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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Journal d'un homme pressé (en Italie)

Auteur Sujet: Journal d'un homme pressé (en Italie)  (Lu 1637 fois)

Hors ligne lueur

  • Tabellion
  • Messages: 58
Journal d'un homme pressé (en Italie)
« le: 14 Mars 2020 à 18:07:51 »
Supprimé.
« Modifié: 24 Novembre 2021 à 16:10:51 par lueur »

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #1 le: 15 Mars 2020 à 18:51:52 »
Salut salut,


   Je l’aperçois dans le rétroviseur. Son teint est déjà bronzée après seulement deux jours passés sous

bronzé

le soleil du Piémont. Ses cheveux s’envolent autour d’elle à mesure que son corps cède à la danse.

j'ai un peu de peine à imaginer un "corps qui cède à la danse" dans une voiture

Je force mon regard à se poser ailleurs que sur la rougeur de ses lèvres.

je trouve ça un poil cliché

Sarah acquiesce en pouffant sans que je ne parvienne à identifier les tenants humoristiques d’une telle évidence.

sans que n'est pas suivi de la négation ; la fin de phrase me paraît un peu sophistiquée par rapport au reste.

   « Je crois qu’il est rongé par l’angoisse. » Son diagnostic implacable est semblable à un couteau enfoncé avec force dans le creux de mon ventre. Romeo se moque à demi-mots et je sens la pointe remuer encore et encore au cœur de mes entrailles. Un sourire se dessine sous la contrainte mais j’imagine qu’il cache avec peine un mal-être qui menace en permanence de surgir comme un animal féroce. Qui de l’animal ou du métal aura raison le premier de mon hémorragie.

c'est assez intéressant, cette sensation d'enfermement du narrateur ; le malaise social qu'il a à ce moment-là. Je crois que j'aurais bien aimé voir cet aspect-là un peu plus développé. Globalement, j'ai pas réussi à savoir si c'était un trait de caractère (ça m'a donné l'impression vers le début du texte, moins vers la fin, où j'ai plus eu l'impression que c'était quelque chose de lié au fait qu'il est amoureux de Sarah)

   Je voudrais que la voiture s’arrête et qu’ils s’en aillent tous les deux explorer une grotte, emplis de la fausse intuition qu’ils sont de grands aventuriers.

je sais pas si "intuition" est le bon mot. Impression ? Certitude ? Conviction ? (je sais pas, en vrai..., ptet qu'intuition c'est quand même bien). 

l’odeur sucrée de son parfum.

ça aussi, je trouve un poil cliché

j'ai pas réussi à savoir s'il rêve vraiment, dans la deuxième partie, du coup... j'ai eu l'impression que non en première lecture, mais la suite du texte m'a fait douter.

   Je suis réveillé par le fracas du plongeon de Romeo. A en juger au bruit sec,

un bruit sec, dans une piscine...  :mrgreen:

Parle Romeo, ose dire un mot qui brisera cet instant suspendu et je te frapperais si fort que tu ne diras plus jamais rien.

frapperai

c'est étonnant, cette envie de réagir par la violence... en fait je crois que là aussi, c'est pas assez développe (pour moi), et je vois pas trop à ce stade-là pourquoi il est aussi tendu vis-à-vis de Romeo. J'ai pas compris qui est vraiment Romeo, est-ce que c'est le copain/l'amant de Sarah (ce qui est possible si jamais la partie du dessus est bel et bien un rêve), ou si c'est autre choses. J'ai un peu l'impression de manquer d'éléments (mais y a peut-être quelque chose que j'ai tout bêtement pas compris).

   Sarah ne porte qu’une culotte serrée. Ses seins sont d’une clarté presque agressive au milieu de son corps bronzé. Elle s’attache les cheveux tandis qu’elle pose un genou puis deux sur les draps désordonnés. Elle semble prête à s’abandonner, elle a le cœur rapide mais le visage apaisé. Elle s’applique dans des mouvements lents et réfléchis pour que l’excitation gagne en ampleur. L’odeur vanillée de sa peau occupe la totalité de l’espace. Le monde est immobile, accroché au moindre de ses gestes. Sa bouche entrouverte s’approche avec assurance de sa cible et j’entends déjà Romeo laisser échapper un léger bruit de désir.
   Je suis à plusieurs mètres de la baie vitrée qui les isolent du reste du monde. En réalité, je n’aperçois que le flou de leurs silhouettes respectives. J’ai les yeux rougis de tristesse.

là, j'ai pas tout compris, je crois... bon je comprends le jeu qui consiste faire croire qu'il est avec Sarah, mais d'une part y a une description très précise des gestes de celle-ci, et d'autre part le narrateur dit ensuite qu'il n'aperçoit que le flou des silhouette... est-ce que tout se passe juste dans son imagination ?

