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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Récit déterré : La saga du Roi nomade.

Auteur Sujet: Récit déterré : La saga du Roi nomade.  (Lu 1895 fois)

King

  • Invité
Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« le: 13 Août 2020 à 14:27:58 »
Bonjour,

J'ai déterré ce récit. Il provient directement de l'esprit d'un jeune moi. Autrefois, j'étais fan d'héroic fantasy... Mais je ne finissais jamais les histoires que je commençais. Voilà qu'en me baladant sur mon vieux cloud, je tombe sur cette histoire. Je l'ai trouvé jolie, pourtant, ce n'est plus trop mon truc. Ça s'appelait "La saga du Roi nomade : Le glaive des Alarys". Rien de bien original.

1.

Majestueux…
Il se déplaçait lentement, humant l’air avec une précaution propre à son très jeune âge. Sa tête pointue, tout comme le reste de son corps écailleux, luisait sous le halo doré du soleil comme s’il s’agissait de métal. Le jour accentuait l’éclat de sa singulière opalescence. Ses épaules se mouvaient avec une impressionnante disgrâce, lorsqu’il se déplaçait en martelant lourdement le sol de ses bras ossus. Les membranes rabattues sous ses coudes se prolongeaient jusqu’à sa longue queue pointue, semblables à des voiles ferlées sur les vergues d’un navire. Quelques pointes crêtaient son dos jusqu’à la base de sa queue pour confirmer son bas âge. Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. Il marchait entre les nombreux arbres avec une infinie prudence, humant timidement chaque parcelle d’air.
Les dragons sont des créatures dépourvues de peur et ce, dès la naissance. Conscient de leur propre puissance, ils ne se méfient de rien et progressent sans appréhender la moindre menace. Pourtant, ce dragon blanc à peine sorti de l’œuf se comportait comme si chaque feuille, chaque tronc ou rocher cachait un dangereux prédateur.
A l’approche de la créature, l’homme rabattit son épaule derrière l’arbre qui le cachait et pivota de l’autre côte du tronc. L’animal passa sans le voir. L’âge du fer ne lui permettait que quelques flèches à pointe de silex et un arc long en frêne, si robuste qu’il nécessitait une force particulière pour être bandé au maximum. L’œil sournois guettait, affuté, entrainé, ancré sur sa proie qui avançait, un pas hésitant après l’autre. La bête gloussa timidement en levant la tête. Ses prunelles rouges scrutaient alentour, pareil à deux rubis roulant au soleil.
L’archer pivota encore, s’appuyant sur son autre épaule pour contourner le tronc en toute discrétion. Il se retrouva derrière le dragon blanc : Il y était.
La créature n’était pas plus grande qu’un âne et pourtant, le chasseur savait qu’il n’aurait qu’une seule chance. Les dragons étaient des animaux féroces et cruels. Capables de se défendre à peine le museau sorti de l’œuf. L’homme n’était vêtu que d’une tunique de lin retombant par-dessus une paire de braies rafistolées, des bottes en peaux et une simple cape en laine brune pour assurer sa discrétion. Pas de quoi résister à l’impitoyable souffle d’un dragon, aussi petit soit-il.
L’archer se campa sur sa jambe d’appui et tendit son bras armé. Il sortit une flèche de son carquois et l’encocha doucement sur la corde en cuir. Inspirant un grand coup, il bloqua sa respiration avant de bander l’arc. Le bois de l’arme grinça alors que le chasseur tirait de toutes ses forces sur la corde. La moindre faiblesse des doigts et le trait se libèrerait où bon lui semblerait. Mais l’homme ne flancha pas, quand bien même s’était-il mit à trembler sous l’effort. Il manquerait certainement de précision, mais il était assez proche pour se garantir un tir réussi. Il tira encore sur la corde et bientôt, la queue emplumée de la flèche se plaça sous son œil meurtrier. Les couinements du frêne cessèrent pour annoncer sa limite.
L’archer relâcha son souffle et laissa voler le projectile.
La corde claqua bruyamment contre son brassard en cuir et le trait fusa à une vitesse que ne pouvait suivre le plus vif des regards. La flèche se ficha dans la base du cou. Pile entre les épaules du dragon. Une généreuse éclaboussure de sang noir accompagna l’impact d’une violence inouïe, maculant les écailles d’opale du monstre. Ce dernier cabra, incapable de produire le moindre son, sinon une complainte étouffée dans son dernier souffle d’agonie. Ses membranes diaphanes se dévoilèrent de toute leur grandeur, rideaux de peau semblables aux ailes de chauve-souris que le soleil auréolait.
Puis il s’effondra.
L’instant d’après le dragon blanc devint plus inerte que le rocher qui lui faisait un parfait catafalque. L’homme s’en approcha avec une prudence démesurée, comptant ses petits pas latéraux pour ne pas se retrouver proche de la bête trop rapidement. Les dragons étaient malins. Doués d’une intelligence que bien des malheureux avaient sous-estimé. Pourtant, simuler la mort n’était pas dans leurs habitudes, cela leur était inutile.
Le draconide était bel et bien mort, une flèche plantée dans la gorge jusqu’à la plume.
Le chasseur s’effondra aux côtés de la créature. Le bras affaibli, les membres tremblotants. Il l’avait fait :
Il avait abattu un jeune dragon blanc. 

