Bonsoir Rageric !
8ème jour du reading challenge d'Avril, c'est ton tour

.
Par habitude, je commence par un relevé avant de commenter un peu plus en détail. C'est parti !
Noire comme cette nuit où l’enfer était apparu. Noires comme les pensées q
Là j'ai un gros doute. "Noir" se réfère ici aux yeux des gens. Ils sont noirs comme ci, noirs comme ça. Et du coup, je pense qu'il faut continuer d'accorder avec "les yeux" et non pas avec l'élément de comparaison qui vient ensuite.
Alors qu’elle rentrait chez elle à pied après avoir à nouveau vécu une soirée mouvementée aussi bien par l’alcool que par la musique, cet alcool qui coulait à flots avait fait couler son bateau dans cette mer d’illusions et de vérités, elle ne reconnaissait plus les rues, étourdie par ce qui coulait dans son sang.
Cette phrase est un peu longue et laborieuse dans sa construction.
À la recherche du moindre de signe de vie
Il y a un "de" en trop après moindre.
Peut-être était-ce choix d’itinéraire qui avait provoqué ce qui se passerait ou alors, c’était l’alcool.
Là aussi, la construction est un peu bancale, la concordance des temps aussi et il manque un "ce".
Suggestion : "Peut-être était-ce ce choix d'itinéraire qui avait provoqué ce qui s'était passé, ou peut-être était-ce l'alcool."
qu’un coup de hasard,
Généralement dans cette locution on utilise "du". Coup du hasard, ou coup du sort.
Sans y prêter attention, des pas se faisaient entendre derrière elle.
Maladroit. En l'état on ne sait pas qui ne prête pas d'attention puisque le sujet de la phrase est "des pas".
proie, car oui, c’est ce qu’était cette jeune fille à moitié dénudée dans la noirceur de la nuit, une proie pour un prédateur
Proie, proie et prédateur dans la même phrase, c'est lourd.
Et tel un animal, il joua avec elle avant de l’achever.
D'après le début du texte, il semble qu'elle ait survécu. De ce fait, le verbe "achever" me semble ici mal choisi.
des choses que la nature humaine n’est pas censée obliger.
Je ne comprends pas le sens que tu as voulu donner à ce bout de phrase. La nature humaine n'est pas censée obliger ?
n’était qu’un long film sans fin,
N'était plus qu'on long film sans fin ?
elle n’était qu’une coquille qu’on avait écrasé, mis en pièces.
écrasée, mise
Alors, succombant enfin à ses envies, elle monta sur un toit, et respira tout l’air qu’elle n’avait plus pu avaler, elle regarda l’horizon et le paysage la désola, un triste amas de toits et de tôles. Alors trouvant le courage de lever les yeux et d’aller de l’avant, elle fit un pas dans le vide.
Les deux phrases se suivent et débutent par "Alors", ce qui n'est pas très heureux.
Et d'un point de vue plus personnel, le suicide n'est pas une envie à laquelle on succombe selon moi, c'est au contraire une absence d'envie de vivre contre laquelle on a plus la force de lutter.
mais au moment de l’impact, alors que la panique gagna tous les passants, elle ne ressentit
Gagnait
Bon.
Je reviens juste sur un truc qui me dérange tout particulièrement dans ton texte :
Peut-être était-ce choix d’itinéraire qui avait provoqué ce qui se passerait ou alors, c’était l’alcool.
Cette phrase, elle m'est insupportable. Rien de ce que peut faire, dire, boire ou porter une victime ne "provoque" le viol. Par définition, la victime ne provoque rien. Elle subit, point.
A bien des égards, je rejoins l'avis d'Opercule, notamment sur ces points :
Ce que je lis est beaucoup du registre du pathos. C'est de la douleur, de la peine, essentialisées, distillées dans ce que l'imaginaire collectif note l'un des plus horribles crimes, tellement que ça en devient écœurant. J'irai même jusqu'à dire que c'est contre-productif, et que dans le processus de distillation, cette recherche du pire, on perd l'authenticité. Dans un texte si court, même noir, c'est parti au-delà du champ de la vraisemblance.
Je ne nie pas que la vie contient cette douleur, et qu'à celle de l'acte se rajoutent beaucoup d'autres.
Il y a un maelstrom de sentiments dans une héroïne à laquelle on ne s'attache que très peu. Elle n'a ni nom, ni occupation, ni liens sociaux, même dysfonctionnels. Elle est écrite à la troisième personne. Elle est comme générique, remplaçable.
Le criminel est lui aussi très quelconque, aucune description, signalement. Il est comme un genre de croque-mitaine, un agresseur professionnel qui agit comme de sang froid. La trombe de sévices qu'il lui impose est comme désinfectée par avance, et n'ont d'effet que de rajouter dans l'écœurement.
Tu l'auras deviné, je ne suis pas vraiment fan de ton texte.
Le thème est très délicat à aborder et j'y ai vu plusieurs maladresses qui pour moi desservent le propos.
Comme par exemple le fait qu'on switch entre le point de vue de la victime, de l'agresseur et de l'entourage.
Au tout début tu nous faire part du regard de l'entourage, de même qu'à la toute fin en évoquant la panique des passants. Lors du passage qui décrit le viol, à plusieurs reprises tu décris le point de vue de l'agresseur, quand tu dis qu'il se délecte ou encore quand il "décide qu'il n'en peut plus". Le reste du temps, on est davantage centré sur le point de vue de la victime, mais tous ces points de vue s'enchevêtrent sans réelle construction.
Bref, tu t'es aventuré.e sur un terrain doublement sensible, celui du viol et du suicide, et j'en suis navrée mais je n'ai pas adhéré à ta démarche en tant qu'auteur. En tant que personne, j'espère que tu sais que mon commentaire ne porte que sur le récit, en aucun cas sur les faits.
Merci pour le partage.