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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Variation

Auteur Sujet: Variation  (Lu 1318 fois)

Hors ligne Lester

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Variation
« le: 17 Septembre 2010 à 11:31:06 »
Variation 1


Il n'y avait plus une lumière mais je commençais déjà à maitriser, à conceptualiser la langue barbare par les effluves des prophètes et de l'alcool, là où les landes sont muettes et la terre en boue de rose

barbare parce que désarticulée, une langue où le soleil parait éponge et où les visages s’annexent, une langue qui colle au ventre et à la salive cadencée, nos bouches tendues vers les effleurements de corps sans épines

et je t'ai vue presque timide dans mon silence, comme une inconnue dans l'équation de l'entropie de la nuit, la voix perdues sur le corps des étoiles sans pointes, prête à te défaire de tes membres comme d'autant de mots

et dis moi, la lucidité à tes yeux, quel goût ça a ? deux petites toupies dansant un ballet sans musique, deux toupies sur l'étang de ton corps, près de tes abondants silences-soleils, tes doigts de lilas et mes lèvres en nénuphar

tu avais à revendre de ces pétales biscornus, ces sourires vermoulus sur une bouche en vieux plâtre, ces manières de dire le mépris avec des yeux d'agate, milles miroirs de bille dansant sur les jets d'eau, milles rasoirs-baisers pour couper la peau du jour

et je voudrais te barder de paroles, d'injonctions, de mots à en goûter la saturation, te déconstruire mots par mots comme une parabole, te modeler en vinyle tournant absurdement sur lui-même, avec la blondeur relative de tes cheveux en eau-forte

je voudrais te faire dire la désarticulation, t'abandonner sur la joue d'un soleil et ta bouche, tendue vers le corps des amours aux peaux fines

car il est des théâtres célestes qui montent de moi, des clameurs cosmiques, des cirques mentaux et des rayons de musique, des regards délétères posés sur les bras, dont la raison m'échappe jusqu'au bout de mes ongles

et je te propose des paroles humides et des griffures à embrasser, des contacts à commenter et des spéculations sur la tendresse, des illusions acceptées et des métaphores pour emplir le vide, des proses de petit prince qui ne sait plus compter les planètes, des bontés a calquer sur le corps des musiques, des lettres sans cachet adressées a l'oubli, des injonctions a faire fleurir les visages, des liturgies pour des soleils oubliés, des robes de prêtresses pour taire les aveux, des pluies d’étés dans mes jour pour ne plus s’en soucier, des fruits symboliques pour regretter la jeunesse

mais je ne suis pas sur que tu saisisses ce dont je te parle.
« Modifié: 17 Septembre 2010 à 15:59:23 par Lester »

Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Variation
« Réponse #1 le: 20 Septembre 2010 à 23:21:58 »
C'est le genre de texte devant lequel je me retrouve toujours toute petite, toute muette. J'ai tant d'images qui m'ont traversé l'esprit, que j'ai presque l'impression de devenir aussi informe qu'un quelconque lieu de passage, vidée de ma propre substance à force d'être aspirée. C'est que ça m'a touchée, mais dans une zone de ma tête que je ne localise pas tout à fait, c'est pourquoi ça me donne cette impression de flou. C'est éventuellement ce qu'on pourrait qualifier d'émotion.
Bon. J'ai aimé. Voilà.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

 


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