Salut,
Je rejoins les commentaires riches et pertinents de mes camarades.
Je suis d'accord avec l'idée qu'il est scabreux de décrire l'amour en général.
La plupart du temps, les poètes décrivent un amour particulier qui, dans l'universalité de sa description, atteint valeur de généralité. Le chemin inverse te conduit, comme il a été souligné à une atmosphère "analytique" un peu désincarnée.
C'est un choix possible, mais l'effet produit renvoie presque à une autopsie de l'amour, ce qui tend à le tuer.
Par ailleurs, suivant ce chemin, je crois qu'il faut une cohérence absolue dans le filage de la métaphore.
Mais les hommes brulent plus de choses pour l’amour lui même
Que pour les cendres qu’il laisse une fois consumé
Alors que ces cendres là
Peuvent être magnifiques
Alors que de ces cendres là peut
jaillir une nouvelle flamme
Si l’on sait s’en servir convenablement
Et si l’on est assez fort pour
Y survivre
Car la cendre produit les plus beau terreaux de cette terre
Desquels naissent
Les plus belles fleurs
- 1er, 2e vers, tu sembles ici introduire une distinction entre l'amour et la cendre qui produit comme un hiatus, car tu as passé tout le début du poème à en montrer l'identité stricte, renforçant à chaque début de strophe cette idée que l'amour EST cendre.
- la répétition "alors que de ces cendre là/peut jaillir une nouvelle flamme" me fait également sortir du poème. Je pense que l'image manque de précision, la cendre réelle ne peut plus brûler, je préfère la description qui passe par l'image de la braise pas encore totalement éteinte:
"Quand la cendre paraît éteinte quelque fois elle couve et en cherchant tout au fond d'elle on peut trouver une petite braise et d'un souffle de vie rallumer le feu."
- "Si l’on sait s’en servir convenablement
Et si l’on est assez fort pour
Y survivre"
Pas convaincu par ce genre de digression qui fait interruption à l'image et alourdit ta trame.
- pourtant j'aime beaucoup l'idée centrale de cette strophe qui est que l'amour en temps que cendres d'une relation consumée, peut-être fécond comme la terre. On dirait que tu n'as pas osé choisir entre le feu et la terre, ce qui produit un effet contradictoire, pour moi, car je vois mal une fleur sortir du feu, à moins que le feu soit présenté comme une fleur.
- J'aurais arrêté la strophe à fleur, pour ne pas la couper.
Pareil, des caractère comme "structure complexe" ne vont pas pour moi à la cendre. On dirait parfois que prends les caractéristiques que tu connais à l'amour pour les attribuer à la cendre, alors que le sens de la métaphore doit être inverse. Cela provient surement de ce qui est dit précédemment, tu es dans la théorisation plus que dans l'induction.
En résumé, l'image de la cendre me parait aussi évocatrice que que convenue, et je trouve qu'elle est toujours intéressante, à moi elle est même familière, et malgré tout, tu réussis bien à l'exploiter (tâche, matière brûlée, vie/mort, goût, éternité.)
Cependant, ton texte mériterait pour moi de perdre en certaines redondances, idée formulées différemment plusieurs fois (il faut souvent choisir), et de gagner en cohérence et en concision, assumant son parti pris de décrire de manière total(itaire) l'amour, sans dériver sur "on" ou "les hommes".
Je pense que tu tiens là une belle potion dont il convient avec patience d'affiner le dosage, le filtrage voire la fermentation.