers les tables, les chaises, les clients et les serveurs, son pas se fait plus léger, plus agile, plus souple.  Il replie et range sa canne dans la poche intérieure de son veston.  Tout est toujours aussi sombre, mais il avance comme un poisson qui nage et qui ressent le changement du courant à l’approche des rochers.  Des voix s'exclament de joie de le retrouver, quelques-uns lui serrent une épaule, une main ou lui frappent gentiment le dos.  Ces élans d’enthousiasme l’électrisent, cette énergie le revigore et d’un saut, il rejoint la scène où y trône son magnifique piano.

Il est accueilli par une profusion d’applaudissements et, comme à chaque fois, avant de prendre place sur le banc, il s'incline trois fois pour les remercier.  Il tend les mains et les bat pour apaiser son public en arborant un large sourire.  Alors que le brouhaha normal reprend vie, il s’installe à son piano et saisit le microphone placé devant lui.

– Mesdames et messieurs, c’est toujours avec grand plaisir que je vous retrouve ici, au plus merveilleux café de blues du comté, le Coco Blues Lagoon, déclare-t-il en empochant encore quelques acclamations.  Et ceux qui me connaissent bien savent que je ne commence jamais une soirée sans cet hommage à Billy Pop Cooper.

Quelques clients lui envoient des encouragements et le silence fait légèrement place pendant que le pianiste garde ses mains au-dessus des touches, doigts écartés, un recueillement avant de se lancer.  Il plonge avec agilité, il dévale accord après accord toute la gamme de haut en bas de l’instrument.  Il n’a pas besoin de partition, il ressent cette musique au plus profond de lui-même.  Elle ne cherche qu’à sortir du bout de ses doigts, à glisser sur les touches, à créer ces mélodies, des enchevêtrements de rondes, de blanches, de noires, de croches et doubles croches.  C’est comme si le monde s’arrêtait de tourner, tout son être se consacre à ce moment, cet unique instant pour lequel il joue du piano.  Comme un poisson dans l’eau, il retrouve son élément qui le fait vivre, qui lui insuffle une volonté incommensurable.  Il calme son entrain pendant que les clients acclament sa prouesse et reprend un air plus lent, plus sobre, avec une teinte de tristesse.  Il s’approche du microphone et d’une voix grave, un peu nasillarde, il leur chante l’hommage à Billy Pop Cooper.

The magic of Billy Pop Cooper was a bit strange
After so many years he never seems to age
Playing, he kept on smiling even when we change
He showed us the world even blind from early age

When Billy Pop Cooper sat and started to play
His magical notes never sounded the same way
You could hear the wind whistling through the fields of grain
You could smell the earth wetness after pouring rain

Alors que le pianiste entame le dernier couplet, un énorme souffle enflammé emporte tout.

***

Jacobi se relève avec une curieuse sensation.  Il cherche sa canne dans la poche de son veston et ne la trouve pas.  À tâtons, il avance et tente de retrouver ses repères.  Il entend à nouveau cette douce et étrange mélodie provenant de la trame du monde.  Elle lui semble légèrement discordante, truffée de fausses notes.  Il l’écoute avec attention et, mentalement, replace correctement la partition selon son souvenir.  La faible musique s’obstine et ne veut pas suivre ses ordres.  Elle tourne en rond comme un disque de vinyle rayé.  Il retrouve son banc renversé, il le remet sur pattes et s’y assoit pour se concentrer.  Cette fois, il pousse délicatement les inflexions de cette symphonie pour les ramener à leur position d'origine.  Tour après tour, il retouche la trame et elle redevient tranquillement cette harmonie dont il se souvient.  Il tend les mains et sens les touches réconfortantes du piano.  Il se prépare mentalement, sans remarquer le silence qui l’entoure au-delà de l’étrange mélodie.  Tenace, il reprend son hommage et termine avec le dernier couplet.

On the day when Billy Pop Cooper stops to play
His face was foreign and his eyes were far away
Cancer cut his dancing fingers on the piano
He left as the best player we will ever know.

Il clôture sa chanson avec une cascade étourdissante de notes, fier d’avoir pu compléter cet hommage.  Cependant, un seul applaudissement le récompense pour sa prestation.  Jacobi en est fort surpris et se retourne vers celui qui le félicite.

