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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Au-delà des Alpes

Auteur Sujet: Au-delà des Alpes  (Lu 1432 fois)

Hors ligne derrierelemiroir

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Au-delà des Alpes
« le: 19 Mai 2019 à 15:40:59 »
Au-delà des Alpes

Tu es là, dans ce nouvel appartement, via dei Parelli. Ça fait presque trois semaines que tu es partie, que tu as quitté ses doux yeux verts. Sur le quai de gare, toi dans le train, lui à côté, à vous arracher des bouts de regards, à sentir la vibration du départ et l’éloignement qui s’amorce. À le laisser, lui, continuer votre vie dans la verdoyante Allemagne, et toi de t’en aller bâtir d’autres expériences au-delà des Alpes, dans ce pays qui depuis ta naissance te balance des promesses d’amour.

D'entamer une nouvelle vie, de tisser, jour après jour, une de ces routines qui réjouissent le cœur, de ces habitudes qui dans trente ans resteront encore collées à tes souvenirs, et tu te diras c’était bien, j’avais cette force, mon corps exhalait la jeunesse par tous ses pores, il y avait les promenades dans les rues calmes jusqu’au travail, les nouveaux collègues, le café qui se partage, l’architecture qui était exactement ce qu’elle devait être, les maisons colorées, tatouées de fresques et de visages des siècles perdus, ces réseaux de ruelles en toiles d’araignées, les Spritz avalés et l’aperitivo grignoté, les montagnes enroulées autour de la ville, me protégeant comme dans un œuf.

Tu es partie depuis trois semaines et souvent, tu te demandes pourquoi il ne te manque pas. Tu questionnes ton amour, juste comme ça, parce que tu as appris à ne pas craindre les failles. Mais très vite tu réalises que ton lien à lui n'a pas tremblé. C'est ces fils qui te relient à tout ce qui n'est pas lui qui se sont démultipliés et qui, momentanément, ont réarrangé les contrastes qui définissent ta vie. Tu ressens, aussi violemment qu’une avalanche qui s'effondre, des sentiments géants déferler le long de tes artères. Tu es là, dans le Trentino, et tu perçois les hymnes du printemps se répercuter d'une montagne à l'autre. Tes yeux restent béats devant ce vert gorgé d'eau qui a pris le paysage d'assaut, qui s'accumule jusqu'au ciel en grappes d'arbres hétéroclites – cèdres immenses aux doigts vert clair, ormes noyers châtaigniers, par-ci par-là quelques cyprès pareils à des menhirs, et puis la courbure élégante des pins, les pointes des sapins. Tu es vivante, et tu te dis, comme quand tu avais treize ans, je serai belle, je serai intelligente, je boufferai la vie du dedans, je rirai aux éclats et que le monde en tremble ! Tu reconnais que ce pays a une influence bouleversante sur toi.  Tu n’endigues plus, tu n’as plus l’impression d’être entravée par un costume trop petit. Les évènements reprennent leur allure de cinéma. Tes angoisses pour l'avenir se sont évaporées, sont retombées en gouttes légères tu ne saurais même pas dire où.

Tu te réjouis de cette amitié qui déjà fleurit entre toi et ces deux Françaises. Tu repenses à hier, à votre escapade à Trento, à fuir la claustrophobie grandissante de Rovereto, tu revis cette journée simple à parler français dans l’Italie du Nord, à manger des cannolis et à boire des cappuccinos. De l’autre côté de votre table, sur la terrasse de cette pâtisserie tenue par une Alsacienne en mal de sa langue, un groupe de pré-adolescents est attablé avec des verres d’eau ; ils engloutissent des sucreries. Un moineau intrépide vient rafler les miettes de nourriture qui pleuvent sur les bords de la nappe et tout le monde s’extasie et commente. Les groupes ne sont plus aussi rigidement délimités qu’en Allemagne, ils sont fluides et s’entremêlent plus facilement. D’ailleurs, un des gamins entame la conversation avec l’une de tes amies. Il ressemble à ces enfants des grands films hollywoodiens qui traitent de mafia dans les rues de New-York, il a un air à la fois timide et malin, des yeux ronds, verts ou bleus, il complimente l’italien de son interlocutrice, et toi tu glousses à l’oreille de ton autre amie tellement ce dialogue inattendu t’émerveille.

