L'épouvantail
Il y avait dans un champ semblable à bien d’autres, à la sortie d’un village semblable lui aussi à beaucoup d’autres, un épouvantail, qui lui, n’était semblable à aucun autre épouvantail. Perché sur son piquet en bois au bord de la route, il observait les passants de ces orbites vides creusés dans un sac en toile de jute usé et sale. Il portait un chapeau de paille crasseux, une salopette difforme et boueuse, une chemise à carreaux rapiécée, des gants dépareillés et des bottes troués et sales. Ses bras et ses jambes étaient des morceaux de bois tordus. Mais le plus effrayant était sans l’ombre d’un doute sa bouche tordue dans un sourire qui vous glaçait le sang.
Thomas détestait cet épouvantail. Il détestait absolument tout chez lui. Son aspect effrayant, l’impression que celui-ci l’observait et le suivait du regard mais ce qu’il détestait plus que tout, c’était de devoir passer tous les jours devant pour se rendre à l’école. Dès qu’il approchait du champ, il ne pouvait s’empêcher de trembler et il devait se concentrer pour ne pas tomber de son vélo. Il pédalait alors aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient, retenant son souffle jusqu’à ce que l’objet de sa peur ne soit plus qu’un petit point sur l’horizon derrière lui. Il avait bien essayé de parler de cet épouvantail à ses parents mais comme tout adulte qui se respecte, ils ne portaient qu’un intérêt limité aux peurs irrationnelles et incompréhensibles des enfants, même si celui-ci était le leur.
Un soir, alors que les enseignants avaient laissé partir les enfants, les cartables lourds et les cerveaux fatigués, Thomas se retrouva seul face à l’impossible. Son vélo. Son magnifique vélo rouge, neuf et rapide comme l’éclair était crevé. Cela ne pouvait pas être vrai, le jeune garçon refusait de se rendre à l’évidence malgré les faits. Il essaya tant bien que mal de pédaler mais il renonça et prit le chemin du retour à pied, à côté de son vélo, qu’il poussait. Le fait que son vélo soit abimé, le contrariait mais ce n’était rien comparé à la terreur qu’il ressentait à l’idée de passer devant l’épouvantail à pied. Il ne pouvait se résoudre à une telle chose. Alors malgré les difficultés, il décida qu’il était préférable de pédaler devant le monstre. Il sauta sur son vélo et pédala avec force comme à son habitude. Mais la situation n’était pas habituelle, et bientôt, le garçon se retrouva par terre, les genoux écorchés. Le cadre de son vélo, qui était d’un rouge brillant, était maintenant éraflé à plusieurs endroits. Thomas renifla bruyamment devant les dégâts. Il était encore sous le choc, si bien, qu’il oublia le temps d’un instant, la présence de l’épouvantail.
Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule. Le jeune garçon cessa immédiatement ses jérémiades. Tout son corps se mit à trembler violemment. Il voulait se retourner mais il n’en avait pas la force. Alors, à la place il se jeta en avant dans une course effrénée comme si le diable en personne était à ses trousses. Ses poumons étaient en feu, ses jambes douloureuses, son souffle erratique et difficile mais il refusa obstinément de s’arrêter avant d’avoir franchi la porte d’entrée de sa maison, de son refuge.
Le soir même, les parents du jeune garçon eurent droit au récit complet et détaillé de la terrifiante aventure de leur fils. Mais comme il s’y attendait, ils ne le crurent pas. Au contraire, le père de famille, furieux, alla chercher le vélo et emmena son fils avec lui. Celui-ci était assis dans la voiture, ses mains cramponnées si fort à la ceinture de sécurité que ses jointures étaient devenues blanches. Au début, il refusa de sortir de la voiture mais devant l’insistance de son père, il finit par obéir. Thomas était peut-être peureux mais c’était également un garçon obéissant. Son père se tenait face à l’épouvantail à quelques centimètres seulement de lui.
