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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Dialogue en phase terminale

Auteur Sujet: Dialogue en phase terminale  (Lu 2272 fois)

Hors ligne Michael Sherwood

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Dialogue en phase terminale
« le: 25 Avril 2022 à 09:32:46 »
J’étais à la Clinique Saint-Charles le mercredi à 11H00 pour une opération de la hanche. L’opération eut lieu vers 16 heures, après une douche à la bétadine puis un court séjour sur un lit en salle d’endormissement. Vous devez faire confiance en l’anesthésiste, puis le chirurgien qui tiennent votre corps inconscient entre leurs mains, de préférence expertes. Deux heures plus tard, le retour à la vie consciente se fit progressivement en salle de réveil : je me retrouvai un corps au milieu de tous les corps allongés dans des lits situés dans des box, côte à côte, que l’on radiographie une dernière fois, avant de les emporter, au fur et à mesure. Puis à mon tour je fus emporté allongé, transbahuté, parcourant des couloirs interminables, pour finalement prendre l’ascenseur et me retrouver logé dans une chambre au troisième étage. J’eu à peine le temps d’entrevoir au passage mon voisin de chambre, car toujours allongé, je voyais à peine son visage. Ensuite un rideau tiré nous séparait, préservant l’intimité de chacun. Des infirmières allaient et venaient, nombreuses de son côté, s’affairant autour de son corps. Je compris aux dialogues qui s’échangeaient de l’autre côté du rideau que mon voisin était plus âgé que moi, et qu’il était cloué à son lit par différentes sondes : celles qui extrayaient les fluides de son corps, et d’autres qui distillaient la vie au goutte à goutte dans ses veines. Les infirmières relevaient d’heure en heure les bocaux remplis d’urine, en notaient la couleur, rouge foncé, les vidaient dans les toilettes, les remplaçaient par d’autres bocaux stérilisés, un travail de fourmi incessant, harassant, qu’elles accomplissaient avec beaucoup de professionnalisme, beaucoup d’humanité aussi, sans se plaindre. Il y avait aussi les poches pour les défécations. Au fur et à mesure j’obtenais une information plus nette de sa situation : on avait enlevé une partie du colon de ce monsieur, au début tout semblait aller bien, la plaie commençait à cicatriser, puis il avait fait une occlusion intestinale et les gaz ne passaient plus ! Je l’entendais geindre et se plaindre que la sonde nasale qu’on lui avait posée lui faisait terriblement mal. Mais je ne connaissais pas encore toute l’étendue de son malheur.

De mon côté on me servit un repas vers huit heures du soir, je ne souffrais pas énormément par suite de la sédation. Je découvris tout de même que mes pieds avaient été liés, j’étais attaché à un goutte-à-goutte par le bras et j’avais un tuyau d’oxygène dans le nez, on me donna donc un urinal pour pisser durant la nuit puisqu’il n’était pas question de me lever. Mon sommeil fut haché, on vint me contrôler la tension, le taux d’oxygène plusieurs fois, ainsi que chez mon voisin de chambre, qui nécessitait encore plus de soins et de surveillance que moi.

Vint le matin. On me fit une prise de sang qui révéla que tout allait bien, on me débrancha du goutte-à-goutte, supprima l’oxygène, et délia les pieds, j’étais comme un prisonnier qui recouvrait la liberté de ses mouvements. Je boquillonnai jusqu’à la salle de bain commune et je pus prendre une douche. Mon malheureux voisin, toujours cloué à son lit par toutes ses sondes, ne risquait pas de me disputer la place !

La journée se passa ainsi, entrecoupée de repas pour moi, avec à chaque fois un doliprane pour endormir la douleur. Mon voisin, lui, n’avait droit à rien puisqu’il était nourri par sonde et il devait trouver le temps long ! Heureusement, il était sous morphine pour atténuer la douleur et dormait la plupart du temps. Je ne voulais pas trop l’embêter avec la télé dans la journée, pour le laisser se reposer, mais j’allumai l’écran de mon côté le soir, pour le journal de 20 heures, avec le son assez bas. Jusque-là nous étions restés une nuit et une journée entière allongés côte à côte sans nous parler, j’avais juste échangé un bonjour le matin, en me déplaçant vers la salle de bain, auquel il avait à peine répondu. Pour préciser les lieux, j’occupais le lit côté fenêtre, lui le lit au milieu de la chambre, près de la salle de bain qui se trouvait à gauche de la porte d’entrée.

