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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie

Auteur Sujet: Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie  (Lu 1688 fois)

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Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« le: 18 Août 2017 à 21:33:27 »
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« Vous autres, observateurs, je vous ai beaucoup observés » 

Tel est ce que narre le mur de la maisonnette en bord de route. C’est un petit village, si petit que les habitants n’ont pas de nom. Cette absence de dénomination les incommode ; comment appeler la gazette locale, la salle des fêtes ? Ils ne veulent pas mettre n’importe quoi, alors ils remplacent les noms de lieux par des blancs. Un journal Sans-titre lu par les habitants Sans-titres dans des lieux Sans-titres. N’importe que cette inscription mystérieuse peinte entre ciel et terre, sur la façade d’une maisonnette, à la gouache bon marché. Mais point de Sans-titre à cette heure matinale, sous laquelle l’asphalte mouillé d’une pluie de nuit reluit encore. Pas d’âme pour regarder à la ronde, pas plus que de fantôme de grand-pères sur le qui-vive. L’inscription, engoncée à même un mur sans fenêtres, ne trouve d’écho dans l’esprit de personne. Pourtant la peinture orange et bleue, qui jure avec ce décor que la grisaille a délavé, a de quoi attirer le regard. Mais non. Même Anna-Claude, qui habite un peu vers le-dessus de la rue déserte, ne s’est pas rendue à l’église ce matin, de sorte qu’elle n’a pas vu la phrase émergeant de nulle part.

Il n'y a personne, si ce n’est un quelque chose recroquevillé sur la grille d’une bouche d’égout, à un mètre ou deux de le façade de la maisonnette. Malgré la faim qui lui ronge les entrailles, il se questionne. Est-il un quelqu’un ou un quelque chose ? Il peut lire, pourtant. Il se demande qui est cette personne qui parle en « je », qui sont ces observateurs. D’ailleurs il se croit observé alors qu’il est en train de lire, maintenant. Un dragounet. Il se pense dragounet parce que, contrairement à ses ancêtres mythologiques, il ne dépasse pas un poney au garrot. De même qu’on rajoute un « -ette » pour parler d’une petite maison, il s’est dit que dragounet correspondait bien à son statut de petit animal. Et ça le rassure dans son for intérieur de s’être trouvé une sorte de nom. Ca le rapproche de la maisonnette, avec son inscription mystérieuse — mais ne lui enlève pas la faim. Il traverse la route — ses griffes trop aiguisées raclent l’asphalte — et s’adosse contre la bicoque. Son corps osseux crisse sur ce ramassis de maison. Il n’est pas grand chose, tout juste un rien.

***

Les moyen-termes sont faits pour se rencontrer. Les termes qui se baladent entre les toits à pignons qui pointent vers le ciel et les innombrables organismes qui meurent sous chaque pas. Anna-Claude en a bien conscience. Alors, quand elle va acheter ses légumes sur le stand que la ferme des Trois Pommiers dresse devant le parvis de l’église, elle croise un dragounet sur son chemin. Eux deux lanternent en ce début de jeudi pluvieux. Le crachin s’infiltre jusque dans les plis des vêtements, s’insinue dans chaque non-dit, chaque pensée qui coince au fond de la gorge. La bouche pâteuse, Anna-Claude, en reluquant l’animal adossé, lance mollement : « Gamin, viens me filer un coup de main, j’arrive pas bien à marcher ».

Au tour du dragounet de reluquer cette silhouette incongrue. Trapue, appuyée sur sa canne, ses microscopiques enjambées secouent, de la racine jusqu’à la pointe, ses cheveux mal colorés et volatiles. Son paletot la calfeutre à peine de toute sorte d’arrière-souvenirs glanés ça et là sur les façades ou les béances d’endroits trop connus — ou disparus. Anna-Claude est née et mourra dans ce hameau. Mais elle ne l’avait jamais entrevu, lui, le dragounet. Pas plus que l’inscription qui le chapeaute et qu’elle vient de remarquer. Qui est le « je » de la phrase, et qui observe ? Son regard se promène à nouveau sur l’animal qui ne bouge pas d’un pouce. « Bon, tu attends quoi ? ». Il est tout miteux, avec son air de chaton abandonné. Mais elle a en mémoire les infinies après-midis passées à faucher les champs. Qu’importe le temps, il fallait sortir dehors pour s’occuper des bêtes. Quelle que soit la saison, traire les vaches à 4h. Cette autre bête, même mal fichue, est encore suffisamment accrochée à la vie pour l’aider à marcher. Les os de ses épaules pointent vers le ciel à chaque saccade de sa traversée de la route, vers Anna-Claude. La petite dame s’accroche à une épine dorsale de sa nuque anguleuse ; puis, elle et le dragounet clopin-clopinent jusqu’au parvis de l’église. Adossés l’un à l’autre comme deux vieilles bâtisses en déroute.

Les quelques fermiers des Trois Pommiers ne s’attendaient plus vraiment à recevoir des clients, aussi sont-ils quelque peu surpris de voir débouler pareille symbiose devant leur étal. Une mamie et un petit dragon. Sans oublier les conventions de circonstance, ils ont demandé à Anna-Claude ce qui lui ferait plaisir. Des petites grosses carottes tout juste tirées de terre, des tomates rouges et jaunes, un navet, des patates tordues. « D’accord, et pour le dragon, quelque chose ? ». La politesse s’adapte au client d’occurence. Anna-Claude jette un oeil vers son adjuvant. Le dragounet, peu assuré, renifle les cageots de légumes sous l’oeil curieux des fermiers. Son museau s’arrête devant une salade bien joufflue, Anna-Claude en sourit. Les vendeurs emballent le tout, accrochent le sac recyclable à l’oreille de l’animal parce que la dame n’a plus de bras libre, et ne pipent mot en les regardant remonter la route, cahin-caha.