Hors ligne Pandamonium

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #1 le: 13 Août 2020 à 15:20:57 »
Un dragon  :D Je suis fan de ces bestioles - surtout apres avoir lu les sagas de Robin Hobb. Le texte est vraiment bien ecrit, j'ai juste vu une petite coquille (je crois) :  Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. > d'aucune maladresse.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 008
Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #2 le: 13 Août 2020 à 17:28:36 »
Merci pour ton texte qui raconte les "exploits" d'un chasseur de dragon. Exploit vite dit, car tu indiques que le dragon blanc est peureux.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

King

  • Invité
Re : Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #3 le: 13 Août 2020 à 21:54:14 »
Un dragon  :D Je suis fan de ces bestioles - surtout apres avoir lu les sagas de Robin Hobb. Le texte est vraiment bien ecrit, j'ai juste vu une petite coquille (je crois) :  Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. > d'aucune maladresse.

Salut,
Moi aussi j'aime beaucoup les dragons et c'est marrant que tu me parles de Robin Hobb parce qu’aujourd’hui, ma collègue m'en a parlé pendant des heures !
Pour la coquille, je crois que ça se dit comme ça. C'est une expression littéraire, même si ça sonne bizarre. A vérifier.

Merci pour ton texte qui raconte les "exploits" d'un chasseur de dragon. Exploit vite dit, car tu indiques que le dragon blanc est peureux.
Oui, en effet, ce n'est pas vraiment un exploit. A vrai dire, plus loin dans l'histoire, on apprend qu'il ne s'agissait pas vraiment d'un dragon mais d'une vouivre. Détail qui a son importance car chez les draconides, seuls les dragons naissent sans peur et sans parents (du moins, dans ce récit).
Le chasseur n'est pas vraiment chasseur de dragon. Il s'agit d'un vagabond mercenaire qui a saisit l'occasion de se faire un peu d'argent, confondant une vouivre et sa génitrice revancharde avec un jeune dragon, bestioles solitaires et indépendante que personne ne tenterait de venger.

Voilà, je ne sais pas si j'ai été compréhensible, jsuis fatigué  :D

Merci pour vos lectures, en tout cas. A moi, ça m'a fait plaisir de partager ça avec vous.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #4 le: 13 Août 2020 à 22:41:14 »
Citer
Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. > d'aucune maladresse.

"Il ne souffrait aucune maladresse" signifie qu'il ne supportait aucune maladresse.
"Il ne souffrait d'aucune maladresse' pourrait plutôt être une manière spéciale de dire qu'il n'était pas maladroit.
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

King

  • Invité
Re : Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #5 le: 13 Août 2020 à 23:15:24 »
Citer
Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. > d'aucune maladresse.

"Il ne souffrait aucune maladresse" signifie qu'il ne supportait aucune maladresse.
"Il ne souffrait d'aucune maladresse' pourrait plutôt être une manière spéciale de dire qu'il n'était pas maladroit.

Ah ok, voilà qui est clair.
...
...
...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #6 le: 14 Août 2020 à 10:22:40 »
Tu ne connais pas l'expression : "Ce travail que je vous donne ne souffrira aucun retard !" ?
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
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Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #7 le: 14 Août 2020 à 13:18:46 »
Dixit Larousse  ;)


Le verbe souffrir (transitif)

Définitions

    Littéraire. Endurer, supporter une chose pénible, éprouvante, un mal : Souffrir la torture, la faim.
    Littéraire. Permettre quelque chose, le tolérer, l'admettre : Ne pas souffrir la critique.
    Admettre tel caractère, telle modification, etc., en être susceptible : Ce travail ne doit souffrir aucun retard.

