Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

30 octobre 2026 à 16:19:30
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Médecine du futur (Science-fiction)

Auteur Sujet: Médecine du futur (Science-fiction)  (Lu 1723 fois)

Hors ligne Vir

  • Aède
  • Messages: 165
Médecine du futur (Science-fiction)
« le: 21 mars 2021 à 15:31:43 »
Bonjour !

Voici un extrait d'un roman de science-fiction que j'ai terminé il y a quelques semaines. J'aimerais avoir votre retour sur cette partie qui introduit plusieurs concepts importants pour la suite du roman.

Contexte : Jusqu'ici, le roman suivait les aventures de Christian dans un contexte médiéval fantastique. Si j'ai bien fait mon travail, les lecteurs auront compris que Christian se trouvait en réalité dans un jeu-vidéo en réalité virtuelle. J'entame avec cet extrait la partie 2 du roman qui introduit un nouveau personnage dans un nouveau contexte. Cette partie est tout à fait compréhensible seule.

Je remercie tous ceux qui décideront de me lire et encore plus ceux qui voudront bien me faire des retours ! Je prends tout, le fond, la forme, les couleurs, les tournures de phrase... Tout commentaire peut m'aider, n'ayez pas peur pour mon égo.

Bonne lecture !

A lire après avoir lu l'extrait :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


...

Patient n° 345 : Joseph Delia
Ceteri
Etat du cbis : comme neuf
123 ans
Poids : 100,51 kilos
Taille : 2,31 mètres

Masse musculaire suffisante, masse osseuse normale, alimentation : ilex… Niveau de stress ok… Pas de drogue ou d’alcool dans l’organisme… Niveau d’empoisonnement dû à l’atmosphère : 21%...

Lucie Langrois parcourait la fiche du patient des yeux, tout semblait normal. Pourquoi la consultait-il ? Maux de tête, lut-elle. Ce mal de crâne ne semblait pas pouvoir s’expliquer physiologiquement. La puce intégrée dans la caboche de l’homme lui indiquait que tout fonctionnait normalement.
Fréquence cardiaque stable, pas de traumatisme crânien réel ou virtuel récent…

Peut-être que la source de son mal de crâne était psychologique. Elle alla du côté des données plus personnelles enregistrées par le cbis de Joseph. Ses activités étaient diverses : il jouait de la guitare et de la basse en réalité virtuelle, il regardait des vidéos et des films d’action, il avait récemment lu des documents sur l’histoire des tueurs en série, et regardé des pornos rubrique « gay » et « hentaï ». Il avait trois relations stables : son conjoint, un parent et un ami. La dernière fois qu’il avait eu un rapport sexuel avec son conjoint remontait à plus d’un an. Lucie parcourut les dernières conversations que le couple avait échangées : elles semblaient plutôt banales.

Il était temps de demander directement au patient de quoi il retournait. Lucie apparut devant Joseph Delia, chez lui. L’homme la toisa, les sourcils froncés.

—   Vous êtes en retard, dit-il d’un ton irrité. J’ai dû repousser un rendez-vous pour vous attendre.

Ça commence bien. Lucie inspira, expira. Calme-toi, ça ne sert à rien de t’énerver. Elle reprit son dossier pour se donner une contenance.

—   Bonjour, monsieur Delia, le salua-t-elle d’une voix trop sèche.

Je vous emmerde, monsieur Delia.

—   Comment va votre tête ? continua-t-elle.

—   Mal, répondit-il du tac au tac. Les médecins normaux ne savent pas ce que j’ai. Ils m’ont injecté quelques trucs mais ça n’a pas fait d’effets.

Les médecins normaux…

Lucie et son patient se trouvaient dans un magnifique salon dont les murs et le plafond étaient entièrement vitrés de telle sorte que l’on pouvait se croire sous le dôme d’une serre. La maison était construite dans les hauteurs à flanc de montagne, la forêt les encerclait d’un côté, et de l’autre, la vue était dégagée sur une vallée verdoyante en contrebas. Un lac aux eaux turquoise y était niché. De hauts pics enneigés complétaient le fond du tableau.

De bon goût mais affreusement banal. La construction avait sûrement été prise sur un catalogue quelconque.

