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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Rêve lucide - Alterego (fantastique-horreur)

Auteur Sujet: Rêve lucide - Alterego (fantastique-horreur)  (Lu 1323 fois)

Hors ligne Ilyes

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Rêve lucide - Alterego (fantastique-horreur)
« le: 01 Mars 2023 à 14:25:24 »
Hello tout le monde !
Voici mon nouveau texte. N'hésiter pas à faire des remarque. Ça ne fait qu'un mois que j’écris alors toutes les critiques sont bonnes à prendre ! ^^

VERSION 2 PLUS BAS DANS LA PAGE



Pour celles et ceux qui souhaitent lire mes premières histoires c'est ici:

Billy (fantastique horreur): https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=41736.0
Faux semblant (horreur reflexion): https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=41759.0
Parfum macabre (fantastique): https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=41816.0

Bonne lecture !






Il était 3h du matin. L’heure à laquelle seuls les insomniaques ne dormaient pas. Pourtant, il y avait une femme dont la hantise était de voir ses paupières se fermer. Des dizaines de cannettes de RedBull recouvraient sa table basse : « Faut pas dormir Léa ». De la musique Hard Rock violente à fond dans ses oreilles : « Faut pas dormir Léa ». Elle avait même réussi à se procurer des seringues d’adrénaline qu’elle serait fortement dans ses mains : « Si tu t’endors, si tu rêves… t’es morte. ». Le regard fou, recroquevillée sur son canapé, la femme tremblait de terreur. Elle maudissait sa curiosité morbide. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle essaye ? Pourquoi avoir continué malgré les cris de son âme qui lui disaient de fuir ? A quel moment tout avait commencé à dégénérer ?

Léa était une jeune trentenaire pétillante passionnée de paranormal. Son esprit était particulièrement cartésien, mais toutes ces histoires de revenant, poltergeist et autres monstres populaires la fascinaient. On pouvait trouver dans ses abonnements YouTube des chaines d’urbex, des chaines de vulgarisation de sciences ésotériques, ou encore différentes chaines de conteurs de creepypastas et légendes urbaines. La plupart de ses amis la prenaient pour une dingue. Comment pouvait-on aimer se faire peur ? Quel plaisir tordu tout de même. Mais ce qui émerveillait Léa c’était la capacité de l’imaginaire humain à créer ces fantômes et ces comptes macabres. La noirceur bien contée avait quelque chose de poétique. Elle prenait plaisir à suspendre son jugement le temps d’une vidéo et se laissait croire que tout était vrai. Dans sa chambre, des posters de film recouvraient complètement l’un des quatre murs. Edward aux mains d’argent, Hellraiser ou encore Shining y étaient épinglés. La femme blonde avait aussi tous les livres du maître du fantastique Stephan King et du célébrissime Lovecraft.
Mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était mettre à l’épreuve les légendes urbaines. Surtout les rituels.
A 16 ans, elle s’essaya à plusieurs d’entre eux. Léa et son amie Margaux commencèrent par celui du Bloody Mary. L’histoire serait née au milieu des années 1960. Une mère aurait été assassinée, elle et son enfant, par un mari fou de jalousie. Lors de sa mort, elle se préparait à rejoindre son amant en se maquillant devant le miroir. Mais l’âme de la défunte, accablée de frustration et de haine, n’aurait jamais quitté notre monde. Il serait alors possible d’invoquer son esprit à travers un miroir. Un soir de vacances d’hiver, Léa et son amie se sont levées à 3h du matin. Elles prenaient deux bougies avec elles et se rendaient à la salle de bain. Là, dans le noir, elles posèrent les bougies allumées sur le lavabo, de part et d’autre du miroir. Il fallait maintenant prononcer le nom du spectre 13 fois. Les deux filles, le cœur battant, commencèrent à chuchoter « Bloody Mary…Bloody Mary…Bloody Mary ». L’unique fenêtre de la pièce laissait entrer d’inquiétantes ombres de dehors. La température semblait descendre à mesure que le nom était cité. Les amis se regardaient, frissonnantes, apeurées : « Bloody Mary…Bloody Mary…Bloody Mary… ». Leurs cœurs battaient fort maintenant. Trop fort. Puis le dernier Bloody Mary fut prononcé. Des cris de terreurs se firent entendre dans toute la maison. Les parents de Léa se levèrent d’un bond en criant le prénom de leur fille. Ils retrouvèrent les deux amies recroquevillées dans la salle de bain, en pleur. Plus tard, les petites filles comprirent que les traces sur le miroir avec l’apparition de la lune avaient créé un semblant de visage de femme déformé. Une simple et terrifiante coïncidence. Mais depuis ce jour, Léa voulait tester tous les rituels. C’était devenu son passe-temps.
Plus tard dans l’année, la petite blonde conviait quelques amis à une séance de spiritisme autour d’une planche de ouija. Léa voulait savoir si ce qu’elle avait vu dans le miroir était de la paréidolie ou vraiment le visage de Bloody Mary. Ses 3 amis et elle posaient leur index sur le verre retourné et tentaient de se laisser guider par l’esprit de la femme assassinée. Pendant quelques minutes rien. Puis le verre commença à bouger de lui-même. A ce moment-là, les lumières se mirent à s’éteindre et s’allumaient. L’ampoule grésillait. Les adolescents criaient à chaque fois qu’ils étaient plongés dans le noir. Puis, un hurlement roque terrifiant fit louper un battement de cœurs aux jeunes. Sauf Léa qui éclat de rire. Le hurlement venait d’un cinquième ami, complice, Fred. Il avait aussi coupé et allumé le disjoncteur de la maison faisant ainsi croire à une présence fantomatique.
Léa s’est amusée comme cela à faire peur et avoir peur avec d’autres rituels, des visites de maisons hantées et tout ce qu'Internet lui suggérait d’original.