Ces nouvelles amitiés te permettent aussi de te souvenir de toi, car il faut une fois de plus relater tous les évènements marquants de sa vie pour bien se présenter, pour se rendre plus dense à l’appréciation d’autrui. Et ça parle d’enfance, de garçons, de méchancetés infligées et éprouvées, ça s’achète du maquillage à Kiko comme à seize ans, ça se peint les ongles dans un coin du magasin en ricanant, ça essaie des rouge à lèvres à tout-va et l’argent n’est plus un problème, la menace du chômage est loin, elle ne t’a pas suivie de ce côté-ci des montagnes. Tu t’achètes également un shampoing sec à Lush que le vendeur t’a conseillé pour tes cheveux bouclés et insoumis, une moitié de toi le croit et espère, l’autre rigole de ta naïveté avec bonté. Dans une librairie, tu scrutes les étagères à la recherche de l’histoire parfaite, de celles qui nous font marcher vite dans les rues en rentrant et qui mieux que n’importe quel écran te rendent le 3D d’une vie gonflée d’expériences. Tu trouves un livre conseillé par Google et tant pis si tu en as déjà trop, tant pis si ta valise explose, jamais tu n’arrêteras de vouloir ressentir encore un peu plus.

De retour à Rovereto, vous vous dirigez chez toi, dans cet appartement IKEA aux rideaux et au canapé rouge-maman, au sol flambant de propreté, où chaque jour tu te sens davantage à la maison. Tu soulèves le torchon qui permettait à ta pâte de bien s’épanouir, tu souris, c’est une réussite. Tu sors légumes et mozzarella du frigo, vous vous mettez à émincer et malaxer, à cuire et assaisonner, tout en poursuivant une discussion qui a commencé tu ne sais plus quand. Il y a deux semaines tu ne les connaissais pas, et maintenant, elles sont là dans ta nouvelle cuisine à t'aider avec cette pizza. Vous savez que ça ne durera pas, qu'une après l'autre vous quitterez cette enclave parmi les montagnes, que vous retraverserez la barrière des Alpes, que les messages s'amenuiseront, que tout ça est éphémère. Mais ça ne change rien à votre manière de vous livrez l'une à l'autre et de vouloir vous souder et vous renforcer, ça ne modifie pas vos plans d'escapades et cette promesse de pédalo sur le lac de Garde que vous vous êtes faites. Vous continuerez de boire des Hugo et des Spritz pendant quelques semaines, et puis vous vous séparerez sans pleurer.   

Aujourd’hui, tu as essayé ton nouveau shampoing, tu a confectionné des Tupperware pour les jours à venir. Et puis tu as lu. Dans ce nouveau livre, tu as retrouvé toutes ces émotions que tu n’as jamais su expliquer à tes amies, quand tu rentrais de tes vacances au sud de l’Italie. Tu leurs parlais de garçons, de falò sur la plage, de décisions prises comme on zappe à la télé, de rires et de pleurs et cette présence mordante de la mer. Elles t’écoutaient et elles n’entendaient que ça, les garçons, les falò, les décisions absurdes et les crises ridicules. Tu ne pouvais leur faire comprendre le reste. Cette impression que chaque rencontre était décisive, mais qu'en même temps, on faisait des choix en haussant les épaules parce qu’on était jeunes, parce qu’on était belles et que de toute façon, rien ne pouvait tenir dans cette chaleur, tout n’était voué qu’à terminer ratatiné en souvenirs d’enfance.

Tu es là, allongée dans ce lit, le livre ouvert déposé sur ton ventre. Tu as l'impression de te situer entre deux parenthèses, que ces arcs de montagnes te protègent du temps têtu qui là-bas te faisait vieillir, qu'ils t'ont doucement extraite de ce quotidien pesant dont tu ne savais plus que faire, de cette ronde de personnes qui te regardaient en attendant, de toutes ces décisions en suspens, et qu'ils t'offrent ces quelques mois pour t'imprégner d'une importance que tu avais oubliée.
 
