Je pleure : elle a les
cheveux bruns...
Ta lune, améthyste charnelle,
souffle une boucle
de fer,
souffle une boucle
de cuir.
Tu mollis un rayon – rayon
comme une mèche.
Lune, comme
un ivoire.
Lune, comme
un lilas.
Brune, comme un disque
de rouille.
J'aurais sauvé
une mèche... mèche des lunes
pâles, des lunes
blanches – crin de morts, crin
de baptêmes.
J'aurais semé – tu mollis
un rayon, lune
d'ivoire –
j'aurais semé les chemins
blancs.
J'aurais semé le seigle.
Semé
les ombres brunes.
Sauvé
l'ombre qui danse.
Je pleure... je
pleure.
Fleur des nuits, flair
des lunes blanches – les autres sont de couleur.
Je pleure... tes
cheveux
bruns
coulent,
avalanches,
couloirs mauves,
gris et grenat, ceux d'ici et d'hier.
Je pleure : tu n'as plus
les cheveux bruns !...
Tu buvais,
tu coulais, vraie lune
blanche, et à contre lumière.
Je pleure... Pâle,
tu mollis,
tu maudis, tu coula, rachitique
sous les nuits...
Crayons d'opales, crayons d'années.
Blanche
sur les corps,
pleurs
sous les lunes,
blanches... blanches...
craie
sous les ongles,
lune
qui flotte,
blanche... blanche...
sur les cimetières – comme s'il
ne restait plus qu'à vivre.