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21 Avril 2026 à 17:37:34
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Voir est différent de regarder

Auteur Sujet: Voir est différent de regarder  (Lu 1770 fois)

Hors ligne Madame Lambda

  • Plumelette
  • Messages: 11
Voir est différent de regarder
« le: 05 Avril 2021 à 17:09:25 »
Bonjour à tous!

Voici mon second texte depuis mon inscription.
J’espère que vous aimerez, merci d’avance de me lire  :)

PS : euh je crois que je me suis un peu emballée et que mon texte n’entre plus dans les critères des « textes courts », finalement... N’hésitez pas à me dire si je dois le déplacer, merci d’avance!




 Le bus part dans trois minutes. Audrey est contente d’avoir pu s’asseoir, même si elle s’attend à devoir laisser sa place à quelqu’un qui en aurait besoin : les passagers n’ont pas fini de monter.
Alors, elle ne s’installe pas vraiment et se tient sur le qui-vive, prête à réagir si elle devait se lever.
Mais non, tout le monde finit par se caser dans cet espace restreint, et il reste même assez d’air pour soupirer.

 Audrey soupire, donc. De soulagement et de lassitude.
La journée a été longue au bureau, très intense, Audrey est même restée une heure supplémentaire pour essuyer les urgences.
Les transports en commun n’étaient pas fluides ce soir, enfin pourquoi préciser ce soir? se demande t-elle. Les transports ne sont JAMAIS fluides en vrai, le temps perdu à attendre sur les quais est incommensurable.
C’est come ça qu’en loupant son premier métro, et pour l’avoir attendu moins de deux minutes, elle a rallongé sa journée d’une demie heure en décalant toutes ses correspondances.
Et c’est comme ça que la voilà dans ce bus bien après 19h, heure de couvre-feu actuel.
Heureusement elle a l’attestation de son employeur, qui l’autorise à dépasser le couvre-feu quand sa présence est nécessaire au bureau, ce qui revient à dire tout le temps, en fait.
Le travail à distance est pour Audrey une sorte de légende urbaine : elle en a entendu parler comme tout le monde, elle connait des gens qui en font, mais elle ne l’a jamais vu en vrai et elle sait que ce n’est pas près d’arriver : il faut bien que les secrétaires restent au bureau pour imprimer les documents du patron non? Comment pourrait-il travailler sinon?

 Ne sois pas aigre, se réprimande Audrey. Toutes les règles existantes sont déjà modulables selon le niveau social, t’as vraiment cru que ce serait différent avec les règles sanitaires?
Audrey a un peu les boules ce soir, elle en a marre de prendre les transports avec un noeud au ventre, de peur d’attraper le virus. Marre de voir autant de gens le masque sous le nez, sous le menton, qui la collent pour rentrer plus vite dans la rame de métro, qui la collent au supermarché. A 40 ans tout pile, elle en a marre des gens et de leurs comportements d’enfant capricieux.

 Le bus démarre enfin, sans se presser.
Audrey regarde par la fenêtre et se dit que quand même, il y a encore beaucoup de monde dehors au regard de l’heure qu’il est.
Il y a des grappes de personnes qui discutent, un peu partout sur les trottoirs. Beaucoup n’ont pas de masque, ou alors mal mis ce qui revient finalement au même. Pas la majorité heureusement, mais bon les deux là, ils ont leur masque  bien mis et se tiennent trop près du troisième qui l’a sous le nez, alors est ce qu’ils comptent dans le groupe de ceux qui respectent les gestes barrière? Audrey décide que non.
On se croirait  samedi tant il y a de monde dans les rues. Tant de monde et un pas un flic à la ronde, cela va sans dire.
Les contrôles de police renforcés, ça la fait bien marrer, Audrey.

 Depuis que ce bordel de virus a commencé, elle ne s’est pas fait contrôler une seule fois et n’a jamais vu un flic contrôler qui que ce soit.
Une des rares fois où elle a vu un véhicule de police, il lui a refusé la priorité au passage piéton alors qu’il n’y avait ni sirène ni gyrophare en route. Alors cette histoire de contrôles de police, c’est juste une bonne blague.
Pourtant, si le boulot était fait, il y en aurait de l’argent qui rentrerait dans les caisses de l’Etat, pourquoi ne sont ils pas plus sérieux avec ça alors? Ca permettrait d’alléger la note qui ne manquera pas d’arriver.