-Regarde, dit-il. Il ne peut rien te faire, il n’est pas vivant.
Le jeune garçon leva les yeux et au moment où son regard se posa sur l’objet de sa frayeur, une goutte de sueur froide dévala son dos, de sa nuque jusqu’à ses reins.
-Approche Thomas, vient, continua son père en faisant de grands gestes.
Le jeune garçon déglutit difficilement et avança comme s’il trainait un boulet derrière lui. Son père l’attrapa par les épaules et le plaça devant lui.
-Tu ne risques rien, tu n’as pas à avoir peur.
Il embrassa le sommet du crâne de son fils. Puis, il donna un coup de poing dans le buste de l’épouvantail qui resta de marbre. Ils regagnèrent la voiture en silence. Au moment, où le moteur rugit, Thomas regarda une dernière fois vers l’épouvantail, il se sentait en sécurité dans le véhicule avec son père près de lui. Il cherchait un signe de vie, mais il n’en vit aucun, l’épouvantail paraissait tout à fait inerte.
Il se passa plusieurs jours sans aucun incident. Le vélo de Thomas réparé, sa routine recommença. Mais cette fois-ci le garçon se sentait ragaillardi par la démonstration de son père. Un soir, en rentrant de l’école, il s’arrêta à une distance raisonnable du monstre. Il posa pied à terre et attendit de longues minutes, indécis. Soudain, il prit une profonde inspiration et descendit de son vélo. Il s’avança doucement, prudemment, essayant de contrôler sa respiration et ses tremblements. Il s’arrêta quand il fut suffisamment prêt pour distinguer nettement son affreuse figure.
-Je … je n’… n’ai pas p… peur de toi, bégaya le jeune garçon.
Mais tout chez lui, dans sa posture, sa voix, son regard criait le contraire. Une idée vint à Thomas, il se souvint de son père, de sa force, de son courage et dans une volonté maladroite de limiter, il donna un violent coup de pied dans le tibia tordu de l’épouvantail. Il attendit mais comme rien ne se passait, il recommença, encore et encore. Après les coups de pieds, il essaya aussi les coups de poings.
-Je n’ai pas peur de toi, cria-t-il le poing levé en l’air prêt à frapper.
Soudain, une main gantée retint son geste. Epouvanté, Thomas releva la tête et tomba nez à nez avec des yeux vides. Il poussa un cri suraigu et tira de toutes ses forces afin de se libérer de l’emprise de l’épouvantail. Mais celle-ci se resserra davantage faisant grimacer le garçon de douleur. Un son rauque sortit de la bouche tordue de l’épouvantail. Thomas se mit à gémir, les larmes lui montant aux yeux. Il s’aida de ses pieds pour repousser l’épouvantail mais hélas sans succès.
-Laisse-moi partir, s’il-te-plait, lâche…
Mais il n’eut pas le temps de terminer. Sans prévenir le monstre le lâcha, déséquilibré, Thomas chuta lourdement sur le sol. L’épouvantail et l’enfant se dévisagèrent, sans bouger. Le silence les enveloppa et c’était comme si le temps était suspendu. Le bruit d’une voiture au loin, ramena Thomas à la réalité. Il sauta sur ses jambes et attrapa son vélo, avant de fuir. Cette fois-ci il ne se retourna pas, même quand l’épouvantail ne fut qu’un petit point noir qui se détachait sur l’horizon. Si Thomas l’avait fait, il aurait peut-être remarqué que sa posture était différente et que celui-ci ne l’avait pas quitté du regard, la tête tournée dans sa direction.