—   Je vois, dit Lucie.

Elle n’était pas surprise. La plupart de ses patients voyaient d’autres médecins plus… orthodoxes avant de venir la voir, elle.

—   Ça fait combien de temps que vous avez mal ? lui demanda-t-elle.

—   Deux mois.

—   On vous a proposé de couper la douleur, vous avez refusé ?

—   Oui, cette douleur, elle est là, je veux qu’on me soigne, pas simplement arrêter d’avoir mal.

—   Est-ce que vous avez mal sur l’ensemble de votre tête ou est-ce que la douleur est localisée ?

Joseph soupira, comme agacé.

—   Non, j’ai mal partout.

—   A quel niveau situeriez-vous votre douleur sur une échelle de un à dix.

—   Neuf.

—   La douleur est continue ?

—   Oui.

—   Est-ce que la lumière et le bruit vous incommodent plus que d’habitude ?

Il soupira encore.

—   Oui.

—   Rien d’autre, pas de nausées, de vertiges, de fièvre ?

—   Non, rien que ce fichu mal de crâne.

Lucie jeta un œil sur ce que les médecins normaux lui avaient prescrit. Elle posa sa langue sur sa lèvre, un toc qu’elle avait lorsqu’elle réfléchissait ou qu’elle était en colère.

—   Je vois qu’on vous a fait des injections de buff pendant plusieurs jours, lut Lucie, qu’on a changé votre alimentation puis votre routine sportive… Et enfin… on vous a fait des injections de chem… Rien n’a fonctionné ? Il n’y a jamais eu de changements ?

C’étaient en effet les médicaments de base pour ce type de traumatisme. On les injectait sans même que les patients s’en rendent compte, et leur efficacité était incontestable.

Joseph secoua la tête.

—   Non, rien.

—   On vous a proposé de changer vos cycles de sommeil, vous avez refusé ?

—   Oui. Ça ne fonctionnera pas, cracha Joseph. Ils ont déjà essayé, je veux des résultats, et vite, j’en ai marre de me trimballer un mal de crâne du matin au soir.

Lucie vit sur son tableau que la fréquence cardiaque de Joseph augmentait, ainsi que sa douleur au crâne. La puce intégrée dans le corps de Joseph, son cbis, lui envoyait toutes les données dont elle pouvait avoir besoin en temps réel.

Cette puce était insérée entre deux vertèbres cervicales, à la base du crâne, derrière le cou. Elle avait de nombreuses fonctions, dont certaines étaient médicales. Le cbis – pour cerveau bis - analysait en permanence le corps de son porteur afin de détecter toute anomalie, carence ou besoin de son métabolisme. Il était capable de fabriquer en conséquence - et sans aucun contact avec l’extérieur - des médicaments, comme le buff et le chem, des vaccins, du sucre, des vitamines et d’autres choses, pour les injecter directement dans son corps afin d’améliorer sa santé. Le cbis exerçait ces fonctions sans même que son porteur ne le remarque.

Les fonctions du cbis ne s’arrêtaient pas là. Il enregistrait constamment toutes les actions de son porteur, son itinéraire, ses contacts… En tant que médecin, Lucie avait un accès total aux cbis de ses patients, sans aucune restriction. Elle pouvait tout voir, même les détails de leurs vies les plus privés, leurs conversations, leurs activités, leurs petits-déjeuners, la durée qu’ils avaient passée sur les toilettes…

Joseph était équipé d’autres biotechnologies, à part le cbis. Le brackia lui permettait de respirer sous l’eau et était situé dans ses poumons. Le spiro lui permettait de respirer à l’air libre en limitant l’empoisonnement dû à l’atmosphère sur la planète. Il était constitué de nombreux filaments filtrants courants sous l’ensemble de la peau. Le servo pouvait assister le cbis en cas de blessures physiques graves. Placé dans le ventre, il pouvait fabriquer des médicaments, des tissus, des cellules diverses et ce sans contact avec l’extérieur, directement dans le corps de son porteur. Il pouvait recréer la peau, le sang, les os, et tous les organes du corps. Ces quatre biotechnologies étaient les plus répandues et les plus indispensables sur la planète.

