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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » JUSTE UN PETIT BOUT DE CE QUI RESTE DE MOI

Auteur Sujet: JUSTE UN PETIT BOUT DE CE QUI RESTE DE MOI  (Lu 1220 fois)

Hors ligne Guy Lafosse

  • Aède
  • Messages: 216
JUSTE UN PETIT BOUT DE CE QUI RESTE DE MOI
« le: 23 Juillet 2019 à 20:19:05 »
 JUSTE UN PETIT BOUT DE CE QUI RESTE DE MOI
 


Puisque parler de sa vie privée est devenu inconvenant,
Réjouissant est d’être sur un forum aussi aimant qu’avenant.

Évident que, rester muet en ne disant mot pose problème,
Tant est vrai que rien n’est meilleur que ce que l’on sème.

Alors, si je me nourris en fuyant mes pénibles souvenirs,
C’est parce que entre eux et moi il n’y a pas d’avenir.

Combattant les forces obscures aux effluves d’adieux,
Fais-moi l’honneur de prendre mon histoire au sérieux

Si, autour de ma petite personne, mon entourage fait bloc,
C’est parce que je suis toujours et encore en état de choc…

Sachant que ma langue ne se prive pas de dire ce qu’elle veut,
Ne l’a plus entendre déblatérer ne peut que me rendre nerveux.

Je me réjouis de ne pas être ce que l’on voulait que je sois,
Entendu que maintenant, je peux faire tout ce que je conçois.

N’étant pas de haut rang ne m’interdit pas d’agiter mon esprit,
En disant que le livresque savoir des instis ne m’a rien appris.

Je pourrais oublier que, buissonnière fut l’école de mes jeunes années,
Si, à faire le passe-moi l’outil, toute l’année, je n’étais pas condamné.

N’étant pas dupe, je sais que, pour un sans diplôme aucun,
L’important n’a jamais été d’être, mais de devenir quelqu’un.

Comment se fait-il qu’un doctrinaire sur son piédestal posé,
Ne sache pas qu’à tout avaler, l’ouvrier n’est plus disposé.

Tant qu’à celui qui me reproche de ne me jamais laissez voir,
Entendra-t-il un jour que je n’ai rien à faire à la table du savoir.

Fuir les élites de salon qui s’ennuient avec une élégance disparue,
Ne m’a jamais empêché d’aimer mes amis et mes chers disparus.

Né d'une mère désolée de voir et compter les ivresses d’Aquitaine,
Fais, qu’aujourd’hui, je ne bois que de l’eau des claires fontaines.
 
Pour moi, si vivre sans nez rouge, fut une criante nécessité,
C’était, disons-le, pour faire un pied-de-nez à l’adversité.

Aussi, comprenant vite que je devrais oublier le mot quantité,
C’est dans des palaces de dix mètres carrés que j’ai dû habiter…
Si je garde par devers moi que dans mon cœur loge, maman et papa,
C’est parce que, paraît-il, les aimer en pareil endroit cela ne se fait pas.

Voulant comprendre, on me questionne, on me bouscule,
Il s’en trouve même qui osent dire que cela frise le ridicule.
 
Enfin ! Ridicule ou pas ridicule, sur quoi repose leur avis,
Puisque nous sommes tous accrochés à la patère de la vie.
 
Excédé, j’objecte que si de l’absurde, j’en ignore le goût,
C’est parce que de l’intolérance grand est mon dégoût.
 
Et puis, quand vint le temps des émois et prouesses de jeunesse,
Le jouvenceau que je fus n’a-t-il pas fait montre de hardiesse !

Bien qu’il ait dit que mieux vaut être seul que mal accompagné,
Cela ne veut pas dire que c’est dans l’opprobre qu’il faut se baigner.

Destiné à être baladé de partout, c’est à l’âge de dix-huit jours,
Que ma tante Yvonne, voyant ma frimousse fut prise d’amour.

J’ai tellement apprécié ce beau Paris avec ses célèbres faubourgs,
Que, l’aimant sans détour, j’y ai fait autant d’aller que de retour.
 
Si tu interroges mes culottes usées par les berges du Canal St-Martin.
Ils te diront, sûrement, que j’étais un gamin ténu au savoir incertain…

Poignant fut le jour où arriva le temps des amours sans lendemain,
Ou garçons et filles enlacés s’osèrent enfin se prendre par la main.

Que restent-ils de ces midinettes aux cœurs affolés,
Qui, seul, mille baisers donnés les pouvait consoler.