Ces derniers temps, les vidéos YouTube que lui suggérait l’algorithme avaient un thème commun : le rêve. Une miniature en particulier avait capté son intention. On pouvait y lire l’intitulé de la vidéo « Comment faire des rêves lucides ». La belle trentenaire ne connaissait pas le concept alors elle fit un geste qu’elle regrettera pour le restant de son existence, elle cliqua sur la miniature. La vidéo se présentait comme la première d’une série de vidéos permettant de se réveiller dans son rêve. Elle était bien montée, accompagnée par une musique douce et mélancolique. Léa appris alors à son grand étonnement qu’avec de l’entrainement, il était possible d’avoir conscience que l’on rêve. Une fois cet état de lucidité acquis dans son sommeil, il devenait alors possible d’en prendre le contrôle et d’y faire absolument tout ce qu’on voulait. « Waow… » s’écria Léa, « Comment ça se fait que je n’entends parler de ça que maintenant ? ». Elle dévora le reste des vidéos et décida de commencer l’expérience le soir même. Apparemment tout le monde pouvait y arriver.

La première étape était d’avoir un bon état de sommeil. Pour cela, finis de regarder les écrans après 19h. Finis les nuits blanches et finis la mal bouffe. Il fallait aussi bien s’hydrater dans la journée. Ce n’était pas évident les premiers jours de se contraindre à ce point. Mais après une semaine passée, non seulement Léa dormait mieux, mais elle était de plus en plus en forme la journée. Elle qui d’ordinaire ne se souvenait d’aucun de ses rêves, certaines images vaporeux subsistaient à son réveil. La seconde étape consistait à prendre conscience qu’elle rêvait. Pour se rendre compte de cela, il fallait repérer un détail du rêve impossible dans le monde réel et s’y accrocher. La vidéo préconisait de regarder ses propres mains. L’aspect, le nombre de doigts ou la teinte de la peau seraient altéré. Un mois. Il fallut à la femme plus d’un mois pour prendre conscience qu’elle rêvait. Elle se réveilla en sursaut et s’écria : « Mais…Ça marche ! J’y crois pas ça marche vraiment ! ». Elle bondit de joie prenant conscience de toutes les possibilités qui s’offriront bientôt à elle. Il lui était encore difficile de se maintenir dans cet état de conscience en songe. Mais Léa était déterminée. Et après un autre mois d’effort, elle put enfin prendre le contrôle de son premier rêve lucide. Ses mains étaient translucides et laissaient voir des os argentés. Elle tendit le bras et toucha une barrière invisible devant elle. Il se brisa alors comme on brise une vitre et un cosmos infini apparut devant elle : des milliards d’étoiles scintillantes battant comme des cœurs, des nuages cosmiques aux dégradés de couleur inédit ; des comètes aux traînées bleues, cyans et violettes. Elle plongea alors dans ce monde merveilleux et vola d’astre en astre. Un sentiment de liberté extraordinaire l’emplit. Une joie immense et profonde jamais ressentie au paravent. Elle voulait rester ici pour toujours. A son réveil, la femme avait les yeux grands ouverts. Allongé sur le dos elle regardait le plafond blanc de sa chambre. Il semblait apercevoir son cosmos l’espace d’un instant. Comme si le réel et le rêve était unis. Un flot de sentiment parcourra son cœur. L’euphorie d’avoir vécu la plus concluante de toutes ses expériences. Mais surtout, la frustration de s’être réveillée.
À partir de ce jour, Léa passait de plus en plus de temps dans ses rêves extraordinaires. Ils étaient plus immersifs, plus complexes et beaucoup plus vrais de nuit en nuit. Elle a fini par créer un monde entier avec sa faune féerique, sa flore enchanteresse et ses paysages extraordinaires. Mais un jour, alors qu'elle parcourait son monde parfait, elle s'arrêta net. Son cœur se mit à battre fort. Des chuchotements presque imperceptibles se faisaient entendre. Des paroles incompréhensible et sinistre. Paniquée, Léa regarda dans tous les sens. Elle tendit l'oreille mais rien. Ironisant elle haussa les épaules et dit : « Bah, j'ai dû rêver. ». La journée qui suivit, la jeune femme blonde se sentait observée. Ce sentiment grandissait lorsqu'elle se retrouvait isolée. Quand arriva le soir, Léa seule chez elle fut prise d'une angoisse inexplicable. Elle se calma alors avec une bonne douche froide qui lui remit les idées en place. Elle regarda ensuite une série fantastique pour trouver de nouvelles idées pour alimenter son rêve puis alla se coucher.
Comme à son habitude, elle regarda ses mains pour prendre le contrôle de son sommeil. Mais cette fois, ils étaient sombres et difformes. La femme sursauta et manqua de se réveiller. Elle força sa concentration et réussi à recréer son monde en un instant. Mais, tout comme ses mains, le monde était amorphe. Puis Léa l'entendit de nouveau... ce murmure froid et incompréhensible de l'autre soir. Elle eut alors l'horrible sensation que son rêve lui échappait. Quelle était cette voix ? Quelle était cette intrusion ? Le chuchotement était de plus en plus fort. De plus en plus près. Le monde de son songe, affecté par ses sentiments, commençait à s'assombrir. Les créatures colorées et fantastiques avaient des visages humains terrifiants. La faune semblait habitée des ombres menaçantes. La température chuta. Léa frissonna. Paniquée, elle tenta de se réveiller de ce qui semblait devenir un cauchemar. « Réveille-toi ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! ». Une silhouette sombre apparue alors à quelques mètres devant elle. Une frustration et une rage profonde s'en dégageaient. L'envie de faire mal. De lui faire très mal : « Réveille-toi Léa ! Réveille-toi ! » Une sensation de chute la fit sauter de son lit. Elle transpirait abondamment. Son souffle était court. Ses yeux embués. Elle se prit la tête dans ses mains. Puis sursauta en criant. L'espace d'un instant, elle jurerait que ses membres étaient sombres et difformes.

