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06 Septembre 2026 à 17:20:44
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Auteur Sujet: Les lauréats  (Lu 1985 fois)

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Les lauréats
« le: 06 Janvier 2022 à 11:51:22 »
Stockholm, décembre 1924.

Une fois par an, l’austère réfectoire de l’université devenait un restaurant.
Les grandes tablées étaient éparpillées et décorées, les chaises d’école habillées de housses molletonnées. Une petite estrade était montée pour accueillir un quatuor à cordes et le cuistot cédait sa place à un chef français dépêché pour la circonstance. C’était le “banquet des perdants” qui conviait pour un soir à dîner quelques deux-cent prétendants aux Nobel de médecine, physique ou chimie. Un repas prestigieux mais bien amer, qui venait clore une longue journée d’amabilité guindée, de charabia scientifique et d’applaudissements convenus. Le sacre des lauréats était assorti d’un cérémonial protocolaire auquel était peu habitué son public. On voyait parmi les recalés attablés toute sorte de chercheurs endimanchés, de rats de bibliothèque, de polymathes compulsifs et de savants fous. Un ensemble disparate de convives mal à l’aise que ni le menu, ni l’ambiance ou la boisson n’allaient suffire à décrisper. Les scientifiques pour la plupart ne se connaissaient pas, ne parlaient pas la même langue et n’avaient pour seule hâte que d’aller se replonger dans leurs travaux. Rien ne pouvait laisser présager que la tablée de quatre couverts située au fond près des toilettes passerait une soirée qui ferait exception à cette triste réalité.

Le premier arrivé choisit de prendre la place la moins accessible, dans le coin du mur pour ne pas gêner les suivants. C’était un jeune homme délicat, aux joues rosies par le vent froid de l’hiver. Peut-être un peu frileux, il avait revêtu un complet en tweed un peu rustique qui dénotait chez un gentleman affichant si nonchalamment sa bonne éducation. Il avait dépensé une quinzaine d’öre suédoise pour un exemplaire un peu daté du Times qui allait surtout lui faire office de paravent. Achevant de prendre ses aises, il alluma une cigarette, prit une gorgée d’Aquavit et déplia son journal. Il voulait avant tout se changer les idées parce qu'il souffrait mal de ne pas avoir remporté le Nobel même s’il reconnaissait les mérites du galvanomètre à cordes du Dr Einthoven qui lui avait ravi la récompense.

Au même moment entrait dans la grande salle un quadragénaire dégarni portant un costume clair finement rayé, de ceux qu’on s’attendait plutôt à voir dans un mariage italien. L’homme déposa son chapeau et son pardessus au vestiaire en déclinant son identité:
— Docteur Arneson, Gary Arneson.
Le groom cocha son nom sur sa liste et lui tendit son cocktail en lui indiquant d’aller rejoindre la table dix-sept:
— Là-bas voyez-vous? Celle où se trouve le gentleman avec un journal. C’est un docteur aussi…
Il chercha un instant dans son registre,
— … le docteur Winston Munchkin. Bonne soirée Monsieur.
Tout sourire, Gary commença à traverser le restaurant, balayant la salle du regard jusqu’à ce que son attention soit retenue par une autre table. La seule dont les quatre places n’étaient occupées que par des femmes. Il bifurqua soudain et s’approcha en s’adressant à l’une d’entre elles:
— Madame Kwiaslkowski?, dit-il en prenant soin de laisser le brouhaha ambiant couvrir ses mots.
— Je vous demande pardon?
Toujours trop bas:
— Oui je sais, je suis désolé quel est votre nom déjà?
— Je ne vous comprends pas bien monsieur.
Cette fois-ci à haute voix avec une moue contrariée:
— Oui c’est tout à fait exact, il y a une erreur de plan de table voyez-vous, je suis navré. On me dit de vous prévenir que vous êtes à la dix-sept.
Il pointa du doigt la table près du fond, l’aida à se lever, lui remit son sac sur l’avant-bras puis son verre entre les mains en s’excusant. Il s’installa instantanément à sa place en pestant contre l’organisation puis fit mine de découvrir sa galante compagnie.

La dame éconduite, docile, se fraya un chemin jusqu’au lieu indiqué. Elle ne devait pas être bien âgée mais avait pourtant besoin d’une canne pour se déplacer. Aussi accueillit-elle avec plaisir l’aide d’une serveuse qui s’était précipitée pour lui tirer la chaise. S’appuyant sur le bras offert pour s’asseoir, elle l’observa un instant. Cette jeune femme ne faisait pas partie du personnel. Elle portait une robe flapper en mousseline qui lui tombait aux genoux, des gants longs, des escarpins et un sautoir, le tout recouvert d’une blouse grise d’enseignant. Elle avait les cheveux courts et toute la panoplie de la garçonne en tenue de soirée, mais l’ensemble apparaissait sur elle comme un déguisement qu’elle aurait essayé de dissimuler sous sa tenue de travail. On voyait un nom brodé sur la poche poitrine: “Pr. Alice Molyneux”. Elle alla s’installer de l’autre côté de la table d’un pas mal assuré vacillant sur ses talons hauts. Elle se laissa tomber sur sa chaise en rajustant sa robe. Elle vida d’un trait ce qui lui restait de cocktail et se fendit d’un bref sourire en papillonnant des paupières.

Winston qui venait tout juste de replier son journal salua très courtoisement les deux femmes qui venaient de le rejoindre. Il manqua malheureusement d’esprit et le silence gêné qui s’installa derechef creusa son trou un peu plus chaque seconde.
Une chaise restait encore vide. Et comme la conversation ne s’engageait pas, les trois convives laissèrent leurs regards se perdre au loin. Peut-être allait-il se passer quelque chose de digne d’intérêt?