Le lendemain, Thomas refusa catégoriquement d’aller à l’école. Il s’inventa des symptômes suffisamment graves pour convaincre ses parents et ceux-ci, à contre-cœur, le laissèrent seul à la maison pendant la journée. Bien sûr, ses parents allaient appeler à plusieurs reprises sur le téléphone fixe de la maison, il n’était pas question pour Thomas de la quitter mais ce n’était pas ce qu’il voulait. Profitant d’être seul dans le salon, il alluma l’ordinateur familial et commença une série de recherches sur les épouvantails. Malheureusement celles-ci n’aboutirent à rien. Il semblait que personne avant lui n’ait été témoin d’un phénomène similaire. Déçu et contrarié le garçon ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait pas indéfiniment se faire passer pour malade et ses parents ne le croyaient pas au sujet de l’épouvantail donc ils devraient continuer à passer devant tous les jours. Mais il l’avait frappé. Et maintenant, il n’avait plus seulement peur parce qu’il était vivant, il avait également peur de sa vengeance. Soudain, une idée lui vint. Ses parents ne le croyaient pas, parce qu’ils ne l’avaient pas vu mais s’ils en avaient la preuve, ils ne pourraient plus nier l’évidence. Fier de son idée, le jeune garçon courut jusqu’au débarras qui était encombré du sol au plafond de dix années de « On ne sait jamais, ça peut toujours servir ». Il mit deux bonnes heures avant de trouver ce qu’il cherchait mais quand il le tint enfin dans ses mains, il le serra comme s’il s’agissait du Saint Graal. Le vieux caméscope de sa mère.
Malgré tout ses efforts Thomas ne réussit pas à convaincre ses parents qu’il était encore suffisamment malade pour rester à la maison une journée supplémentaire. Il n’eut d’autre choix le lendemain matin, que de prendre son vélo pour se rendre à l’école. Il pensa toute la journée au caméscope qui attendait dans son cartable, caché entre ses cahiers. Plusieurs fois, il fut rappelé à l’ordre par l’enseignante mais il n’y pouvait rien, il n’arrivait pas à rester concentré sur les leçons du jour. Comment le pourrait-il ? Sachant ce qui l’attendait le soir après la classe.
Arrivé devant l’épouvantail, le jeune garçon posa son vélo sur le bord de la route, avant de s’avancer vers le monstre. Il tenait le caméscope dans une poigne serrée.
-Je suis revenu, voulut-il dire avec force mais sa voix n’était qu’un murmure noyé par le souffle du vent.
L’épouvantail ne bougeait pas d’un pouce, hormis ses vêtements qui voletaient autour de lui. Soudain, Thomas se baissa et ramassa une grosse motte de terre. Il la jeta avec force en plein dans le visage de l’épouvantail. Celui-ci vacilla sur son piquet mais ne riposta pas.
-Je sais que tu es vivant, affirma l’enfant, ses doigts se resserrant sur la caméra.
Il se baissa et attrapa une nouvelle motte de terre, encore plus grosse que la précédente. Il leva le bras prêt à la jeter quand une bourrasque encore plus forte fit s’envoler le chapeau de paille de l’épouvantail. Un bras tordu se leva alors et rattrapa le couvre-chef avant qu’il ne soit hors de portée. Le jeune garçon avait été témoin de toute la scène. Il laissa échapper un cri de surprise et lâcha le caméscope qui tomba à ses pieds. Il ne prit pas le temps de le ramasser, il courut jusqu’à son vélo et prit la fuite, une fois encore. Sur le chemin du retour, il ne pouvait retenir les larmes qui coulaient sur ses joues. Il avait eu ce qu’il voulait, une preuve. Mais elle était perdue désormais et tout ça à cause de lui. Il pleura beaucoup cette nuit-là.