La journée qui suivit épuisa mentalement la jeune femme. Ce sentiment d'être observé le suivait à chaque instant. Se retrouver seul insufflait en elle un sentiment profond de détresse. Lorsqu'elle passait à côté de coins sombres, elle croyait voir des animaux à visage humain arborant des sourires macabres. Mais le pire était cette ombre qu'elle voyait à la limite de son champ de vision. Une ombre persistante, qui fuyait son regard sans totalement disparaître. Le soleil commençait à sombrer derrière l'horizon. Léa, recroquevillée dans son lit, regardait dans le vide. Après toutes les blagues qu'elle avait faites dans sa jeunesse, aucun ami ne la croirait. Elle se leva alors et se posa devant son ordinateur. Elle chercha à comprendre pourquoi rêvait-on. Qu'est-ce qu'un rêve. Après quelques recherches sur Internet, elle découvrait des articles scientifiques et psychologiques expliquant que, d'un côté, nos rêves étaient des espaces où nos frustrations de la vie se déchargeaient, une sorte de thérapie nocturne. Et d'un autre côté, ils étaient aussi l'expression de notre moi profond, un espace cognitif où notre subconscient prenait le pas sur notre conscience. Un monde appartenant à cette part cachée de notre personnalité. La tête de Léa fut prise de frissons en lisant cette phrase. Un frisson de peur oui, mais aussi d'excitation. À travers, ses rêves lucides, avait-elle réussi a créé une sorte de passerelle entre elle et ce moi profond ? Entre sa conscience et son subconscient ? Elle regarda son lit, se leva et hésita. La curiosité qui l'habitait depuis toute petite, qu'elle cultivait depuis tant d'année, pris le pas sur sa peur. Après s'être préparée, elle posa sa tête sur l'oreiller et se laissa emporter par son sommeil.
Léa, consciente, ouvrit les yeux dans ce rêve. Elle était dans un espace totalement noir. Le vide de cet espace sombre l'écrasait. Elle suffoquait, complètement paralysé. Un rire commença à résonner dans les ténèbres. Un visage livide égerma du noir. Un visage figé dans un sourire cruel. Un visage aux yeux exorbités. Il se rapprocha lentement de Léa. La femme terrorisée ne pouvait ni fuir, ni crier, ni se réveiller. Le visage était si proche. Elle sentit une main invisible serrer son cou. Son cœur battait à en rompre sa poitrine. Ses yeux se révulsèrent. L'horrible face, défigurée par la haine, murmura une phrase. Léa mourait. Soudain, un bip familier et persistant brisa les ténèbres. Léa se leva en criant de toutes se force. Elle se débattait frénétiquement dans son lit. Les larmes coulaient de ses yeux rouges. Se rendant compte qu'elle pouvait de nouveau bouger, elle ouvrit les yeux. Elle était dans sa chambre et le réveil sonnait très fort. Elle resta un instant à regarder l'appareil qui indiquait 6h du matin. Elle le prit dans ses bras et pleura toutes les larmes de son corps. Elle s'était assurée avant de dormir de régler l'alarme avec le volume à fond.
La femme fatiguée allait dans la salle de bain en tremblant. Elle se débarbouilla le visage puis se regarda dans le miroir. Elle trembla de plus belle. Une marque rouge vif faisait le tour de son cou. Elle passa ses doigts dessus et vit alors son propre visage dans le reflet esquissait un sourire satisfait. Elle hurla et tomba au sol. Elle se précipita hors de la pièce et se recroquevilla dans un coin de sa chambre : « C'était qu'un rêve. Pitié. Pitié. C'était qu'un rêve. » Elle resta comme cela toute la journée, malgré les coups de fil de son patron, de ses amis. Figée, prisonnière de son esprit terrorisé. Voyant la nuit tomber, Léa se leva d'un bon, prenant conscience que tout ça risque de recommencer. Elle descendit à la supérette d'à côté et acheta des boissons énergisantes. Elle se rendit ensuite à la pharmacie où travailler Fred. Elle le supplia de lui donner quelque chose de fort, comme de l'adrénaline. Voyant l'état de son amie, il eut pitié et accepta de lui donner deux doses en cachette. La jeune femme embrassa son ami et reprit la route de chez elle. Un sourire étranger déformait son visage. Chaque ombre dans la rue était une menace. Chaque parole de passant un murmure crispant. Sa réalité se transformait sous ses yeux humides de regret sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle ne voulait rien dire par peur d'être prise pour une folle et être Internet. La nuit s'empara de la ville. La jeune femme anéantie passa une nuit sans dormir, buvant des cannettes de RedBull en matant des séries. Puis une deuxième nuit. La fatigue était intense, elle faillit s'endormir mais tenue bon. Puis viens la troisième nuit. Elle gaspilla sa première seringue ce qui lui fit tenir jusqu'à matin. Mais au cours de la journée, ses paupières se fermèrent quelques secondes. Léa, affolée, s'injecta la seconde dose. Arriva alors la quatrième et dernière nuit. Léa était allongée sur son lit, l'esprit brisé, le regard vers le plafond, un sourire sinistre incontrôlé étirant ses lèvres. Elle s'entendit alors répéter la phrase que lui avait murmuré le visage de son cauchemar : « Tu as pris ma place dans ma réalité, je prends ta place dans la tienne... ». L'espace autour d'elle s'assombrit.