On apercevait à travers la grande vitrine du réfectoire l’agitation dans la cour intérieure  recouverte de neige. Les journalistes chassaient les lauréats et les membres de l’organisation essayaient de ne pas déraper en transportant des caisses de champagne. Un ballet de briska déposait et emmenait une foule de silhouettes engoncées dans leur manteaux. Un homme qui s’approchait de l’entrée tomba à la renverse. La plupart des gens auraient été gênés de glisser ainsi en public mais pas lui. Il prit à peine le temps d’essuyer la neige qui collait à son pantalon et snoba l’accueil sans prêter attention au groom qui le hélait. C’était le quatrième invité. Il se dirigea tout droit vers la table. Il arbora un sourire béat et resta planté debout cinq très longues secondes avant de s’asseoir. Il avait le type méditerannéen, une silhouette élancée, des vêtements rapiécés, une serviette en cuir qu’il tenait contre lui, une grande barbe et l’allure générale négligée d’un vieux garçon qui ne se serait jamais coiffé.

— Permettez-moi de me présenter: Alonso Pastor, je suis biologiste, annonça-t-il avec un accent à couper au couteau. Il hocha brièvement la tête pour se saluer lui-même avec un air plus que satisfait.
Alice le regardait incrédule et inexpressive, Winston lui rendit brièvement son salut tandis que la dame à la canne se fendit d’un “Enchantée” très courtois.

Un garçon de café, qui l’avait rattrapé, amena son Aquavit à Alonso qui s’en saisit en le refusant simultanément.
— Non merci, c’est gentil.
Il posa son verre devant lui et alors qu’il frottait la tâche humide sur son pantalon, il entreprit brusquement de raviser son enthousiasme en mimant ses hôtes. En une seconde il arbora avec plus ou moins de justesse la mine déconfite de circonstance. Il prit une profonde inspiration et se lança dans un long monologue qu’il avait manifestement préparé et qu’il s’efforçait sans succès de déclamer sans réciter:

— Tout ce qu’on ignore. Tout ceux qu’on ignore.
Il avait inutilement mis l’accent sur le second “ceux”.

— Il est terrible le sort des incompris n’est-ce pas! Il n’y a rien de pire que de voir son travail non reconnu par ses pairs. Quand on y pense … Vous savez, à tous ces peintres magnifiques dont personne n’a jamais su voir le talent. Toutes ces musiques trop sophistiquées pour leur public. Et même, dans un autre registre, tous les héros inconnus, emportés avec leur bravoure… Et nous autres chercheurs, découvreurs.. Il y a ici même, dans ce restaurant, des gens qui ont découvert des choses qui pourraient changer le destin de l’humanité.

Il secoua la tête de dépit et lança un regard théâtral bien appuyé à Alice qui se sentit sur le point de partir en courant.

— Vous par exemple Professeur Molyneux, vous êtes une mathématicienne hors pair et votre publication sur le déterminisme des fluctuations de séquences de faits anthropologiques défie l’entendement de par ses implications.

Il se tourna vers les deux autres:

— Je ne sais pas si vous vous rendez compte? Cette dame a prouvé l’existence de dieu.

Laissant ces mots en suspens un instant pour ménager son effet, Alonso reprit plus humblement:

— Enfin j’exagère un peu, disons juste l'existence d’une chose qui anime l’humanité comme rien de comparable. Comment résumer ça… En fait, si vous voulez, elle a apporté une démonstration probabilistique que les grands événements sociaux ne se produisaient ni aléatoirement ni selon une distribution naturelle. Pour mettre ces résultats en exergue elle leur a opposé de nombreux exemples très parlants tantôt de séries fruit du hasard, tantôt de séquences glanées dans la nature. Eh bien figurez-vous que l’humain échappe à tous les motifs qu’elle a répertoriés. Il y a une influence indéterminée aux commandes de nos destinées, quelque chose qui perturbe l’harmonique qu’on pourrait attendre. Le projet initial était de répondre à la question de savoir si l’homme faisait encore partie de la nature. Votre démonstration semble indiquer que non… et je reviendrais là -dessus tout à l’heure parce que c’est remarquable.

C’était la première fois de sa vie qu’Alice voyait un inconnu qui semblait avoir lu avec intérêt ses travaux. Qu’importe qu’il avait l’air d’un vagabond et que son explication fut pleine d’approximations, sa curiosité était maintenant piquée au vif.

Alonso changea d’interlocuteur:
— Et vous Docteur Munchkin.
Il s’adressait maintenant au médecin qui avait l’air de chercher un moyen de se défendre si l’étrange chimiste venait à avoir un comportement dangereux.

— Oui vous docteur, vous venez quand même de publier un papier qui affirme que le cerveau n’est pas le seul siège de la pensée. Vous proclamez que le corps aussi possède ses propres aptitudes neuronales. Et personne pour vous accorder plus de crédit, c’est une honte! Par vos recherches vous avez même réussi à détailler les mécanismes impliqués dans les états de transe comme déjà documentés par le passé auprès de tribus primitives. Mais c’est peut-être trop difficile pour tous les cerveaux du jury d’accepter que toute leur science ne réside pas seulement là où ils aiment à penser qu’ils pensent.

Il laissa flotter un instant comme pour vérifier mentalement que sa phrase avait un sens.
Quelqu’un qui sortait des toilettes précipitamment le bouscula mais il resta imperturbable.

— Quelle injustice!

