Voici une nouvelle que j'ai écrite pour un concours. Les contraintes étant, 15 000 caractères maximum, espace inclus, le thème étant le fantastique et la possession. J'aimerai avoir un avis dessus car je veux rendre un projet a peu près potable, voila

-Au putain la gueule !
Il ricana.
-La ferme !
Yaru fut encore plus irrité avec cette remarque qu’il ne l'était déjà.
-Oh ça va! ce que tu peux être grognon au réveil… Au fait Lilyrin a appelé, y paraît que tu la ghoster.
-Elle s’en est finalement rendu compte. Il entra dans la salle de bain. Les yeux encore collés et la gueule de bois fixée à son cerveau.
-On dirait bien. il lui a fallu deux semaines quand même, c’est ton record non ?
-Ouais, la dernière c'était une… il se regarda dans le miroir prêt à se brosser les dents quand il vit que son oeil était noir. Le tour était craquelé,sa pupille était rouge et orange comme en flamme. La seconde d’après il hurla de douleur, comme si son œil se faisait brûler et désintégrer en même temps. Cela alerta son colocataire qui se précipita dans la salle de bain, en entrant il le vit au sol en boule tenant son visage.
-Qu’est-ce qui se passe ?!!
S'écria t-il.
-Mon oeil ! Il brûle !!
Yaru se tordait de douleur, au sol.
-Qu’est ce que tu racontes ?! T’es encore bourré Yaru ?!
-Regarde !!
Il enleva ses mains de son œil. Ils se regardèrent dans les yeux, et d’un coup son coloc se mit à vomir du sang à répétition. Tout en pissant le sang au niveau du nez. Finalement aux bout de quelques minutes d’horreur, il se vida complètement de son sang et tomba raide mort.
Putain de merde ! Oh bordel ! J’y crois pas ! Je viens de buter mon pote !!
Son souffle se haleta et ses pupilles se rétractent, il sua à grosse goutte, ses mains se mirent à trembler.
Qu’est ce que je vais faire maintenant ? Je suis dans la merde jusqu’au cou.
Il posa le regard sur le corps et eut la nausée à la vue de ce cadavre qui fut son ami puis sa victime par accident. Cette pensée le dégoûtant encore plus. Après plusieurs dizaines de minutes à errer dans son esprit, il se leva enfin et prit le corps pour le placer dans sa baignoire puis s’habilla. mit un cache-oeil et partit vers la bibliothèque. l’Internet ayant été coupé pour cause de non paiement. En entrant, il se dirigea directement vers un ordinateur.
Ok… je cherche quoi en fait ? Mais quel abruti je fais, il doit bien y avoir un truc avec un œil dégueu qui tue des gens.
Il tapa cette recherche et tomba sur beaucoup de blog de sorcellerie, de satanisme et d’occulte. Il alla aussi sur un forum et demanda ce qu'était cet œil. Plusieurs disaient que seul le diable en personne pouvait produire ce genre de “symptome” qui lui servait à entrer dans le monde des humains en prenant possession de leur corps. Et que plus les craquelures avanceraient, plus la possession serait grande. Et que quand cela sera achevée la mort serait la plus douloureuse qui puisse exister. Bien sûr, ce n’est rien de plus qu’une légende car jamais personne n’a été enregistré comme ayant cet œil.
Oh non! Oh sainte merde, j’y crois pas! Je vais mourir dans d’atroces
souffrances ! Pourquoi ? Pourquoi moi ?!
Il se remit à paniquer complètement, sa jambe se mit à bouger frénétiquement, et ses oreilles surchauffèrent, il repartit se sentant observer.
Il faisait gris. quelques gouttes tombèrent. mais Yaru s’en fichait. Il était stressé et complètement perdu, les gens dans la rue le prenaient pour un tox échappé d’une cure. il se posa sur un banc, regardant le décor pour se calmer. Il cligna des yeux pour les rafraîchir et pendant ces quelque millisecondes, plusieurs heures disparurent,il faisait déjà nuit. Yaru se leva du banc complètement déboussolé. Il tituba puis reprit sa marche d’errance. A un moment il passa dans une ruelle, une personne apparut. Le noir cachait son visage.
-J’ai des infos pour toi.
L’homme parlait d’une voix monotone. Presque robotique.
-Quoi ? Qui es tu ?
Yaru en avait marre de cette journée. Un homme mystérieux dans une ruelle sombre ne lui faisait plus peur.