« Modifié: 14 Mars 2023 à 14:22:36 par Ilyes »
Le mot que tu retiens est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître.

Hors ligne L.F.

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Re : Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #1 le: 01 Mars 2023 à 17:39:03 »
Bonjour Ilyes,

Je trouve que l'image de départ, celle du personnage qui a peur de s'endormir à cause de ses rêves, est bonne, et que tu amènes assez bien l'explication avec le détour par les expériences ésotériques. As-tu trouvé l'idée du "rêve lucide" quelque part, ou est-elle entièrement de son invention?

Ensuite - et c'est tout à fait normal je pense - ton texte a besoin de quelques relectures, il a encore des fautes de frappe (par exemple, dans le premier paragraphe : "Pourquoi a-t-il fallu qu’elle essayer ? ") et sans doute peux-tu encore l'améliorer sur la forme, ce qui est tout à fait normal, et encore plus si tu viens tout juste de te lancer dans l'écriture. Et je pense qu'il vaut la peine que tu continues de travailler dessus parce que, de nouveau, cette idée du rêve lucide et cette image de Léa effrayée à l'idée de se rendormir ont de quoi donner une belle nouvelle.

Je te poserai une seconde question : pourquoi ne pas développer les paysages des rêves de Léa ? C'est pour préserver la tension de l'intrigue ?

Hors ligne Ilyes

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Re : Re : Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #2 le: 02 Mars 2023 à 22:26:54 »
Bonjour Ilyes,

Je trouve que l'image de départ, celle du personnage qui a peur de s'endormir à cause de ses rêves, est bonne, et que tu amènes assez bien l'explication avec le détour par les expériences ésotériques. As-tu trouvé l'idée du "rêve lucide" quelque part, ou est-elle entièrement de son invention?

Ensuite - et c'est tout à fait normal je pense - ton texte a besoin de quelques relectures, il a encore des fautes de frappe (par exemple, dans le premier paragraphe : "Pourquoi a-t-il fallu qu’elle essayer ? ") et sans doute peux-tu encore l'améliorer sur la forme, ce qui est tout à fait normal, et encore plus si tu viens tout juste de te lancer dans l'écriture. Et je pense qu'il vaut la peine que tu continues de travailler dessus parce que, de nouveau, cette idée du rêve lucide et cette image de Léa effrayée à l'idée de se rendormir ont de quoi donner une belle nouvelle.

Je te poserai une seconde question : pourquoi ne pas développer les paysages des rêves de Léa ? C'est pour préserver la tension de l'intrigue ?

Salut ^^
Merci pour tes remarques @L.F. Je suis d'autant plus touché que tu soit en plus un écrivain publié. Félicitation ! ^^
Le concept de rêve lucide est réel. On peut avoir conscience qu'on rêve après un certain temps de travail. J'ai vu des vidéos dessus il y a longtemps et j'ai une amie qui sait en faire.
Tu as bien deviné, pour la partie rêve fabuleux, je ne voulais pas trop faire rêver le lecteur pour éviter de casser l'ambiance. Maintenir une certaine harmonie entre la partie expérience de rituel et début du cauchemars ^^
Le mot que tu retiens est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître.

Hors ligne Kalimero

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Re : Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #3 le: 03 Mars 2023 à 02:21:21 »
Bonjour Ilyes,

Je trouve que tu aurais dû amener crescendo le lecteur à découvrir l'horreur ou se plonge Léa en donnant plus de détails sur son univers onirique. Cela sonne un  peu discordant de ne le décrire qu'une fois sous forme de ''cosmos'' et ensuite avec des formes sombres. Il aurait fallu développer le ''moi profond'' de Léa pour créer plus de peur chez le lecteur !

Sinon quelques erreurs de conjugaison et de syntaxe, et aussi, tu devrait mieux aérer ton texte.

Mais tu as de très bonnes formulations, ton texte reste clair et bien rythmé.

 :potichat:
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Hors ligne Ilyes

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Re : Re : Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #4 le: 05 Mars 2023 à 20:42:12 »
Bonjour Ilyes,

Je trouve que tu aurais dû amener crescendo le lecteur à découvrir l'horreur ou se plonge Léa en donnant plus de détails sur son univers onirique. Cela sonne un  peu discordant de ne le décrire qu'une fois sous forme de ''cosmos'' et ensuite avec des formes sombres. Il aurait fallu développer le ''moi profond'' de Léa pour créer plus de peur chez le lecteur !

Sinon quelques erreurs de conjugaison et de syntaxe, et aussi, tu devrait mieux aérer ton texte.

Mais tu as de très bonnes formulations, ton texte reste clair et bien rythmé.

 :potichat:


Je suis entrain de retravailler le texte suite à ton conseil. En vrai, je suis d'accord. Il manque 2 ou 3 paragraphes. Mais je voulais poster mon histoire dans la catégorie texte court c'est pour ça que je me suis restreins.
Désolé pour les erreurs. Je prends beaucoup de temps à passer mes textes dans des correcteurs pour au final me retrouver encore avec des fautes... c'est frustrant lol
Le mot que tu retiens est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître.

Hors ligne Ilyes

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Re : Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #5 le: 14 Mars 2023 à 02:26:24 »
Voici le texte retravaillé. VERSION 2 donc. Il est plus long avec plus de détaille concernant l'Alterego. Je le trouve bien mieux ainsi ! Merci pour vos retours ^^
Bonne lecture !




