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16 Septembre 2026 à 11:14:21
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Cauchemars de couleur

Auteur Sujet: Cauchemars de couleur  (Lu 3683 fois)

Hors ligne Rémi

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Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #15 le: 19 Septembre 2021 à 17:43:59 »
Salut Aponiwa

Alors, concernant la temporalité, j'ai réfléchi à la question en construisant le texte, de la façon suivante :
Le narrateur est "dans son plus jeune âge" à l'époque des Impressionnistes (mettons qu'il a 10 ans vers 1880), l'été et l'hiver avec Lucie se passent vers 1915 (il a autour de 45 ans), époque du début de l'abstraction (première aquarelle abstraite de Kandinsky en 1910). Après, le narrateur peut en parler, parce qu'il raconte les événements après.
Donc, sur cet aspect-là, ça passe je dirais ; par contre, le vélo... ça passe pas !
=> une chute de cheval fera l'affaire !

Citer
- Je n'arriva pas à faire le rapport entre le cauchemar du début et la suite. C'est idiot, mais je pense que les rêves sont liés à notre vécu, surtout s'il s'agit d'un cauchemar récurrent.
Oui, les rêves sont liés au vécu, avec des déformations. Je tiens pas trop à ce que les cauchemars soient directement des projections dans les oeuvres de Lucie. Mais peut-être que je me trompe, que le texte serait plus fort en prenant cette direction.

Citer
Bon voilà! Sinon, toujours rien à dire, c'est toujours un plaisir de te lire! :)
cool, merci !



Salut Zag :)

Alors, l'insondable est un peu "cliché", c'est pas faux ; ça pourrait être mieux. C'est pourtant ce que je veux dire, le narrateur voit un trait qui disparait dans un inconnu qu'il ne peut appréhender.
Je cherche mais je trouve pas, pour l'instant, une formule qui irait mieux.

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et des blocs de glace qui éclatent en fragments de mille bleus.
"mille bleus" ça m'a un peu fait tiquer, je trouve que ça sonne pas parfaitement.
là-dessus, j'avais un doute. J'ai changé en :
qui éclatent en une myriade de variations de bleus.

Citer
Citer
Toujours, elle patientait dans l’attente que j’examine son travail.
"patientait dans l'attente" je trouve pas ça super heureux (on est forcément dans l'attente, quand on patiente).
ouaip, pas faux...
=> modif : "Toujours, elle patientait respectueusement jusqu’à ce que j’examine son travail."

Citer
J'aime pas trop cette formulation, le "qui s'envolait" me paraît un peu de trop. Mais je comprends que tu veuilles filer le truc. Quelque chose comme "brûler les ailes de son art en plein envol." ?
j'adopte ^^

Citer
Il manque peut-être un lien entre le cauchemar du début et toutes ces peintures. On pourrait facilement imaginer que les tableaux de Julie interviennent dans ses cauchemars, que le narrateur soit enfermé dedans, ou bien tordu par leurs arabesques, etc.
Mouais, je suis pas trop pour : les cauchemars se déguisent souvent ; ça me paraîtrait un peu "grossier" de lui faire vivre un cauchemar dans l'univers de Lucie.

Le spoiler m'a trop fait rire  :D

Merci pour ce retour détaillé, le texte approche de sa mouture finale, je pense.



Salut Alan,
Citer
Eh ! Bien, voici le genre de texte vers lequel tu t'orientes actuellement, c'est tout nouveau ?
C'est un Tic-Tac de 2018 que je reprends, c'est donc pas super nouveau ^^
Oui, j'essaye de varier les plaisirs !

Citer
Il me semble que ce n'est pas aussi expressif que lorsque tu t'attaques à des faits divers glaciaux, il y a plus de place pour la romance, l'intimité, l'implicite.
c'est vrai que c'est plus intime

Citer
À mes yeux, en restant dans ce format intimiste, tu pourrais te détacher de cette énumération de faits factuels et revenir vers plus de sentimentalité volatile, comme pour oublier le passage du temps un instant.
ça pourrait, mais j'aime pas trop la romance, et ici, mon perso principal a du mal avec ses sentiments.

Citer
j'aurais mieux aimé voir les transformations apportées par Lucie à ce peintre anonyme. J'aurais aimé voir son atelier se transformer d'une façon ou d'une autre, ses amis ou ses proches intervenir dans l'histoire pour essayer de rompre une certaine forme d'isolement. N'a-t-il pas envie de présenter cette femme à ses proches ou ses collaborateurs dans les galeries ?
c'est à dire que sur ce texte, ils sont un peu piégés tous les deux et ont justement du mal à s'ouvrir, d'où la fin "tragique".