Bien entendu une large part du journal télévisé était consacrée à la guerre en Ukraine, avec les photos des massacres de civils commis à Butcha : la parole de Joe Biden avait été prémonitoire, lui qui avait dès le début dit de Poutine « he’s a butcher », ce que tout le monde lui avait alors reproché ! C’est ce qui me plaît chez Biden : son franc parler qui frise la gaffe diplomatique.

C’est à ce moment que mon voisin se manifesta : comme cela faisait plusieurs jours qu’il était alité, et n’avait pas intégralement suivi les nouvelles de la guerre, il m’interrogea pour savoir où en était le conflit. On en était à la phase où les Russes s’étaient retirés des environs de Kiev et effectuaient un mouvement d’encerclement de l’armée Ukrainienne vers la région du Donbass. De fil en aiguille, nous nous mimes à discuter. J’appris que mon voisin avait 84 ans. Il était né sous l’occupation à Paris, avait connu les restrictions. Moi j’en avais seulement entendu parler par mes parents. A vingt ans, il avait été envoyé en Algérie pendant deux ans pour faire la guerre. J’étais trop jeune à l’époque et y avait échappé.

— Vous étiez à quel endroit en Algérie ?
— A Tlemcen, puis à la frontière entre l’Algérie et le Maroc. Mais je n’ai jamais tué un homme !
Il comprenait que l’Algérie n’aurait jamais pu rester française, les musulmans étaient trop différents des Français. Il semblait avoir assimilé les discours de Zemmour. Je ne lui en voulais pas, même si je ne partageais pas ses opinions. Notre conversation s’étendit aux anciennes colonies de la France et je lui parlais de Madagascar :
— Les Français ont été présents pendant cent ans, ils ont bâti les infrastructures du pays, établi une administration. Pendant les dix ans qui ont suivi l’indépendance tout marchait bien, comme dans la plupart des pays africains. Et puis, faute d’entretien, à cause de politiques économiques désastreuses, tout s’est dégradé : les trains qui circulaient entre Tananarive et Tamatave et Antsirabe ont disparu, il ne reste que des gares vides !

Je lui citais différents pays où j’avais vécu, ou que j’avais visités en vacances. Sur ces sujets là je suis un intarissable bavard. Pour l’Afrique de l’Est et Zanzibar c’est un peu comme si j’avais vécu à l’époque de David Livingstone. Nous fîmes un vaste tour d’horizon de différents pays, qui nous promena de la Tanzanie à Djibouti, au Maroc, puis à la Tunisie, enfin vers la Grèce et la Turquie. Chypre même dont il connaissait la situation ! Je lui posai une question :

— Vous avez visité des pays étrangers ?
—  Non, juste la Belgique.

En réalité il révéla après qu’il avait aussi visité l’Espagne et connaissait Barcelone, Alicante, Séville, mais ça ne devait pas lui paraître assez « étranger » comparé aux pays que j’avais connus !

C’était une conversation à bâtons rompus, un sujet en entraînant un autre, chacun allongé sur son lit, séparé par le rideau, déballant l’histoire de sa vie dans la demi-pénombre de la chambre. Le genre de conversation qu’on ne tiendrait jamais face à face au grand jour. J’avais laissé la télé allumée pour l’ambiance, mais aucun de nous ne suivait plus les programmes. Le léger fond sonore nous enhardissait dans les confessions. On parla des 2CV, il en connaissait le prix actuel, très cher ! Etais-je tombé sur un collectionneur ? Je lui parlai à mon tour de mon taxi anglais.

— Vous auriez aimé vivre en Angleterre ?
— Oui. J’y suis allé souvent.

Il m’était difficile d’expliquer pourquoi j’aimais tant l’Angleterre. J’ai parfois l’illusion d’avoir vécu au temps de Dickens, ou même de Jane Austen. J’ai sans doute trop lu de romans. Je préférai en revenir à lui. Il m’expliqua plus en détail ce qui l’avait amené à la clinique.