– Vraiment, je suis impressionné, lui déclare une voix sombre.  Toute cette voltige est digne d’un talent hors pair.  Indubitablement, c’est admirable, fabuleux et exceptionnel pour un simple mortel.
– Je ne saisis pas bien votre propos, lui affirme Jacobi, soucieux.
– Toute cette musique que vous avez replacée, moi-même, je n’aurai pu en faire autant.
– Ce n’est qu’une chanson banale à laquelle j’ai ajouté quelques passages accrocheurs.
– Non, non, elle est jolie cette chanson, mais je parlais plutôt de votre habileté à corriger l’univers.
– L’univers, murmure le pianiste, incertain.
– Bien sûr, voyez par vous-même, Jacobi.

Un voile sombre se soulève soudainement et Jacobi recouvre la vue.  Il admire les couleurs et les formes devant lui, les touche pour s’en assurer.  Il se relève et tourne sur lui-même pour tout absorber dans une grande inspiration de vision.  Il regarde et observe sans s’arrêter jusqu’à en être étourdi.  Une main lui saisit l’épaule et le stabilise, une silhouette difforme, sans contenance, sans profondeur et sans couleur.

– Pourquoi sommes-nous seuls ? réalise soudainement Jacobi.
– Parce qu’ils sont tous décédés, lui répond l’être à la voix sombre.  Un attentat, quelques explosions.
– Et vous, qui êtes-vous ?
– Eh bien, je suis la Mort.  Allons, ne soyez pas effrayé, ajoute-t-il promptement.  Vous n’avez plus rien à craindre.
– Et pourquoi ?
– Vous êtes mort vous aussi.

Jacobi est effaré et retombe sur son banc.  Il regarde tout autour de lui avec incompréhension, tend la main vers le piano et y joue quelques notes.  Il se retourne vers la Mort.

– Pourquoi suis-je ici puisque je suis décédé ? lui demande Jacobi.
– J’avoue ne pas le savoir moi-même.  Vous avez réussi à vous extirper du chaos, refaire votre environnement et vous créer une entité.  Je n’ai même pas ce pouvoir, je suis plutôt une force de destruction.
– Et qu’est-ce que je fais maintenant ?
– J’ai ma petite idée.  Vous êtes un excellent pianiste et il se trouve qu’il y a cet univers parallèle qui est légèrement déstabilisé.  Vous pourriez en corriger la trame et leur offrir un petit concert par la même occasion.

La Mort lui prend l’épaule et le convainc de le suivre.  Et dans un éclat de lumière, ils quittent ce Coco Blues Lagoon reconstitué.

Vimon
« Modifié: 11 Janvier 2024 à 18:44:00 par Vilmon »

Hors ligne Delnatja

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Re : Le Pianiste
« Réponse #1 le: 08 Janvier 2024 à 11:40:25 »
Bonjour Vilmon, je trouve ce texte excellent.
Je trouve que "de doubles, triples et quadruples croches" vient alourdir le propos.
Belle journée.
Michèle

Hors ligne Ji.Héllēn

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Re : Le Pianiste
« Réponse #2 le: 08 Janvier 2024 à 12:46:06 »
salut vilmon, enchanté.

j'ai aussi bien apprécié ton texte. les indices parsemés au début concernant
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
du narrateur nous accrochent, en nous donnant envie de confirmer l'intuition qu'ils suscitent. c'est réussi.

j'ai également beaucoup aimé
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
non franchement c'est un super texte. à la limite, j'aurais trois suggestions à te glisser pour le parfaire :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


au plaisir de te lire de nouveau !

bonne journée.

« Modifié: 08 Janvier 2024 à 12:49:23 par Ji.Héllēn »

Hors ligne Samarcande

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  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 918
Re : Le Pianiste
« Réponse #3 le: 08 Janvier 2024 à 16:56:18 »
Salut Vilmon,

j'ai bien aimé ton texte. J'ai trouvé particulièrement intéressant toute la représentation auditive. La vue est en général le sens privilégié pour raconter.