Mais alors qu’il dévisageait la dame en face d’Alice, il sembla soudainement inquiet.
— Excusez-moi mais qui êtes-vous? Il devait y avoir un suisse à votre place.

Intruse malgré elle, la malheureuse fit part de son désarroi à Alonso. Elle lui expliqua l’histoire de l’erreur de plan de table.
Fronçant ses épais sourcils, le biologiste se dressa brusquement à la recherche de l’imposteur et la rassura en le pointant du doigt:
— Vous n’y êtes pour rien. Ahhhh le Docteur Arneson, c’est un drôle de personnage que ce monsieur qui vous a pris votre place vous savez. Sa spécialité, la psychologie, n’est pas encore reconnue par l’académie de médecine. Et même si j’ai personnellement trouvé ses travaux un peu fumeux, force est de constater que les résultats sont au rendez-vous. Dans son papier il utilise un jargon déroutant, il parle de contingences abstraites, d’instinct suggestionnaire, de corrélation écliptique ou d’assentiment esthétique, je n’ai pas compris grand-chose. Mais il semble en savoir plus sur l’esprit humain que la plupart d’entre nous.
Voulez-vous bien reprendre votre chaise et lui demander de nous rejoindre…
Il lui tendit le cocktail qu’on lui avait servi et auquel il n’avait pas touché:
— Tenez, pour le désagrément.

La dame à la canne s’en retourna donc après s’être excusée. Dès qu’elle fut partie, Wilson relança Alonso:
— Et quel genre de prouesse mon surprenant confrère a-t-il réalisé qui lui vaille les résultats que vous évoquiez?
— C’est un peu particulier mais il a élucidé avec ses méthodes une dizaine d’affaires de lieux hantés ou de personnes possédées. On en pense ce qu’on veut, mais il a réussi là où l’exorcisme, le spiritisme et l’obscurantisme avaient échoué. En fait, il prétend que tous ces phénomènes inexpliqués ont la même origine, la fameuse “contingence abstraite”, et il a conçu un protocole scientifique pour l’identifier et la résoudre.

Il se tournèrent alors tous pour regarder le psychologue qui s’approchait maintenant de la table, contrarié:
— Je ne savais pas que l’organisation était aussi rigoureuse dites-moi, j’espère que vous avez une bonne raison de m’avoir mis dans l’embarras auprès de ces dames.

— Oh ça! quand je vous aurai raconté tout ce que j’ai à vous dire, croyez-moi, vous n’aurez plus du tout envie de manger à une autre table. 

Avec un sourire entendu:
— Faites-moi le plaisir de m’expliquer ça en moins de cinq minutes pour que j’ai celui de vous démontrer à quel point vous avez tort.

Alonso obtempéra docilement en reprenant tout ce qu’il avait déjà dit à Alice et Wilson du plus vite qu’il pouvait. Le propos déjà nébuleux de l’espagnol acheva sa course dans l’inintelligibilité.

Le psychologue qui avait conservé un air absolument passionné tout le long des explications qui lui était délivrées, prit, au premier silence de son interlocuteur un air atterré :
— C’est tout?
— Comment ça? je… vous…
— C’est n’importe quoi.
Puis s’asseyant:
— Mais je crois que je vais quand même en reprendre un petit peu, vous êtes un drôle de cas vous. Vous êtes qui déjà?

— Je suis biologiste, je vous ai dit non? je suis là pour une découverte en cryptozoologie … un peu fortuite mais sans me vanter de toute première importance. C’est… J’ai des preuves de l’existence d’une forme de vie non documentée. Vous m’écoutez?
— Je suis… Nous sommes tout ouïe.
— Je sais que ça va vous paraître fou mais là je parle d’une classe complète et neuve appartenant à l’embranchement des archées, ce sont des halobactéries qui présentent un comportement tout à fait singulier. Comment vous expliquer. Tenez...
Il extrait un mégot du cendrier.
— Imaginez qu’un insecte adopte cette apparence. Il pourrait se camoufler en plein jour dans nos villes, dans nos déchets, sans jamais éveiller l’attention de quiconque. Combien de temps pensez-vous nous faudrait-il pour le découvrir? Il se déplacerait par petits bonds imitant l’effet du vent et dégagerait cette odeur répugnante.
Il sentait qu’il perdait son auditoire.
— Oui l’exemple n’est peut-être pas pertinent je ne vais prendre un peu de hauteur…
Ce que j’essaie de dire c’est que l’homme quand il envisage le monde extérieur et tout particulièrement les autres formes de vie, l’homme regarde tout de haut dans une posture particulière, comme si nous avions un complexe de supériorité. Vous savez la position du laborantin, tête baissée, observant les choses sous la loupe de son microscope. Je pense qu’il y a une autre forme de vie, peut-être au-dessus de nous, que nous n’avons jamais vu. Voyez, pour simplifier on pourrait considérer qu’il existe trois catégories de créatures vivantes sur terre. Celles qui captent les sources d’énergie comme les plantes, celles qui s’en nourrissent comme les herbivores et celles qui se nourrissent à leur tour des précédentes, la catégorie des prédateurs dont nous sommes de prétentieux représentants. Eh bien que penseriez-vous si je vous disais qu’il en existait une quatrième qui “cultive” l’ensemble? Un animal inconnu qui se cache et qui se repaît en prélevant son dû dans le vivier. Et quand je dis “se cache”, je veux dire que j’ai vu de mes yeux ces micro-organismes se dérober à ma vue alors qu’ils n’avaient aucun moyen de savoir que je les regardais. Je vous sens perplexes.