— C’est ma troisième hospitalisation en un an. D’abord pour une opération de la prostate. Et puis on m’a retiré la prostate et la vessie qui était cancéreuse. Cette fois-ci on m’a retiré le rectum, atteint aussi par le cancer.
Je ne voyais pas trop que dire pour le consoler. Son cas était encore plus grave que je ne le pensais jusque-là : il était rongé par le cancer et il en était conscient. Il souffrait beaucoup. Pour éviter le mélo, il changea de sujet pour m’interroger :

— Et vous, vous êtes encore jeune, quel âge avez-vous ?
— Ah pas si jeune, j’ai 73 ans, j’ai déjà vécu assez longtemps, toutes les années qui viennent maintenant sont en surplus.
— Des années en rab !
— Oui. Je pense avoir accompli tout ce que je devais : je me suis marié, j’ai eu quatre enfants qui ont tous fait des études, qui ont des bonnes situations maintenant. Mon fils aîné m’a reproché un jour de ne pas leur avoir transmis de patrimoine. Je lui ai dit que l’éducation que nous leur avions donnée était leur patrimoine. Mes parents ne m’avaient rien légué. Tous les biens que j’ai acquis c’est par mon travail. Et vous, vous avez bien vécu, vous avez des enfants ?
— Je vendais des tissus sur les marchés, d’abord dans l’Orne. Puis j’ai rencontré ma femme qui était vendéenne, c’est alors que je suis venu m’installer en Vendée. J’ai deux enfants, un garçon et une fille. Ma fille est dans l’administration des postes. Mon fils est commerçant. Il gagne bien sa vie.
— Vous craignez de mourir ?
— Ma femme craint que je ne survive pas à cette opération, surtout qu’on parle de me réopérer. Mais à quoi bon vivre indéfiniment, si c’est pour souffrir ? Avec ce cancer qui me ronge petit à petit, il n’y a plus de qualité de vie…

La conversation se poursuivit, puis progressivement ses paroles se raréfiaient, je sentais que mes discours avaient fini par endormir mon voisin de chambre, et ce n’était pas plus mal. Cela faisait peut-être trois heures que nous bavardions. J’éteignis la télé.
Je pris un Doliprane et m’endormis à mon tour.

Je me réveille en sursaut au milieu de la nuit. La chambre est plongée dans l’ombre. La seule lumière est celle qui parvient de l’extérieur. Les branches des arbres agitées par le vent provoquent des raies de lumière intermittentes. Mais le double ou triple vitrage fait barrage aux bruits de la tempête. En tournant la tête de l’autre côté je vois une lumière rouge, près du téléphone sur la table de nuit. Je parviens à allonger la main pour vérifier si je l’ai bien raccroché sur son socle. Mais ce n’est pas ça : après l’avoir reposé plusieurs fois sur son support, la lueur rouge persiste toujours. Je réalise alors que la lumière parvient de l’autre côté du rideau de séparation. Du côté de mon voisin de chambre. J’écoute, mais ne perçois aucun ronflement ni même sa respiration. Je continue à écouter plusieurs minutes. Toujours aucun bruit.

Après un temps indéfini à rester dans l’expectative, un grand fracas de porte, deux infirmières entrent en trombe dans la chambre, elles ont dû recevoir un signal d’alerte sur leur portable. Effectivement elles découvrent que la sonde gastrique qui entraient par son nez était ressortie ! Ses voies respiratoires ont été envahies par les sucs gastriques. Il ne bouge plus, ne respire plus, la vie s’est retirée de son corps, sans doute une bénédiction au vu de l’état avancé de son mal et de ses souffrances.

Je m’interroge : a-t-il retiré la sonde, parce qu’elle lui faisait trop mal, qu’il ne pouvait plus supporter la douleur ? Ou l'a-t-il débranchée volontairement parce qu'il ne pouvait plus envisager les mois ou les années de souffrance à venir ? Ou juste accidentellement, par un geste malheureux, en voulant attraper ses lunettes par exemple ?