Les gens ne se rendent pas compte, mais tout cet argent perdu entre les confinements, les arrêts maladie pour garder les gosses, les test à répétition et pris en charge par la sécurité sociale entre ceux qui ont une vraie raison de les faire et ceux qui veulent juste diner entre potes, tout ça c’est sûr qu’à un moment il faudra le payer. Et ce ne sont pas les dirigeants du pays qui le feront.
Ce seront les impôts plus élevés, les médecins et les médicaments un peu moins bien remboursés, et certainement plein d’autres petites choses.

 Il est 19h38 et Audrey soupire encore.
Blottie dans son regard critique sur le monde, elle ne voit pas qu’en cette magnifique journée de printemps il y a un rayon de soleil qui se pose sur la rue. Il est beau pourtant, il illumine les murs et les visages, fait briller la fontaine, et en passant dans le bus il fait même scintiller un peu de poussière en suspension.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir soupiré après le soleil pendant tout l’hiver justement - Audrey est quelqu’un qui soupire beaucoup.

Elle ne voit pas non plus, juste en face d’elle, cette dame et ce petit garçon assis côte à côte et qui se tiennent la main. Ni le boulanger qui, de la farine jusqu’au coude, salue gaiement le chauffeur de bus à son passage, et fait éternuer un petit chien en laisse en agitant le bras.
Le gris de ses pensées obscurcit tout ce qu’elle voit et bouche sa vue périphérique.
Le rayon de lumière d’ Audrey, c’est qu’enfin, enfin, son arrêt de bus se rapproche, elle va enfin pouvoir rentrer chez elle et fermer sa porte sur l’absurdité que constitue le monde.
Embrasser ses enfants et compter avec eux les pâquerettes du jardin, pour leur enseigner que la beauté se trouve dans l’oeil de celui qui regarde et que voir est différent de regarder.


Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 992
Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #1 le: 05 Avril 2021 à 19:24:55 »
Merci pour le partage de ton texte qui parle du confinement et des mesures.

Tu décris des choses que l'on voit, mais je ne partage pas ton avis sur tous. Ici on est dans un forum d'écriture pas d'idée, ce n'est pas le sujet.

Ton texte est bien écrit et se lit facilement. La morale est belle et donne espoir.
Ca me fait penser a cette phrase "Si on a pas ce qu'on aime, il faut aimer ce qu'on a."
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Madame Lambda

  • Plumelette
  • Messages: 11
Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #2 le: 05 Avril 2021 à 19:54:12 »
Cendres, merci à toi pour ton avis.
Et toutes mes excuses si j’ai imposé des opinions, ce n’était pas du tout le but.
J’ai essayé de me mettre dans la peau d’une femme et de son quotidien, avec ce que je peux voir et entendre ici et là, en aucun cas je ne cherche à imposer un quelconque point de vue.
Je cherchais à montrer aussi le décalage entre ce que l’on peut essayer de transmettre et ce que l’on en fait soi meme, le fossé qu’il peut y avoir entre les principes et les actes.

J’espère sincèrement ne froisser personne et réitère mes excuses si jamais c’était le cas.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 225
  • orque magnifique et ténébreuse
Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #3 le: 06 Avril 2021 à 11:37:07 »
Bonjour Madame Lambda

Je tiens tout d'abord à réagir à ça :

Tu décris des choses que l'on voit, mais je ne partage pas ton avis sur tous. Ici on est dans un forum d'écriture pas d'idée, ce n'est pas le sujet.
Je ne comprends pas vraiment ce que Cendres a voulu dire ici. Évidemment que dans un texte (et d'ailleurs, partout ailleurs sur ce forum), tu as le droit de représenter tes idées et opinions, à quoi servirait d'écrire sinon ?

Cela dit, je passe au commentaire de ton texte :

Citer
Audrey est contente d’avoir pu s’asseoir, même si elle s’attend à devoir laisser sa place à quelqu’un qui en aurait besoin : les passagers n’ont pas fini de monter.
Ici je préciserais : "A quelqu'un qui en aurait plus besoin qu'elle", parce qu'on pourrait argumenter que tout le monde a besoin d'une place mais que ça ne justifie pas le fait de prendre la place de quelqu'un d'autre pour autant.

Citer
Audrey a un peu les boules ce soir
Cette expression m'a un peu sortie du texte. N'est-ce pas une expression plutôt familière ? En plus, elle ne signifie pas toujours la même chose, selon d'où tu viens. Pour moi, avoir les boules, ça veut dire avoir peur, mais je ne sais pas si c'est ce que tu voulais exprimer ici.

