Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Juin 2026 à 17:19:53
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » l'on me racontera

Auteur Sujet: l'on me racontera  (Lu 944 fois)

Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 557
  • Mon nu mental
    • Mimerions
l'on me racontera
« le: 10 Mai 2020 à 22:08:09 »
À toi qui mourus le jour de mon anniversaire
je t’offre une larme en fête

Et si la pudeur des sentiments
furent tes derniers mots
— tu ne les murmuras pas

Lingua
était ton deuxième prénom

[Elle tenait encore ta main
à vos noces d’azalée]

Avec quels gestes mimer
ce flot de sang froid
qui coule les années ?

Alors je saurai quoi dire
à l’oreille des mourants

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : l'on me racontera
« Réponse #1 le: 11 Mai 2020 à 14:09:54 »
J'aime beaucoup le début, les 2 vers d'introduction. Ensuite, je ne saisis guère la formulation :

Et si la pudeur des sentiments
furent tes derniers mots


Quelque chose ne va pas. Je sais que parfois l'écriture poétique s'affranchit de la syntaxe, toutefois, je ne crois pas que l'on puisse à ce point convertir la « pudeur » en mots. Je vois bien l'idée.

Et si la pudeur des sentiments
habitat tes derniers mots
envahi, nourri, etc.

ensuite, je ne m'explique pas l'emploi du verbe « cule » dans

ce flot de sang froid
qui coule les années ?


À moins que tu n'assimiles « les années » à un navire, ce qui justifierait l'emploi transitif du verbe couler . En ce cas,  l'image serait pour le moins hardie.

Ces anicroches perturbent ma lecture. S'il y a une justification, merci de me la faire connaître.

cent fois sur le métier...

Hors ligne Dot Quote

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 174
  • ?
Re : l'on me racontera
« Réponse #2 le: 11 Mai 2020 à 22:56:48 »
je n'attendais qu'un coup de vent (je confondais avec Alizées) pour fleurir sous ton balcon (comme le rhododendron, et les mome raths ou non), donc... ce poème encore plus profond que ce que tu permets de discerner habituellement de ta poésie, et c'est un effet involontaire de ma part : je crois pourtant que malgré le résultat qui m'étreint le coeur, tu n'y es allée qu'à petit coups d'accélérateurs... la conduite prudente te va à ravir, m'excuseras-tu seulement de mes envies d'envolées qui ici sont comblées par l'extrême lourdeur des images... heu qu'on soit d'accord, j'emploie le terme 'lourdeur' avec le respect que j'octroie à tout moellon de brasse sicilienne : ça creuse la profondeur, c'est solide et parfois même, ça cale le ventre correctement...

heu alors des points négatifs, selon ma perception :
- les deux dernières lignes sont dignes, respectueuses de la métaphysique générale, mais peut-être... pas assez toi et trop ce qu'on attend ?
- un point positif c'est que j'aime l'unicité de chaque ponctuation typographique insolite, je crois l'effet est réussi, mais j'aime pas trop l'idée un peu convenue de jouer sur des crochets des tirets des italiques... quoique justement ça se justifie, d'où que j'ai du mal à te dire que ce serait à corriger honnêtement
- associer la noce et la fleur est un peu gratuit je trouve, pour moi, mais je trouve, pas tant pour qui justifierait comme ce peut probablement l'être dans ton esprit sans avoir à creuser plus loin, ou disons plutôt que je te sais aimant les mots parfois moins systémiques que celui-ci, qui ne sonne pourtant pas faux dans ton usage terne et, je le répète, lourd d'éther comme j'apprécie certaines de tes facettes
- l'italique lingua... j'ai vraiment envie de questionner : y'a un truc derrière, non ? je sens une forte métaphysique derrière cette ligne autonymique à un seul terme... qu'est-ce que que que que je m'intrigue !! parce qu'effectivement ça me blesse dans mon côté public de ne pas partager ce qu'il semble vouloir partager depuis la scène...

bon pis pour finir :
un début plus qu'honorable, y'a-t-il seulement un terme pour ce ricochet dans la marre avec un pavé légèrement lourd comme celui-ci ? s'il existait je m'en irais lui demander de s'offrir à moi, si non je l'inventerais d'un coup de frénésie claviesque :

ohqvnieifoqp
.

Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 557
  • Mon nu mental
    • Mimerions
Re : l'on me racontera
« Réponse #3 le: 14 Mai 2020 à 16:28:11 »
@Hellian

Citer
Et si la pudeur des sentiments
furent tes derniers mots


Quelque chose ne va pas. Je sais que parfois l'écriture poétique s'affranchit de la syntaxe, toutefois, je ne crois pas que l'on puisse à ce point convertir la « pudeur » en mots. Je vois bien l'idée.

Et si la pudeur des sentiments
habitat tes derniers mots
envahi, nourri, etc.

En fait, c’est une façon de décrire que « je suis pudique » étaient parmi ses dernières paroles… (enfin presque, elles étaient proférées par quelqu’un d’autre, juste à côté, pas par le « tu » du texte qui est donc mourant). Est-ce vraiment gênant que « pudeur des sentiments » soient aussi des mots qui puisent être proférés ? Je ne comprends pas ton trouble, autrement… mais je comprends que tu préférerais mettre un verbe fort à la place du verbe faible, qu’est être.

Citer
ensuite, je ne m'explique pas l'emploi du verbe « coule » dans

ce flot de sang froid
qui coule les années ?
« flot de sang froid » évoque un cours d’eau, ou un tourbillon… donc, quelque chose qui peut couler les années (raison ? la pudeur des sentiments évoquée plus haut). Il s’agit de décrire de nombreuses années passées sans nouvelle de quelqu’un, pour des raisons de difficultés d’exprimer des sentiments.

Merci pour ton passage ^^

@Dot

Tu vises bien pour la lourdeur, ils sont effectivement très lourds, et ce n’est pas péjoratif. Ce qu’ils désignent auraient nécessité beaucoup plus de phrases et d’acharnement, la sobriété que tu vois là… est étrange, et tu le perçois.

Citer
- les deux dernières lignes sont dignes, respectueuses de la métaphysique générale, mais peut-être... pas assez toi et trop ce qu'on attend ?
Pourquoi pas assez moi ? elles sont convenues ? je n’ai pas l’impression de les avoir déjà lues mais peut-être que toi elles te sont familières, je ne sais pas

Citer
mais j'aime pas trop l'idée un peu convenue de jouer sur des crochets des tirets des italiques.
En vrai, dans le temps, je ne savais pas trop où situer ces 2 vers-là, d’où les crochets. Dans la V1, ils n’y sont pas. Donc tu trouves que ce serait mieux sans crochets ?

Citer
- associer la noce et la fleur est un peu gratuit je trouve
C’est parce que c’est une convention, je ne sais pas si tu savais. Ce sont les noms des anniversaires du mariage (https://fr.wikipedia.org/wiki/Anniversaire_de_mariage). Quand ça fait un an que tu es marié, ce sont des noces de coton. Quand ça fait 57 ans, ce sont des noces d’azalées.

Citer
- l'italique lingua... j'ai vraiment envie de questionner : y'a un truc derrière, non ?
Ca c’est une convention typographique : souvent, quand tu mets en français un mot d’une autre langue, tu le mets en italique, c’est tout. Ce n’était pas pour faire original que je l’ai mis comme ça, pour le coup (mais oui y a un truc derrière, forcément, mais le texte en lui-même est plutôt pudique au final - tu n'aimes pas ça je sais  :prout:)

Après tu sens très bien qu’il y avait énormément à dire derrière ces quelques lignes… tout le jeu sur les dires et les non dires vient du fait que le « tu » du texte était quelqu’un qui avait inventé une méthode pour apprendre les langues (il avait fondé une école de langues étrangères, etc).

Merci pour ta sensibilité !

