Texte écrit il y a maintenant 3 ou 4 ans. Je ne l'ai pas retouché si ce n'est les fautes d'orthographe que j'avais semé
a long time ago. La partie que je poste ce soir représente
grosso modo 10% de la nouvelle ( tout du moins là où je m'étais arrêté.) c'est-à-dire, un peu plus de 7 pasges sur un peu moins de 69, précision, précision

.
Si jamais quelque personne était intéressée par la suite, je la posterai par la suite.
Un jour ou l'autre, on s'évadera.
Un jour ou l'autre, la vie nous sourira.L'habituelle odeur des bars, sueur, alcool, fumée, mauvaise haleine. Et bien sûr il a fallu que j'accepte que le deal se déroule ici. Franchement, des fois je me demande à quoi je réfléchis, déjà niveau discrétion c'est foutu, n'importe lequel de ces individus pourrait faire partie de la Division. Et en plus, qui me dit que cette enflure de dealeur va venir ?
Il est 14:35, vendredi ? Sûrement vendredi, oui. À cette heure-ci, je devrais être en cours, quel cours ? Théorie et Applications de la Mathématique. Passionnant...
J'avoue, être ici, attablé à un comptoir dégoûtant de mégots, jeux à gratter et boisson renversée est guère plus réjouissant, mais ce n'est que le début.
Et voilà qu'il n'est toujours pas là, il ? Est-ce un homme ? J'en sais absolument rien, le seul lien que j'ai avec lui, c'est un numéro, un cellulaire en plus.
Quand je l'ai contacté hier soir, la voix, sa voix m'a dit de venir à ce bar et de l'y attendre, rien de plus, rien de moins.
Au moment où je regarde ma montre, la seconde fois, on me tape sur l'épaule.
-Tu as du feu ?
Sous prétexte que je suis encore minoré, on me tutoie... ça commence mal pour celui qui veut utiliser mon briquet.
-Pardon ?
Je me retourne en disant cela, et décèle quelque chose, je ne sais quoi mais cette personne m'interpelle.
-Aurais-tu du feu ?
-Oui, tenez.
Je lui tends mon briquet, des doigts noueux s'en saisissent et d'un geste maintes fois répété allument une cigarette jaunâtre que l'individu porte au coin des lèvres.
-Merci, je ne suis pas en retard ?!
-En retard ?
-Oui, je ne voudrais pas t'avoir fait attendre, la clientèle c'est sacré.
Exact, cette voix, c'est la même qu'hier soir.
-Non, je ne suis là que depuis quelques minutes.
-Bien, très bien même. Que te faut-il alors ? Narcomax, Cokhero, Subultamines ?
-Deliexcta... pour...
Je lui montre les billets, avisé comme il l'est, il sort le nombre de sachets correspondant.
-Un connaisseur. Tiens, apprécies, elle est en provenance directe du fabricant.
-Ouais. Allez salut.
D'un geste de la main, il me salue et s'écarte pour me laisser partir.
Finalement je parviens à rejoindre le lycée pour l'heure d'après, une chance que le bar ne soit pas trop éloigné finalement.
Les personnes me servant de camarades me regardent, étonnés que je revienne après avoir manqué une heure.
-Où t'étais ?
Pas besoin de me retourner pour savoir que c'est Dheniz.
-En course, j'ai acheté de quoi pimenter notre soirée.
Sans un mot, un léger sourire traverse son visage.
-Je vois... On verra ça ce soir !
-Oui.
Au moment où nous rentrons dans la salle, le professeur nous informe, un large rictus lui barrant la face, qu'un devoir nous attend.
Quoi de mieux qu'une interrogation sur les Langues étrangères évolutives ?!
Je vais prendre ma place, au fond évidemment. Au passage, j'accroche une fille de la classe, un signe pour m'excuser et je poursuis mon chemin.
Une heure plus tard, après avoir répondu à une vingtaine de questions, nous sortons tous de la classe, Dheniz viens jusqu'à moi, l'air de celui qui sait déjà sa note, excellente.
-Une formalité...
-Oui, je trouve aussi. Qui vient alors ?
Son visage s'éclaire, la joie d'avoir réussi l'épreuve n'est rien comparé à l'imminence de notre soirée.
Il appelle plusieurs personnes environnantes. Celles-ci s'approchent.
