Sous le filtre de verre, un objet subtile, indélébile, semble me parler. Il me sourit, m'agrippe, me transperce.
Son aura est présente comme une chose oppressante. J'essaie de le toucher, mais par de criards refus, je l'entends murmurer sournoisement des diatribes. Quand, par un geste nerveux, ma main se raidit, mes doigts s'allongent et brusquement franchissent la fine paroi. Quelques gouttes de sang maculent le sol mouvant sous mes pieds.
Je peux enfin frôler le centre de l' épiphénomène dont la teneur en mystère m'engloutit. Je m'envole, tournoie comme une aigrette fluette, et paresseusement, je m'extrait de mon enveloppe charnelle.
Un ciel bleu laisse dans l'atmosphère une ambiance douceâtre. Une sensualité sans nom se dégage de ma peau. Comme une inversion des synonymes, l'horreur devient fraîcheur, la peur, attirance.
Les effets extérieurs stimulent, par leurs sons énigmatiques, des sensations irréelles, mon corps se dilate. Je suis sous un charme mystérieux. La sphère brisée est, par un enchantement, une libération, une révélation du sensuel sur le spirituel.
Mon être exulte, devient, par cet événement, substance.
Le tactile embrasse mon esprit libéré. Je fais de mon être, à ce moment précis, une entité capable de se mouvoir sans contrainte ni démon.
Puis vient la tourmente et un amas de fumée git au sol. Je me transfigure en un linceul vaporeux pour venir au final me poser sur une pierre tombale.
...J'ai enfin découvert la richesse de la vie.