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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Fête des Louves

Auteur Sujet: Fête des Louves  (Lu 1397 fois)

Hors ligne Ma2M

  • Plumelette
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Fête des Louves
« le: 30 Mai 2018 à 09:49:27 »
Une louve pour une vie. Apprendre de cette relation, ne pas en souffrir mais grandir.

La voila de retour. Un an a passé et elle réapparaît. Amenant avec elle son lot de publicités vous assurant toutes le meilleur cadeau, la meilleure attention pour votre chère Louve. Tout autour de vous, collègues et amis font entrer dans la conversation leur quête du cadeau idéal ou l’incontournable déjeuner de famille pour célébrer leur Louve, ou la louve de leurs enfants. Vous souriez, relancez la discussion mais en votre fort intérieur, la tension augmente. La sensation de vivre une réalité parallèle. Car pour vous, ce moment n’est pas un temps de réjouissance et de célébration autour d’une personne chérie. Vous auriez aimé que cela le soit mais ce bonheur, cette communion des cœurs n’est pas à votre portée. Comment se réjouir quand le lien est rompu, que l’amour qu'elle vous porte, que vous lui portez, n’a pas suffi à préserver le lien face à l’incompréhension et l’intolérance, face aux critiques et aux reproches. Pourtant vous l’aimez, pourtant elle vous aime. Vous n’en doutez pas.

Alors vous décidez que malgré les distances vous la célébrerez en son absence. Vous lui offrirez en votre cœur l’amour que vous auriez voulu lui témoigner en sa présence. Vous imaginerez que cet amour lui parvienne et atteigne son cœur, tempère les ressentiments et estompe les colères pour qu’un jour peut être vous puissiez sans souffrance ni aliénation être auprès d’elle tout à la fois vous-même et cet enfant, son enfant.

Mon coeur en mal d'amour maternel rumine sa peine,
Quand la femme accomplie se libère de ses chaînes,
Comme l'oiseau, son envol a entrepris mon âme délivrée,
Les entraves de ton amour conditionnel j'ai brisé,
Pourtant si un regard bienveillant tu voulais poser,
Sur celle qui née de toi, par la vie s'est transformée,
Alors crois bien que nos deux cœurs tu comblerais,
Et mon âme blessée par tant de souffrances inutiles tu guérirais.

Je me souviens... de son petit corps tout rose et soyeux contre ma poitrine, de ses deux billes brun charbonneux me regardant intensément, sa bouche tétant à mon sein avec lenteur et nonchalance. Ma main chatouillant négligemment son petit pied fripé pour l'empêcher de s'endormir là.
Ces moments d'abandon, de dépendance totale l'une à l'autre et d'intense félicité.
Passer de longues minutes à nous regarder dans un échange, ou plutôt une fusion. Elle était mienne et je lui appartenais. Ses douleurs me transperçaient, ses rires me secouaient. Je découvrais le monde par ses yeux. Rien de plus intense, rien de plus doux que cette sensation d'être celle qu'elle aime par dessus tout, de l'aimer par dessus tout. Sentiment jouissif d'exclusivité et d'absolu. Bonheur de veiller sur ce petit être si parfait et de partager son bonheur d'être au monde. Tristesse incommensurable les jours où elle est chagrine ou malade. Vide lorsqu'elle n'est pas auprès de moi.

Et puis elle grandit, chaque jour plus belle, intelligente, devenant un être à part... et à part. Joies de la voir se construire jour après jour,  année après année. Et sentiment de manque qui grandit en moi au fur et à mesure qu'elle devient, se détachant fil après fil de notre lien unique et viscéral.
Dure vérité qui se fait jour, pourtant connue au premier jour mais diluée dans l'intensité d'un inconditionnel sentiment d'amour. Bientôt, de la fusion il ne restera rien. Alors, un sentiment d'urgence m'envahit. Désir égoïste d'une mère aux aboies. Je sens bien que rien ne pourra la retenir. Le propre de l'enfant est de quitter père et mère pour être pleinement la personne qu'il aspire à devenir. Alors comment aimer justement sans attacher, comment être aimée, pour ce que je suis, mère et aussi femme, par cette personne qui est, qui fut, mon bébé ? Quand je la regarde aujourd'hui, je suis si fière et si étonnée de ce qu'elle est. Elle n'est plus mon tout petit. Elle est bien davantage, tellement plus que mon cœur déborde.

Je l'aime hier, aujourd'hui et toujours.
« Modifié: 30 Mai 2018 à 23:08:05 par Ma2M »

Hors ligne Une Minnie à New York

  • Tabellion
  • Messages: 21
  • Raconteuse d'histoires (drôles)
    • Une Minnie à New York - Blog de chroniques littéraires
Re : Fête des Louves
« Réponse #1 le: 30 Mai 2018 à 12:58:06 »
Hello ! Niveau synthaxe:

Tout autour de vous, collègues, amis font entrer dans la conversation
collègues ET amis plutôt

C'est la seule chose qui m'a dérangé, et encore ce n'est même pas vraiment une faute. Ouaaaaah, you are doué(e)  ::)