— Ecoutez, l’organisation du Nobel a ses propres règles voyez-vous. Winston est probablement trop jeune pour être récompensé, vous Gary êtes dans un champ non reconnu et vous Alice personne ne comprend vos publications et vos mathématiques ne rentrent pas dans le champ de la physique qui pourrait leur valoir une reconnaissance. Quant à moi … je crois qu’ils ont été convaincus et c’est là que je voulais en venir.

Il se tourne vers Gary:
— Parce que le prix Nobel de chimie qui n’a pas été attribué officiellement cette année, m’est en fait revenu clandestinement. Le comité a renoncé à associer son nom à ma découverte mais a reconnu l’intérêt de mes recherches et m’a délivré la bourse. Et je pense que nous avons tous les quatres dans nos différentes disciplines découverts la même chose.

Pour Gary les autres tables n’existaient plus maintenant.
« Modifié: 18 Janvier 2022 à 23:11:25 par Moyen Moyen »
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Hors ligne Emma Rougegorge

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Re : Les lauréats
« Réponse #1 le: 09 Janvier 2022 à 09:52:42 »
Bonjour, bonjour,
je trouve le développement très maîtrisé et c'est vraiment bien écrit. Quelques scories, mais c'est surtout au début, il faudrait te relire toi-même attentivement : par exemple, le chef français, sans majuscule parce que c'est un adjectif, mais plus loin, un Suisse, parce que c'est un nom.
Citer
Les sacres des lauréats étaient assortis d’un cérémonial protocolaire auquel étaient peu habitués son public.
était habitué, puisqu'on a son après, mais on flotte un peu ; "les sacres", ça fait bizarre : le sacre suffirait d'autant qu'on a ensuite un cérémonial.
Il y en a d'autres mais je pense que tu es très capable de les voir tout seul.

Après, il est toujours périlleux d'aborder des sujets complexes dans un cadre romanesque. J'ai essayé moi-même de le faire en économie et ça faisait placage, c'est à dire que ça ennuyait vite le lecteur. Là, pas trop, c'est assez réussi mais les années vingt, les flappers, on attend du Nancy Mitford ou du Scott Fitzgerald, ie du léger et pétillant, une histoire d'amour, etc. Donc, y-a-t-il un public potentiel ? Je ne sais pas.

A bientôt, j'irai voir tes textes parce que je trouve ta proposition intéressante, modulo le fait que ce n'est peut-être pas d'une modernité phénoménale.
« Modifié: 09 Janvier 2022 à 10:02:28 par Emma Rougegorge »
" Et les vents alizés inclinaient leurs antennes / Aux bords mystérieux du monde occidental " - Hérédia mais faire gaffe à la diérèse !

Milla

  • Invité
Re : Les lauréats
« Réponse #2 le: 09 Janvier 2022 à 23:19:01 »
Salut !

au fil de la lecture...
Citer
le cuistot cédait sa place à un chef Français dépêché
pas de majuscule car adjectif ici (il y en aurait eu une pour le nom commun)

Citer
Les sacres des lauréats étaient assortis d’un cérémonial protocolaire auquel étaient peu habitués son public.
singulier (sujet : son public)
je pense que tu peux dire "le sacre" même s'il y a plusieurs lauréats, ça me semblerait plus naturel
sur le fond, les scientifiques se tapent toutes sortes de colloques et conférences qui ont leur lot de protocole, du coup même en 1924 je suis pas sûre que ça colle...

Citer
ni l’ambiance ou la boisson n’allaient suffir à décrisper
suffire

Citer
d’aller se replonger dans leurs travaux.Rien ne pouvait laisser
espace avant Rien

Citer
Rien ne pouvait laisser présager que la tablée de quatre couverts située au fond près des toilettes aurait pu passer une soirée qui fit exception à cette triste réalité.
passerait une soirée qui ferait : plus fluide et direct (et fit n'a pas la bonne concordance il me semble ?)

Citer
Le premier arrivé avait choisi de prendre la place la moins accessible, dans le coin du mur
un passé simple nous plongerait dans l'action, ce serait mieux (et ça me semble adapté vu qu'on ne parle plus de ce qui s'est passé avant l'action mais du présent il me semble)

Citer
Il se disait qu’ainsi il ne gênerait pas les suivants. C’était un jeune homme délicat, aux joues rosies par le vent froid de l’hiver. Il était vêtu d’un complet en tweed un peu rustique qui dénotait chez un gentleman affichant si nonchalamment sa bonne éducation. Il avait dépensé une quinzaine d’öre suédoise pour un exemplaire un peu daté du Times qui allait surtout lui faire office de paravent. Achevant de prendre ses aises, il alluma une cigarette, prit une gorgée d’Aquavit et déplia son journal. Il voulait avant tout se changer les idées. Il était extrêmement déçu de ne pas avoir remporté le Nobel même s’il reconnaissait les mérites du galvanomètre à cordes du Dr Einthoven qui lui avait ravi la récompense.
ça fait beaucoup de Il ceci. Il cela. enchaînés et du coup ce serait plus fluide en changeant davantage de sujet, je trouve.

Citer
un quarantenaire dégarni portant un costume clair finement rayé,
quadragénaire (c'est pas ce sens là quarantenaire a priori)

Citer
L’homme déposa son chapeau et son pardessus au vestiaire en déclinant son identitée
identité
tu as dit qu'il entrait dans la grande salle, le vestiaire serait plutôt avant non ?

Citer
Le groom cocha son nom sur sa liste et lui tendit son cocktail en lui indiquant d’aller rejoindre la table dix-sept:
je ne sais pas si tu t'es documenté et que du coup c'est surprenant mais bien crédible ou pas, mais l'idée qu'on distribue des coktails au vestiaire me fait tiquer

Attention, il manque des espaces fines avant tes "?" et tes ":" tout du long.