J’imagine Sarah de profil, lever les bras bien hauts pour que ses seins offrent un merveilleux spectacle d’ombres chinoises au spectateur frustré, ravie de l’effet.

j'ai un peu de peine à imaginer quelqu'un faire volontairement ça

sur la suite : pour prendre suffisamment de vitesse, il doit quand même être à bonne distance de la chambre... du coup je sais pas trop comment il arrive à voir autant de détails.

La fin m'a laissé un peu perplexe. Bon en fait, en relisant, je crois qu'elle éclaire un peu le reste même s'il reste pas mal de mystère. Je suis pas certain d'avoir vraiment compris le statut de chaque membre de ce "trio" par rapport aux autres, je crois qu'il m'a manqué des éléments.

Sinon, le texte se lit plutôt bien. Je trouve pas le style à tomber par terre mais l'enchaînement marche plutôt bien. Disons que ça m'a paru trop court pour bien appréhender la complexité de la situation et des personnalités des uns et des autres. Si effectivement il est fou et tout se passe dans son imagination, peut-être mettre quelques indices, quelques phrases qui s'éclaireraient quand on lit la fin ?

Merci pour le partage  :)
Chapart

Hors ligne lueur

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #2 le: 21 Mars 2020 à 19:33:30 »
Cher Chapart,

Merci mille fois pour ton commentaire détaillé qui m'est d'une grande aide dans l'appréhension de ma propre écriture, présente et future. Ce genre de retour est d'une valeur inestimable pour quiconque aspire un jour à acquérir une part de rigueur. Je remarque que tu as très bien identifié mon plus grand point faible : me rappeler en permanence que le lecteur n'est pas dans ma tête. Ce mal m'empêche de faire long, de m'appliquer à des descriptions plus précises. Je suis un peu vexé à cause de ta remarque sur mon style mais je m'engage à progresser pour mieux te séduire (littérairement) par la suite. En tant que gamin immature, je ne retravaillerai pas ce texte car je ne supporte plus le lendemain ce que j'ai pu écrire la veille. Mais sache, encore une fois, que tu m'es d'une précieuse aide.

A bientôt

Hors ligne lueur

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #3 le: 25 Mars 2020 à 13:52:31 »
Cher Champdefaye,

C'est un honneur pour moi que tu aies pris le temps de lire ces deux textes. Je n'ai pas menti en affirmant que j'étais incapable de relecture. Le dégoût arrive toujours trop vite. Peut-être qu'un peu de rigueur m'aurait permis de mieux écrire cette fin, de la rendre plus crédible. Tu cites ''Le Fandaron'' alors je vais le regarder ce soir. Mon décor italien était inspiré du film "Call me by your name" dans lequel il y avait une mobylette. Mais il est possible que je mélange les époques et les décors.

Merci encore pour tes compliments, ils sont un pansement qui pourrait finir, par effet de sédimentation, par me faire croire que tous ces premiers jets méritent une relecture attentive et pourquoi pas une suite.

Au plaisir,

Hors ligne lueur

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #4 le: 26 Mars 2020 à 23:37:18 »
Pour les lectures américaines, je ne suis inspiré pour les moments que par Bukowski, Thompson et Hemingway. Je pense qu'on retrouve de leur violence dans certains de mes écrits.
J'ai regardé hier soir Le fanfaron et j'ai aimé l'atmosphère. Merci pour cette recommandation.
Au plaisir,

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 212
  • orque magnifique et ténébreuse
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #5 le: 04 Avril 2020 à 12:12:13 »
Bonjour lueur,

Ton (en Italie) m'a fait envie. Et je découvre avec plaisir un environnement que je connais, des prénoms qui me sont familiers, c'est rigolo  :D

Au fil du texte :

Bon, première remarque. Juste pour les yeux : tu pourrais libérer un ou deux centimètres d'espace au-dessus de ton texte, ça ferait moins bloc envahissant.

Citer
Elle me tape sur l’épaule chaque fois que mon sourire n’accompagne pas son éclat de rire
J'aime bien.