Citer
Si tu ne prends l'histoire que depuis le point de vue des deux personnages (en ne présentant que leur perception personnelle sans laisser de point de vue extérieur s'exprimer pleinement), ces deux protagonistes peuvent beaucoup plus aisément laisser place au mensonge, à l'illusion, au désir irrationnel, au fantasme intime, tandis que n'importe quel intervenant aurait rompu cette image idyllique en lui apportant des nuances pleines de charmes ou de doutes.
exactement, pas de place qu "charme" ici, mais une fascination assez froide, loin de la romance donc et de l'idylle.

Citer
C'est, je crois, ce qu'il m'a manqué à la lecture de ce texte, une intervention extérieure, un point de vue différent sur le drame, une rupture dans l'intimité la plus irrationnelle.
c'est le lecteur justement qui voudrait intervenir, c'est ce qui donne la tension au texte (enfin j'espère !). Même les parents à la fin, ils rejettent ce passé et les tableaux qu'ils ne veulent connaître.

Merci pour ton analyse, Alan.



A++
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Aponiwa

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Re : Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #16 le: 19 Septembre 2021 à 19:02:32 »
Donc, sur cet aspect-là, ça passe je dirais ; par contre, le vélo... ça passe pas !
=> une chute de cheval fera l'affaire !

 :D
Comme Géricault, parfait!  ;)

Oui, les rêves sont liés au vécu, avec des déformations. Je tiens pas trop à ce que les cauchemars soient directement des projections dans les oeuvres de Lucie. Mais peut-être que je me trompe, que le texte serait plus fort en prenant cette direction.

Je ne pensais pas forcément aux toiles de Lucie (c'est l'idée de Zag, je crois). Plutôt quelque chose qui symboliserait la culpabilité du peintre envers Lucie (la pauvre... :s)
Mais bon, comme tu sens! :)
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Hors ligne Rémi

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Re : Re : Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #17 le: 19 Septembre 2021 à 20:26:42 »
Je ne pensais pas forcément aux toiles de Lucie (c'est l'idée de Zag, je crois). Plutôt quelque chose qui symboliserait la culpabilité du peintre envers Lucie (la pauvre... :s)
Oui, c'est une bonne idée. En l'état, il se fait quand même agresser par la couleur, je trouve le symbole pas mal ; difficile de doser, si j'en fais trop, ça va être à la fois téléphoné et irréaliste (mais si j'en fais pas assez, le lecteur en veux plus ^^).

Merci d'être repassée !
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne gage

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Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #18 le: 24 Septembre 2021 à 11:02:36 »
Salut Rémi !!

Récit très classique, comme tu le dis toi-même. Mais ce n'est pas grave, sauf qu'à mon avis il faudrait du coup l'enrichir. Il reste une impression de survol, inhérente peut-être au tic tac.
Si tu permets bien sûr des conseils qui te donneraient un peu de travail, et allongeraient le récit, et je ne sais pas si c'est ton projet

D'abord, la temporalité. Ça a déjà été évoqué plus haut, je sais, mais je reviens dessus. Je pense que ton récit mériterait d'être un peu plus ancré dans son époque, par des détails domestiques, qui sait ? Genre la cuvette émaillée pour la toilette, ou les bruits dehors... Je t'avouerai que l'évocation du fiacre m'a fait sursauter, je n'étais pas du tout dans cette période.  Et puis, tu évalues l'âge de ton perso autour de 45 ans, mais rien ne nous l'indique du tout. En fait, curieusement, ton texte qui parle de peinture ne décrit rien des 4 personnages, rien de ce qui les environne, si ce n'est la verrière. Je sais que c'est mon style à moi, mais j'aurais carrément parlé aussi de la rue, de la ville, de l'actualité... même par simple évocation.

Eh puis autre chose, et te connaissant tu peux le faire. Tu n'évoques les œuvres que par leur couleur. Je sais que c'est le fond de ce que tu voulais écrire, mais j'aurais aimé que tu parles aussi pinceaux, ou couteau, ou brosses, poils, palette (l'objet), préparation des pigments, ébauches, croquis préparatoires, que sais-je.
Ton récit reste en deçà de ce qu'il raconte, si tu vois ce que je veux dire. Là ce n'est plus tic tac, tu as le temps de lui donner une épaisseur, une consistance que le pitch mérite.

Tout dépend de ce que tu veux en faire, bien entendu.

Un dernier petit truc puis je me fonds dans le décor : je pense que le mot "grésille" n'est pas le bon. Et "résille" n'irait pas non plus...

