Bonjour,
Je sais que le sujet n'est pas tout jeune, et je m'excuse de ce presque "déterrage", mais ayant été invité par Vinz' à y jeter un œil, je me permets par la même occasion de parler de mon ressenti suite à la lecture (à savoir que j'ai lu les deux nouvelles qui se suivent dans l'ordre).
A l'origine, je ne suis pas un amateur de Fantasy ni de Fantastique (même Stephen King me laisse de marbre), mais ayant été très agréablement surpris par Les Errances, je me suis laissé tenter à lire ces nouvelles. Et bien que toi-même te définisse d'abord comme un auteur de Fantastique plus que de Fantasy, je dois dire que je suis plutôt resté sur ma faim.
Autant je m'immerge facilement dans les Errances, autant là, j'ai du mal à accrocher. Non pas que le récit soit inintéressant, mais je n'arrive pas à me mettre dans le bain.
Tout d'abord, la description des lieux ne me fait pas m'y sentir, que ce soit dans la demeure en Bretagne ou dans la maison de repos des Alpes. A mon goût, le décor et l'atmosphère des lieux ne sont pas assez plantés. Alors je sais que ce sont des nouvelles, mais cinq ou six lignes de plus ne seraient pas de trop. Par exemple, lorsque je lis un chapitre des Errances, je m'y vois (et pourtant ce n'est qu'un monde imaginaire), parce que le décor est bien présenté , mais ici ce n'est pas le cas.
Ensuite, j'ai relevé pas mal d'incohérences, voire d’anachronismes.
En effet, dans Fomoirés, j'ai relevé la description du "monstre" que les marins ont accrochés à leur bateau: 35 mètres plus les tentacules. Or, 35 mètres, c'est la longueur approximative d'un trois mats. Je n'arrive donc pas à penser qu'un capitaine de bateau de pêche, même extrêmement attiré par la science, prenne un tel risque. A côté de ça, tu parles de whysky servi dans une taverne bretonne. Je ne voudrais pas m'avancer, mais au XIXeme siècle, puisqu'à priori c'est à cette époque que se déroule le récit, ça me parait étrange.
Dans Le Guetteur, tu fais dire à ton personnage que les médicaments lui "dégomment l'esprit": je n'arrive pas à m'imaginer quelqu'un employant ce vocabulaire à cette époque. D'autre part, même s'il écrit en cachette, il est tout de même dans un asile. Et je n'arrive pas à croire non plus qu'il ait si facilement accès à du papier, un crayon ou de l'encre et une plume. Enfin, toujours dans le même asile, je ne crois pas qu'à cette époque il y ait eu des "surveillants". Je pense que le terme "infirmier" serait plus approprié.
Après, il est certain que pour situer un récit au cours d'un siècle que l'on n'a pas vécu, ce n'est pas évident, car cela suppose un gros travail de recherche. C'est pourquoi je me demande si ce ne serait pas une bonne idée de transposer tout simplement l'histoire au XXeme siècle. Qu'en penses-tu ?