Il était 3h du matin. L’heure à laquelle seuls les insomniaques ne dormaient pas. Pourtant, il y avait une femme dont la hantise était de voir ses paupières se fermer. Des dizaines de cannettes de RedBull recouvraient sa table basse : « Faut pas dormir Léa ». De la musique Hard Rock violente à fond dans ses oreilles : « Faut pas dormir Léa ». Elle avait même réussi à se procurer des seringues d’adrénaline qu’elle serait fortement dans ses mains : « Si tu t’endors, si tu rêves… t’es morte. ». Le regard fou, recroquevillée sur son canapé, la femme tremblait de terreur. Elle maudissait sa curiosité morbide. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle essayer ? Pourquoi avoir continué malgré les cris de son âme qui lui disaient de fuir ? A quel moment tout avait commencé à dégénérer ?

Léa était une jeune trentenaire pétillante passionnée de paranormal. Son esprit était particulièrement cartésien, mais toutes ces histoires de revenant, poltergeist et autres monstres populaires la fascinaient. On pouvait trouver dans ses abonnements YouTube des chaînes d’urbex, des chaînes de vulgarisation de sciences ésotériques, ou encore différentes chaînes de conteurs de creepypastas et légendes urbaines. La plupart de ses amis la prenaient pour une dingue. Comment pouvait-on aimer se faire peur ? Quel plaisir tordu tout de même. Mais ce qui émerveillait Léa c’était la capacité de l’imaginaire humain à créer ces fantômes et ces comptes macabres. La noirceur bien contée avait quelque chose de poétique. Elle prenait plaisir à suspendre son jugement le temps d’une vidéo et se laissait croire que tout était vrai. Dans sa chambre, des posters de film recouvraient complètement l’un des quatre murs. Edward aux mains d’argent, Hellraiser ou encore Shining y étaient épinglés. La femme blonde avait aussi tous les livres du maître du fantastique Stephan King et du célébrissime Lovecraft.
Mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était mettre à l’épreuve les légendes urbaines. Surtout les rituels.
A 16 ans, elle s’essaya à plusieurs d’entre eux. Léa et son amie Margaux commencèrent par celui du Bloody Mary. L’histoire serait née au milieu des années 1960. Une mère aurait été assassinée, elle et son enfant, par un mari fou de jalousie. Lors de sa mort, elle se préparait à rejoindre son amant en se maquillant devant le miroir. Mais l’âme de la défunte, accablée de frustration et de haine, n’aurait jamais quitté notre monde. Il serait alors possible d’invoquer son esprit à travers un miroir. Un soir de vacances d’hiver, Léa et son amie se sont levées à 3h du matin. Elles prenaient deux bougies avec elles et se rendaient à la salle de bain. Là, dans le noir, elles posèrent les bougies allumées sur le lavabo, de part et d’autre du miroir. Il fallait maintenant prononcer le nom du spectre 13 fois. Les deux filles, le cœur battant, commencèrent à chuchoter « Bloody Mary…Bloody Mary…Bloody Mary ». L’unique fenêtre de la pièce laissait entrer d’inquiétantes ombres de dehors. La température semblait descendre à mesure que le nom était cité. Les amis se regardaient, frissonnantes, apeurées : « Bloody Mary…Bloody Mary…Bloody Mary… ». Leurs cœurs battaient fort maintenant. Trop fort. Puis le dernier Bloody Mary fut prononcé. Des cris de terreurs se firent entendre dans toute la maison. Les parents de Léa se levèrent d’un bond en criant le prénom de leur fille. Ils retrouvèrent les deux amies recroquevillées dans la salle de bain, en pleur. Plus tard, les petites filles comprirent que les traces sur le miroir avec l’apparition de la lune avaient créé un semblant de visage de femme déformé. Une simple et terrifiante coïncidence. Mais depuis ce jour, Léa voulait tester tous les rituels. C’était devenu son passe-temps.
Plus tard dans l’année, la petite blonde conviait quelques amis à une séance de spiritisme autour d’une planche de ouija. Léa voulait savoir si ce qu’elle avait vu dans le miroir était de la paréidolie ou vraiment le visage de Bloody Mary. Ses 3 amis et elle posaient leur index sur le verre retourné et tentaient de se laisser guider par l’esprit de la femme assassinée. Pendant quelques minutes rien. Puis le verre commença à bouger de lui-même. A ce moment-là, les lumières se mirent à s’éteindre et s’allumaient. L’ampoule grésillait. Les adolescents criaient à chaque fois qu’ils étaient plongés dans le noir. Puis, un hurlement roque terrifiant fit louper un battement de cœurs aux jeunes. Sauf Léa qui éclat de rire. Le hurlement venait d’un cinquième ami, complice, Fred. Il avait aussi coupé et allumé le disjoncteur de la maison faisant ainsi croire à une présence fantomatique.
Léa s’est amusée comme cela à faire peur et avoir peur avec d’autres rituels, des visites de maisons hantées et tout ce qu'Internet avait à lui offrir d’original.

Ces derniers temps, les vidéos YouTube que lui suggérait l’algorithme avaient un thème commun : le rêve. Une miniature en particulier avait capté son intention. On pouvait y lire l’intitulé de la vidéo « Comment faire des rêves lucides ». La belle trentenaire ne connaissait pas le concept alors elle fit un geste qu’elle regrettera pour le restant de son existence, elle cliqua sur la miniature. La vidéo se présentait comme la première d’une série permettant d'apprendre à se réveiller dans son rêve. Elle était bien montée, accompagnée par une musique douce et mélancolique. Léa appris alors à son grand étonnement qu’avec de l’entraînement, il était possible d’avoir conscience que l’on rêve. Une fois cet état de lucidité acquis dans son sommeil, il devenait alors possible d’en prendre le contrôle et d’y faire absolument tout ce qu’on voulait. « Waow… » s’écria Léa, « Comment ça se fait que je n’entends parler de ça que maintenant ? ». Elle dévora le reste des vidéos et décida de commencer l’expérience le soir même. Apparemment tout le monde pouvait y arriver.