-Alors, il y aura Rima, Biane, Felohn, Malxa, toi et moi.
-Seulement ?
-De notre classe oui, d'autres nous rejoindront, ne t'en fais pas.
-OK, quelle heure, où ?
-21h, Boulevard de la Liberté, le 29.
-Très bien, j'y serai.
Je prends congé d'eux, m'engageant dans l'escalier, je tombe nez à nez sur la fille de toute à l'heure. Une nouvelle à qui j'ai du adresser, en tout et pour tout, trois phrases.
-Oh, décidément, je suis désolée.
Quelques peu surpris par ces excuses inutiles, je lui rétorque que je suis désolé moi aussi, ce faisant, je vois enfin, pour la première fois, véritablement son visage.
Une délicate perfection, un teint légèrement hâlé, des lèvres, un sourire, des yeux, parfaits. Ses cheveux, tombant tels une cascade brune sur ses épaules, le sont eux aussi.
-Oui, heu... tu t'appelles Toram, c'est ça ?!
Comment ai-je pu ne pas la remarquer avant aujourd'hui ?
-Oui, je vois que tu es renseignée sur mon compte. Je dois avouer que ton nom m'échappe.
-Isora, je suis nouvelle.
-Oui, ça je le sais.
Elle éclate de rire.
-Tu es renseigné aussi à ce que je vois.
Elle regarde sa montre, et replonge son regard dans le mien.
-J'ai du temps devant moi, ça te dit d'aller boire un coup, qu'on fasse connaissance ?
Alors là ! Direct, elle veut aller faire un tour...
-Pourquoi pas. Viens je connais un endroit sympa.
-Je te suis.
Nous descendons les marches tout en continuant à parler. Ainsi j'apprends qu'elle est ici dans l'optique de décrocher son Titre de Maîtrise en Mode Scientifique, tout un programme...
Enfin dans la rue, en ce mois d'Avril, les rayons du soleil qui nous parviennent sont justes assez chaud pour nous inviter à rester dehors. Il est 16h, son père passe la chercher seulement à 17h, on a une heure pour nous.
-Le cyber est à quelques rues.
-L'Agoratik ?
-Oui, tu connais ?
-De nom. Ils ont de quoi épancher la soif j'espère ?!
-Tout dépend de quelle soif ?
-On s'est compris...
Nous continuons à marcher, l'enseigne se détache de la façade. Nous entrons, le patron, un homme âgé tout au plus de 45 ans, nous demandes ce qu'on veut.
-Deux pressions. Un sirop pour toi ?
-Comme toi.
-Kiwi pour les deux, Farin.
-Ça roule Tor'.
-Viens asseyons-nous.
Une table au fond est libre, dissimulée de la porte d'entrée par un nuage de fumée.
-Charmant endroit. Ça fait longtemps que tu y viens ?
-Hum... disons que c'est un jumelage avec le lycée. Les devoirs, repas, études se passent ici.
-Oui je comprends.
Son sourire est une vraie bénédiction, et la mélodie de son rire, un enchantement.
- Bien, dis-moi tout ce qui est important.
-Tout dépend de ce que tu appelles "important".
-Toi...au sens où on parle de toi.
-Je vois que tu sais être flatteur. Alors, que dire ? Mon père est venu ici diriger une filiale de son entreprise, ma mère, mon frère et moi l'avons suivis.
-Une véritable famille pour ainsi dire...
-Oui très unie, mais ils sont sympas. Je peux faire ce que je veux, ou presque.
Farin arrive, dépose les demis et retourne à son comptoir.
-Tu m'en diras des nouvelles.
Elle s'empresse de goûter sa bière.
-Hum... En effet, c'est extra.
Je porte mon verre à mes lèvres, quelle douce saveur...
-Et toi, qu'y a-t-il que je dois savoir sur toi ?
-Bah je suis un garçon, je suis dans le même lycée que toi, je te trouve très jolie...
Hein, qu'est-ce qui me prend ?
-L'appréciation est réciproque...
Suis-je aussi rouge qu'elle ?
-Sinon, j'ai bénéficié d'une dérogation annuelle pour passer une classe, mes parents font fructifier leur pécule. Ma petite sœur s'assure de leur en taxer un maximum.
-Alors comme ça monsieur est argenté ?
-On peut dire ça comme ça, la famille a su se préserver et augmenter sa fortune.