Après cela son lit où repose son corps immobile est emporté de la chambre, je me retrouve seul de l'autre côté du rideau, hébété. J’étais sensé dormir et les infirmières ne m’ont rien dit. Mais j'ai tout entendu et je sais qu’il s’est passé un  terrible drame et mon cerveau tourne en boucle. Je suis incapable de me rendormir. Je suis le dernier homme sur terre à avoir parlé et partagé des confidences avec lui. C’est donc ainsi qu’on meurt, en glissant insensiblement de la veille au sommeil ?

Et surtout, surtout ! Notre conversation l'a-t-elle incité à mettre fin à ses jours ?

« Modifié: 25 Avril 2022 à 14:09:47 par Michael Sherwood »
It's not because you're paranoid that they aren't after you.

Hors ligne Delphine

  • Calligraphe
  • Messages: 100
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #1 le: 25 Avril 2022 à 17:08:50 »
Oups, je pensais glisser un de mes nouveaux textes tirés de Rebellion, dans cette rubrique, mais finalement, je vais attendre quelques jours, afin de ne pas saboter le moral des lecteurs - car le thème est aussi le cancer... :(

Non, ce sera pour plus tard. En attendant, mettons ton texte à l'honneur : j'ai trouvé vraiment très intéressant l'échange entre les deux patients, mais surtout la dernière question que tu te poses à la fin :
Notre conversation l'a-t-elle incité à mettre fin à ses jours ?

Car si je ne me trompe, c'est bien ça qui te taraude finalement, n'est-ce pas ?
Je connais ce sentiment, car j'ai vécu un peu la même chose avec mon voisin, très âgé ; nous discutions de choses et d'autres, quand quelque chose l'a bouleversé; je ne peux pas raconter notre discussion, parce qu'elle est personnelle, mais quand je l'ai quitté, il avait comme quelque chose de grave dans son regard; le lendemain, on m’annonçât son décès, crise cardiaque.
J'étais bouleversée; je me sentais indirectement responsable de sa mort. Mais je pense qu'en fait, pour les personnes qui souffrent physiquement, qui sont en fin de vie, tout est sujet à mettre fin. Ils n'attendent que cet instant.
Ne te reproche rien; je crois au contraire que tu as été un bon acolyte pour ses derniers moments, et qu'il est parti en paix.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 961
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #2 le: 25 Avril 2022 à 19:14:18 »
Merci pour ton texte


J'espère que tu vas mieux, suite a ton opération et vis a vis de ton voisin de chambre.

D'habitude tu nous partage des voyages, la c'est une hospitalisation.  Certainement une autre forme d'aventure de la vie.
C'est bien écrit et intéressant à lire.

Tu es la dernière personne avec laquelle il a parlé, ca doit faire bizarre. Je ne pense pas que tu as un lien, si il c'est donné la mort. Ce genre de décision sont réfléchi et son choix devait déjà être fortement fait bien avant ta rencontre.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Michael Sherwood

  • Prophète
  • Messages: 997
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #3 le: 25 Avril 2022 à 19:40:51 »
Merci Delphine et Cendres,

Pour vos impressions sur le texte.
Je vous dois une confession : tout est vrai, la conversation est authentique (d'ailleurs beaucoup plus longue en réalité) sauf que les infirmières sont arrivées à temps après que la lumière rouge se soit allumée, elles ont remis la sonde en place, et mon voisin n'est pas mort. (Vu son état je ne pense pas qu'il en avait pour longtemps quand je lui ai dit au revoir le lendemain.)
Son excuse : "Je voulais attraper mes lunettes et j'ai tiré le tuyau de la sonde sans le vouloir."
Mais quand on est à l'hôpital, ou après, on a l'imagination qui travaille, peut-être sous l'effet des drogues !
Quant à moi je vais mieux merci.  :miaw:

MS
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Hors ligne Vilmon

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Troubadour
  • Messages: 357
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #4 le: 26 Avril 2022 à 04:01:20 »
Bonjour Michael Sherwood,

Un récit touchant, le réalisme est bien rendu.
On ne peut nier de votre témoignage.
Et la question est philosophique, ou même psychologique.
Est-ce bien d'avoir dialogué avec lui ?
Suis-je responsable de sa mort ?
Philosophiquement, j'opterais pour "le bon samaritain".
C'est par empathie et par humanité que vous avez dialogué avec cet homme vivant une tragédie contemporaine.

