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Auteur Sujet: Forêt-furieuse (Sylvain Pattieu)  (Lu 2022 fois)

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Forêt-furieuse (Sylvain Pattieu)
« le: 25 Octobre 2019 à 23:30:17 »



4èm roman de cet écrivain, et ça envoie du bois (avec mauvais jeu de mot)


Forêt-furieuse se passe en France, dans un monde post-effondrement. Plus vraiment de gouverment (un état qui peine à s'imposer, par la force), des catastrophes naturelles, des guerres permanentes sur tout le territoire entre divers groupes armés). Ca se passe dans un village en pleine forêt.
On suit des personnages qui vivent dans "La Colonie", un centre d'acceuil pour enfants estropiés, orphelins, laissés pour compte. Là, les encadrants n'ont aucune prise pour eux, les laissent faire ce qu'ils veulent, les encadrant uniquement avec des cours et les tâches communes de la Colonie.
Les personnages principaux sont ces enfants.
Ces enfants qui ont tous bien trop vu de choses horribles pour leurs âges, qui jouent entre deux de manière violente (deux groupes, au début, s'affrontent, les strongues et les bitches), singent simplement les adultes tout en étant encore des enfants, des ados.

Le récit est construit en trois parties bien distinctes, dans la première, un groupe ed bergers s'habillant en femmes (les nommées "demoiselles") attaquent le maire et sa milice qui soutiennent des mines de charbons qui détruisent la forêt, vivent de cet export.
Ils se battent et savent pourtant que des groupes bien plus dangereux pourraient venir (des années auparavant, les Bourguignons ravagaient tout le pays, volant, brûlant, violant tout sur leur passage, en ce moment ce sont les "vrais super-muslim" et d'autres, et d'autres)

Les appelations que j'ai disséminé au-dessus intriguent peut-être ; c'est la force de tout le livre. L'écriture expérimente un style véritablement coup de poing, un mélange de recherche littéraire autour de la langue des quartiers (dans lesquels l'auteur vit et travaille), de langue adolescente d'un monde qui aurait perdu nos racines actuelles, petit à petit. Les personnages sont tous appelés par des surnoms. La-petite-elle-veut-tout-faire-toute-seule, par exemple, ou La-femme-quand-elle-parle-elle-a-les-yeux-qui-brillent, une éducatrice. Surtout, il y a dans le groupe des enfants un personnage qui dévore les bibliothèques et qui semble pouvoir être le seul à calmer les élans bagarreurs de ses camarades : il scande, il poème, il slam, il rappe le soir et quand il en a envie des jeux d'esprits, des histoires classiques revisitées à sa sauce.


Tout ça mélangé (et je parle pas des deux autres parties qui font boum dans la face) bah ça fait un sacré coktail bien marquant, triste, beau, joyeux, mais surtout littéraire à souhait et qui marque. Un bon putain de livre.
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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