Expressions

    Ne pas pouvoir souffrir quelqu'un, quelque chose, éprouver une antipathie profonde pour quelqu'un, une aversion marquée pour quelque chose : Ne pas pouvoir souffrir la vulgarité.
    Souffrir le martyre, le calvaire, mille morts, souffrir beaucoup.

Le verbe souffrir (intransitif)

Définitions

    Ressentir une vive souffrance, avoir mal à une partie du corps : Mes dents me font souffrir.
    Éprouver des souffrances morales, être particulièrement affecté par des difficultés, des peines, être malheureux.
    Être endommagé : Les cultures ont souffert de la sécheresse.
    Avoir des difficultés à faire quelque chose : J'ai souffert pour lui expliquer la situation.

Ce n'est peut-être pas plus clair finalement

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
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Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #8 le: 14 Août 2020 à 17:29:23 »
Zigouiller un bébé, tu parles d'un exploit ! Pauvre bête !
Sinon, trêve de plaisanterie, j'ai trouvé ton texte agréable à lire à part une phrase peu compréhensible pour moi :
"L’œil sournois guettait, affuté, entrainé, ancré sur sa proie qui avançait, un pas hésitant après l’autre."

Et puis " quand bien même s’était-il mit "
mis avec un s je crois que c'est mieux  ;)
« Modifié: 14 Août 2020 à 17:31:06 par Earth son »

King

  • Invité
Re : Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #9 le: 14 Août 2020 à 21:36:32 »
Zigouiller un bébé, tu parles d'un exploit ! Pauvre bête !
Sinon, trêve de plaisanterie, j'ai trouvé ton texte agréable à lire à part une phrase peu compréhensible pour moi :
"L’œil sournois guettait, affuté, entrainé, ancré sur sa proie qui avançait, un pas hésitant après l’autre."

Et puis " quand bien même s’était-il mit "
mis avec un s je crois que c'est mieux  ;)

Merci pour la faute et pour les commentaires.
Peux-tu me dire à quel niveau ce n'est pas compréhensible, que j'aille modifier ? Qu'est-ce qui te bloque ? Qu'est-ce qui doit, selon toi, être modifié ? A mon avis c'est à partir de "ancré sur sa proie..." mais pas sûr. C'est peut-être toute la phrase...

Pour les autres, merci pour ces deux explications supplémentaires, j'ai fini par comprendre à peu près. Ce que je ne comprends pas avec l'explication de Larousse, c'est pourquoi on ne peut pas dire "ne souffrir aucune maladresse".

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
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Re : Re : Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #10 le: 14 Août 2020 à 22:06:12 »
Peux-tu me dire à quel niveau ce n'est pas compréhensible, que j'aille modifier ? Qu'est-ce qui te bloque ? Qu'est-ce qui doit, selon toi, être modifié ?

C'est qu'en fait j'ai dû lire la phrase plusieurs fois pour la comprendre. Je ne voyais pas à qui s'appliquait le "un pas hésitant après l'autre". Deux sujets dans une même phrase c'est un peu ambigu. Peut-être tout simplement enlever la virgule.
Mais bon, maintenant que je l'ai comprise j'ai du mal à voir ce qui me bloquait.  ;D
Sinon, sur entraîner il y a un accent circonflexe.

Citer
Ce que je ne comprends pas avec l'explication de Larousse, c'est pourquoi on ne peut pas dire "ne souffrir aucune maladresse".

Parce qu'utiliser souffrir dans "ne pas souffrir quelque chose", c'est ne pas le supporter (comme dit par gage).

Donc dans ta phrase :
Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse = Il était jeune et pourtant il ne supportait aucune maladresse.
Ca ne veut pas dire grand chose.

Je suppose que tu voulais plutôt dire "Il était jeune et pourtant il était adroit".

Peut-être remplacer "souffrir" par "manifester". J’enlèverais aussi la virgule dans cette phrase.
« Modifié: 14 Août 2020 à 22:20:34 par Earth son »

King

  • Invité
Re : Récit déterré : La saga du Roi nomade.
« Réponse #11 le: 15 Août 2020 à 02:32:30 »
Ok, c'est bon, j'ai enfin compris.

Un grand merci pour ces remarques et explications.

 


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