« Modifié: 29 Mai 2019 à 10:16:54 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
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  Nicolas Bouvier

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Au-delà des Alpes
« Réponse #1 le: 23 Mai 2019 à 21:41:40 »
Bonjour derrierelemiroir,

Je suis charmé par cette séduction que tu glisses dans les mots, elle a un quelque chose de sincère et de l'espoir enthousiaste (je ne sais pas l'exprimer dans des mots suffisamment explicites mais tu me donnes envie d'aimer la vie).

Je crois que, des différents sujets d'étude que révèle le texte, c'est celui de l'amitié que j'aurais aimé voir le mieux exposé ici. Ce que j'aime dans ton regard sur l'amitié entre trois femmes, c'est l'attachement sincère, la volonté d'être à la hauteur et de donner le meilleur de toi-même : c'est tout ce que j'aurais aimé trouver mieux développé dans ces mots.

Je me doute que, venant de moi, cette impression de lecture pourrait ressembler à du désintérêt, pourtant non ! C'est plutôt que je ne sais pas toujours comment m'adresser à mes propres amis, alors qu'avec toi j'ose me confier et parler de ce que j'ai de plus intime sur le cœur, et qu'aujourd'hui j'aimerais m'inspirer de ton regard sur l'amitié pour transformer moi-même mon regard sur les autres. Je crois que c'est ça, aussi, la littérature : s'inspirer les uns les autres.

Avec l'espoir que mes mots t'inspirent les plus belles créations.

Hors ligne Marcel Dorcel

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Re : Au-delà des Alpes
« Réponse #2 le: 24 Mai 2019 à 15:25:29 »
Comme c'est la première fois que je te lis, je possède  l'immense avantage de ne pas avoir un quelconque à priori, de ne pas me laisser donc influencer.

Bien entendu, il y a ici et là quelques imperfections mais je ne m'y attarderai pas, attendu que jamais ma lecture ne s'est trouvée pour ainsi dire ralentie ou dispersée.

Je me suis laissé porter du début jusqu'à la fin par une sorte de nonchalance douce. Il y a une réelle densité d'écriture. Oui, douceur, bienveillance, nonchalance. Il n'y a rien de forcé, tout semble simple et pourtant, les émotions sont bien présentes ( tu les laisses beaucoup te guider, et j'aime ça ! ).
Tu as une réelle capacité d'intuition, d'observation fine des êtres.

Bravo, merci et bonne continuation.
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
Sacha Guitry

J'écris pour me taire
Philippe Léotard

Aime-moi, ou pas, mais je t'interdis de me juger.
Marcel Dorcel

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Au-delà des Alpes
« Réponse #3 le: 25 Mai 2019 à 12:14:31 »
Merci à tous les trois!!! Je crois qu'à vous trois vous m'avez donné assez de motivation pour ne pas laisser tomber ce texte, et en même temps assez de conseils constructifs et justes pour que je sache comment le retravailler  :coeur:

@Alan

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(je ne sais pas l'exprimer dans des mots suffisamment explicites mais tu me donnes envie d'aimer la vie).
:coeur:  :-[ ça me fait super plaisir que je puisse transmettre cet amour de la vie jusqu'à toi

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Je crois que, des différents sujets d'étude que révèle le texte, c'est celui de l'amitié que j'aurais aimé voir le mieux exposé ici. Ce que j'aime dans ton regard sur l'amitié entre trois femmes, c'est l'attachement sincère, la volonté d'être à la hauteur et de donner le meilleur de toi-même : c'est tout ce que j'aurais aimé trouver mieux développé dans ces mots.
C'est une très bonne idée de développement, merci!

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alors qu'avec toi j'ose me confier et parler de ce que j'ai de plus intime sur le cœur, et qu'aujourd'hui j'aimerais m'inspirer de ton regard sur l'amitié pour transformer moi-même mon regard sur les autres. Je crois que c'est ça, aussi, la littérature : s'inspirer les uns les autres.
:-[ :coeur: oui c'est ça aussi la littérature, merci pour cette sincérité!

