Nécessite d'être peaufiné encore je pense - à réfléchir Parfums capiteux
J’étouffe dans cet écrin
Dans cette haleine fétide
Les longues heures à arpenter des couloirs sans fin
Des attentes qui s’enchaînent sur d’autres lendemains
Des parfums qui m’entourent tels des chemins.
Chaque choix se dessine dans l’air
Une nuée dans l’espace
Ce Chanel qu’on suit à la trace,
Lorsque l’on pénètre dans un ascenseur
Capiteuse odeur
Qui étreint notre raison d’être
Qui étouffe nos coups d’éclat
Et qui respire l’hypocrisie
Dans cet artéfact olfactif.
Ce charme éphémère,
Que dégage certaines silhouettes
Aussi fugace qu’une eau de toilette
Ou une vulgaire industrie chimique ambulante.
Des cinq sens il n’en existe qu’un
Pour reconnaître le bon goût des uns,
Les bons choix de la vie.
Le fumet qui se dégage des cuisines
Émoustille mes narines
Pour faire retrousser le nez de certains
Qui ne jurent que par Guerlain.
Les âmes lasses qui se prélassent,
Aux doux relents d’une vie sereine,
Et traînent leur sabot aux marches de l’église.
La roue tourne parfois à sa guise.
Dans les rues et les impasses,
Où, parfois, j’égare ma carcasse,
Dégingandée, telle un mouchoir,
Pour se recroqueviller à nouveau dans la poche d’un jean,
Bien au chaud dans mes savates.
D’une chiquenaude l’on me renverse dans une flaque douteuse
Où la pluie a traîné
Sa mine défaite,
Et fait grincer les dents de Paris .
Chaque jour me frappe aussi fort qu’un coup,
À la porte du destin,
M’appeler au-devant de la scène,
Et jouer la comédie,
Celle que m’a donné ma mère à la naissance,
Ne pas ouvrir son cœur et réciter ton texte par cœur,
Hocher la tête lorsqu’il faut,
Et ne pas trop déborder sur les rôles principaux.
S’éclipser de sa propre vie,
Laisser les autres jouer notre rôle,
Et s’approprier l’ombre.
Redessiner le fond délaissé
Désigner dans la foule les têtes bien faites
Celles qu’on remplit avec les mots sans demander son reste.
Avortement d’idées.
Des heures à oublier, à me languir dans ce texte,
À scruter les lignes sans comprendre leur sens
Et refaire le scénario.
À fleur de peau.
Chanter les mots dans un cri étranglé,
Ôtés de ma bouche,
À la pince sans rire,
En moi, chaque mot résonne dans un puit sans fond,
Et tombe,
Tombe,
Dans un éternel sanglot.