Quelques remarques tout à fait subjectives (à prendre ou à laisser)

Citer
Tout n’est que noirceur autour de lui dans cette cacophonie qui assaille ses oreilles.  Assis sur ce siège d’autobus que les autres passagers lui ont cédé, il imagine ce qui l’entoure.  Les gens ne sont pas toujours aimables à son égard, certains tentent de lui jouer des tours.  Déplacer une chaise, éloigner son verre d’eau, lui voler sa canne lorsqu’il la laisse contre le mur pour trouver la monnaie exacte, lui faire des grimaces pendant qu’il essaie de leur faire face ou l’orienter dans la mauvaise direction.  Certains le croient stupide et pourtant il entend bien le léger crissement des pattes contre le carrelage, le cliquetis du verre lorsqu’il est déposé plus loin, le froissement de leur vêtement pour saisir sa canne, les doux giclements de leur langue et leurs lèvres en forçant leur visage ou les murmures des reproches pour la fausse indication.
J'aime beaucoup le fait que tu n'aies jamais besoin de dire qu'il ne voit pas. Plus encore, tu lui attribues des sens supplémentaires, des capacités que les autres n'ont pas.


Citer
Mais il y a plus.  Un petit quelque chose
Tu as un double espace après le point

 
Citer
s’entrechoquent à la moindre malice ou mauvaise intention envers lui.  Il
Ici aussi double espace et dans les phrases successives également.


Citer
Il ne parvient pas à l’expliquer, c’est comme une musique à l’intérieur des éléments, des personnes autour de lui, une trame qui se modifie alors qu’il évolue dans cet univers sombre.  Certainement des ondes, toutes d’amplitudes différentes, de fréquences distinctes, mais très, très subtiles.
Très intéressant. On pense à une sorte d'intuition, un sens energétique pas très rationnel mais presque, sans se douter que c'est la clef du texte.
C'est très fin.

Citer
Arrivé à la dernière marche, il s’immobilise en sentant le souffle d’un homme tout près en face de lui.  Il lève la tête et feint de lui fixer son visage.  L’astuce fonctionne comme à plusieurs occasions, les personnes ressentent un malaise d`être ainsi dévisagé par des yeux dépareillés.  L’homme le laisse passer après quelques secondes, recouvrant un peu de sa politesse.
J'ai du relire plusieurs fois pour comprendre l'action. C'est lorsque les passagers s'engoiouffrent dans le bus san attendre que ceux qui doivent en descendre soient passés? Avec l'aggravante de ne pas céder le passage à un non-voyant?

Citer
Il salue le chauffeur et descend avec difficulté, ses jambes ne sont plus aussi vigoureuses.
 
Citer
Son pas n’est plus aussi ferme qu’auparavant
,
Je trouve ces deux phrases assez redondantes.

Citer
Il entend le tintement des verres, les rires gras des alcoolisés, les palabres autosuffisantes, les exclamations féminines exagérées et, en arrière-champ, les notes du piano qui attend son retour.
  C'est vraiment du détail, mais je trouve le passage en gras un peu caricatural. ça détonne avec le reste du récit qui est baucoup plus subtil.

Citer
– Comme toujours, monsieur Jacobi, comme toujours.  Oh ! Il y a cette dame Rosalie qui aimerait que vous passiez à sa table habituelle.
Pourquoi "cette" si c'est une habituée ?

Citer
– Ah ! La belle Rosalie est ici, je ne manquerai pas d'y faire un tour.
Pourquoi belle s'il ne la voit pas? J'aurais mieux compris un adjectif sonore que visuel, relatif à sa voix, son parfum...etc.

Citer
– Veuillez entrer, monsieur Jacobi, faites comme chez vous, votre piano vous attend.
– Bien aimable de votre part, Charles, il ne s’en fait plus comme vous.  Je vous remercie pour votre sollicitude.
J'ai trouvé ces deux dernières répliques presque de trop.

Citer
Jacobi traverse le seuil de l’entrée principale et c’est comme s’il plongeait dans un océan vivifiant, cette atmosphère du Coco Blues Lagoon fait vibrer ses tripes.  Alors qu’il évolue à travers les tables, les chaises, les clients et les serveurs, son pas se fait plus léger, plus agile, plus souple.

J'aime bien ce passage. La difficulté de la route en terrain inconnu disparait. Cela exprime très bien le sentiment d'être chez-soi.

Citer
Tout est toujours aussi sombre, mais il avance comme un poisson qui nage et qui ressent le changement du courant à l’approche des rochers.

