Aujourd’hui je parsème un chemin de ces quelques bribes de réminiscences avec l’espoir qu’elles te trouveront.
J’aurais voulu te dire que je t’aimais. Je regrette de trouver ce courage maintenant que tu es parti. Je m’accroche à des souvenirs, des restes d’un toi que je ne connais plus vraiment. Je me souviens d’un temps où tu glissais ta main furtivement dans la mienne quand les lumières dansaient dans tes yeux toujours pendant les jours de fêtes. Tu avais le regard flou et des rêves fabuleux. Tu transpirais l’adrénaline et les aventures fiévreuses. A bout de souffle, tu prenais une grande bouffé d’air. Et je t’enviais éperdument.
Maintenant que tu es si vaporeux, que ton âme vagabonde quelque part ; je te sens partout. Je me rappelle de ton rire qui m’éclaboussait avec tant d’ardeur. J’étais une poupée cassée, remplie de fêlures, tu sus les combler. Une par une. Tu me donnais l’espoir d’être aimé quand les gens me lapidaient. A chaque fois que je désespérais, a chaque fois que je me décourageais tu avais les mots justes pour me pousser au devant de moi. Je croquais chacun de tes sourires, j’aspirais chacun de tes soupirs. Tu savais respirer comme nul autre.
Je n’arrive pas à t’oublier car au fond de moi j’espérais que tu me reviendrais. Tout naturellement. Présomptueusement. Tu étais cette vague frôlant mes rivages sans jamais y rester. Mes cils ne peuvent désormais que se teinter d’eau et d’amertume. Je ne puis laisser échapper qu’un cri silencieux, celui qui saccage mon être au moment même où j’essaie de te dire adieu. Je hais le monde sans toi. La peur de voir tes traits disparaître de ma mémoire est inexorable. Pourtant, je te vois si clairement hausser les épaules en me murmurant comme une litanie « Pourquoi je devrais m’empêcher de vivre ? » …
Avec cet indicible amour je prie pour qu’un jour tu puisses me pardonner de ne pas avoir été à tes côtés une dernière fois.
L.