-Je suis une personne qui peut aider.
-Et c'est quoi la douille ?
-Il n’y en a pas.
L’homme se rapprocha un peu. Il pouvait voir un léger sourire sur ses lèvres sèches.
-Ah! Laissez moi rire. Allez c'est quoi la douille ?
-Je te le répète, je ne veux que t’aider.
-Déjà montrez votre visage et dites moi qui vous êtes.
Il se mit dans la lumière d’un néon. Sa tête se découvrit complètement. Elle était déformée, sûrement par des coups d’une violence inouïe.
-Je suis Jo, un exorciste.
-Comment tu sais que j’ai besoin d’un exorciste.
-Ton œil.
-Quoi, mon œil ? Tu ne peux même pas le voir.
-Je peux le sentir.
-Et tu sens quoi au juste ?
-Qu’il en émane une puissance phénoménale, pouvant écraser mon souffle.
-Comment fais- tu ?
Les deux se rapprochaient de plus en plus l’un de l’autre.
-Je suis un exorciste, je suis censé sentir ces choses, pour les arrêter.
-C'est pas plutôt les médiums ça ?
-Eh bien en vérité c'est une idée reçue. Ce sont les exorcistes qui sentent ce genre de chose, pas les médiums.
-D’accord, bon passons. Comment est-ce que tu peux m’aider ?
-Je peux faire disparaître ta possession.
-Et comment veux-tu faire ça ?
-Je ne peux te le dire. Pour ça il faut me suivre.
-Je suis pas con. Tu vas faire comment ? Réponds!
Yaru haussa le ton.
-Je vais t'exorciser. Rien de plus banal pour moi.
-Je ne vais de toute façon pas te suivre. Laisse-moi tranquille.
Yaru tourna les talons.Jo se trouvait derrière lui. Il lui infligea un coup de barre de fer derrière la tête, il s'écroula, le sang coulant devant ses yeux. Le monde prit une teinte rouge. A son réveil il se trouvait enchaîné dans une pièce sale, lugubre et qui donnait la nausée au vu de tout ce sang séché aux murs et sur le lit auquel il était attaché. Jo entra et se mit devant lui. Il avait le regard qu’a un enfant testant des jeux morbides sur des animaux.
-Qu’est ce que vous me voulez ?!
Yaru était tétanisé. Il avait le visage crispé de peur de ce qui allait lui arriver.
-Rien. Je veux juste voir comment ton corps et ton esprit vont disparaître. pendant ces 4 prochaine et très longues semaines. Il lui fit un grand sourire. Presque heureux.
-Vous êtes un malade !
Sa voix tremblait.
-Non, je suis juste fasciné par les possessions. Et par la peur qu'éprouve mes victimes.
Jo repartit.
Yaru se détendit. Rien ne s'était passé. cela n'était pas plus mal. Il était fatigué et avait très mal à la tête. il ferma les yeux et le sommeil eut raison de lui. Son réveil fut brusque puisqu’il se réveilla a cause d’une froideur extrême sur son corps. Jo était en train de le plonger dans une énorme baignoire de glaçons. Lui étant accroché au plafond par des chaînes qui avait un système de poulie.
-Putain !
Il hurla et se débattit, mais la moitié de son corps était endolorie par le froid. Ces yeux étaient exorbités et complètement rouges.
-Calme. De toute façon, personne ne peut t’entendre.
Yaru regarda la pièce de plus près et remarqua un énorme ventilateur qui faisait un grand bruit, avec le trauma crânien son cerveau ne l’avait pas entendu. Il comprit qu’il était fini. Des larmes coulèrent sur ses joues.
-Pour… quoi…?
Il le prononça dans un flot de larmes.
-Hahaha, tu devrais voir ta tête, elle est magnifique.
Jo avait le sourire jusqu'aux oreilles, celui d’un enfant avec un nouveau jouet.