Citer
Il y a des grappes de personnes qui discutent, un peu partout sur les trottoirs.
j'enlèverais la virgule ici

Citer
Beaucoup n’ont pas de masque, ou alors mal mis ce qui revient finalement au même
ici je mettrais plutôt : "ou alors ils l'ont mal mis"

Citer
alors est ce qu’ils comptent dans le groupe de ceux qui respectent les gestes barrière? Audrey décide que non.
:D je trouve ça rigolo

Citer
Tant de monde et un pas un flic à la ronde
"pas" plutôt que "un"? Et sinon, l'utilisation de flic détonne aussi avec le reste du vocabulaire du narrateur il me semble.

Citer
Depuis que ce bordel de virus a commencé
enfin, pareil ici. J'ai de la peine à savoir s'il faut attribuer ces mots à Audrey ou au narrateur.

Citer
Il est 19h38 et Audrey soupire encore.
Blottie dans son regard critique sur le monde, elle ne voit pas qu’en cette magnifique journée de printemps il y a un rayon de soleil qui se pose sur la rue. Il est beau pourtant, il illumine les murs et les visages, fait briller la fontaine, et en passant dans le bus il fait même scintiller un peu de poussière en suspension.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir soupiré après le soleil pendant tout l’hiver justement - Audrey est quelqu’un qui soupire beaucoup.

Elle ne voit pas non plus, juste en face d’elle, cette dame et ce petit garçon assis côte à côte et qui se tiennent la main. Ni le boulanger qui, de la farine jusqu’au coude, salue gaiement le chauffeur de bus à son passage, et fait éternuer un petit chien en laisse en agitant le bras.
Le gris de ses pensées obscurcit tout ce qu’elle voit et bouche sa vue périphérique.
Le rayon de lumière d’ Audrey, c’est qu’enfin, enfin, son arrêt de bus se rapproche, elle va enfin pouvoir rentrer chez elle et fermer sa porte sur l’absurdité que constitue le monde.
Embrasser ses enfants et compter avec eux les pâquerettes du jardin, pour leur enseigner que la beauté se trouve dans l’oeil de celui qui regarde et que voir est différent de regarder.
j'aime bien cette fin, mais je trouve qu'elle détonne un peu avec le reste, dans le sens où, dans le début du texte, c'est difficile de savoir si le narrateur se différencie vraiment d'Audrey ou s'il est simplement en train d'exprimer exactement tout ce qu'elle ressent. Et donc, à la fin, quand tout d'un coup il se sépare d'elle et commence à décrire ce qu'elle ne voit pas, ça surprend, comme si tout d'un coup quelqu'un d'autre prenait la parole. Pour les mêmes raisons, le thème du texte qui aboutit avec cette dernière phrase n'apparaît qu'à la fin, alors que je pense qu'il devrait transparaître déjà bien avant.
Peut-être que pour éviter ça, il faudrait mieux séparer les voix du narrateur et d'Audrey dès le départ ?

Enfin, voilà pour mes suggestions, et merci pour le partage :)

"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Samarcande

  • Chaton Messager
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 918
Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #4 le: 06 Avril 2021 à 16:57:04 »
Salut Madame Lambda et bienvenue sur le forum,

Je ne sais pas quels types de retours tu attends sur ce texte, donc je vais faire à ma sauce.
Juste pour être claire, ce sont juste mes ressentis et mon point de vue, donc libre à toi d'en faire ce que tu veux (et même de ne rien en faire du tout ;))

Pour ce qui est des remarques générales, j'ai bien aimé ton texte et surtout la chute. :coeur:
Je pense que tu pourrais alléger  un peu le corps du texte  : l'accumulation de lieux communs, même si volontaire, a bien failli me lasser au milieu du texte et j'ai eu du mal à voir où se plaçait le narrateur, et s'il cautionnait la manière de penser d'Audrey.
Ton premier indice est
Citer
- Audrey est quelqu’un qui soupire beaucoup.
presque à la fin du texte.
Je crois que ton texte gagnerait si tu rajoutais des éléments de prise de distance de ce genre entre personnage et narrateur au fil du texte.

Quelques autres notes au fil du texte:
Citer
Les transports en commun n’étaient pas fluides ce soir, enfin pourquoi préciser ce soir?
Il manque un espace avant le ?