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Avec l'espoir que mes mots t'inspirent les plus belles créations.
ils le font

Merci Alan!

@Keanu

Contente que tu passes ici!

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Personnellement je trouve souvent les "Cela" peu naturels et abrupts.
"doux yeux verts" me semble un peu plat, sans trop de singularité...
Je voulais à la base commencer avec "ça" et puis j'ai changé. Pour les yeux verts, c'est une manière de me référer à quelqu'un que j'ai déjà utilisé tout au long de mon hiver 2019. Ce texte s'inscrit un peu dans la suite de mon hiver et fait référence aux mêmes personnes, mais c'est vrai que sans l'avoir lu, on ne peut pas savoir :)

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J'aime bien la phrase mais les deux précisions en gras me semblent inutiles.
Je la voulais pour qu'on visualise bien qu'ils sont d'un côté du départ et de l'autre, je vais voir.

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La syntaxe me semble maladroite ici, mais à toi de voir !
Le verbe "balance" me laisse une impression trop triviale, presque brutale en l'occurrence.
Je crois qu'ici je la laisse. Pour "balance", il s'agit effectivement de quelque chose de brutale presque, quand tu reçois des promesses d'amour d'un Pays sans pouvoir y habiter.

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Tu parles de "failles" et là tu dis qu'il n'y a "aucune brèche", pour moi c'est un peu confus/répétitif.
La dernière partie de phrase avec le thème "manque/trop-plein" me semble bateau.
Ok je change!

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Problème syntaxique ici.
"Tu ressens aussi violemment que si une avalanche de sentiments géants déferlait le long de tes artères" ?
"Tu ressens aussi violemment qu'une avalanche de sentiments géants déferlant le long de tes artères" ?
Et, quoi qu'il en soit, la construction intransitive pour "ressentir" me semble malheureuse voire incorrecte.
Je pense que le problème de syntaxe t'as donné l'impression que j'utilisais "ressentir" ici de manière intransitive. La phrase est " tu ressens des sentiments géants déferler le long de tes artères, avec la violence d'une avalanche qui s'effondre"

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Les passages en gras sont clichés pour moi...
Merci, tu es un peu mon aspirateur à clichés

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J'ai buté sur la formule, j'avoue ne l'avoir jamais croisée.
c'est parce que c'est faux, je voulais dire autre chose  ><

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La syntaxe en début de phrase me semble approximative. + "hollywoodiens" sans majuscule (adjectif) et "new-yorkaises" (idem et tiret).
j'ai changé merci

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Le redoublement du sujet me semble inutile, j'aurais écrit directement "Ces nouvelles amitiés te permettent...".
ouais aïe aïe aïe j'ai vraiment une grosse tendance à faire ça

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Un peu raide ? "infligées" ? 
oui merci!

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"à la recherche", plutôt.
L'autre partie en gras me paraît convenue.
merci j'ai changé!

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Encore cet emploi intransitif du verbe "ressentir" qui personnellement me dérange.
oui ici je l'ai fait haha. Mmmh pourtant c'est bien pratique...

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Au cas où ça te dérange.
yep merci

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J'aime bien cette sélection "superficielle" que les amies opèrent dans le discours de la narratrice.
comment ça superficielle?