Citer
Il pointait du doigt la table près du fond.
à la ligne sinon c'est dans la réplique de dialogue
(passé simple ?)

Citer
Aussi accueillit-elle avec plaisir l’aide d’une serveuse qui s’était précipitée pour lui tirer la chaise. S’appuyant sur le bras offert pour s’asseoir elle l’observa un instant. Cette jeune femme ne faisait pas parti du personnel.
du coup ça ne va pas de dire que c'est une serveuse dans ta narration qui semble plutôt omnisciente. Tu peux par contre préciser qu'elle la prend pour une serveuse.

Citer
Il manqua malheureusement d’esprit et le silence gêné qui s’installa derechef creusait son trou un peu plus chaque secondes.
je pense qu'il faut rester au passé simple

Citer
Peut-être allait-il se passer quelque chose de digne d’intérêt.
point d'interrogation

Citer
Il arborait un sourire béat et restait planté debout cinq très longues secondes avant de s’asseoir.
bizarre ces imparfaits, on attendrait du passé simple

Citer
la dame à la canne se fendait d’un “Enchantée” très courtois.
passé simple

Citer
Un garçon de café, qui l’avait rattrapé, amena son Aquavit à Alonso qui s’en saisit en le refusant simultanément
point

Citer
Il posa son verre devant lui
à la ligne
(je comprends pas pourquoi il le pose devant lui vu qu'il le veut pas)

Citer
— Tout ce qu’on ignore
Tout ceux qu’on ignore, il avait inutilement mis l’accent sur le second “ceux”.

— Il est terrible le sort des incompris n’est-ce pas!
c'est un peu compliqué de revenir à la ligne dans une réplique de dialogue parce que du coup on croit qu'on est revenu à la narration... à mon avis il faut trouver une autre astuce. Par ailleurs attention tu as encore de la narration dans ton dialogue (à mettre à la ligne vu que ce n'est pas une incise) + ton nouveau tiret suppose que c'est une autre personne qui parle là ! (sauf si tu as mis de la narration entre)

Citer
ni aléatoirement, ni selon une distribution naturelle.
pas de virgule quand il n'y a que deux ni

Citer
Et bien figurez-vous que l’humain échappe
Eh bien

Citer
— Et vous Docteur Munchkin, il s’adressait maintenant au médecin qui avait l’air de chercher un moyen de se défendre si l’étrange chimiste venait à avoir un comportement dangereux.
point à la ligne à "il s'adressait..."

Citer
Quelqu’un qui sortait des toilettes précipitamment le bouscula
hmmm debout près de la table ? ça parait bizarre comme trajectoire

Citer
Mais alors qu’il dévisageait la dame en face d’Alice, il semblait soudainement inquiet.
sembla

Citer
Il se tournèrent alors tous pour regarder le psychologue qui s’approchait maintenant de la table contrarié:
virgule avant contrarié

Citer
Le psychologue qui avait conservé un air absolument passionné tout le long des explications qui lui était délivrés
délivrées

Citer
— Je suis biologiste, je vous ai dit non? je suis là pour une découverte en cryptozoologie … un peu fortuite mais sans me vanter de toute première importance.
C’est… J’ai des preuves de l’existence d’une forme de vie non documentée. Vous m’écoutez?
pas de retour à la ligne pendant la réplique

Citer
Tenez .. , il extrait un mégot du cendrier.
narration à la ligne

hop, tout lu !
Du coup ça remplit bien son rôle de chapitre introductif et de présentation des personnages : )
Les interventions du biologiste sont un peu denses et du coup on retient pas vraiment tout, mais je pense que ça pose l'ambiance et que tu reviendras dessus en diluant plus par la suite. J'aime bien la fin de chapitre, qui ouvre l'intrigue, c'est bien réussi.
Globalement j'ai trouvé le style un peu fouillis, et pas toujours super fluide. Je pense que tu peux affiner encore un peu avec des relectures : )
Bon courage pour l'écriture de la suite !

Milla


Hors ligne Moyen Moyen

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Re : Les lauréats
« Réponse #3 le: 10 Janvier 2022 à 00:25:01 »
Bonsoir,

Merci beaucoup pour votre lecture et vos remarques.
Je vais tâcher d'en faire le meilleur usage.

@Emma Rougegorge, je crois voir ce que tu veux dire sur l'aspect un peu "explication périlleuse" du texte et ce que ça peut comporter de rédhibitoire... je vais essayer d'être moins abrupt. Je retiens ton idée de l'ambiance plus légère qu'on attend d'un récit se situant dans cette période "folle", ça me plait et peut me servir. Pour ce qui est du public potentiel... ça serait hypocrite de dire que je ne me pose pas la question, mais disons que je vais me contenter d'un truc qui me plaise pour l'instant (j'ai déjà bien assez de mal à le pondre  :/). Ca me fait très plaisir de savoir que j'ai pu te donner envie d'en lire plus  ;D (accessoirement, si ça t'intrigue, il y a la génèse du projet sur le forum)

@Milla, pff tu m'as fait rougir. J'avais l'impression d'avoir pas mal fait le ménage pourtant  :s
Mais voir autant de ces "scories" qu'évoquait Emma encore présentent, ça m'a scié.
Les erreurs de temps sont évidentes pourtant quand on les pointent comme ça.. Je manque de métier clairement. Bref je vais corriger tout ça.
Pour l'histoire du verre qu'Alonso refuse en le prenant, je voulais tout de suite introduire le côté lunaire du personnage. Je vais voir comment faire.
Et puis le truc du vestiaire qui sert les cocktail, j'avoue que je l'ai un peu improvisé (et que ça se voit donc  ^^). Je vais essayer de mieux repenser l'organisation pour que ça sonne moins bidon.
Pour ce qui est du style fouillis, j'ai un peu la même impression en me relisant souvent. et pour faire écho à ce que je disais tout à l'heure, je crois que je vais déjà essayer de délayer un peu certain passages, et chercher des formulations plus simples (comme pour le "aurait pu passer une soirée qui fit").