-Intéressant, mais pourquoi fais-tu donc des études, tu n'en aurais pas besoin...
-Oui, c'est juste mais passer ma vie chez moi, entouré de mes parents, entendre leur préceptes sur l'argent, très peu pour moi ! Je préfère être ici avec les gens que j'apprécie, quand il y en a.
-Belle manière de penser.
-Merci.
Son teint est redevenu plus clair néanmoins elle ajoute...
-Je peux goûter ?
-Goûter ?
-Ta bière!
-Tu as la même.
-Exact mais elle n'a pas la saveur de tes lèvres.
Ça va légèrement vite... Néanmoins...
Je prends une gorgée et approche mon visage du sien.
Elle entrouvre ses lèvres, je lui saisis le visage et appuis mes lèvres contre les siennes, échangeant notre souffle, sentant sa langue sous la mienne et vice-versa.
Le Bonheur à l'état pur.
Puis petit à petit, appréciant chaque seconde, nous séparons nos visages.
Ses yeux brillent, j'imagine que les miens aussi. Mon cœur bat à tout rompre, mes pensées fusent...
-En effet, elle a un goût différent...
-Ah, tu trouves, fais moi goûter la tienne, je pourrais comparer...
Son visage s'illumine, un sourire se dessinant sur ces lèvres que je viens de quitter.
-Je te trouve très entreprenant, néanmoins c'est avec plaisir que j'accède à ta demande.
Son bras porte à sa bouche le délicieux nectar, moins appréciable que sa propre saveur mais toutefois, très agréable.
Son visage, son corps, ses lèvres, se rapprochent, mon corps tout entier fait de même. Le sien et le mien vibrent à l'unisson, ses mouvement sont complémentaires aux miens, ses mains viennent dans les miennes, je sens qu'elle tremble... C'est si bon.
Une seconde, une minute, une heure, une éternité passe, le temps s'est arrêté.
Puis comme d'un accord tacite, chacun se retire, reprend la maitrise de son être...
-Alors ta note à ce breuvage ?
-Je serais tenté de mettre la note maximale...
-Tenté ?
-Oui, mais je me dois de mettre plus que le maximum...
-Oui, ma foi, c'est plutôt vrai.
Mon cellulaire se met à vibrer dans ma poche, je m'en saisis tout en m'excusant auprès d'Isora.
"Oui, Toram"
C'est mon père qui m'informe que lui et ma mère ont décidé d'aller manger en ville, ils ont confié ma sœur à sa nourrice.
"Je ne comptais pas être là ce soir de toute façon"
Il ne cherche même pas à m'en dissuader trop content de cette annonce.
"Oui, passez une bonne soirée."
-Mes parents.
-J'avais cru comprendre.
-Que fais-tu ce soir ?
-Je sors avec Dheniz et d'autres... de la classe.
-Bien.
-Tu veux venir ?
-Je ne voudrais pas m'imposer à tes amis...
-C'est moi qui organise la fête, j'invite qui je veux.
-Bon, je rentre chez moi, j'en parle à mes parents et je te rappelle pour te dire, ça marche ?
-Pas de problème, enfin si tu n'as pas mon numéro...
-En effet.
-Alors le voilà, n'oublies pas de m'appeler surtout.
Je lui tends mon cellulaire où s'affiche l'indicateur et elle le copie sur le sien.
-Je n'y manquerai pas
-Au cas où tu viendrais, tu voudras que je passe te chercher ?
-J'habite loin ...
-Pas de soucis, mon aumoto a le plein.
-Dans ce cas... je te donnerais mon adresse tout à l'heure alors.
Comme plus tôt, elle regarde sa montre, élégant bijou à son poignet droit.
-Je dois y aller, mon père arrive dans quelques minutes.
-Je te raccompagne.
Je finis mon verre tandis qu'elle fait la même chose avec le sien, nous nous levons. En passant devant le comptoir, je tends un billet au patron, celui-ci le prend. Nous sortons.
L'air s'est rafraîchi mais nous marchons en direction de l'établissement.
Sa main s'est logée dans la mienne, je ressens sa chaleur, une flamme au milieu du brouillard environnant.
Nous arrivons au lycée, une voiture, imposant siglée d'un étrange monogramme, attend, je comprends que c'est son père, je la laisse là, elle monte dans la voiture et s'en va.