Quel chemin parcouru ! De la petite motte de terre sableuse sans envergure jusqu’à cet insondable abime.
Notre pieux chevalier s’était mis en quette de bâtir dans la plus pittoresque des cachettes, une fantastique retraite digne des places fortes des plus grands Rois.
Il exerça l'ingéniosité de son esprit et bâtit un splendide château de lumière. Son œuvre fut une merveille, un miracle, un véritable poème.
Mais les antiques Dieux païens, jaloux de sa gloire, décidèrent sa perte. Eole descendit de ses bourrasques, Poséidon surgit des profondeurs et Arès suspendit pour un temps son triste pèlerinage autour du monde. De concert ils usèrent de leur art pour borner l’horizon de cet ambitieux gentilhomme. Il se mire à danser et leur mouvement creusa une cavité de laquelle aucune lumière ne pouvait s’échapper.
Notre chevalier se trouvait pris au piège dans l’obscurité de sa propre création engloutie, devenue un sombre labyrinthe. Une pesante solitude l’écrasait et une souffrance sans fin le blessais jusque désespoir. Sa gorge piquât, ses larmes coulèrent. Des murmures insidieux résonnant dans les couloirs silencieux semaient doutes et tourments.
Il entendit des battements d’ailes. Cherchant autour de lui quelque rapace qui devait attendre sa mort il fut surpris par une douce clarté. « Panses tes plaies, lui dit un ange. Cette épreuve est une retraite méditative. Ces voyous possèdent un injuste pouvoir, mais ce ne sont que des coquins envieux. »
Il se mit à rire de bon cœur : cette consolation, c’est enfantin peu à peu il recouvra ses forces et son Envie. Il avait, pour échapper aux ténèbres, une véritable guirlande d’idées lumineuses.