Globalement je suis déjà et surtout super content de pas vous avoir perdu dans la proposition.
Le fait que vous sembliez avoir accroché sur l'ouverture me rassure, j'essayais d'avoir une intro la plus engageante possible (parce que je suis moi-même un lecteur fainéant et que si on me prends pas par la main, j'ai du mal a bouger).

merci encore (je l'ai déjà dit non?), pour le temps que vous avez consacré à ce texte.
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Hors ligne Rémi

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Re : Les lauréats
« Réponse #4 le: 17 Janvier 2022 à 20:06:23 »
C'est la semaine des pendus ! On commente, on commente ! C'est Gibet !

Salut Moyen Moyen,

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Alors, je pense qu'il serait sympa de faire une espèce de synthèse à la fin pour que la chute n'en soit que plus puissante, parce que le commun des lecteurs dont je suis a du mal à bien retenir les 3 découvertes des 3 chercheurs. Mais c'est trop trop chouette comme chute.
L'écriture est bien sympa ; peut-être ajouter un peu de visuel entre les monologues de l'italien, histoire de laisser le lecteur respirer et de rendre la scène plus palpable (ce que tu as très bien fait dans le première partie du texte).

Très chouette texte, merci pour la lecture !

A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Les lauréats
« Réponse #5 le: 18 Janvier 2022 à 23:07:28 »
Merciiiiiiii Rémi!!!

J'ai effectué les petites corrections que tu proposes. Tout m'est apparu légitime, c'est pas du chipotage, c'est moi qui chie dans le potage :D

Ca me fait plaisir, bien entendu, que tu ais adhéré au texte comme ça, c'est génial!

Tes propositions sont trés justes. Je suis d'ailleurs en train de revoir un peu mes explications pour les rendre plus fluide.
Tu as ressentis le fait que j'avais écris la fin avec un peu plus de précipitation. Je vais aérer comme tu le proposes en mettant un peu le truc en scène.

8) Le monde de l'écriture a les meilleurs lecteurs 8)
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
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Re : Les lauréats
« Réponse #6 le: 19 Janvier 2022 à 20:26:09 »
Salut,
Je lirai la prochaine version avec plaisir, c'est un chouette texte.
 Merci pour le soutien aux relecteurs motivés ^^

A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Les lauréats
« Réponse #7 le: 20 Janvier 2022 à 23:53:57 »
Bonjour Moyen Moyen,


J'ai profité d'un moment de répit pour découvrir cette introduction à l'étrange, à l'irréel et à l'impossible. ^^

Et j'ai retrouvé quelques fils de l'histoire qui se trame dans tes documents, une histoire qui prend peu à peu en force et en substance.


Dans l'ensemble, il y a une énergie créative qui se ressent à la lecture, et qui ne manque pas de véhiculer un enthousiasme communicatif. :)


Comme je m'étais engagé à t'apporter quelques idées sur la narration, je vais essayer d'axer principalement mon commentaire sur cet aspect-là, de façon à donner un sens à ma lecture qui soit le plus en accord avec ce que je peux y apporter.


À propos de ce qui est attendu des scientifiques, les critères qui font leur « réussite », tu aurais l'occasion d'insister sur le sens profond de leurs recherches.

Citer
— C’est un peu particulier mais il a élucidé avec ses méthodes une dizaine d’affaires de lieux hantés ou de personnes possédées. On en pense ce qu’on veut, mais il a réussi là où l’exorcisme, le spiritisme et l’obscurantisme avaient échoué. En fait, il prétend que tous ces phénomènes inexpliqués ont la même origine, la fameuse “contingence abstraite”, et il a conçu un protocole scientifique pour l’identifier et la résoudre.

Sur ce passage, ça m'a tout l'air d'être une belle prouesse, mais tu ne nous dis pas précisément qu'elle est la fin de cet exorcisme...

Est-ce tout simplement de rendre les maisons « sûres » (exorcisées) avant de les remettre sur le marché de l'immobilier ?

Est-ce véritablement ce qu'on attend d'un scientifique que de réhabiliter des maisons pour les vendre ensuite ?

Si oui, c'est le cas dans ton histoire, narrativement parlant, tu pourrais insister sur cette amusante vision des exploits de scientifiques, une amusante vision dans le sens où elle s'écarte de ce qu'on attendrait de tels personnages. :)


Citer
Alonso obtempéra docilement en reprenant tout ce qu’il avait déjà dit à Alice et Wilson du plus vite qu’il pouvait. Le propos déjà nébuleux de l’espagnol acheva sa course dans l’inintelligibilité.

Sur ce passage, il me semble que la coupure du dialogue n'est pas justifiée, et que j'aurais beaucoup plus été convaincu par un vrai dialogue entre un psychologue et un biologiste. La brutalité de la réponse du psy (coupant court la discussion en disant : « C'est n'importe quoi » alors que l'autre lui parle d'un domaine du savoir qu'il n'est pas censé connaître, dont il ne pourrait pas juger...) fait tout de suite penser que, toi, en tant que narrateur, as cherché un détour laborieux pour éviter d'avoir à raconter ce passage difficile à écrire.

