J’ai dû arracher mon cœur en offrande
A des dieux trop cruels. Un sacrifice
Pour entreprendre la suite d’un édifice
Que ma nature, violemment amende !
Mon organe fumant, palpite pour l’albédo.
Mon âme d’enfant fuyant sur un radeau
Vogue vers les îles éthérées, mon guide
Silencieux, porte un linceul et reste placide.
Au loin les cyprès font des ponts.
Leurs racines, des démons ?
Leurs branches, des anges ?
Ai-je ici, quitté les fanges, pour les fanges…
L’eau est noire comme le gouffre
Sur l’enceinte ancestrale,
La mer sonne le râle
Et le cri du vent s’étouffe.
Quels sont ces arbres qui m’aspirent ?
D’un souffle lugubre entre leurs ramures…
Ma vieille amie, j’entreprends cette aventure,
Et pour toi qui a vu ce que j’avais de pire ;
Mon esprit trop malin
Dans cet adieu, te laissera
Une dernière larme qui séchera
À la rosée du matin.
Bordeaux ; Août 2021