Durant deux semaines, il infligea à Yaru plusieurs sortes de tortures. Comme lui envoyer des décharges dans tout le corps ce qui détruisit ses glandes lacrymales. Il ne pouvait donc plus pleurer ni réhydrater ses yeux. Ce qui fit qu’il devint extrêmement rouge, et que chaque clignement d'œil lui faisait atrocement mal. Il subit aussi, les “interrogatoires” musclés. Où Jo décidait d’un coup de l’attacher à une chaise puis de le tabasser. en lui criant d’avouer et qu'après il arrêterait. ce qu’il fit à chaque fois après plusieurs heures à se faire frapper et cracher a la figure. Ou encore les coups de fouet réguliers. De plus , à certains moments, la réalité s'altèrait, une énorme douleur atteignait tout son corps, et les fissures autour de son œil grandissaient. Ses organes se detruisaient, sa vision se coupait et sa voix était distordue. sa peau changeait de couleur et ses mains de forme. Un jour, il était accroché à ces fameuses chaînes au plafond et d’un coup il sentit une puissance surgir en lui, brûler et bouillonner. Ses muscles situés aux niveaux de ses mains se raidirent et d’un coup il cassa ses chaînes. Jo arriva en trombe, le surveillant toujours grâce à sa caméra.
-Qu’est ce que…!
Yaru prit d’une rage étouffante lui attrapa la gorge et la broya.
-Comme ça tu ne pourras plus beugler.
Il lui écrasa les mains. Il fit un cri silencieux.
-Comme ça tu ne pourras plus faire de mal à personne.
Il lui détruisit la bouche.
-Comme ça tu ne pourras plus sourire.
Il lui arracha la tête d’une seule main.
-Et comme ça tu ne pourras plus vivre.
Il la balança sur le lit sale juste à côté de lui, détruisit la porte et sortit dehors. Il faisait nuit mais il pouvait distinguer la nature. On était en plein désert.
Super…
un mal de tête le prit. il tituba et prit la route infinie.
Pendant deux jours, il marcha sans s'arrêter au bord de la route. faisant du stop. Aucune des rares voitures ne s'arrêtèrent. jusqu'à une petite coccinelle rouge.
-Vous allez bien ? Venez entrer! La personne à l'intérieur avait l’air affolée de le voir dans cet état.
Il entra et s’assit sur le siège avant, le sang sur ses vêtements se mit sur le fauteuil. Tournant la tête pour regarder le désert.
-Désolé, j’ai quelques problèmes et donc j’ai un peu de sang sur moi.
L’inconnu redémarra.
-C'est plutôt une hémorragie là.
-Ah, c'est parce qu’il n’y a pas que mon sang. Il fit un sourire maladroit.
-Vous savez que vous inquiéterez n’importe qui en disant ça.
-Hahaha, avec le temps j’ai oublié toutes les commodités que peut avoir la civilisation et les relations humaines.
-Vous êtes qui en fait ?
-Je suis Yaru, un homme qui va mourir dans peu de temps.
-Mon dieu c'est horrible… Je vais vous amener à l'hôpital, il faut vous aider.
-Hahaha, non je vais mourir dans… On est le combien ? J’ai perdu la notion du temps.
Il riait tristement.
-On est le 31 mars.
-Alors je vais mourir dans 2 semaines à peu près.
-Quoi ? Vous pourriez m’expliquer.
-Mon esprit se fait consumer, pareil pour mon corps, alors dans 2 semaines je vais crever même si mon enveloppe charnelle restera dans ce monde.
-Comment est-ce possible ?!
-Je suis possédé par le diable. Il tourna sa tête et fit découvrir son autre partie du visage complètement recouvert de craquelure et son œil.
-Oh mon dieu ! Son visage était horrifié, la voiture dériva, elle faillit tomber dans le petit ravin qui bordait la route.
-Je sais. Mais tout va bientôt se terminer.
-Il vous reste tout de même deux semaines.
-Non il ne me reste plus que quelques heures. je compte me tirer une balle dans la tête. Pourquoi je vous raconte tout ça ?
-Parce que vous allez mourir ?
-Possible oui.
-Et surtout, je vous laisserez pas mourir!
-Vous pouvez pas m’obliger !
-Bien sûr que je peux ! C'est moi qui conduis.
-Je peux aussi sauter de la voiture.
-Dans votre état, ça m'étonnerait.
-Comment pouvez- vous juger ça ?
-Le sang sur le siège, le visage et les blessures recouvrant votre corps.
-Oui bon, j’accepte d’aller à l'hôpital. Comment vous vous appelez au fait ?
-Rez. Enchantée.
Ils se sourirent mutuellement et le silence s’installa jusqu'à l'arrivée à l'hôpital. Yaru ne pouvait plus marcher alors Rez l’aida. Les gens les dévisageaient et étaient choqués dans les couloirs de l’urgence.