La première étape était d’avoir un bon état de sommeil. Pour cela, finis de regarder les écrans après 19h. Finis les nuits blanches et finis la mal bouffe. Il fallait aussi bien s’hydrater dans la journée. Ce n’était pas évident les premiers jours de se contraindre à ce point. Mais après une semaine passée, non seulement Léa dormait mieux, mais elle était de plus en plus en forme la journée. Elle qui d’ordinaire ne se souvenait d’aucun de ses rêves, certaines images vaporeuses subsistaient à son réveil. La seconde étape consistait à prendre conscience qu’elle rêvait. Pour se rendre compte de cela, il fallait repérer un détail du rêve impossible dans le monde réel et s’y accrocher. La vidéo préconisait de regarder ses propres mains. L’aspect, le nombre de doigts ou la teinte de la peau seraient altérés. Un mois. Il fallut à la femme plus d’un mois d'effort pour enfin prendre conscience qu’elle rêvait. Elle se réveilla en sursaut et s’écria : « Mais…Ça marche ! J’y crois pas ça marche vraiment ! ». Elle bondit de joie prenant conscience de toutes les possibilités qui s’offriront bientôt à elle. Il lui était encore difficile de se maintenir dans cet état de conscience en songe. Mais Léa était déterminée. Et après un autre mois d’effort, elle put enfin prendre le contrôle de son premier rêve lucide. Ses mains étaient translucides et laissaient voir des os argentés. Elle tendit le bras et toucha une barrière invisible devant elle. Elle se brisa alors comme on brise une vitre et un cosmos infini apparut devant elle : des milliards d’étoiles scintillantes battant comme des cœurs, des nuages cosmiques aux dégradés de couleur inédit ; des comètes aux traînées bleues, cyans et violettes. Elle plongea alors dans ce monde merveilleux et vola d’astre en astre. Un sentiment de liberté extraordinaire l’emplit. Une joie immense et profonde jamais ressentie au paravent. Elle voulait rester ici pour toujours. A son réveil, la femme avait les yeux grands ouverts. Allongé sur le dos elle regardait le plafond blanc de sa chambre. Elle semblait y apercevoir son cosmos l’espace d’un instant. Comme si le réel et le rêve était unis. Un flot de sentiment parcourut son cœur. L’euphorie d’avoir vécu la plus concluante de toutes ses expériences. Mais surtout, la frustration de s’être réveillée.
À partir de ce jour, Léa passait de plus en plus de temps dans ses rêves extraordinaires. Ils étaient plus immersifs, plus complexes et beaucoup plus vrais de nuits en nuits. Elle a fini par créer un monde entier avec sa faune féerique, sa flore enchanteresse et ses paysages extraordinaires. Elle avait pour habitude de contempler son monde du sommet de sa montagne de cristal. Mal grès le ciel noir rempli d'étoile blanche et de nébuleuse multicolore, le sol de sa Terre était aussi lumineux qu'en plein jour. À côté d'elle, Edward aux mains d'argent, un homme vêtu de cuire noir avec de multiples ciseaux à la place des mains, sculptait des blocs de glace. Se faisant, de la neige scintillante jaillissait et tombait sur les plaines en contre bas. Chacune des créatures ailées qu'il créait prenait vie et s'envolait dans le ciel noir devenant ainsi des comètes vivantes. Les plaines aux pieds des montagnes étaient recouvertes d'herbes argentées. Des créatures semblables à des chevaux aux crinières enflammées, arpentaient ses vastes étendues librement. Encore plus bas, des arbres aux branches rouges coiffées de feuille de lumière et des fleurs mystérieuses poussaient dans d'immenses jardins circulaires. Au-dessus de chacun de ses cercles luxuriants lévitaient de vaste coupole de verre et de métal précieux. Un grand sourire aux lèvres, Léa admirait ses terres merveilleuses. Elle se mit alors à voler au-dessus de son monde avant de s'arrêter net. Son cœur se mit à battre. Ses yeux s'écarquillèrent. Des chuchotements presque imperceptibles se faisaient entendre. Des paroles incompréhensible et sinistre. Paniquée, Léa regarda dans tous les sens. Elle tendit l'oreille, mais rien. Ironisant elle haussa les épaules et dit : « Bah, j'ai dû rêver. ».

La journée qui suivit, la jeune femme blonde se sentait observée. Ce sentiment grandissait lorsqu'elle se retrouvait isolée. Quand arriva le soir, Léa, seule chez elle, fut prise d'une angoisse inexplicable. Elle se calma alors avec une bonne douche froide qui lui remit les idées en place. Elle regarda ensuite une série fantastique pour trouver de nouvelles idées pour alimenter son rêve puis alla se coucher. Elle se réveillait dans son doux songe et en prit le contrôle. À peine avait elle rejoint sa montagne de cristal qu'elle l’entendit de nouveau. Le chuchotement de la veille, sifflant et inquiétant. Mais elle n'en était toujours pas à l'origine. Elle se concentrait alors pour le chasser de son rêve, mais rien. Elle se mit à imaginer de nouvelles espèces de plantes multicolores et chantantes pour couvrir cette invasion sonore. Mais cela ne faisait qu'empirer la situation. Elle ajouta des oiseaux majestueux aux chants magiques et envoûtants. Mais le chuchotement n'en était que plus fort. Elle constatât alors avec effroi que les étoiles dans le ciel commencèrent à s'éteindre l'une après l'autre. La jeune femme porta sa main à sa poitrine. Elle était en train de perdre le contrôle de son rêve. Elle sentait quelque chose de mauvais qui essayait d'imposer sa présence. Léa regarda l'horizon, là où le ciel et la terre se touchaient, et vit la dernière étoile s’éteindre. Un voile sombre tomba alors sur son monde. Dans ses ténèbres naissantes, la présence parasite grandissait. Les chuchotements se focalisèrent alors en une source devant elle. Une masse sombre se condensa, bouillonnante. Cet amas de chair obscure chaotique lui voulait du mal. Léa essaya de s’extirper de ce cauchemar de toutes ses forces. Des appendices sortirent de la masse menaçante et s'approchèrent lentement de la femme. Les chuchotements devinrent un cri strident et inhumain. Léa se boucha les oreilles de douleur. Les membres difformes de la chose touchèrent sa joue. Léa se réveilla alors en sursaut. Des sueurs froides coulaient sur son visage déformé par la peur. Son cœur battait si fort qu'elle l'entendait dans ses tympans. Elle restait un moment dans son lit, assise la tête dans ses mains. De longues minutes passèrent ainsi avant qu'elle ne retrouve totalement ses esprits. Elle se leva, se lava et prépara ses affaires pour aller travailler de manière mécanique. Sa journée passa rapidement.

