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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » CIMETERRE DÉCIME, ATTERRE, CIMETIÈRE

Auteur Sujet: CIMETERRE DÉCIME, ATTERRE, CIMETIÈRE  (Lu 1005 fois)

Hors ligne AMARYLLIS

  • Tabellion
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CIMETERRE DÉCIME, ATTERRE, CIMETIÈRE
« le: 25 Octobre 2020 à 13:24:16 »

New York, cité terrible,
Toit qui ne s'attendait pas à servir de cible !
New York, été naguère,
Emoi dont l’éclat muera en fracas d’hiver !

Huit heures quarante-cinq, azur radieux.
Cent mille ordis ouïssent un son curieux.
Le temps de lever la tête... sauve qui peut !
C'est la roue de l'histoire dont grince l'essieu !

Quand survient soudain cet attelage funeste,
Personne n'en réchappera, crash la peste !
L'avion bélier, entamant son dézingage,
Écrase l'innocent dans un sanglant battage.

Choc irréel, intense déflagration,
Ourdie pour étourdir orbi d'émotion.
Sept-cent-soixante-sept motifs d’affliction
Noyés dans un tonnerre d'exhibition.




Lorsqu'explose l'autre prise de pilotage,
Deux gratte-ciels en feu, édifiant outrage,
Touchent woman et Manhattan sans exclusive,
L'uppercut fouettant l'offense et l'offensive.

Traduction de haines qu'on ne cernait pas,
D'aberrations sans nom, sinon Bojinka,
Désormais nous cuit cette fin déchiquetée
Qui enferme nos chaînes dans l'atrocité.

Un Baal obsolète sous ses latitudes,
Se plaît à piétiner toutes nos altitudes :
« N'avez-vous pas fêté l'éclair d'Hiroshima,
Pris pour une apogée ce qui n'en était pas ? »

Vils homicides, entêtements sommitaux,
Exhumant l'aurore infâme de Yamamoto,
Qui accomplit ce vœu des peuples ennemis,
Oser assassiner l'oncle Sam assoupi ?

À l'abrupte chute du dernier ascenseur,
L'abattement moral conduit à la terreur.
D'atroces cris à l'aide se mêlent aux pleurs,
Renforts de censure n'en gommeraient l'horreur.




Pour tous ceux, paniqués, qui ne peuvent descendre,
Vie se précipite dans d’âpres goûts de cendres.
Par téléphone, chacun dénoue ses liens
Avec tous ses parents, bien-aimés terriens.

Oublie, Shelley, tes langoureux fiancés !
Aucun Superman ne te viendra plus sauver.
Entre te consumer ou t'envoyer en l'air,
Quelque choix tu fasses, résumera ta chair.

Et vous, John, cessez d'agiter votre extincteur ! 
Songez à votre âme, épongez cette sueur !
Prenez vos responsabilités, faites front,
De votre Amérique ne soyez le talon !

Tous, employés, patrons, dûment épouvantés,
Dans la tour infernale, Hermès a casté.
Quel commerce, dont l'urbain se serait passé,
Finir en plein champ, captif, captivant, fauché !

Ces petits points pressés de s'effacer du monde,
Finiront de souffrir dans deux ou trois secondes.
Leurs souvenirs s'en vont, notre espérance aussi,
Qui ne pèsera point, nous tomberons ainsi.




Que croient ceux qui cronent en ce suprême instant ?
Comprennent-ils enfin ce qui est important ?
Quand s'approche le sol ou s'arrête le temps,
Disent-ils aimez-vous, aimez-vous urgemment ?

Nous le savons déjà, et pour notre malheur,
Faisons le contraire sans songer au compteur,
Qui tourne à notre débours et pour le patron,
Nous remplissons son coffre sans but ni raison.

Puissions-nous chérir ce que nous avons perdu !
Aspirons à ce que l'heur soit enfin rendu,
À nous, à ceux de l'autre bord de l'océan,
Qui vers cet idéal tendent assidûment.

Tombés, couchés, touchés, bouche bée, abattus
Parmi la bourbe rien ne se démêle plus :
Ni raisons ni vainqueurs, ni causes ni vaincus.
Seule la folie règne dans un chaos confus.
 
