Bonjour Goémine,
merci d'être passée sous mes frondaisons séculaires.
Bien sûr que j'ai vécu dans ce château. Ma chambre a longtemps été dans l'aile ouest, sous les toits. Le papier peint était bleu pâle et dans la table de nuit en noyer il y avait encore un pot de chambre de faïence. Par la fenêtre en hiver j'apercevais la chapelle et les deux colonnes de son porche.
Mais j'ai aussi vécu dans une barre d'immeubles dans la banlieue de Strasbourg où nos voisins algériens nous offraient le thé à la menthe sur une table basse que le mastiff nommé Tarik ébranlait de son corps trapu.
Il y a aussi eu la maison de meulières à la Porte des Lilas, qui sentait le moisi et dont le lino collait aux semelles.
Un jour je raconterai aussi l'entresol dijonnais, et la souris qui m'y rendait visite quand j'étais alité, et le foyer des jeunes travailleurs d'Épinal où j'ai découvert de curieux messages sur le plâtre des murs en déplaçant une armoire.
Bref, tout ça c'était avant...

Tu as raison, c'est extrêmement valorisant de voir resurgir de temps à autre un texte ancien. Cela arrive au gré des recherches de "coups de cœur" pour le Mammouth Éclairé, au gré aussi du "Un texte au hasard" ou comme là parce que j'ai glissé modestement le lien à quelqu'un qui semblait apprécier ma prose.
J'ai surtout la chance que ce texte plaise, en fait, sinon sa carrière n'aurait sans doute pas été aussi longue, et je le cacherais plutôt... :-)
Je comprends mille fois ce que tu ressens au sujet de cette fameuse phrase. C'est tellement vrai que c'est même curieux que tu sois la première à en être choquée. Sans doute est-ce parce qu'on peut l'appréhender tout autrement que sur le mode "inspecteur Derrick".
Ce que moi je voulais y mettre, c'est une réponse anticipée à toute remarque rationaliste qui essayerait d'expliquer ce qui a pu vraiment se passer.
Merci en tout cas d'avoir parcouru le labyrinthe de buis sans t'y perdre.
Au plaisir de te croiser ici ou là.