Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

05 novembre 2026 à 21:58:56
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lumières nocturnes

Auteur Sujet: Lumières nocturnes  (Lu 929 fois)

Hors ligne Rageric24

  • Plumelette
  • Messages: 7
Lumières nocturnes
« le: 07 avril 2020 à 00:31:54 »
Erreur
« Modifié: 09 avril 2020 à 01:45:27 par Rageric24 »
Si tu n'es pas ému, pas même un tout petit peu par ta lecture, c'est que tu ne lis pas le bon livre. J'aime à penser que chaque roman que j'ai lu est devenu une partie de moi, qu'il m'a façonnée d'une certaine manière

Hors ligne Opercule

  • Modo
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 778
  • Nécroposteur aux mains froides
Re : Lumières nocturnes
« Réponse #1 le: 07 avril 2020 à 21:57:31 »
Merci Rageric24 pour ce noir, noir combat entre une jeune fille brutalisée et ses démons.
Tout d'abord je voudrais clarifier que ce commentaire ne concerne que le texte que je lis, et ce sont mes impressions à la sortie de lecture, dans mon état actuel. C'est un sujet qui peut être sensible pour toi, en tant qu'autrice et être humain, donc n'hésite pas à prendre ce commentaire avec la distance qui te sera la plus confortable.

Ce que je lis est beaucoup du registre du pathos. C'est de la douleur, de la peine, essentialisées, distillées dans ce que l'imaginaire collectif note l'un des plus horribles crimes, tellement que ça en devient écœurant. J'irai même jusqu'à dire que c'est contre-productif, et que dans le processus de distillation, cette recherche du pire, on perd l'authenticité. Dans un texte si court, même noir, c'est parti au-delà du champ de la vraisemblance.
Je ne nie pas que la vie contient cette douleur, et qu'à celle de l'acte se rajoutent beaucoup d'autres.

Il y a un maelstrom de sentiments dans une héroïne à laquelle on ne s'attache que très peu. Elle n'a ni nom, ni occupation, ni liens sociaux, même dysfonctionnels. Elle est écrite à la troisième personne. Elle est comme générique, remplaçable.
Le criminel est lui aussi très quelconque, aucune description, signalement. Il est comme un genre de croque-mitaine, un agresseur professionnel qui agit comme de sang froid. La trombe de sévices qu'il lui impose est comme désinfectée par avance, et n'ont d'effet que de rajouter dans l'écœurement.

Sa torture a posteriori est assez bien rendue, cette idée de "ce corps qui ne lui appartient plus" est particulièrement intéressante. J'ai beaucoup apprécié l'image de la coquille écrasée. À côté de ça, des lieux communs qui rajoutent à l'idée de quelconque, de générique, comme l'image de l'âme qui n'existe plus, l'idée de noir persistant, du vide (l'anaphore "vide de tout, vide de soi"), etc.

Je ne suis pas convaincu par l'idée de la mort libératrice, et du sourire qui la traverse. On pourrait confondre l'absence de la douleur de vivre et la salvation par sa propre destruction. Là encore ça me semble précipité, comme pour donner une fin à ce cauchemar mais sans vraiment le confronter.

Hors ligne Chouc

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 726
  • Chourlotte Brontë
Re : Lumières nocturnes
« Réponse #2 le: 08 avril 2020 à 21:49:57 »
Bonsoir Rageric !

8ème jour du reading challenge d'Avril, c'est ton tour ^^.
Par habitude, je commence par un relevé avant de commenter un peu plus en détail. C'est parti !

Citer
Noire comme cette nuit où l’enfer était apparu. Noires comme les pensées q
Là j'ai un gros doute. "Noir" se réfère ici aux yeux des gens. Ils sont noirs comme ci, noirs comme ça. Et du coup, je pense qu'il faut continuer d'accorder avec "les yeux" et non pas avec l'élément de comparaison qui vient ensuite.

Citer
Alors qu’elle rentrait chez elle à pied après avoir à nouveau vécu une soirée mouvementée aussi bien par l’alcool que par la musique, cet alcool qui coulait à flots avait fait couler son bateau dans cette mer d’illusions et de vérités, elle ne reconnaissait plus les rues, étourdie par ce qui coulait dans son sang.
Cette phrase est un peu longue et laborieuse dans sa construction.

Citer
À la recherche du moindre de signe de vie
Il y a un "de" en trop après moindre.

Citer
Peut-être était-ce choix d’itinéraire qui avait provoqué ce qui se passerait ou alors, c’était l’alcool.
Là aussi, la construction est un peu bancale, la concordance des temps aussi et il manque un "ce".
Suggestion : "Peut-être était-ce ce choix d'itinéraire qui avait provoqué ce qui s'était passé, ou peut-être était-ce l'alcool."
Citer
qu’un coup de hasard,
Généralement dans cette locution on utilise "du". Coup du hasard, ou coup du sort.