Ils arrivèrent dans la salle d’attente.
Elle l’assit sur une chaise et se mit à côté.
-Tu veux quelque chose ?
-Ouais. Mourir.
Il tourna la tête pour la regarder. Puis fit un sourire.
-Arrête. Tout le monde nous regarde.
-Tout le monde nous regarde parce que je suis sale, à moitié défiguré et couvert de blessures. Pas parce que je veux mourir.
-Peut-être, mais ne dit pas ça.
-Si tu veux je ne le dirais plus.
-Merci.
Le médecin arriva rapidement. Toutes les infirmières l’ayant prévenu de son cas. Il le plaça sur la table, fit une batterie d’examen et posa son diagnostic.
-Ça risque d'être simple. J’ai déjà prévenu le gouvernement, vous allez être examiné et soigné pendant 6 mois.
-J’ai deux questions.
-Dite.
-Déjà. Pourquoi vous êtes vous aussi blasé ? Et puis y a rien qui vous choque ?!
-J’ai l’habitude, je travaille aux urgences depuis 20 ans.
Le médecin partit chercher quelque chose.
-Tu comptes faire comment ?
-Je me casse.
Il détacha sa perfusion et se leva. Yaru faillit tomber mais Rez le rattrapa.
-Tu peux pas partir maintenant.
-Si je peux, j’ai encore le droit de vivre.
-Mais…
-Y a pas de mais. Je ne veux pas passer deux semaines dans un centre à être examiné.
Rez acquiesça et le soutint. Ils traversèrent les couloirs discrètement et prirent sa voiture. Ils repartirent.
-On va où maintenant ? Demanda Rez un peu affolée.
-Eh ben c'est simple. On va chez toi.
-Quoi ? Je veux pas de cervelles sur mes murs!
-Ne t'inquiète pas. Je ne compte pas me foutre en l’air.
-Alors tu comptes faire quoi ?
-Je vais passer ces deux prochaines semaines avec toi.
-Mais pourquoi ?
-Pour apprendre à se connaître cher Rez.
-D’accord…
-Parfait alors.
Ils rentrent chez elle. Elle lui donna des vêtements et lui expliqua toute sa vie, il fit de même. Ils n’avaient plus aucun secret l’un pour l’autre. Le temps passa. Au début, les crises ne se produisaient pas beaucoup mais avec le temps et l'échéance, la douleur empirait. Les craquelures avancent et les crises se produisaient jusqu'à une fois par jour. Ils dansaient le soir sur un vinyle de Dr Hook, Rez adorait ce groupe. et Yaru adorait danser avec elle. L'après-midi, ils lisaient et riaient en discutant de tout et de rien. Pour Yaru, plus le temps s’écoulait, plus il était heureux de l’avoir rencontrée avant sa mort. Pour Rez, plus le temps passait plus c'était douloureux de se rendre compte qu’elle l’adorait et qu’il allait mourir. Quelque jours avant sa fin. Rez lui avoua une chose… c'était les meilleures deux semaines de sa vie. Elle ne voulait pas que ça s'arrête. Il lui prit la main, lui sourit comme il le pouvait… Elle avait compris que la fin approchait et lui aussi avait adoré ces moment mais il le fallait. Elle pleura plus d’une fois la nuit à cette pensée, les trois derniers jours. Ils s'amusaient encore plus, profitant de chaque instant. Jusqu’au dernier soir où Yaru ne pouvait même plus parler, sa bouche complètement couverte de craquelure. D’un coup le plafond se détruisit et des agents de la brigade anti personne surnaturelle, pointèrent leur armes sur Yaru. Hurlant qu’il devait mettre les mains en l’air et se mettre à genoux. Rez avait beau crier pour leur dire qu’il était sans défense et qu’il ne pouvait plus bouger, ils continuèrent à crier et à s'agiter. Jusqu'à que Yaru essaya de se lever. Tous se tuent, il s’avança maladroitement vers Rez, les agents redoublèrent de vigilance. Elle était effondrée sur le sol, il s’assit en face d’elle, lui prit l'arrière de la tête et la plaqua délicatement contre la sienne, puis dit dans un dernier souffle.
- Je t’aime.
En s’effondrant sur le sol il disparaît dans une traînée de poussière. il était enfin libéré. Rez prit les quelques dernières cendres qu’elle plaqua contre son cœur puis dit dans un dernier murmure emplit de larmes.
- Je t’aime Yaru.