Hardcore comme la rafle du Vel-d'Hiv, un keffieh à Tel Aviv,
Comme le génocide de ceux qui portaient l'étoile de David.
Hardcore comme l'omission sélective, l'amnésie collective,
Un peu de censure, de sang sur les mains, pour un passé plus que limpide.
Hardcore comme une barque qui dérive, cent cadavres sur la rive,
Comme une mer berçant chaque soir les corps de ses enfants apatrides.
Hardcore comme un peuple affamé, trafic d'organes pour du fric,
Comme une favela enflammée, immolée par la flamme olympique.
Hardcore comme une rafale de missiles, six mois fermes pour homicide,
Comme une révolte, une guerre civile, on dit que la misère rend lucide.
Hardcore comme le viol d'un enfant de chœur sous la Croix de l'abside,
Comme un 11 S à N-Y ou un 11 M à Madrid.
Hardcore comme la droite de Tyson, comme la traite négrière,
Comme Bokassa 1er sur le trône, un bombardement sur un lieu de prière.
Hardcore comme une femme soudanaise et un jeune sénégalais
Qui quittent l'enfer et sa fournaise, atterrissent dans la Jungle de Calais.
Hardcore comme un brelan de Rois en 18 65,
Comme des robes blanches et des croix, 300 000 croisés en Terre Sainte.
Hardcore comme un gang au Séminaire, un gang bang sur mineure,
Comme un face-à-face entre les Asmat et la famille Rockefeller.
Hardcore comme une prière sans foi, comme un meurtre de sang-froid,
Comme un négrier qui sort son fouet et le fait claquer plus de deux cents fois.