Citer
Sans y prêter attention, des pas se faisaient entendre derrière elle.
Maladroit. En l'état on ne sait pas qui ne prête pas d'attention puisque le sujet de la phrase est "des pas".

Citer
proie, car oui, c’est ce qu’était cette jeune fille à moitié dénudée dans la noirceur de la nuit, une proie pour un prédateur
Proie, proie et prédateur dans la même phrase, c'est lourd.

Citer
Et tel un animal, il joua avec elle avant de l’achever.
D'après le début du texte, il semble qu'elle ait survécu. De ce fait, le verbe "achever" me semble ici mal choisi.

Citer
des choses que la nature humaine n’est pas censée obliger.
Je ne comprends pas le sens que tu as voulu donner à ce bout de phrase. La nature humaine n'est pas censée obliger ?

Citer
n’était qu’un long film sans fin,
N'était plus qu'on long film sans fin ?

Citer
elle n’était qu’une coquille qu’on avait écrasé, mis en pièces.
écrasée, mise

Citer
Alors, succombant enfin à ses envies, elle monta sur un toit, et respira tout l’air qu’elle n’avait plus pu avaler, elle regarda l’horizon et le paysage la désola, un triste amas de toits et de tôles. Alors trouvant le courage de lever les yeux et d’aller de l’avant, elle fit un pas dans le vide.
Les deux phrases se suivent et débutent par "Alors", ce qui n'est pas très heureux.
Et d'un point de vue plus personnel, le suicide n'est pas une envie à laquelle on succombe selon moi, c'est au contraire une absence d'envie de vivre contre laquelle on a plus la force de lutter.

Citer
mais au moment de l’impact, alors que la panique gagna tous les passants, elle ne ressentit
Gagnait



Bon.
Je reviens juste sur un truc qui me dérange tout particulièrement dans ton texte :
Citer
Peut-être était-ce choix d’itinéraire qui avait provoqué ce qui se passerait ou alors, c’était l’alcool.
Cette phrase, elle m'est insupportable. Rien de ce que peut faire, dire, boire ou porter une victime ne "provoque" le viol. Par définition, la victime ne provoque rien. Elle subit, point.

A bien des égards, je rejoins l'avis d'Opercule, notamment sur ces points :
Citer
Ce que je lis est beaucoup du registre du pathos. C'est de la douleur, de la peine, essentialisées, distillées dans ce que l'imaginaire collectif note l'un des plus horribles crimes, tellement que ça en devient écœurant. J'irai même jusqu'à dire que c'est contre-productif, et que dans le processus de distillation, cette recherche du pire, on perd l'authenticité. Dans un texte si court, même noir, c'est parti au-delà du champ de la vraisemblance.
Je ne nie pas que la vie contient cette douleur, et qu'à celle de l'acte se rajoutent beaucoup d'autres.

Il y a un maelstrom de sentiments dans une héroïne à laquelle on ne s'attache que très peu. Elle n'a ni nom, ni occupation, ni liens sociaux, même dysfonctionnels. Elle est écrite à la troisième personne. Elle est comme générique, remplaçable.
Le criminel est lui aussi très quelconque, aucune description, signalement. Il est comme un genre de croque-mitaine, un agresseur professionnel qui agit comme de sang froid. La trombe de sévices qu'il lui impose est comme désinfectée par avance, et n'ont d'effet que de rajouter dans l'écœurement.

Tu l'auras deviné, je ne suis pas vraiment fan de ton texte.
Le thème est très délicat à aborder et j'y ai vu plusieurs maladresses qui pour moi desservent le propos.
Comme par exemple le fait qu'on switch entre le point de vue de la victime, de l'agresseur et de l'entourage.
Au tout début tu nous faire part du regard de l'entourage, de même qu'à la toute fin en évoquant la panique des passants. Lors du passage qui décrit le viol, à plusieurs reprises tu décris le point de vue de l'agresseur, quand tu dis qu'il se délecte ou encore quand il "décide qu'il n'en peut plus". Le reste du temps, on est davantage centré sur le point de vue de la victime, mais tous ces points de vue s'enchevêtrent sans réelle construction.

Bref, tu t'es aventuré.e sur un terrain doublement sensible, celui du viol et du suicide, et j'en suis navrée mais je n'ai pas adhéré à ta démarche en tant qu'auteur. En tant que personne, j'espère que tu sais que mon commentaire ne porte que sur le récit, en aucun cas sur les faits.

Merci pour le partage.

Tel esprit qui croyait se pendre.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.02 secondes avec 16 requêtes.