Au petit matin, il alla chercher son vélo qu’il gardait sous le hangar. Le caméscope était posé sur la selle. A ce moment, il était tellement surpris qu’il ne pensa pas à être effrayé. Il chercha à la hâte une explication à tout ceci. La plus logique était que son père avait vu le caméscope depuis la voiture s’était arrêté et l’avait déposé ici. Mais si tel était le cas, il aurait eu droit à un sacré savon. Non, la seule explication plausible était que l’épouvantail avait quitté son champ et l’avait suivi jusqu’à chez lui pour lui rendre l’objet. Mais dans quel but ? Un monstre ne pouvait pas avoir fait ça, uniquement par gentillesse et il en aurait certainement profité de l’occasion pour tous les tuer. Parce qu’après tout, c’est ce que font les monstres. Thomas alluma la caméra et regarda la vidéo. Elle n’était pas de très bonne qualité mais on voyait clairement l’épouvantail bouger tout seul. Il la serra contre lui, et fit demi-tour prêt à courir jusqu’à la cuisine où sa mère se trouvait encore. Mais il s’arrêta. Quelque chose, il ignorait quoi, l’empêchait de faire part de cette preuve. Il prit alors le caméscope et le cacha derrière un petit tas de bois.
Le matin en passant, Thomas s’arrêta devant l’épouvantail et sans descendre de son vélo, il cria depuis la route :
-Merci pour le caméscope. Je suis désolé, ajouta-t-il plus doucement, baissant la tête.
Puis, il parti sans se retourner. Le soir, il s’arrêta de nouveau. Il posa son vélo et s’avança vers l’épouvantail. Il ignorait pourquoi mais les tremblements dans ses jambes s’étaient amoindris.
-Je m’appelle Thomas, dit-il, en présentant une main moite.
Il attendit une minute ou deux, le bras levé, avant qu’il ne soit saisit par l’épouvantail. Le jeune garçon fixait ses yeux vides et il jura qu’un grognement s’échappa de sa bouche tordue.
-Com… comment tu t’appelles ? Demanda le jeune garçon, en tirant légèrement son bras en arrière.
L’épouvantail répondit par un grognement plus fort et lâcha la main de l’enfant.
-C’est pas un prénom, ça, GRRRR, répondit Thomas.
L’épouvantail émit ce son une nouvelle fois.
-Tu ne peux pas parler, dit Thomas, ce n’était pas une question.
-THO – MAS, dit le jeune garçon en frappant la paume de sa main sur sa poitrine. THO – MAS.
Mais l’épouvantail ne répondit que par un grognement indistinct.
Les jours passèrent et la vie de Thomas changea du tout au tout. Le jeune garçon ne vivait plus dans la peur. Mieux, encore, il semblait épanoui. Il allait tous les jours à l’école avec un sourire et un enthousiasme que ses parents ne lui avaient jamais connu. Quand ils demandaient pourquoi ils étaient si contents, il répondait qu’il s’était fait un nouveau copain. Ce qui n’était pas un mensonge. Thomas préférait éviter de leur dire que son ami était un épouvantail vivant dans un champ.
Thomas passait beaucoup du temps avec son nouvel ami. Il essayait désespérément de lui apprendre à parler. Tâche plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Mais il était néanmoins fier des progrès de son ami. Ses grognements pouvaient être différenciés et même parfois, il entendait un son similaire à « O » sortir de sa bouche tordue.
Thomas, naïvement, pensait que cela durerait toujours. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Mais toutes les histoires ne finissent pas par, ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. Un soir, alors qu’il rentrait chez lui, plus heureux que jamais d’avoir appris à l’épouvantail à faire des passes au ballon, il fut surpris de voir ses parents l’attendre de pieds fermes dans le salon. Le visage de son père était fermé, ses lèvres pincées. Sa mère, quant à elle, avait les yeux rougis par les larmes qu’elle avait versé plus tôt dans la soirée.
-Qu’est-ce que tu fous dans un fichu champ avec un épouvantail toute la journée ?
Le sujet était lancé. Le père de Thomas ne tournait jamais autour du pot. Le garçon ignorait comment ses parents l’avaient appris mais à cet instant cela n’avait pas d’importance.
-C’est… c’est mon a…ami, bégaya l’enfant.
Le père se frappa le front avec la paume de sa main.
-Son ami, son ami, répéta-t-il. Les épouvantails ne sont pas vivants, celui-ci comme les autres.