À lire ce passage, je n'ai eu aucun doute sur le fait qu'il était très difficile d'imaginer un dialogue professionnel entre un psychologue et un biologiste, dur à écrire et inventer. ^^

À ce propos, je te conseillerais de retravailler ces courts passages où tu risques d'être mis en porte à faux, afin de renverser la table et d'en faire les pièces maîtresses de ton introduction.


Enfin sur la fin, comme Rémi j'ai trouvé que la conclusion tombait fort bien. En revanche, le passage juste avant qui est censé nous donner envie de lire la suite... m'a un peu déçu. :(

Une fois encore, tu utilises un détour de narration (la question de la bourse de recherches) pour éviter de détailler précisément quelle est cette fameuse découverte dont nous allons être spectateurs par la suite. Ça manque de mystère. Encore un passage à affirmer sans hésiter en nous faisant une vraie révélation intrigante qui attise notre curiosité pour de bon... avant de conclure sur l’acquisition du prix Nobel. :)


Voici pour un commentaire que j'espère soigné et encourageant ; si ça peut devenir pour toi une source de dépassement ou de progression du récit, j'en serai ravi.

Bravo pour le chemin déjà accompli, et très heureux de participer moi-même à cette aventure en y mettant du mien. Bon courage à toi pour continuer sur cette lancée enthousiaste.
« Modifié: 21 Janvier 2022 à 00:29:14 par Alan Tréard »

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Re : Les lauréats
« Réponse #8 le: 21 Janvier 2022 à 07:35:54 »
Bonjour

Excuses moi Alan si je m'inscris un peu en faux contre
Citer
Est-ce véritablement ce qu'on attend d'un scientifique que de réhabiliter des maisons pour les vendre ensuite

Je n ai pas remarque que c etait pour les vendre............ :-[

D un autre cote je ne sais pas ce que toi tu attends d un scientifique ??? :)

Personnellement
non pas la celebrite et une reconnaissance de ses pairs mais plutot une nouveau regard sur des faits acceptes par tous dans une science qui stagne dans la conformite .

Je n ai rien contre les artistes et les chanteurs meconnus - la celebration de soi meme est un art que je n admire pas - pourquoi je pense a  paul léautaud ??? :'(

Ce texte m a beaucoup plu et j admire ton inventivite Moyen Moyen ! :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

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Re : Re : Les lauréats
« Réponse #9 le: 21 Janvier 2022 à 10:24:40 »
Bonjour Alan, Coucou txuku

Citer
Dans l'ensemble, il y a une énergie créative qui se ressent à la lecture, et qui ne manque pas de véhiculer un enthousiasme communicatif. :)

Ca, ça me va droit au coeur parce que c'est le truc que je cherche précisément chez moi. La flamme.
Je sais qui si j'arrive à faire prendre la mayo, à démarrer le feu... derrière ça va dérouler pour moi et que ça se sentira chez le lecteur :)

Citer
Comme je m'étais engagé à t'apporter quelques idées sur la narration, je vais essayer d'axer principalement mon commentaire sur cet aspect-là, de façon à donner un sens à ma lecture qui soit le plus en accord avec ce que je peux y apporter.

 :oxo:

Citer
Sur ce passage, ça m'a tout l'air d'être une belle prouesse, mais tu ne nous dis pas précisément qu'elle est la fin de cet exorcisme...

Je comprends ta frustration à la lecture de ce passage.. comme à celle des autres explications des champs d'activté de chaque chercheur d'ailleurs.
Toutes les personnes qui ont lu ce texte ont tiquées sur ces passages. Soit parce que ça sonnait trop creux, soit parce que c'était pas crédible, ou bien parce qu'ils en voulaient plus... bref j'ai pas trouvé le bon équilibre, je vais les réécrire.

Citer
Est-ce tout simplement de rendre les maisons « sûres » (exorcisées) avant de les remettre sur le marché de l'immobilier ?

Non en fait, et j'ai conscience de pas bien faire passer le message, Gary est un charlatan trés charismatique. Il résoud en général les phénomènes paranormaux en manipulant les gens qui s'en croit victime. Il ne fait ça que pour impressionner la galerie... son principal objectif dans la vie étant quand même de multiplier les conquêtes :D

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Sur ce passage, il me semble que la coupure du dialogue n'est pas justifiée, et que j'aurais beaucoup plus été convaincu par un vrai dialogue entre un psychologue et un biologiste. La brutalité de la réponse du psy (coupant court la discussion en disant : « C'est n'importe quoi » alors que l'autre lui parle d'un domaine du savoir qu'il n'est pas censé connaître, dont il ne pourrait pas juger...) fait tout de suite penser que, toi, en tant que narrateur, as cherché un détour laborieux pour éviter d'avoir à raconter ce passage difficile à écrire.

À lire ce passage, je n'ai eu aucun doute sur le fait qu'il était très difficile d'imaginer un dialogue professionnel entre un psychologue et un biologiste, dur à écrire et inventer. ^^

Pas faux... et comme j'ai déjà eu du mal sur les précédent j'ai vraiemnt eu peur d'embrouiller trop le lecteur et de lui faire peur... je vais voir.

Citer
À ce propos, je te conseillerais de retravailler ces courts passages où tu risques d'être mis en porte à faux, afin de renverser la table et d'en faire les pièces maîtresses de ton introduction.