Pourquoi ne dirais-pas, que le temps de mes nombreuses batifole
Ne duraient jamais plus longtemps que ne durait une étreinte folle.
 
Évoquant, sans fierté, ce que furent mes furtives rencontres,
Est-ce besoin d’ajouter qu’à aimer fort je n’étais pas contre.
 
M’osera-t-on reprocher d’avoir été un brûlant et ardent câlineur,
Après m’avoir dit que l’amour bien fait était source de bonheur !
 
Douloureux est de penser à la progéniture de la gérante du Familistère,
Qui, de sa fierte et de la beauté de ses formes, ne faisait pas mystère.

Cela étant sciemment évoqué, je ne sortirais pas grandi,
En me refusant d’avouer, qu’un jeudi, sur le coup de midi,

La fille unique et aimée de l’ancienne épicière,
M’informa vouloir quitter Paris pour raison financière…

Ma peine était d’égale valeur de ce que j’hésite à te dire,
Et que, côté de cœur, il ne me pouvait rien arriver de pire.

Ne parvenant pas à accepter une aussi désagréable nouvelle,
En sortir seul ne pouvait se faire qu’en agitant ma cervelle. 

Entendu, qu’entre-nous, se dressait une infranchissable barrière,
Et n’oubliant pas que sa décision excluait tout retour en arrière.
 
Vu que, pour me soutenir aucune entité célestielle n’est venue,
À quoi sert la vertu si à aider âme perdue, elle n’est plus tenue…

Victime d’un vil abandon, sans nom, qui me laisse sans voix,
Je sais que pour qui fait mal, la loi, aucune peine ne prévoit.

Raisonnablement, peut-on encore parler de couple,
Quand, deux énamourés plus jamais ne s’accouplent !

Quand elle disait que mieux vaut partir de qui l’on déçoit,
J’objectais que la mort est préférable au chacun chez-moi.

Lui avouant qu’immense serait ma peine de ne la plus voir,
Elle m’opposa qu’un sans culture ne peut pas tout avoir.

Vu qu’un couple n’est pas tenu de s’unir pour toujours,
Pourquoi serait-il contraint de toujours s’aimer d’amour ?

Lui disant qu’une étreinte forte ne vaut que lorsque paraît un enfant,
Je pense, que niant cela, elle s’est privée du plus beau des diamants.

Après avoir parlé durant vingt jours de cette futile personne,
Je ne m’étonne pas qu’à ma porte, plus personne ne sonne.

Bien que, constat faisant, en moi, il n’y a rien de bien méchant,
Aucune joliette ne me borde quand vient l’heure du couchant.

Poète poétesse, si tu aspires à ce que vite s’apaise mon calvaire,
Ne t’éloigne qu’après avoir lu l’apposer de mes six derniers vers.

Si tu me dis que les mots existent pour notre seul plaisir.
Je te répondrais que ces mêmes m’empêche de dormir…

Sans bouder l’usuel parler, sans remplir mon bissac de poèmes,
Je pense que, jamais, je n’aurais grossi ma réserve de, je t’aime.

N’ai-je point assez offert, déclamé phalambours, dits de cour,
Pour, à mon tour, m’offrir une ode frappée du sceau de l’amour !
                             
Il se fait tard, si j’affirme qu’un énamouré ne peut pas être désaimé,
C’est, parce que rien n’est plus beau et fort que l’envie d’aimer.

Puisque demain après-demain indignant serait de ne parler que de moi,
Pour que cela n’arrive pas, n’hésite pas à me dire si tout va bien pour toi.

Et si, perplexe, tu tiens à savoir le nombre d’années que j’ai,
Sauf ton respect n’oublie pas qu’un secret ne se dit jamais.
Traverser  le temps en oubliant ses futiles besoins,
C’est vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.

Hors ligne ortoolski

  • Aède
  • Messages: 240
Re : JUSTE UN PETIT BOUT DE CE QUI RESTE DE MOI
« Réponse #1 le: 23 Juillet 2019 à 20:48:19 »
Slt Guy Lafosse!

Eh ben dis donc t'as pas été avare en nombres de mots un beau petit pavé!

Y à de bon vers, de bonnes idées...
J'aime beaucoup ceux-là notamment!
(Je pourrais oublier que, buissonnière fut l’école de mes jeunes années,
Si, à faire le passe-moi l’outil, toute l’année, je n’étais pas condamné.)

Comme à mon habitude je trouves parfois que la rime fait perdre en sens ou du moins "affaiblit" le tout!(ça ne reste que mon avis bien entendu!)

Bonne soirée à toi!Que l'inspiration soit avec toi!


 


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