Équinoxe d’automne, pleine lune, me dit-on…Un léger spleen s’est installé le temps de quelques heures. Hormones en totale émulation, peut-être…
Mettre les choses à plat, écrire sur le papier pour que les émotions ne s’évaporent pas et que je trouve les mots justes pour exprimer mes états d’âme. Question de survie. On en est tous là. Il faut lutter sans cesse pour exister. Et comme beaucoup, je cherche l’exutoire salvateur de mes souffrances. « Salva me, fons pietatis »…
L’écriture en est un. Couchées sur papier, mes souffrances s’amoindrissent doucement, comme apprivoisées. Mises en page, elles perdent de leur importance, et leur effet néfaste se dilue lentement pour atteindre une relativité tout à fait supportable. L’absolu n’est plus. Cela soulage, soigne, si çà ne guérit pas.
Le chant en est un autre. Mes notes s’envolent haut perché et libèrent mon corps d’une pression sans cesse retenue. Je rejoins les voix des anges et je leur souris. Le summum est de pouvoir faire vivre la musique hors du temps, dans l’écho d’une chapelle isolée de campagne ou de surprendre le dôme d’une église momentanément désertée. Et là, rien n’existe plus que mes harmonies épurées de tout accompagnement.
La parole fait aussi partie de mes libérations. Je dirais même qu’elle est souvent prioritaire. Je déverse alors des flots de phrases à celles et ceux qui veulent bien m’écouter patiemment. Leurs oreilles attentives et amicales me sauvent d’un destin qui pourrait être tragique. Je les en remercie.
Je ne sais comment font les personnes qui n’ont pas trouvé de dérivatifs à leurs peines. Peut-être n’ont-ils tout simplement pas de douleurs ? Mais je ne peux le croire. Je les imagine errants, transportant avec eux la lourde chaîne de leurs malheurs, ne sachant comment faire pour alléger ce poids.
Alors sachez, vous qui souffrez, que la parole, l’écriture, la musique ou tout autre forme d’art peut vous être salutaire. Étonnez ! Éblouissez ! Choquez ! Qu’importe ! Aimer, rire, pleurer, partager enfin les choses de la vie !