On est d'accord :)

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Enfin sur la fin, comme Rémi j'ai trouvé que la conclusion tombait fort bien. En revanche, le passage juste avant qui est censé nous donner envie de lire la suite... m'a un peu déçu. :(

Une fois encore, tu utilises un détour de narration (la question de la bourse de recherches) pour éviter de détailler précisément quelle est cette fameuse découverte dont nous allons être spectateurs par la suite. Ça manque de mystère. Encore un passage à affirmer sans hésiter en nous faisant une vraie révélation intrigante qui attise notre curiosité pour de bon... avant de conclure sur l’acquisition du prix Nobel. :)

Ah mince... je pensais avoir plutôt réussi mon coup là pourtant. Je pense que potentiellement, si j'éclairci les explications des sujet de chacun en amont, ça coulera plus à la conclusion... je vais y réfléchir.

Citer
Voici pour un commentaire que j'espère soigné et encourageant ; si ça peut devenir pour toi une source de dépassement ou de progression du récit, j'en serai ravi.
Bravo pour le chemin déjà accompli, et très heureux de participer moi-même à cette aventure en y mettant du mien. Bon courage à toi pour continuer sur cette lancée enthousiaste.

Merci Alan, c'est trés gentil de ta part.

txuku... :D
Mes scientifique ont des motivation assez diverses:

Winston, cherche la perfection, le pouvoir et l'argent.
Alonso, veut sauver l'humanité et être reconnu.
Alice, cherche la vérité et passe son temps à fuir la réalité.
Gary, comme dit plus haut, a des ambitions beaucoup moins nobles :D

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Ce texte m a beaucoup plu et j admire ton inventivite Moyen Moyen !
  :kei:
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Les lauréats
« Réponse #10 le: 21 Janvier 2022 à 11:52:48 »
Bonjour txuku et Moyen Moyen,


Citer
Excuses moi Alan si je m'inscris un peu en faux

Ah ! Ne t'excuse pas, voyons, tu as tout à fait le droit de lire mes commentaires ou de te questionner sur leur pertinence par ici. :)


En ce qui concerne les maisons hantées (dans les récits fantastiques), elles sont généralement ou abandonnées ou récemment acquises par un malheureux client abusé par un malveillant agent immobilier.

Dans le premier cas (l'abandon), personne n'ose y entrer ni y vivre à cause de cette malédiction et l'exorciser reviendrait à la réhabiliter.

Dans le second cas (l'achat malheureux), la famille ne se rend compte qu'après l'avoir achetée qu'elle est inhabitable. Et comme toutes les économies du gentil papa y ont été dépensées, et qu'il ne trouvera personne d'autre qui accepte de l'acquérir généreusement, c'est tout son capital familial qui se trouve mis en péril (raison pour laquelle le valeureux père de famille fait appel à un pasteur pour exorciser le mal et pouvoir enfin récupérer son bien).

À noter qu'il est fréquent que la cause fondamentale de la malédiction fût un insensible acquéreur de terrains constructibles qui fît construire la maison sur un ancien lieu sacré des Indiens d'Amérique. Tout s'expliquerait alors par une histoire de vengeance des esprits païens qui ne supporteraient pas un tel sacrilège sur leur sol ancestral.

En parlant du pasteur, en relisant ce texte, je me demande si l'église évangélique n'aurait pas de bonnes raisons de voir en ce « Gary l'exorciste » une concurrence déloyale à ses activités, pourtant bien accueillies par la population. Qu'on se le dise : ce bonhomme de scientifique ferait bien de faire un peu plus attention à ce qu'il touche, s'approprie et dérange... :huhu:


Enfin, sur mes attentes en matière de scientifiques, je vais tenter de vous répondre à tous les deux, txuku et Moyen Moyen. :)

En me plongeant dans un récit fantastique, un peu bêtement, instinctivement presque, j'attendrai d'un scientifique :
- soit qu'il débite des savoirs incompréhensibles à propos d'expériences qui me paraissent inutiles et obscures (autrement dit, qu'il m'égare et me fasse douter du bien fondé de ses recherches) ;
- soit au contraire qu'il prouve quelque chose que je savais déjà, même si la façon dont il le prouve est un peu surprenante, afin de me montrer que j'avais raison de croire ce que je croyais à ce propos (faisant en quelque sorte de lui mon héros qui démontre à mes contradicteurs qu'ils ont tort).

Dans les deux cas, il faut que je sois directement sollicité (en tant que lecteur), soit pour apporter toute ma confiance à ce merveilleux scientifique, soit au contraire pour lui exprimer une certaine défiance irrationnelle.

Si un scientifique accomplit des choses utiles mais qu'il ne rentre pas dans la catégorie du héros scientifique, alors il me faudrait vraiment comprendre en quoi le narrateur a décidé de me parler de lui, de ses recherches, de ses trouvailles incroyables.

Comme je n'ai pas trouvé de distinction explicite entre auteur et narrateur, je pars du principe que tu es ce narrateur, Moyen Moyen, et que tu m'expliqueras tôt ou tard pourquoi tu me parles de ce filou qu'est Gary et de cet idéaliste qu'est Alonso.

Et ce, malheureusement, dès l'introduction, car je suis un capricieux lecteur qui veut avoir l'impression d'y comprendre quelque chose (même quand, secrètement, je n'y comprends rien). ^^


Bon courage Moyen Moyen, et c'est un plaisir de partager ces premières impressions avec toi pendant la construction d'un univers hors du commun.

Si une suite devait se concrétiser, alors je la lirai avec plaisir, moi aussi, dans la joie du partage et de l'imaginaire enflammé. À bientôt. :)
« Modifié: 21 Janvier 2022 à 12:06:26 par Alan Tréard »

 


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