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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » Jane Eyre (Charlotte Brontë)

Auteur Sujet: Jane Eyre (Charlotte Brontë)  (Lu 2218 fois)

Hors ligne Milora

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Jane Eyre (Charlotte Brontë)
« le: 13 Février 2013 à 21:35:40 »
Ça commençait mal : c'est typiquement le genre de livre que je n'avais pas envie de lire. Les gens qui vous parlent de Jane Eyre, en général ils vous disent "c'est un grand roman d'amour tourmenté, c'est beau, c'est romantique !".
Assez pour faire tourner les talons à la ptite Milora qui répond d'un air boudeur "je préfère quand y a des explosions et des vaisseaux spatiaux".
En plus, j'ai beau avoir adoré L'Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde, ça ne m'avait pas spécialement bien renseignée sur le livre et ça m'avait spoilé la fin. Du coup, par curiosité, j'avais envie de lire du Brontë mais pour aller voir en vrai ce qu'il y a derrière ce nom, plus que pour le livre lui-même.
Et puis on me l'a offert.
Et puis j'ai commencé à le lire.
Et puis, j'ai été très, très surprise.


(j'aime bien l'image, je trouve qu'elle montre mieux l'ambiance que les duos
sur fonds de champs fleuris qu'on trouve dans google image :D )

Bon, l'histoire, c'est celle - surprise - de Jane. Contrairement à ce qu'affirme la quatrième de couverture de cette ignoble édition qu'on m'a offerte, sur fond rose qui vous donne l'impression d'être en train de lire du Barbara Cartland, ce n'est pas vraiment une histoire d'amour, enfin, c'est plutôt un roman où il y a une histoire d'amour.
Mais, à mes yeux en tous cas, c'est surtout la vie de Jane. Orpheline désargentée et laide, adoptée de mauvaise grâce par sa tante qui ne lui donne aucune affection et lui mène la vie dure sur les plans psychologique et affectif, elle finit par être envoyée dans une institution d'éducation pour jeunes filles pauvres où les conditions de vie sont difficiles. Dix ans plus tard, lorsqu'elle atteint ses 18 ans, Jane décide de postuler comme gouvernante un peu au hasard, et se retrouve engagée bien loin de l'endroit où elle a grandi, dans la demeure isolée de M.Rochester, quadragénaire au caractère, euh, disons, légèrement instable, demeure où plane un mystère inquiétant.

Il y a pas mal d'autres péripéties, parfois classiques, parfois assez rocambolesques (voire peu crédibles sur la fin, mais bon  ::) ), mais surtout, ce qui est très prenant c'est les ambiances immersives : on se sent enfermé avec Jane dans la chambre rouge effrayante, on se sent vivre à Lowood et avoir faim quand le petit-déjeuner est immangeable, on se sent se promener dans les champs autour de Thornfield.
Le deuxième point, celui qui m'a le plus marquée, c'est l'intensité des personnages. Jane, Rochester, mais aussi des personnages périphériques comme la jeune Helen Burns, Mlle Temple ou, à sa façon, Saint-John, sont plutôt fascinants, tous dégagent une vraie force de caractère et ont une personnalité étrange. Jane, la narratrice, a constamment à coeur de comprendre les gens qui l'entourent, d'aller au-delà de la première impression qu'ils donnent, et Jane elle-même force au respect, avec son intégrité, sa fermeté de caractère, sa dignité, qu'elle assume totalement malgré constante infériorité : sociale, d'âge, sa laideur, sa condition de femme...
Le style aussi m'a surprise, parce que j'étais très bêtement restée dans l'idée que ce serait probablement un peu vieillot et guindé, alors qu'en fait c'est plutôt moderne (malgré quelques envolées lyriques un peu datées ici ou là, mais bon, c'est quand même les années 1840, quoi), très prenant, très immersif.

Cela dit, j'ai été davantage convaincue par la première moitié que par la deuxième : à partir du moment où Rochester la demande en mariage, dans un premier temps l'ambiance se désagrège, on perd un peu de vue les autres lignes de scénario pendant quelques temps : la relation avec la tante qu'elle déteste, les aspirations de Jane, etc ; et Rochester fiche un peu la trouille avec ses "quand on sera mariés, vous verrez si vous ne m'obéissez pas" :D. Et puis ensuite, quand elle s'enfuit, ça reprend les caractéristiques du début. La fin est quand même assez tirée par les cheveux à mes yeux. Le fait qu'elle tombe comme par hasard sur sa famille perdue et qu'elle les adore, et puis le happy end excessif qui laisse Harry Potter 7 loin derrière... Enfin, au fond ça ne m'a pas vraiment dérangée, parce que j'étais bien embarquée dans la narration et que ce sont juste des petits bémols, pas vraiment des défauts qui nuiraient à l'ensemble ou aux personnages.

Bref, j'ai beaucoup aimé  ::)
« Modifié: 16 Février 2013 à 10:42:15 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne LeBossu

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Re : Jane Eyre (Charlotte Brontë)
« Réponse #1 le: 13 Février 2013 à 21:41:09 »
Toi et Loïc, vous m'avez tuer ce soir, Emma et Jane Eyre coup sur coup pour un bisounours comme moi, s'en est trop.  :oxo:
Et alors ?

Hors ligne Loïc

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Re : Jane Eyre (Charlotte Brontë)
« Réponse #2 le: 22 Octobre 2016 à 10:17:55 »
Lu !

Ça m'a pris un peu de temps (car en anglais).

J'ai bien aimé. En partie parce que je me suis pas mal identifié à Jane (bonjour, je ne sais pas déchiffrer les signes !) et que c'est un peu l'histoire du syndrome de l'imposteur.
Aussi parce que ça se lit plutôt bien tout seul, alors qu'au final il ne se passe pas grand-chose de vraiment actif, à part quelques scènes.
Puis une histoire dont les persos sont pas magnifiques, ça change :mrgreen:
"We think you're dumb and we hate you too"
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


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