On lui reprocha plusieurs fois de rêvasser au travail. Son mental était trop perturbé par la dernière nuit. Le ciel noir, les ténèbres, le chuchotement glauque et cette créature difforme... De retour chez elle, Léa prit une douche et alla se coucher sans manger : « C'est mon rêve. Mon rêve à moi. Mon monde que j'ai créé après des mois et des mois de sacrifice. Je ne laisserai rien ni personne s'en emparer ! ». Déterminée, la fille s'endormit petit à petit. Comme à son habitude, elle regarda ses mains pour prendre le contrôle de son sommeil. Mais cette fois, ils étaient sales et difformes. La femme sursauta et manqua de se réveiller. Elle força sa concentration et réussi à recréer son monde en un instant. Mais, tout comme ses mains, le monde était amorphe. C'est alors que Léa l'entendit de nouveau... Ce murmure froid et incompréhensible. Elle eut alors l'horrible sensation que son rêve lui échappait de nouveau : « Qui est là ? Qu'est-ce que vous voulez ? » Le chuchotement était de plus en plus fort. De plus en plus près. Le monde de ses songes, affecté par ses sentiments, avait presque totalement muté. Elle voyait ses créatures fantastiques se faire dévorer par des animaux cadavériques à visage humain. Les jardins, devenus d'épaisses forêts, semblaient habiter des ombres grognantes et menaçantes. La température chuta. Léa frissonna. C'est alors qu’apparus des yeux ronds injectés de sang. La jeune femme fut pétrifiée. Puis sous ses yeux terrifiant, un sourire épouvantable déchira les ténèbres accompagnées d'un rire sans joie : « Voleuse... ». C'était la voix la plus horrible que Léa n'ait jamais entendue :
« - J'ai jamais rien volé ! Va t'en !
   - Ce monde n'est pas le tien... Cette réalité ne t'appartient pas... Je vais te faire regretter ta suffisance. ».
La bouche de cette chose s'ouvrit démesurément. Dans un geste de survie, elle tenta de se réveiller de ce cauchemar : « Réveille-toi ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! ». Une frustration et une rage profonde se dégageaient de ce presque visage. L'envie de faire mal. De lui faire très mal : « Réveille-toi Léa ! Réveille-toi ! » Une sensation de chute la fit sauter de son lit. Elle transpirait abondamment. Son souffle était court. Ses yeux embués. Elle se prit la tête dans ses mains et pleura. Puis elle sursauta en criant. L'espace d'un instant, elle aurait juré que ses membres étaient sales et difformes. Le choc de cette hallucination passé, Léa se rendit compte d'un détail du rêve qui la fit frissonner : la voix dans son cauchemar lui était très familière.


La journée qui suivit épuisa mentalement la jeune femme. Ce sentiment d'être observée la suivait à chaque instant. Se retrouver seul insufflait en elle un sentiment profond de détresse. Lorsqu'elle passait à côté de coins sombres, elle croyait voir des animaux à visage humain arborant des sourires terrifiants. Mais le pire était cette ombre qu'elle voyait à la limite de son champ de vision. Une ombre persistante, qui fuyait son regard sans totalement disparaître. Le soleil commençait à sombrer derrière la ville. Léa, recroquevillée dans son lit, regardait dans le vide. Après toutes les blagues qu'elle avait faites dans sa jeunesse, aucun ami ne la croirait. Elle se leva alors et se posa devant son ordinateur. Elle chercha à comprendre pourquoi on rêvait. Qu'est-ce qu'un rêve ? Peut être comprendrait elle d'avantage son cauchemar avec les réponses à ces questions. Après quelques recherches sur Internet, elle découvrait des articles scientifiques et psychologiques expliquant que, d'un côté, nos rêves étaient des espaces où nos frustrations de la vie se déchargeaient, une sorte de thérapie nocturne. Et d'un autre côté, ils étaient aussi l'expression de notre moi profond, un espace cognitif où notre subconscient prenait le pas sur notre conscience. Un monde appartenant à cette part cachée de notre être. La tête de Léa fut prise de frissons en lisant cette phrase. Un frisson de peur oui, mais aussi d'excitation. À travers ses rêves lucides, avait-elle réussi a créé une sorte de passerelle entre elle et ce moi profond ? Entre sa conscience et son subconscient ? Elle regarda son lit, se leva et hésita. La curiosité qui l'habitait depuis toute petite, qu'elle cultivait depuis tant d'année, pris le pas sur sa peur. Eh puis si c'était vraiment son subconscient, il ne lui arrivera jamais rien de mal. Après avoir pris certaines précautions, elle posa sa tête sur l'oreiller et se laissa emporter par son sommeil.
Léa ouvrit les yeux dans son rêve. Elle était dans un espace totalement noir. Le vide de cet espace sombre l'écrasait. Comme si elle était aux tréfonds d'un océan abyssal. Elle suffoquait, complètement paralysé. Un rire commença à résonner dans les ténèbres. Un visage livide émergea du noir. Un visage figé dans un sourire cruel. La femme terrorisée ne pouvait ni fuir, ni crier, ni se réveiller. Le visage était si proche qu'elle en percevait enfin les détails. Et là, le temps fut suspendu. Elle reconnut ce visage. C'était le sien :
« - Qui es tu ? Balbutia Léa.
   - Tout ce que tu caches, tout ce que tu t'empêches de faire, toutes tes frustrations et actes manqués... Tout ce que tu n'es pas...
   - Qu'est ce que tu veux ?
   - Ce monde sous-jacent à la réalité est le miens. Tu as pris ma place dans ma réalité, je vais prendre ta place dans la tienne...
   - N'importe quoi ! Cria la femme terrorisée, tu n'existes même pas. Tu n'as pas de réalité ! Je suis la seul qui existe. Que ce soit dans mon rêve ou réveillée.
   - Oui, c'est ce qui te crie ta conscience afin que tu te fermes à moi. Mais tu n'es rien d'autre que la surface, rien d'autre que tu te laisses être. Au mieux la synthèse de ce que la moral, la société et la peur te laissent faire. Derrière ce voile de paraître existe le non-être, moi, bien plus profond et complexe que la conscience ne le saura jamais. Quand un choix multiple se présente à toi, tu ne choisis qu'une seul vois. Moi, j'explore alors toutes les autres. Quand la peur retient ta lange et tes poings, elle nourrit en moi des scènes plus cruelle qu'exquises. Je suis toi sans masque. Je suis la vrai Léa. »