Un partage qui nous amène aussi à se questionner : qu'aurais-je fait à sa place ?
Plutôt que de tenter de rassurer en expliquant comment se forme le tonnerre,
il faut sans doute ici exprimer que moi aussi, il m'effraie et que je tente de mon mieux de m'en accommoder.
Enfin, je ne sais plus, car moi aussi je suis à me questionner comme toi...

Vilmon

Hors ligne Michael Sherwood

  • Prophète
  • Messages: 997
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #5 le: 26 Avril 2022 à 07:46:03 »
Merci Vilmon,

Pour ton témoignage et heureux que ce texte ait été pour toi le point de départ d'une réflexion philosophique.

MS
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Hors ligne Kwak'

  • Prophète
  • Messages: 674
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #6 le: 26 Avril 2022 à 17:25:26 »
Re ;)

La première partie, celle est au passé, comporte son petit lot de merveilles et de belles conjugaisons. Le passé simple de "retrouvai", transbahuté, les sondes qui distillent la vie goutte à goutte, tu cales même "boquillonnai", on sent que tu t'amuses et c'est cool à lire. Il y a malgré tout quelques détails qui m'ont perturbé (c'est peut être ma faute) :
"le retour à la vie consciente se fit progressivement en salle de réveil" : pour moi tu dis deux fois la même chose.
Et globalement je trouve qu'il y a trop de détails sur le parcours hospitalier du narrateur : la douche a la bétadine, les mains de préférence expertes, ça traine un peu le texte en longueur, l'ambiance passe mieux quand on voit le voisin et ses infirmières qui eux sont très justement retranscrits (sûrement le fait d'imaginer le narrateur flipper en voyant son voisin, ça marche fort comme procédé de description).

Ensuite le dialogue entre les deux ; j'ai bien compris qu'il a eu lieu en réalité c'est pour ça qu'il est assez logique et qu'il fonctionne pour le lecteur : la transition Ukraine / guerre / passé du voisin marche bien. Je trouve juste la dernière transition entre "mon fils gagne bien sa vie" et "vous craignez de mourir ?" vraiment trop abrupte. Je comprends l'enchainement, mais j'ai tendance à penser que personne ne mettrait les deux pieds dans le plat aussi grossièrement.

Ensuite il y a cette rupture et le passage au présent. Il m'a fait vraiment tout drôle au début, mais les descriptions et l'ambiance ont été meilleures à partir de là. Je suis beaucoup plus rentré dans cette partie.

Citer
Les branches des arbres agitées par le vent provoquent des raies de lumière intermittentes.
Hell to the yeah

J'ai buté peut-être encore sur le : "deux infirmières entrent en trombe dans la chambre, elles ont dû recevoir un signal d’alerte sur leur portable", le lecteur peut faire le raisonnement tout seul, laisse lui de la place ^^

Et puis tout à coup ce flot de questions anti-narratives qu'on me pose au lieu de faire en sorte que je ne me les pose. Le texte aurait été beaucoup plus fort sans toute ces questions, ou mieux si ça ces questions étaient restées insidieuses. Surtout la toute dernière, car au fond ce n'est pas un terrible drame, et le fait que l'homme ait pu se donner la mort suite à une conversation avec le narrateur mais surtout suite à sa condition me semble acceptable. Enfin, tu as lu comme moi des livres où des gens prennent de l'arsenic pour crever jeune suite à une déception amoureuse, alors un petit vieux qui débranche sa sonde à la fin de sa vie, bon, c'est un choc, mais ça n'a rien d'un drame terrible, sauf à philosopher sur la condition de l'homme ^^

C'était sûrement beaucoup plus fort de le presque-vivre, aussi c'est pour ça que ces questions doivent te paraître importantes. En tant que lecteur assidu à mon sens elles ont gâché la partie la plus rythmée du texte.