Citer
les filles sont belles.
je comprends pas pourquoi elle dirait ça

Citer
la densité rassurante des pins
:coeur:

Citer
sans que je ne parvienne à identifier les tenants humoristiques d’une telle évidence.
:D effectivement

Citer
Un sourire se dessine sous la contrainte
C'est bien dit !

Citer
Qui de l’animal ou du métal aura raison le premier de mon hémorragie.
J'aime bien aussi

Citer
   Je voudrais que la voiture s’arrête et qu’ils s’en aillent tous les deux explorer une grotte, emplis de la fausse intuition qu’ils sont de grands aventuriers. Pendant un instant, je pourrais envisager de redémarrer le moteur et de partir loin d’ici. Le temps de leur escapade, je serais libéré de la lourde sensation d’être enfermé.
Suite à cette remarque, on devine mal son désir ou son amour pour Sarah. Ça le contredit.

Citer
Je porte une haine profonde à mon cynisme. Je déteste le monstre endormi.
:coeur:

Citer
Sarah s’exclame avec terreur
avec terreur, je trouve ça un peu fort pour décrire l'état de Sarah. Peut-être dégoût ou horreur ?

Citer
Le crépuscule est très largement installé
:coeur:

Citer
se serrent dans un chaos chorégraphique.
j'ai de la peine à imaginer le mouvement que ça décrit

Citer
« Tu vois bien que toi et moi, ça ressemble pas qu’à de l’amitié. »
j'aime bien comme c'est dit

Citer
je dirais que son plongeon olympique s’est de nouveau transformé en un plat catastrophique
:mrgreen:

Citer
Mon regard croise le sien et Romeo n’existe plus. Il est un souvenir vague que je voudrais effacer.
Ces deux phrases se contredisent. S'il n'existe plus, il ne devrait pas vouloir l'effacer. En fait je pense que cette deuxième phrase pourrait s'en aller.

Citer
Ses seins sont d’une clarté presque agressive au milieu de son corps bronzé.
:coeur:

Citer
elle a le cœur rapide
j'aime bien mais je me demande comment un coeur rapide peut être perçu de l'extérieur.

Citer
L’odeur vanillée de sa peau occupe la totalité de l’espace
là aussi, comment il sent son odeur ? Cette phrase est chouette, parce qu'elle participe à l'illusion qu'il est dans la chambre avec Sarah, mais elle ne peut exister que dans son imagination.

Citer
En réalité, je n’aperçois que le flou de leurs silhouettes respectives.
ah bon, peut-être que cette phrase annule ma plainte du dessus. Il explique qu'il imagine le reste.

Citer
J’ai les yeux rougis de tristesse.
:coeur:

Citer
lassé d’être sali.
:coeur:

Citer
J’enfourche la mobylette et dans un élan rapide, j’allume le moteur et entreprends d’accélérer de toutes mes forces. Je me dirige vers leur chambre
cette scène nous donne l'impression qu'il démarre de très loin pour pouvoir prendre de l'élan, mais juste avant, il disait qu'il ne se trouvait qu'à quelques mètres d'eux.

Citer
Nous allons mourir à trois et nous serons enfin ensemble Sarah.
:coeur:

Citer
La mort agira comme un drap chaud qui nous enveloppera.
ou linceul ? Puisque tu as déjà utilisé drap plus haut ? Après, linceul, c'est un peu attendu.

Citer
C’est encore seul que je m’en vais mourir contre ce mur insignifiant
j'aime bien mais je trouve que la phrase gagnerait à se terminer ici.

Voilà, fini. J'ai beaucoup aimé. Ton écriture m'a plu, ton choix de mots est puissant, ainsi que l'ambiance que tu crées à travers eux. Tu n'en dit pas beaucoup, mais ça m'a suffit. C'est crédible, c'est aussi connu mais décris de manière nouvelle.

Merci pour ce texte :)

"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Tigrani

  • Calliopéen
  • Messages: 447
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #6 le: 04 Avril 2020 à 13:53:31 »
Oui c'est chouettement écrit, de la joliesse des yeux bleus qui illuminent jusqu'au voyeurisme.

Hors ligne lueur

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : Journal d'un homme pressé (en Italie)
« Réponse #7 le: 11 Avril 2020 à 18:46:58 »
Merci pour tes relevés précieux. Tes compliments me font chaud au coeur. Mais avec le recul, soyons honnêtes, c'est quand même de la merde non ?

 


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