Chez Joseph, ils étaient en parfait état, mais son mal de crâne n’en déclenchait aucun, comme s’ils ne le détectaient pas. Seul le cbis, capable d’enregistrer ses émotions et ses sensations, enregistrait une activité anormale. Ce qui voulait dire que les probabilités pour que son mal de crâne soit dû à des causes psychologiques étaient hautes.

—   Est-ce qu’il y a eu de nouvelles sources de stress récemment dans votre vie ? lui demanda Lucie.
—   Non, répondit-il sèchement.

Lucie leva les yeux au ciel et décida d’y aller franchement.

—   Au début de votre relation avec votre conjoint, vous aviez des relations sexuelles fréquentes, plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs mois. Je vois que vous n’avez pas eu de relation depuis plus d’un an.

Les narines de Joseph frémirent et il regarda par la fenêtre, vers la vallée en contrebas.

—   Ça n’a rien à voir, dit-il brutalement.

Lucie ne se laissa pas avoir. Les conversations qu’il avait eu avec son conjoint dernièrement étaient toutes à mourir d’ennui et brèves. Trop brèves. Elle trouvait souvent la pudeur de ses patients pathétique. Qu’allaient-ils gagner à tenter de protéger leur petite vie privée ? Ce n’était pas comme si elle pouvait vendre ces informations sans importance.

—   Vous ne vous parlez plus, insista-t-elle.

Les mâchoires de Joseph se crispèrent. Il continuait de regarder au loin.

—   Peut-être, eh bien quoi ? lâcha-t-il.

Lucie posa son nez au-dessus de sa tisane et prit une profonde inspiration. Des effluves de menthe, de réglisse, de miel et de citron lui montèrent au nez. Les vapeurs du liquide brûlant lui chauffèrent les narines.

—   Vous êtes constamment dans la réalité virtuelle, vous ne prenez plus de plaisir à vos activités, vous tournez en rond, vous avez la sensation de faire du surplace, énuméra-t-elle. Même les pornos ne vous satisfont plus.

Joseph se tourna vers elle, l’air désormais las et triste. Devant lui, dans sa maison, Lucie n’avait pas de tisane à la main. Elle était simplement debout, en train de le regarder, l’air professionnel quoiqu’un peu irritée.

—   Et qu’est-ce que vous me conseillez ? lâcha-t-il, comme à contre-cœur.
—   La réalité, répondit Lucie.

Joseph plissa les yeux, dans l’incompréhension. Lucie continua :

—   Vous atténuerez votre cbis une fois par jour et vous vous baladerez dans la réalité.

Son patient haussa les sourcils, stupéfait.

—   Vingt minutes par jour, vous ferez ce qu’on appelle de la méditation, ajouta le médecin. Vous fermez les yeux, vous vous concentrez sur votre respiration et faites le vide dans votre tête.

Joseph semblait perplexe.

—   Quoi ? dit-il. Pas d’injections, de médicaments ? Qu’est-ce que c’est que ces méthodes…
—   Parfois, le coupa-t-elle, on ne peut pas avoir recours à la médecine traditionnelle. Mes méthodes sont des techniques plus ancestrales. Je vous prescris aussi des plantes à infuser – des vrais plantes, et de véritables infusions. Il faudra les inhaler. L’aromathérapie est une technique antique et puissante.

Joseph ouvrit la bouche mais Lucie le devança.

—   Je suis médecin et c’est vous qui m’avez demandé. Faites ce que je vous dis, votre mal de crâne disparaîtra. Nous pouvons reprendre rendez-vous dans deux semaines.

Sans plus attendre, elle disparut du salon de Joseph Delia…
« Modifié: 23 mars 2021 à 11:57:08 par Vir »

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 714
  • Miss green Mamie grenouille
Re : Médecine du futur (Science-fiction)
« Réponse #1 le: 21 mars 2021 à 18:48:15 »
Bonsoir Vir,

J'aimerais être plus constructive, mais je ne vois pas grand chose à reprocher à ton texte. C'est clair, bien développé dans l'ensemble et ce petit extrait se suffit à lui-même. Je ne suis pas familiarisée avec ce genre d'écrit, mais celui-ci m'a plu.