Sinon encore un peu trop de "Je" dans la narration qui font trainer le texte en longueur et qui ne présentent pas d'intérêt réel a mes yeux, mais c'était un texte que j'ai trouvé plus intéressant que le précédent.

Encore une fois et pour qu'on ne reparte pas aux diables, ce que je dis n'est que ma perception, peut-être sciemment ignoré, je te lis je te dis tu disposes.

Merci pour le partage ;)
« Modifié: 26 Avril 2022 à 18:10:20 par Kwak' »

Hors ligne Michael Sherwood

  • Prophète
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Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #7 le: 30 Avril 2022 à 09:17:22 »
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Encore une fois et pour qu'on ne reparte pas aux diables, ce que je dis n'est que ma perception, peut-être sciemment ignoré, je te lis je te dis tu disposes.

Kwak', tu ne peux pas essayer de refaire ami-ami avec moi en commentant ce texte, comme s'il ne s'était rien passé par ailleurs !
Tu ne t'es toujours pas excusé pour la grave accusation de duplicité (création d'un double compte pour me défendre, qui s'est avérée fausse) proférée à mon encontre !
Qu'un membre vienne au secours d'un autre quand il perçoit l'outrance des propos tenus ne t'a même pas effleuré !
Sans compter tout le reste, il te suffira de relire tes divers commentaires jaloux dans "Lune de Miel à Mikumi".
A ta place j'aurais honte.
Je te laisse encore une chance d'exprimer tes regrets.

MS
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Hors ligne Kwak'

  • Prophète
  • Messages: 674
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #8 le: 30 Avril 2022 à 09:50:27 »
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tu ne peux pas essayer de refaire ami-ami avec moi en commentant ce texte
Tu cherches des amis ou des commentaires ? Je n'ai aucune intention d'être des premiers. Je ne fais que commenter les textes que je lis, dont les tiens.

A bientôt.

Hors ligne Michael Sherwood

  • Prophète
  • Messages: 997
Re : Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #9 le: 30 Avril 2022 à 10:02:51 »
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tu ne peux pas essayer de refaire ami-ami avec moi en commentant ce texte
Tu cherches des amis ou des commentaires ? Je n'ai aucune intention d'être des premiers. Je ne fais que commenter les textes que je lis, dont les tiens.

A bientôt.

Dommage que tu restes sur cette position d'hostilité et de défiance.
Tu pourras désormais te dispenser l'effort de faire des commentaires sur mes textes - car je ne les lirai pas.

MS
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Hors ligne Frami45

  • Calliopéen
  • Messages: 556
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #10 le: 07 Mai 2022 à 17:23:27 »
Un récit plein de réalisme. Avec beaucoup d'observations, de détails, du coup on est avec toi dans cette chambre et on partage la conversation que tu as avec ton voisin. J'imagine parfaitement la scène (pour l'avoir vécue aussi). C'est vrai  qu'on a envie de "se dire " dans cette immobilité forcée là.  Et puis il y a l'atmosphère je crois qui nous y incite aussi, un certain "lâcher prise" parce qu'on se sent fragilisés. J'aime bien les petites réflexions qui émaillent ton texte parce qu'elles lui donnent encore plus de réalité, de vie. Mention particulière pour  Biden et "son franc parler qui frise la gaffe diplomatique"; la réflexion de ton voisin sur "les années en rab...."  (j'ai déjà entendu ça !).
Pourquoi es-tu inquiet par rapport à ce décès ? Vos deux mondes si différents en expériences se sont côtoyés et ont  partagé comme ils pouvaient.  Et ils pouvaient comme ils étaient. C'est tout et c'est humain.
Une faute de frappe : manque un s à "j'eus encore le temps". Amicalement.

Hors ligne Stevius A

  • Prophète
  • Messages: 622
    • Blog d'écrivain de Stevius A
Re : Dialogue en phase terminale
« Réponse #11 le: 08 Mai 2022 à 11:38:41 »
Je ne sais que dire, à part que j'espère que tu vas bien après cette histoire...
Tranches de vie et carnets de voyages peu classiques sur fond d'écriture non policée...

Mon blog avec toutes les histoires : https://www.stevius.fr/

 


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