Voilàààààà 
Thématiques de cette session* :
* j'ai changé la base de données de l'image pour varier les plaisirs
omer.mobi
romainvaleri Un numismate attendra deux tiers des putois.
thestoryshack.com An artist has limited time to prepare a rusting hulk. Events are destabilised by a secret revealed.
(traduction du web) : Un artiste a peu de temps pour préparer une carcasse rouillée. Les événements sont déstabilisés par un secret révélé.
Si j'avais su, jamais je n'aurais tenté l'expérience. Pour en savoir la raison, revenons en arrière.
Le 3 août de l'année 1492 un célèbre navigateur décide de partir à l'aventure. Non je ne vais pas vous raconter son histoire, mais la mienne quelques siècles plus tard.
Nous sommes en août 2013, depuis quelques mois je prépare une expédition pour retrouver des restes de navires perdus en Atlantique. C'est le grand jour, notre modeste rafiot est armé pour l'aventure. Mon ami Frédéric accompagné de Germain s'est joint à moi. Trois, trois fous qui poursuivent un rêve que d'autres pensent irréalisable. Mais nous avons la foi, cette foi qui soulève les montagnes, cette foi qui ouvre toutes les portes de l'irréel.
Germain largue les amarres, Pimprenelle prend le large, nous voilà sur la route du trésor. Oui, parce qu'évidemment tout ce qui intéresse l'équipage c'est ce fameux trésor qui est supposé avoir coulé avec toute la flotte. La houle malmène un peu la coque de notre tas de feraille, parce que c'est comme ça qu'il faut l'appeler. Il est rouillé de partout, ne ressemble à rien mais tant pis, il est solide je lui fais confiance : il nous amènera au bout de la Terre.
Les cales sont pleines de nourriture, pas d'escales obligées, des mois et des mois d'autonomie. Les rires fusent, les blagues aussi : d'ailleurs Germain a un peu la langue lourde. Ce n'est pas vraiment grave, après tout chacun est comme il est.
- Au fait Pito, pourquoi Pimprenelle le nom du bateau ? demande Germain.
- C'est en souvenir de ma jeunesse, tu peux pas comprendre.
- Sérieux, non explique !
J'hésite un moment, ça va encore créer une situation grotesque si je lui explique que je regardais Nounours à la télé ! Il est déjà assez lourd comme ça, sans lui donner de nouvelles raisons de se payer notre tête. Il m'agace, je me demande pourquoi Frédéric l'a amené celui-là.
- Pito ? Dis-moi, tu es sûr d'avoir chargé toutes les vivres en cale ?
- Tout était sur le quai, Germain devait se charger des dernières caisses.
Nos regards se tournent vers l'intéressé... Silence complet, ce qui est fort rare.
- Germain ? Alors ?
- Euh... J'ai oublié, se lamente-t-il en baissant les yeux.
Non d'une pipe ! T'es pas drôle ! Encore une de tes blagues à deux sous ! T'as mis où la caisse avec le mathos de plongée !
- Oh ! C'est toi le capitaine, t'avais qu'à tout vérifier avant de partir, moi je ne suis qu'un loufiat ! Je suis pas marin moi, je suis venu que pour le fric !
- Non mais sérieux, si tu veux le fric il faut d'abord le trouver, tu fais comment si t'as pas tout le mathos pour d'abord le trouver et ensuite plonger ? Explique !
- Ton rafiot rouillé ça m'étonnerait qu'il nous emmène au bout du voyage, il grince de partout, il y a de l'eau dans la cale, les moteurs pouffent d'essoufflement ! Tu vas où comme ça ? Je veux qu'on fasse demi-tour !
- Putain ! Mais t'as fait exprès pour qu'on rebrousse chemin ! Pourquoi ?
- J'ai pas à te le dire ! Je veux rentrer à terre !
- On ne rentrera pas ! Tant-pis on fera escale pour ravitailler.
A cette réflexion, Germain se redresse d'un bond, et entre dans une colère folle, me fonce dessus, me renverse au sol, me file des coups de savate, jusqu'à ce que Frédéric le maîtrise fermement à l'aide d'un cordage.
Attaché solidement, les questions fusent :
- Non mais t'es ouf mon pauvre ! Qu'est-ce qui t'a pris de tabasser Pito ?
Plus un son ne sort de sa bouche, fini les blagues. Il nous reste à prendre une décision rapide, que faire ? D'abord de lui, on ne peut pas le garder à bord et continuer le voyage, mais je n'ai aucune envie de faire demi-tour. Frédéric est tout aussi indécis que moi. Mais il faut nous rendre à l'évidence : sans matériel, avec un fada à bord. Sans compter qu'après un bref inventaire, il manque aussi des caisses de vivres, Germain a tout fait pour saboter l'expédition. Mais enfin pourquoi ? Cette question n'arrête pas de revenir dans notre conversation. Et cette histoire de fric, quel fric ? Nous ne sommes pas sûrs de trouver les épaves et de remonter les cargaisons !
En vue du port de départ, nos mines sont tristes. Le traitre n'a toujours pas dit un mot pour expliquer son comportement.
En débarquant, Germain ficelé nous le remettons aux mains des autorités, en expliquant notre histoire. Mais, rien... rien de répréhensible aux yeux de la loi, juste de la traîtrise il repart libre.
Déconfit, plus un sou en poche, mon beau rêve s'envole en volute de fumée.
Huit mois plus tard, alors que je traîne sur le quai je passe devant le Bar Maritime et là je vois Germain, accoudé au comptoir, hilare, tapant le bout de gras avec : Faustino ! Mon pire concurrent et mon pire ennemi ! La voilà l'explication, le fric ! il l'a payé pour bousiller mon expédition !
Demain, je réarme Pimprenelle et je repars, il ne m'aura pas cette fois...