Voilà, j'espère avoir été utile.

Bises !
« Modifié: 24 Septembre 2021 à 13:09:40 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Rémi

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Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #19 le: 26 Septembre 2021 à 16:25:45 »
Salut gage,

Merci pour ton commentaire. Je n'ai pas fait de grosses modifications, même si j'ai pas mal réfléchi à tes suggestions.
En fait, j'ai ajouté juste ces quelques mots :
Citer
Pendant tout l’été, nous peignîmes sans relâche.  Nous ne lâchions les brosses que pour broyer les pigments. Même lorsqu’elle maniait le pilon, versait l’huile de lin, la flamme de la création ne la quittait pas. Lucie avait toujours en tête de futurs tableaux, la volonté de faire parler la couleur sans répit. Sa palette aussi était un objet d’expérimentation et souvent devenait une source d’inspiration pour une nouvelle esquisse. Je me souviens d’un jour où, se lavant les mains dans la cuvette émaillée, elle s’émerveilla des arabesques qui se dessinaient autour de ses doigts. Sa façon évoluait et la mienne aussi à son contact.
Ta remarque judicieuse de faire parler un peu plus le matériel a donc été prise en compte. Et j'ai casé la jolie "cuvette émaillée".

Citer
Je t'avouerai que l'évocation du fiacre m'a fait sursauter,
j'ai viré ce fiacre, de toute façon, elle est trop fauchée pour s'en payer un, ce n'était pas très cohérent.

Pour le reste, tu dis :
Citer
Il reste une impression de survol, inhérente peut-être au tic tac.
en fait, cet impression vient du fait que le narrateur raconte l'histoire sans montrer de moments précis (à part la scène où les deux apprentis partent) ; j'ai ajouté aussi ci-dessus, quelque chose de plus visuel. (ah, et on a aussi la tentative de boucher les fissures...)

Citer
j'aurais carrément parlé aussi de la rue, de la ville, de l'actualité... même par simple évocation.
Oui, ce serait chouette ; mon narrateur raconte son drame, la cause de ses cauchemars en couleurs et il ne se lance pas dans un récit détaillé
Citer
tu as le temps de lui donner une épaisseur, une consistance que le pitch mérite.
Il faudrait changer la structure du texte, je pense.
Une nouvelle plus longue (ou un roman) serait l'occasion de montrer la difficulté rencontrée par le "couple".
Basic parlait d'anaphrodisie, c'est très juste, c'est le coeur de la nouvelle. Mon personnage s'enflamme pour la couleur et les toiles mais il n'est pas sensible au charme de Lucie. C'est là le drame, c'est la cause de la mort de Lucie.
Bref, avec une nouvelle structure et aussi sûrement un changement de point de vue, un narrateur omniscient, là, je pourrais développer à la fois les décors et les échanges entre les personnages. Donner à voir la souffrance de Lucie, mettre en place des cauchemars récurrents, faire vivre le froid et la faim...

Citer
Un dernier petit truc puis je me fonds dans le décor : je pense que le mot "grésille" n'est pas le bon. Et "résille" n'irait pas non plus...
J'ai bien ri ! "grésille" a été remplacé par le bon terme : grésil !!!
==> Je restai là, longtemps, sous le grésil...

Merci d'être passé, le texte n'a pas énormément évolué, mais il est mieux, je pense, avec ces petites modifications.

A+
Rémi
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Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #20 le: 26 Septembre 2021 à 18:10:12 »
Salut Rémi !
Tu n'imagines pas ma fierté que tu aies autant suivi mes modestes avis.

Soit, tu n'as pas fait de grosses modifications, mais je trouve quand même que ça étoffe le récit, que les personnages gagnent en épaisseur, en vie.

"grésil"...  :D je n'y avais même pas pensé !!

Et puis je ne te l'avais pas dit, alors je profite de mon retour, mais l'idée même du cauchemar de couleurs est une vraie trouvaille !

Au plaisir !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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Re : Cauchemars de couleur
« Réponse #21 le: 29 Septembre 2021 à 09:02:16 »
Salut,
C'est moi qui vous remercie, tous, pour vos avis. Les commentaires sont toujours enrichissants, même quand on n'est pas d'accord ou quand on ne va pas dans leur sens.

J'ai redonné deux petits coups de brosse : "relâchions" un peu trop proche de "lâcher" et le mot "arabesque" employé deux fois dans ce petit texte, ça me semblait de trop.

Si vous voyez encore des choses à améliorer, n'hésitez pas !

A+
Rémi
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