Thomas n’aimait pas le ton employé par son père, comme s’il s’adressait à un idiot ou un fou et non à lui, son fils.
-Il est différent, insista l’enfant.
Le père se leva et commença à tourner en rond dans le salon, serrant les poings.
-Tu le crois peut-être mais ça doit être le vent qui le fait bouger, intervint sa mère.
Elle aussi le prenait pour un fou. Il n’allait pas les laisser croire ça.
-Chéri, commença sa mère en reniflant.
-J’ai une preuve !
Thomas quitta la maison en courant. Il retrouva facilement le caméscope là où il l’avait caché. Ses parents l’avaient suivi et ils étaient désormais les trois sous le hangar.
-Je l’ai filmé, expliqua-t-il en leur tendant la caméra.
Ses parents regardèrent le film sans dire un mot. Mais quand ils virent de leurs yeux, l’épouvantail attraper son chapeau, ils éprouvèrent une peur plus grande encore que celle qu’avait éprouvée leur fils. Car dans le monde des enfants si un épouvantail vivant est source de peur, cela devient une source de terreur bien plus forte dans celui des adultes.
-Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, n’arrêta pas de répéter la mère.
-Tais-toi, répondit le père sans la regarder.
Mais elle continua encore et encore.
-Ferme la ! Cria-t-il, sa voix résonnant sur les murs et le toit.
Sans donner d’explication, il attrapa la hache qui était posée contre la pile de bois et s’avança vers sa voiture.
-Papa, papa, appela Thomas.
-Ne t’en fais pas mon garçon, je vais tuer ce monstre, il ne pourra jamais te faire de mal.
Il ferma la portière de sa voiture et parti en trombe, faisant crisser le gravier sous ses pneus. Sans réfléchir, le jeune garçon chevaucha son vélo, sa mère essaya de l’arrêter mais il la repoussa avec force. Il pédala aussi vite que possible. A l’horizon, le soleil déclinait et le ciel prenait des teintes rouges-orangés. Quand il arriva au champ, la scène devant lui, lui parut si atroce, qu’il crut un instant vivre un cauchemar. Son père brandissait la hache au-dessus de l’épouvantail qui était inerte sur le sol. Il allait le tuer, pensa le garçon.
-Papa non ! hurla-t-il en se précipitant vers eux. C’est mon ami.
-T’approche pas ! hurla son père, crachant de nombreux postillons.
Ses yeux étaient écarquillés et injectés de sang, sa peau blafarde mais sa posture était aussi ferme qu’un roc. L’épouvantail se redressa et regarda son jeune ami arriver. Il émit un grognement en guise de reconnaissance. Le père recula sous le choc, la hache toujours brandie en l’air. Thomas s’agenouilla vers l’épouvantail.
-Est-ce que ça va ? Demanda-t-il, des larmes dans les yeux.
L’homme de paille et de bois, hocha la tête. Soudain, le père émit un grognement bestial, il attrapa Thomas par l’épaule et le tira violemment en arrière. Il abaissa ensuite sa hache et sectionna une main. L’épouvantail poussa un cri de douleur et se recroquevilla sur lui. Mais déjà un deuxième coup de hache lui coupa une jambe. Thomas, lui, hurla de terreur. L’épouvantail tendit son unique main en direction du garçon et le regarda du fond de ses orbites vides.
-Tho…mas, réussit-il à dire.
Puis, un coup de hache le décapita. Sa tête tomba sur le sol et son corps s’affaissa. Thomas ne pouvait détourner son regard du corps de son ami sans vie. Soudain, un autre coup de hache tomba, puis un autre. Ils étaient parfaitement inutiles, le pauvre épouvantail étant mort. Mais il s’acharnait encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne reste de lui plus que des lambeaux.
Le soleil était pratiquement couché désormais. Le ciel avait pris une teinte rouge. Rouge comme le sang.