La femme horrifiée sentit une main invisible serrer son cou. Son cœur battait à en rompre sa poitrine. Ses yeux se révulsèrent. Léa se sentit disparaître, happée par les profondeurs froide de son âme. Le non-être tremblait d'excitation sadique : « Oui...C'est bien. Sois la clef... » Le cœur de la femme s'arrêta un instant de battre. Ses yeux se voilèrent. Soudain, un bip familier et persistant brisa les ténèbres. Léa se leva en criant de toutes se force. Elle se débattait frénétiquement dans son lit. Les larmes coulaient de ses yeux rouges. Se rendant compte qu'elle pouvait de nouveau bouger, elle ouvrit les paupières. Elle était dans sa chambre et le réveil sonnait très fort. Elle resta un instant à regarder l'appareil qui indiquait 6h du matin. Elle le prit dans ses bras et pleura toutes les larmes de son corps. Elle s'était assurée avant de dormir de régler l'alarme avec le volume à fond.


La femme fatiguée allait dans la salle de bain en tremblant. Elle se débarbouilla le visage puis se regarda dans le miroir. Elle trembla de plus belle et se remit à pleurer. Une marque rouge vif faisait le tour de son cou. Elle passa ses doigts dessus et vit alors son propre visage dans le reflet esquissait un sourire satisfait. Elle hurla et tomba au sol. Elle se précipita hors de la pièce et se recroquevilla dans un coin de sa chambre : « C'était qu'un rêve. Pitié. Pitié, dites moi que ce n'était qu'un rêve. » Elle resta comme cela toute la journée, malgré les coups de fil de son patron. Figée, prisonnière de son esprit terrorisé. Voyant la nuit tomber, Léa se leva d'un bond, prenant conscience que tout ça risquait de recommencer. Elle descendit à la supérette d'à côté et acheta des boissons énergisantes. Elle se rendit ensuite à la pharmacie où travailler Fred. Elle le supplia de lui donner quelque chose de fort, comme de l'adrénaline. Voyant l'état de son amie, il eut pitié et accepta de lui donner deux doses en cachette. La jeune femme embrassa son ami et reprit la route de chez elle. Un sourire étranger déformait son visage. Chaque ombre dans la rue était une menace. Chaque parole de passant un murmure crispant. Sa réalité se transformait sous ses yeux humides de regret sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle ne voulait rien dire par peur d'être prise pour une folle et être internée. Le noir s'empara de la ville. La jeune femme anéantie passa une nuit sans dormir, buvant des cannettes de RedBull en matant des séries. Puis une deuxième nuit. La fatigue était intense, elle faillit s'endormir mais tint bon. Puis vint la troisième nuit. Elle gaspilla sa première seringue ce qui lui fit tenir jusqu'à matin. Mais au cours de la journée, ses paupières se fermèrent quelques secondes. Elle entendit alors des rires fous et des hurlements la traitant de voleuse. Léa, affolée, s'injecta la seconde dose. Arriva alors la quatrième et dernière nuit. Léa était allongée sur son lit, l'esprit brisé, le regard vers le plafond, un sourire sinistre incontrôlé étirant ses lèvres. Elle s'entendit alors répéter la phrase que lui avait dit le non-être de son cauchemar : « Tu as pris ma place dans ma réalité, je prends ta place dans la tienne... ». L'espace autour d'elle s'assombrit alors, et Léa tomba dans un sombre sommeil.
« Modifié: 14 Mars 2023 à 14:23:07 par Ilyes »
Le mot que tu retiens est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître.

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Re : Rêve lucide - Alterego (fantastique-horreur)
« Réponse #6 le: 22 Mars 2023 à 14:01:34 »
Bonjour Ilyes,

Je trouve cette version meilleure, rajouter un passage "idyllique" rajoute de l'épaisseur à la narration.

Je dirais qu'il te reste surtout à peaufiner les détails, c'est-à-dire les quelques coquilles qui restent, et les petites maladresses, par exemple
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



 


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