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Pour moi c'est toujours plaisant de te lire, mais ici il m'a semblé que ta langue était moins précise, moins corrigée, plus imparfaite que dans d'autres de tes textes. Je trouve qu'il y a parfois une certaine confusion syntaxique qui alourdit le rythme et obscurcit le propos. C'est peut-être dû à cet élan vital, à cet enthousiasme solaire, à cette passion impétueuse qui déborde partout dans le texte ? Une énergie, un optimisme, une fougue voire une avidité que j'ai appréciés, qui comme souvent chez toi semblent tout droit venus du cœur et des viscères, mais qui parfois dans leur retranscription manquent à mon avis de profondeur ou de subtilité, j'ai encore par moments l'impression de trouver des platitudes ou des lieux communs (être dans le présent plutôt que paraître en se projetant, croquer la vie à pleines dents, le goût des aventures à travers les livres, ressentir les choses comme un déferlement, un chapitre de la vie et le fait que "tout est encore à venir"...). Si tu veux, je ne remets pas en cause l'émotion elle-même dans sa réalité, sa densité, son intensité (je sens tout ça poindre en toile de fond), je trouve juste que certaines tournures pour l'exprimer ressemblent à des clichés et donc freinent la transmission. Mais ce n'est pas la première fois que je te fais part d'un sentiment comme celui-là et c'est très certainement personnel, ça se trouve il n'y a que moi qui ait cette impression !!
Merci Keanu pour tes impressions générales qui toujours m'aident à m'améliorer. Tu allies toujours compliments motivants et commentaires constructifs dans une très juste proportion :coeur:

@Marcel Dorcel

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Bien entendu, il y a ici et là quelques imperfections mais je ne m'y attarderai pas, attendu que jamais ma lecture ne s'est trouvée pour ainsi dire ralentie ou dispersée.
Chouette  :)

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Je me suis laissé porter du début jusqu'à la fin par une sorte de nonchalance douce. Il y a une réelle densité d'écriture. Oui, douceur, bienveillance, nonchalance. Il n'y a rien de forcé, tout semble simple et pourtant, les émotions sont bien présentes ( tu les laisses beaucoup te guider, et j'aime ça ! ).
Tu as une réelle capacité d'intuition, d'observation fine des êtres.
:-[ :coeur:

Merci à toi pour ce commentaire sincère qui me touche beaucoup!!!
« Modifié: 25 Mai 2019 à 12:17:48 par derrierelemiroir »
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  Nicolas Bouvier

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Re : Au-delà des Alpes
« Réponse #4 le: 13 Juin 2019 à 21:44:13 »
Comme promis.

Sur la forme, pas grand-chose à dire. j'ai globalement été happé, trouvé ça bien écrit. Quelques passages un peu plus faibles, trop explicatifs, moins dans le ressenti ou moins dans le "tu nous le fais ressentir". Celui-ci par exemple :

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tu as retrouvé toutes ces émotions que tu n’as jamais su expliquer à tes amies, quand tu rentrais de tes vacances au sud de l’Italie. Tu leurs parlais de garçons, de falò sur la plage, de décisions prises comme on zappe à la télé, de rires et de pleurs et cette présence mordante de la mer. Elles t’écoutaient et elles n’entendaient que ça, les garçons, les falò, les décisions absurdes et les crises ridicules. Tu ne pouvais leur faire comprendre le reste. Cette impression que chaque rencontre était décisive, mais qu'en même temps,

(ce qui suit, j'aime beaucoup par contre)

Sur le fond, j'ai plus de mal à apprécier parce que, bah, c'est autobiographique, ça se sent/se voit tout de suite et que du coup, ça va pas très loin. Y a pas d'histoire et y a pas de fin.

Mais ça reste une tranche de vie agréable à lire.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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Re : Au-delà des Alpes
« Réponse #5 le: 14 Juin 2019 à 17:32:25 »
Salut Loïc!

Merciiiii!

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Sur la forme, pas grand-chose à dire. j'ai globalement été happé, trouvé ça bien écrit.
super! C'est ce qui m'inquiétais le plus. Par contre le passage que tu as moins aimé, je l'aime bien  :-\

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Sur le fond, j'ai plus de mal à apprécier parce que, bah, c'est autobiographique, ça se sent/se voit tout de suite et que du coup, ça va pas très loin. Y a pas d'histoire et y a pas de fin.

Mais ça reste une tranche de vie agréable à lire.
Oui ça je peux très très bien comprendre, c'était plus un exercice d'écriture (je sais j'aurais aussi dû le préciser  >< ><) et je comprends que les petits bouts de vie autobiographique, surtout celui-ci où il ne se passe pas grand chose, ne soit pas du goût de tout le monde  :D

Merci beaucoup pour ton passage  :coeur:
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  Nicolas Bouvier

 


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