Salut Yoda.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ton texte.
J'ai aimé les points de vue des narrateurs qui se tissent ensemble, d'autant plus pour une scène érotique, où ce qui est notamment en jeu, c'est la relation et l'intime que co-construisent les protagonistes. Jouer sur les alignements me paraît une bonne méthode pour marquer tant le commun que l'individuel. Juste dans
Sa langue glisse en caresses de salive sur mes papilles.
Je trouve la formule belle mais les possessifs singuliers m'ont surpris dans cet alignement central. La phrase en s'alignant à droite ou à gauche laisserait plus de force à tous les autres passages centraux, qui sont du registre du « nous ».
Ou si c'est pour jouer sur le fait que l'un et l'autre peuvent être simultanément lae narrateur/trice, je ne le saisie pas immédiatement, je pense que je l'aurais mieux perçu avec des possessifs indéfinis.
J'apprécie comment les narrateurs sont à la fois tout à la découverte de l'autre, submergés de sensations tout en étant observés par une petite voix dans la tête qui commente en live. Je trouve que cela participe grandement au réalisme du texte. Sûrement par effet d'identification.
J'aime aussi les sens auxquels tu fais appel. Sinon les yeux noisette, il y a peu de références visuelles, laissant tous loisir au lecteur d'imaginer les personnages, leurs corps, leurs âges, leurs cheveux... En revanche le tactile, l'odorat, le goût, le musculaire sont délicieusement sollicités. Le texte n'est pas en touche de couleurs mais avec une palette de sensations, de formes, d'humidité.
J'aime les métaphores que tu as choisies, comment tu les as utilisées et filées. J'aime comme tes personnages s'en emparent et les commentent au sein du texte.
J'ai aussi aimé le vocabulaire que tu utilises, d'une poétique que je dirais contemporain-lucide avec comme exemple cette odeur amoureuse clope patchouli (où d'ailleurs je trouve que ce nom de fleur par sa diction se prête si bien au rêve).
J'aime aussi un texte d'un premier baiser et plus où il est naturel de checker le consentement.
Enfin j'aime ce feu intime qui brûle explicitement, me laissant le soin de compléter d'imagination ou de souvenir la suite des échanges et de m'interroger sur le devenir de ces quelques étincelles …