Mais la folie dérange les maîtres du monde
Qui n'en ont jamais vu d'aussi nauséabonde.
Devant cette immondice la révolte gronde.
Ce long-courrier, qui l'a expédié en bombe ?




Quel hideux insecte crible la nation,
Parsème de plaies cette fédération,
Cause d'épaisses ténèbres, des pandémies,
Affligeant jusqu'au cycle de l'économie ?

D'actes vandales d'où gît cette nécropole,
Des peuples en délire ont encensé l'obole,
Mais pour les gens sensés ce n'est qu'un attentat,
Qui de toute raison annonce le trépas.

Si d'abjects sicaires sont vainqueurs ce mardi,
Dansent dilacérés au damné paradis,
Reparaîtront haineux comme d'affreux zombis,
Toujours de sang humain réclameront le prix.

Stars and Stripes pliant parmi tant de décombres,
Comme le grand Custer succombant sous le nombre,
Irait-on essaimer de telles hommeries,
Revendiquer un royaume en Barbarie ?

Qui voudrait ternir ce sceptre gisant par terre ?
Fétidé sésame, joug, atrophie, ulcère ?
Qui aurait l'impudence de porter aux nues,
Un forfait passible d'assembler l'O.N.U. ?




Tant de vies démolies, sans l'aval d'un mollah ?
Gronde l'agence, notre chère C.I.A. !
Peut-on vandaliser autant d'appartements,
Puis, sous un minaret, réciter le Coran ?

 À quoi bon sur des tours détourner des avions,
Qu'on rebâtira, à grands coups de millions ?
Dément qui narguez ces étages désunis
D'une proche réplique, soyez avertis !

Le coupable affiche une mine satisfaite
lorsque d'une main il lisse sa barbichette.
S'en régale déjà, veut être le premier
À s'attribuer la veine de ce charnier.

Imposteur barbu malvenu d’Afghanistan
Oussama, jamais las des haines, transpirant
N'espère pas, fléau, t'imposer sur l'univers
Et convertis-toi tantôt en un flot de prières.

Éclair obscurantiste, parfait occis-maure,
Demain, de tes martyrs pire sera ton sort !
Sur ta trace, vers ton nid, pistent les sergents.
Mord ta queue, suce ton venin et meurt, serpent !
***

Obofix

  • Invité
Re : CIMETERRE DÉCIME, ATTERRE, CIMETIÈRE
« Réponse #1 le: 25 Octobre 2020 à 13:53:36 »
Le fond est excellent
mais la forme est inappropriée

Pour être  efficace, la poésie classique doit être impeccable. Et sur une telle distance le challenge est quasiment inhumain. N'est pas Victor Hugo qui veut.

Pour narrer un tel évènement, mieux vaudrait utiliser la prose, bien plus souple et permettant toutes les nuances sans être entravé par la métrique et de cette p... de rime.

Tu devrais tout reprendre à zéro et laisser courir ta plume au gré de tes émotions.

Hors ligne AMARYLLIS

  • Tabellion
  • Messages: 39
Re : CIMETERRE DÉCIME, ATTERRE, CIMETIÈRE
« Réponse #2 le: 25 Octobre 2020 à 14:24:57 »
Exactement, je suis d'accord avec toi ! c'est bancal... j'ai écrit cette poésie après le 11 septembre 2001 pour participer à un concours dans l'académie d'Auvergne. J'étais sûre de gagner mais le jury n'a jamais reçu ma poésie à temps... J'avais prévenue mes copines du lycée et rien n'est advenu. Je suis tombée de haut... au départ, je voulais réhabiliter l'alexandrin par passion pour Racine. L'alexandrin, c'est monumental. Le World Trade Center aussi ! je pensais introduire un peu de fantaisie, et c'est ainsi que j'ai compris pourquoi Shakespeare était plus universel, plus intemporel que Racine.
l'alexandrin est très complexe à composer. à l'époque, les idées me sont venues sur le chemin de l'école, deux kilomètres à pied. Et puis mon professeur de français, qui est devenu mon amant, m'a fait découvrir les décadents romantiques dont Tristan Corbière que j'aime beaucoup et les traductions de Shakespeare entre deux ébats. Merci mon beau Jérôme, si tu me lis...

 


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