Citer
se demande t-elle.
se demande-t-elle

Citer
C’est come ça
faute de frappe

Citer
il faut bien que les secrétaires restent au bureau pour imprimer les documents du patron non?
je rajouterais une virgule après patron + espace entre non et le ?

Citer
Comment pourrait-il travailler sinon?
Espace entre sinon et ?

Citer
Toutes les règles existantes sont déjà modulables selon le niveau social, t’as vraiment cru que ce serait différent avec les règles sanitaires?
J'ai l'impression que la première partie de ta phrase est beaucoup plus littéraire que la seconde.
Vu qu'il s'agit d'une pensée, j'irais bien dans le sens d'un langage plus oral pour la première partie.

Citer
Audrey a un peu les boules ce soir
ça détonne un peu avec le registre de langue du reste du texte je trouve.

Citer
elle en a marre de prendre les transports avec un noeud
nœud

Citer
Pas la majorité heureusement, mais bon les deux là
les deux-là
C'est un des passage que je raccourcirais. Je le trouve u peu long dans la description de qui porte un masque et un peu redondant avec le paragraphe précédent.

Citer
ils ont leur masque  bien
espace de trop entre masque et bien

Citer
On se croirait  samedi
espace de trop entre croirait et samedi

Citer
pourquoi ne sont ils pas plus sérieux
ne sont-ils

Citer
Ca permettrait
Ça


Citer
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir soupiré après le soleil pendant tout l’hiver justement - Audrey est quelqu’un qui soupire beaucoup.
J'aime beaucoup cette phrase.  :)

Et en général, je trouve que la fin est très bonne.

Merci pour la lecture.






« Modifié: 07 Avril 2021 à 06:53:49 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Etaga

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #5 le: 06 Avril 2021 à 18:12:00 »
Bonjour Madame Lambda,

Moi aussi toute neuve sur ce site, je fais mon premier retour...

Je partage le point de vue des camarades précédents sur le flottement entre le point de vue du narrateur et celui du personnage, qui conduit d'une part à des ruptures de niveaux de langue et de style qui sonnent étranges, et d'autre part à une confusion idéologique entre les opinions du narrateur et du personnage.

Peut-être qu'il serait judicieux d'adopter tout du long le style plus oral et familier d'une pensée en marche ?

Peut-être aussi, pour éviter le côté un peu "lieux communs", faudrait-il renforcer l'impression d'accéder à l'expérience subjective du personnage (par exemple, je ne sais pas, avec des petites incursions sur sa vie, son quotidien, son entourage, sa manière originale de penser et appréhender ce qu'on vit tous...) ? Je ne sais pas si mes remarques sont claires et si ce n'est pas un peu dur...

J'aime bien les petites piques ironiques du narrateur ("Audrey est quelqu'un qui soupire beaucoup") ; l'ironie peut être une piste à creuser pour dissocier les points de vue ?

La fin est jolie, sinon !

Bonne continuation !

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 992
Re : Re : Voir est différent de regarder
« Réponse #6 le: 07 Avril 2021 à 09:08:01 »
Cendres, merci à toi pour ton avis.
Et toutes mes excuses si j’ai imposé des opinions, ce n’était pas du tout le but.
J’ai essayé de me mettre dans la peau d’une femme et de son quotidien, avec ce que je peux voir et entendre ici et là, en aucun cas je ne cherche à imposer un quelconque point de vue.
Je cherchais à montrer aussi le décalage entre ce que l’on peut essayer de transmettre et ce que l’on en fait soi meme, le fossé qu’il peut y avoir entre les principes et les actes.

J’espère sincèrement ne froisser personne et réitère mes excuses si jamais c’était le cas.
Ecrire c'est conne un avis. Ce n'est absolument pas négatif, ou positif, juste une constatation.  Je ne vois pas pourquoi tu devrais t'excuser.
Les passages que j'ai "réagie" c'est le fait que l'héroïne voit des personnes ne pas respecter certaine consigne et dit que la police devrait verbaliser, ca ferait rentrer de l'argent dans les caisses.
Personnellement, j'en ai marre de ses mesures. Des choses banales sont interdites. Mais je ne suis pas la pour parler de tout cela. Tu fais parler un personnage, et tu lui fait dire ce que tu veux.

Dommage que je n'ai pas su m'expliquer et que tu as pensé que mon avis était une critique sur ton écrit.  Je suis désolée.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

 


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