Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 Avril 2026 à 17:12:27
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » anéantir (ou Houellebecq in love) - Houellebecq - 2022

Auteur Sujet: anéantir (ou Houellebecq in love) - Houellebecq - 2022  (Lu 2009 fois)

Hors ligne RomainD

  • Troubadour
  • Messages: 287
anéantir (ou Houellebecq in love) - Houellebecq - 2022
« le: 17 Février 2022 à 12:31:24 »
anéantir ou Houellebecq in love

Si vous achetez « anéantir » en vous attendant à trouver un livre qui répond aux promesses de son titre, alors vous allez être, comme moi, bien surpris - pour ne pas dire extrêmement déçu.

On aurait pu penser qu’avec un tel titre, Monsieur Houellebcq s’évertuerait à démonter, avec méthode, avec un agenda, le tout saupoudré d’un ton grinçant fort amusant, les limites ou absurdités du monde moderne, au point de « l’anéantir » - ou plutôt, inversant le spectrum, se serait-il évertué à démontrer en quoi les dérives du monde moderne conduisent à « l’anéantir » (les deux approchent auraient été tout à fait valables et auraient très bien pu se nourrir réciproquement par ailleurs). Hé bien, dans ce livre de 730 pages, disons-le franchement, moins de 100 pages seront consacrées à cette promesse ; le reste, et bien ce n’est pas du « anéantir » promis, c’est du un peu tout, du un peu rien (pas mal de remplissage dans ce bouquin il faut l’avouer) mais surtout c’est du Houellebcq in love : on dirait qu’avec ce livre Monsieur Houellebecq a voulu envoyer pêtre toutes les attentes que l’on pourrait avoir de lui, se conformant seulement à un titre provocateur pour la façade (encore une fois flammarion est une maison qui sait s’y prendre pour vous « vendre » un bouquin), quelques pages pour pourvoir à ce cahier des charges, tandis que Michel, lui, s’en va retrouver une seconde jeunesse en nous louant sur des centaines de pages les bienfaits de « l’amour » dans des passages qui sont, parfois, condondant de naïveté, à tel point que l’on a l’impression de lire un adolescent.

À ce titre, ce n’est en rien un hasard si, bien plutôt que les passages de la -pseudo- intrigue de la DGSI qui n’est là que pour être là, les meilleurs passages du livre sont ceux où Monsieur Houellebecq, par éclair, nous brosse la description des beautés féminines qui émaillent son livre (et il y en a une pléthore, plus qu’il n’y en a jamais eu dans aucun Houellebecq, à tel point que si nous ne vous proposions pas un « Houellebecq in love » pour titre réel du livre nous pourrions aussi vous proposer un « Ôde à la femme par Michel Houellebecq » ou quelque chose dans ce style-là) et l’on sent dans ces passages, soudainement, le souffle de l’écrivain qui renaît, là où tous les passages de la « DGSI » ou les -longs, très longs- passages politiques du livre sont d’une platitude, où l’on sentirait presque cela écrit par « nécessité » pour remplir à un cahier des charges devenu bien lourd pour un auteur aussi confirmé et dont les espoirs de vente sont si colossaux (pour ne pas dire vitaux pour une maison telle que flammarion).

Rendons une certaine justice toutefois. Ce n’est pas en soi un problème que de vouloir chanter les louanges de l’amour, du désir, et de la beauté féminine (ceux qui -par hasard- ont lu certains de mes textes sauront que ce me sont aussi des thèmes chers), ce qui pose problème c’est de nous vendre un livre qui en réalité est tout autre, c’est de proposer un titre factice pour qu’en réalité il ne reflète -quasiment- en rien les enjeux du livres, c’est de volontairement induire le lecteur dans une fausse direction - à tel point que, et je n’exagère pas, lorsque vers la 30ème page du livre Monsieur Houellebecq abandonne la focale des agents de la DGSI pour passer à la narration de ce personnage quinquagénaire somme toute lambda et sans réel enjeu narratif, je n’ai pas cessé de me demander « ce personnage, très bien, mais quand revenons-nous à l’intrigue principale ? » et c’est là où, au bout d’une centaine voire plus, de pages à attendre, j’ai compris que nous n’y reviendrons que de manière sporadique, et que Monsieur Houellebecq (ou la maison flammarion) s’était bien moqué de moi. 

En clair ce n’est pas forcément un mauvais livre (si on aime un roman adolescent version Houellebecq allourdi par des passages politiques/autres d’une longueur inouïe et qui n’apportent, somme toute, presque rien aux enjeux de désir et de solitude dont souhaite, en réalité, nous parler Houellebecq) mais c’est loin, très loin, d’être le livre qu’un titre comme « anéantir » nous vendait tellement la démonstration nous paraît superficielle, facile, et entre la démonstration implacable, efficace (4 voire 5 fois moins de pages quand même) qu’il pouvait y avoir à l’époque de Extension du domaine de la lutte, je dirais qu’un gouffre, que dis-je un abysse, que dis-je une faille intersidérale sépare ces deux livres.

« Modifié: 17 Février 2022 à 13:24:12 par RomainD »

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 172
Re : anéantir (ou Houellebecq in love) - Houellebecq - 2022
« Réponse #1 le: 17 Février 2022 à 17:20:29 »
Bonjour RomainD,

bon, alors je n'achèterai pas le dernier Ouleubeque, j'avais bien aimé la carte et le territoire et extension du domaine de la lutte, même soumission, ainsi que sa poésie notamment le sens du combat. Un copain avait monté " extension du domaine de la lutte au théâtre et on avait bu une bière avec le Michel... un type étrange qui tenait ces cigarettes entre  le majeur et l'annulaire, bizarre non ?
Merci pour cette critique détaillée.

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.017 secondes avec 24 requêtes.