Citer
Comme un poisson dans l’eau, il retrouve son élément qui le fait vivre, qui lui insuffle une volonté incommensurable.

J'ai trouvé un peu redondante la comparaison là aussi.


Citer
Il est accueilli par une profusion d’applaudissements et, comme à chaque fois, avant de prendre place sur le banc, il fait quelques courbettes pour les remercier. 
Pas fan du mot courbettes, que je trouve un peu servil. Il me semble au contraire qu'il n'y a que du respect entre son public et lui.

Citer
Il tend les mains et les bat pour apaiser son public en arborant un large sourire.  Alors que le brouhaha normal reprend vie, il s’installe à son piano et saisit le microphone placé devant lui.
– Mesdames et messieurs, c’est toujours avec grand plaisir que je vous retrouve ici, au plus merveilleux café de blues du comté, le Coco Blues Lagoon, déclare-t-il en empochant encore quelques acclamations.  Et ceux qui me connaissent bien savent que je ne commence jamais une soirée sans cet hommage à Billy Pop Cooper.

Quelques clients lui envoient des encouragements et le silence fait légèrement place pendant que le pianiste garde ses mains au-dessus des touches, doigts écartés, un recueillement avant de se lancer.

Toute la partie où il arrive au club et se prépare à chanter me semble un peu longue, un peu delayée. Il me semble que tu pourrais la condenser pour y gagner en intensité.

Citer
Il calme son entrain pendant que les clients acclament sa prouesse et reprend un air plus lent,
Il me semble qu'il y a beaucoup d'acclamation, d'applaudissements, de saluts. Je pense que tu peux simplifier sans perdre le sens que tu souhaites donner à ton texte.

Citer
il leur chante l’hommage à Billy Pop Cooper.
Un peu redondant, Tu l'avais déjà annoncé au paragraphe précédent.

Citer
La faible musique s’obstine et ne veut pas suivre ces ordres. 
peut -être ses ordres ?

Citer
il le remet sur patte
pattes

Citer
On the day when Billy Pop Cooper stops to play
His face was foreign and his eyes were far away
Cancer cut his dancing fingers on the piano
He left as the best player we will ever know.
Est-ce un texte à toi?


Citer
– Bien sûr, voyez par vous-mêmes, Jacobi.
même


J'ai pas mal chipoté parce que j'ai beaucoup aimé le texte.
Merci pour cette chouette lecture.



« Modifié: 08 Janvier 2024 à 16:58:24 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Vilmon

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Re : Le Pianiste
« Réponse #4 le: 11 Janvier 2024 à 18:15:49 »
Bonjour,

Merci d'être passé lire ce récit et merci à Delnatja, Ji.Héllen et Samarcande de m'avoir laissé un commentaire.

Delnatja
Merci !   ;D
Pour la suite de notes, j'ai voulu faire une énumération en progression.  C'est peut-être un peu trop long, je pourrait retirer triple et quadruple.

Ji.Héllen
J'aime bien mettre les choses en place au début du récit, laisser ici et là quelques propos qui semblent insignifiant, mais qui permet au lecteur de faire des liens plus tard dans sa lecture.  Un genre de petit puzzle. Je préfère bien placer l'environnement du récit et je prends note de ta suggestion à propos de la scène dans laquelle le pianiste s'approche du bar.  Je vais voir pour mieux l'encadrer afin de mieux la représenter.  ;)

Samarcande
Je dois relire ton commentaire plusieurs fois, il y a beaucoup d'éléments, autant en compliments qu'en suggestions pour améliorer le texte. D'abord, j'ai une manie de toujours mettre un double espace après un point.  Tu vois ?  J'ai appris à écrire comme ça.  ;)  La sortie de l'autobus n'est peut-être pas assez clairement décrite, je vais voir comment la rendre plus limpide.  On peut apprécié la beauté d'une voix, mais je comprends ta suggestion à propos de la belle Rosalie, ça pourrait mieux coller à sa perception du monde.  Quelques coquilles à corriger, merci de les souligner !

Pour la chanson en anglais, n'essayez pas de la retrouver ou d'identifier Billy Pop Cooper, ils n'existent que dans ce texte.  Je les ai créés de toute pièce pour ce récit.  ;D

Bien à vous,  :mrgreen:
Vilmon

 


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