Sinon le thème du texte est beau, mais pourtant ça ne m'a pas vraiment touché. Déjà, j'ai eu du mal à comprendre qui parlait, car on découvre assez vite que c'est la mère mais le mot "louve" m'a déboussolé. Pour moi, une louve c'est plutôt une maman, du coup on croit fêter les mamans mais en fait on fête le lien avec les enfants... Bref, à éclaircir peut être  :D
Peut être faudrait-il plus de détails sur le pourquoi le lien a été rompu, qu'on se mette un peu plus à la place de cette femme ?
«On devrait toujours être légèrement improbable» Oscar Wilde

Hors ligne Olik

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Fête des Louves
« Réponse #2 le: 30 Mai 2018 à 13:23:08 »
Hello,

J'ai bien aimé :
Citer
Je me souviens... de son petit corps tout rose et soyeux contre ma poitrine, de ses deux billes brun charbonneux me regardant intensément, sa bouche tétant à mon sein avec lenteur et nonchalance. Ma main chatouillant négligemment son petit pied fripé pour l'empêcher de s'endormir là.
Ces moments d'abandon, de dépendance totale l'une à l'autre et d'intense félicité.
Passer de longues minutes à nous regarder dans un échange, ou plutôt une fusion. Elle était mienne et je lui appartenais. Ses douleurs me transperçaient, ses rires me secouaient.

Le reste est bien écrit, mais je n'ai pas d'éléments pour ressentir d'empathie.
D'où vient cette colère, que l'amour partagé ne sois pas assez fort pour amener à la parole, à mettre sur la table les rancunes et aller de l'avant ?
“Tout romancier, tout cinéaste, a au fond de lui un nombril du monde à exhiber.”
Michel Audiard.

“Un artiste, c’est quelqu’un qui se penche par la fenêtre là où on ne le ferait pas, qui doit nous montrer des choses qu’on n’ose pas aller regarder.”
Tania de Montaigne.

Hors ligne Ma2M

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : Re : Fête des Louves
« Réponse #3 le: 30 Mai 2018 à 22:56:54 »
Bonsoir Olik,

Hello,

J'ai bien aimé :
Citer
Je me souviens... de son petit corps tout rose et soyeux contre ma poitrine, de ses deux billes brun charbonneux me regardant intensément, sa bouche tétant à mon sein avec lenteur et nonchalance. Ma main chatouillant négligemment son petit pied fripé pour l'empêcher de s'endormir là.
Ces moments d'abandon, de dépendance totale l'une à l'autre et d'intense félicité.
Passer de longues minutes à nous regarder dans un échange, ou plutôt une fusion. Elle était mienne et je lui appartenais. Ses douleurs me transperçaient, ses rires me secouaient.

Merci !

Citer
Le reste est bien écrit, mais je n'ai pas d'éléments pour ressentir d'empathie.
D'où vient cette colère, que l'amour partagé ne sois pas assez fort pour amener à la parole, à mettre sur la table les rancunes et aller de l'avant ?

Mon texte n'avait pas pour but d'expliquer l'origine du conflit. Je comprends à ton commentaire qu'il manque certaines clefs pour comprendre les sentiments du narrateur.
La femme qui se raconte parle d'une mère avec qui elle a du couper les ponts pour se préserver, pour ne plus être seulement son enfant. La fete des meres est un moment douloureux car elle ne peut pas dire son amour. La distance est sa sauvegarde. (Je pense qu'un prochain texte sera dédié à la relation avec un parent manipulateur narcissique ce qui repondrait a ta question sur pourquoi la parole ne permet pas d'aller de l'avant mais ce n'était pas l'idée ici...)
Puis elle parle de sa propre relation avec sa fille. Et là, c'est elle qui doit apprendre la distance pour laisser sa fille grandir, devenir une femme accomplie.

Je vais réfléchir à ce qui pourrait rendre le texte plus autonome et permettre de mieux faire ressentir les sentiments qui tiraillent le personnage à la fois mère et fille.

Merci beaucoup.

Hors ligne Ma2M

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : Re : Fête des Louves
« Réponse #4 le: 30 Mai 2018 à 23:05:19 »
Hello ! Niveau synthaxe:

Tout autour de vous, collègues, amis font entrer dans la conversation
collègues ET amis plutôt

C'est la seule chose qui m'a dérangé, et encore ce n'est même pas vraiment une faute. Ouaaaaah, you are doué(e)  ::)

Sinon le thème du texte est beau, mais pourtant ça ne m'a pas vraiment touché. Déjà, j'ai eu du mal à comprendre qui parlait, car on découvre assez vite que c'est la mère mais le mot "louve" m'a déboussolé. Pour moi, une louve c'est plutôt une maman, du coup on croit fêter les mamans mais en fait on fête le lien avec les enfants... Bref, à éclaircir peut être  :D
Peut être faudrait-il plus de détails sur le pourquoi le lien a été rompu, qu'on se mette un peu plus à la place de cette femme ?

Bonsoir Minnie,

Merci beaucoup pour le compliment et le reste.  ;D
Ta remarque sur la syntaxe me va. Je modifie.

Pour les explications, je pense que ma réponse à Olik te donne plus de détails mais comme je l'écris, il y a certainement à retravailler ou compléter mon texte pour que le lecteur puisse pleinement ressentir les émotions de mon personnage.

Au plaisir de te lire.  :)

 


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