La morphologie de Joseph m'a un peu surprise et amusée, pourquoi si grand ?

Quant au reste, le cerveau bis et toutes les technologies intégrées au corps humain m'ont faite sourire, tout pour être en bonne santé, mais surtout une surveillance accrue et une incursion dans la vie, la liberté disparaît.

Quelques babioles d'ortho :

Citer
J'entame avec cette extrait la partie 2 du roman qui introduit un nouveau personnage dans un nouveau contexte.
cet extrait

Citer
A quel niveau situeriez-vous votre douleur sur une échelle de un à dix.
À

Citer
Les conversations qu’il avait eu avec son conjoint dernièrement étaient toutes à mourir d’ennui et brèves.
eues (les conversations)

Citer
Je vous prescris aussi des plantes à infuser – des vrais plantes, et de véritables infusions. Il faudra les inhaler. L’aromathérapie est une technique antique et puissante.

vraies


Je donne quelques remarques et je réponds à ta question sous spoiler pour ne rien dévoiler aux lecteurs potentiels qui suivront.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


À la revoyure :)

Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 422
    • BEOCIEN
Re : Médecine du futur (Science-fiction)
« Réponse #2 le: 21 mars 2021 à 19:14:05 »
Bonsoir

L histoirese lit facilement - le decors est bien pose et les personnages sont vivants ! :)

J avoue avoir clique sur le spoiler au debut et je ne crois pas que cela ai de l importance..... :'(
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Cyr

  • Prophète
  • Messages: 622
Re : Médecine du futur (Science-fiction)
« Réponse #3 le: 21 mars 2021 à 19:41:31 »
La médecine et la science-fiction... Ton choix m'attire beaucoup.
Le pire travers de la médecine serait peut-être celui-là : "on va vous donner une pillule magique, vous n'aurez pas à faire d'effort, ni à changer vos habitudes, ainsi vous resterez malade, mais vous serez un client content et on pourra continuer à vous soigner ad vitam et aeternam, si ça devient trop grave au pire on pourra faire un peu de chirurgie".

Oui, on peut partir sur l'idée des puces, l'analyse de l'urine, l'injection de bactéries, la voie de l'inconscient, la détection par les animaux, l'état de la peau, les cheveux...

Ton texte est bien écrit, je me suis laissée un peu prendre cependant le fonctionnement des puces, des médicaments n'est pas développé il y a un côté un peu trop magique mais cela vient peut-être de l'extrait. Je suis curieuse parce que j'adore ces sujets, alors je veux bien en savoir plus.

Au plaisir  ;D
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne Vir

  • Aède
  • Messages: 165
Re : Re : Médecine du futur (Science-fiction)
« Réponse #4 le: 23 mars 2021 à 12:06:56 »
Merci pour vos retours à tous les trois ! Je suis contente que l'extrait vous ait plu.

La morphologie de Joseph m'a un peu surprise et amusée, pourquoi si grand ?

Dans le roman, ces personnages n'ont pas exactement la même morphologie que les êtres humains. Comme ils sont toutefois très similaires, l'hypothèse la plus probable est qu'ils sont l'évolution de notre espèce (même si je n'en parle à aucun moment dans l'histoire). Merci pour tes retours et tes corrections Claudius !

Bonsoir

L histoirese lit facilement - le decors est bien pose et les personnages sont vivants ! :)

J avoue avoir clique sur le spoiler au debut et je ne crois pas que cela ai de l importance..... :'(

Merci pour ton retour Txuku !

Ton texte est bien écrit, je me suis laissée un peu prendre cependant le fonctionnement des puces, des médicaments n'est pas développé il y a un côté un peu trop magique mais cela vient peut-être de l'extrait. Je suis curieuse parce que j'adore ces sujets, alors je veux bien en savoir plus.

Au plaisir  ;D

Hello Cyr ! Je suis contente que le sujet te plaise  ;D Concernant les biotechnologies, je ne m'avancerai pas dans des explications plus scientifiques, ce serait trop casse-gueule pour moi  :mrgreen:

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.014 secondes avec 19 requêtes.