Hors ligne Dot Quote

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 174
  • ?
Re : l'on me racontera
« Réponse #4 le: 14 Mai 2020 à 16:48:56 »
Citer
Ce sont les noms des anniversaires du mariage
mes grands-parents paternels avaient une bougie qui célébrait ces conventions, elle était pâle et décorée de lettres gothiques, et ils l'ont gardée telle quelle... disons environ 57 ans au moins O0 c'est génial je n'avais pas fait le lien si conventionné et pourtant on ne peut plus poétique... des fleurs !

Citer
Ca c’est une convention typographique : souvent, quand tu mets en français un mot d’une autre langue, tu le mets en italique, c’est tout.
je ne savais point, cool item du savoir partagé que voilà, merci !

Citer
Pourquoi pas assez moi ? elles sont convenues ? je n’ai pas l’impression de les avoir déjà lues mais peut-être que toi elles te sont familières, je ne sais pas
huhu ma subjectivité rencontre la tienne, je ne saurais ni ne voudrais émettre d'absolu, du coup

Citer
Donc tu trouves que ce serait mieux sans crochets ?
huhu non je t'en voudrais de m'écouter si je devenais fou à t'en demander une modif ou une rectif à un art que j'aime à regarder dans ce qu'il a de plus qu'agréable... ce plus étant donc dés-agréable mais ni préjudiciable, ou disons ni erreuresque comme j'aurais pu le laisser entendre, parce que à mon sens mais c'est ma vision de l'art : tel que tu l'as posté il fut, et c'est ainsi qu'il s'ancre le mieux dans son temps...
mais pour valoriser ton questionnement, je dirais comme ça spontanément que je pense que tu saurais, dans un avenir hupothétique, user des crochets pour exprimer ta recherche de profondeur plutôt qu'en l'occurrence de ta trouvaille d'un incatégorisable... je veux dire par là que tu sais faire fonctionner des séparateurs mieux qu'ici ; mais pas que ici c'est désaccointant pour autant... en gros, c'pas l'effet le plus valorisable de tout ton travail et j'ai aimé m'appesantir dessus comme d'un relief intéressant, mais non pas comme une sorte de blessure à soigner, non, c'est une fissure dans la corps de ton texte, comme peut l'être une bouche pour un corps humain



heu par ailleurs j'aimerais accroître mon sentiment de compréhension à la relecture, mais les clés que tu m'as donné sont fonctionnelles, et pourtant je n'ai rien de plus à ajouter à ce sentiment étrange qui émane de ton art en général et qui se précise ici :

le fait qu'on se sent bizarrement minuscule dans un univers bizarrement très vaste, et que tout ceci est assez vertigineux... on te cherche comme une aiguille dans une botte de foin, comme la fourmi de kirikou, j'aimerais être le vigil de karaba pour le coup... même s'il est lui-même glitchable, le film nous le prouve !

merci de cette réponse approfondie, de l'échange dont découle ce produit artistique, et un bravo encore pour le partage de ce dernier

sincèrement,
.

Hors ligne Tigrani

  • Calliopéen
  • Messages: 447
Re : l'on me racontera
« Réponse #5 le: 15 Mai 2020 à 09:50:54 »
J'aime beaucoup la 1ère strophe, et les images de l'ensemble, la larme en fête et les noces d'azalée ... Le rythme me pose davantage problème, mais il a l'intérêt de conférer au poème un aspect lacunaire qui résonne avec le propos ... Voilà, j'aime bien dans l'ensemble, je trouve ça émouvant.

Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 557
  • Mon nu mental
    • Mimerions
Re : l'on me racontera
« Réponse #6 le: 15 Mai 2020 à 19:04:40 »
@ Dot
Après réflexion je ne crois pas qu'on mette les prénoms étrangers en italique, mais passons... merci d'être repassé ici ^^

@Tigrani
Merci à toi aussi, je suis d'accord avec toi sur le rythme, si jamais tu te sentais de développer ça m'intéresse... je le sens en lisant le texte tout haut - c'est une de mes faiblesses :noange:

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.016 secondes avec 16 requêtes.