***

La maison d'Anna-Claude est grande, mais seules la cuisine et la chambre sont chauffées. Autant de pièces qui aurait dû être pleine de vie, d’enfants venus passer l’été chez elle. Soit. Il y a une présence venue lui rendre visite un jeudi de crachin, ou plutôt une présence qu’elle a accueillie. D’abord, le dragounet gobe goulument les tomates cerises. « C’est bien ma veine, tient, un dragon végétarien ». Il est très gentil, docile, et même civilisé. Il lit et il pense. Ses pupilles filent de gauche à droite sur toute lettre à sa portée. Il parcourt et fait une razzia de ses titres de romans, des journaux hebdomadaires, des publicités en tous genres. Toutes les typographies démodées passent au crible de ses iris fendus. Anna-Claude a dit à son mari, qui hante encore les lieux d’après elle : « Regarde-le, comme il a bon appétit ! ». Il avale les petits pois tout ronds, mâchouille les biscottes et mordille à pâmoison les bettes les plus filandreuses.

Enroulé au pied de la table, elle essaie de le retaper comme elle peut. Ses ailes ont beau ne pas être bien grandes, il leur manque des écailles comme il manque des tuiles à un toit ancestral. Avec son allure d’écroulé sur lui-même, Anna-Claude ne peut s’empêcher de songer à cette bergerie qu’on a laissée à l’abandon. « Mais d’où sort-il, ce petiot ? ». La charpente de son dos se désarticule au fur et à mesure de sa progression en ce bas-monde, tout défenestré qu’il est. Il a trébuché sur quelque chose qui dépasse la conscience des deux compères. Mais c’est à une personne à qui la vieille dame s’adresse quand elle veut lui donner un prénom. Anna-Claude hume les volutes décaféinées qui s’élèvent et paressent depuis sa tasse ; et fume les odeurs de chicorées cramées à outrance. A côté du mug, elle n’a pas rangé le pot contenant sa vespérale drogue à l’état de solide. Songeant au dragounet, dont le regard s’occupe à déchiffrer une langue inconnue d’une publicité pour jouet, elle prononce un « Tu t’appelleras Ricoré ». Ricoré entend son prénom et le mémorise : un feu prend dans son ventre de bien-nourri. Une Sans-titre l’a nommé, lui le dragounet sorti de nulle part. Puis, elle joint le geste à la parole et achève de le rassurer en lui tricotant des écailles. De la même taille que les trous qui parsèment ses ailes, les écailles tricotées le réchauffent quand il les replie sur lui. Le respect qu’ Anna-Claude lui témoigne lui fait autant, sinon plus d’effets. Peu à peu, il se sent chez lui.

***

Ils s’appellent Anna-Claude, Norbert et tante Chiche. La dernière part bientôt en maison de retraite. Ils se remémorent les chemins qui paressent devant la devanture de leur maison, observent sans relâche tout ce qu’il se passe. Un fauteuil posé devant la porte, un intérêt lancé par la fenêtre de la cuisine. Une a dit, une fois, que le ciel n’était jamais le même, et qu’il n’y avait donc pas de raison de s’en lasser. Ils ne sont pas tant des comères de pacotille que des ombres errantes sous les habitacles ; Ricoré aussi les a vu passer. Les Sans-titres, un petit monde qui se reluque en permanence. Les rendez-vous à l’église, devant l’étal de la ferme des Trois Pommiers, ou encore chez la voisine qui fait son propre pain au moulin. Ricoré, qui a émergé d’on ne sait où, transbahutait de potager en potager en se goinfrant de ce qui passait à sa portée. Anna-Claude ne sait pas que c’est lui qui lui chapardait de la rhubarbe jusqu’il y a peu. Ca ne fait rien. Il va de mieux en mieux, ne chaparde et n’erre plus. Comme il n’y a que la chambre et la cuisine qui sont chauffées, ils galopent d’une pièce à l’autre par le couloir où le chauffage ne marche pas. La nuit, Ricoré pose sa tête dans le bas du lit et dort paisiblement. Il sert d’appui à la vieille dame pour se lever, et elle lui donne pour récompense, de temps à autre, une tomate cerise. Et même, il fourrage dans les tiroirs pour chercher ce dont elle a besoin. A force d’observations de ses us et habitudes, il finit par la connaitre. Il l’aide à marcher, veille à ne lui causer aucun désagrément, louvoie avec la grâce d’un chat entre les meubles afin de pas encombrer le passage. Délicatement. Drôle de symbiose qui finira bien.

Et même plus : Ricoré ne crache pas du feu, contrairement à la coutume draconique qui le précède. Plus il se rempaille et se remplume, plus une étrange capacité fait surface : il dégobille des vermicelles multicolores. Elles ont le goût des chiques très sucrées que les mômes s’arrachent dans les supermarchés. Acides et d’une couleur fluorescente, elles emplissent la gueule de Ricoré qui n’a plus d’autres choix que de les laisser s’écouler. Elles filent entre sa mâchoire fermée pour rejoindre le sol, et Anna-Claude n’a plus qu’à passer la balayette pour les ramasser. Comme il n’aime pas la voir se baisser inutilement, Ricoré épanche cette curieuse avalanche sucrée sur le compost. On peut le suivre à la trace ; ce que fait Norbert, le voisin, qui aime le suivre partout où il va grâce à ce camaïeu émietté. Le dragounet lui rend bien en l’observant le soir, par la fenêtre. Il savoure, à la manière d’une sucrerie longtemps attendue, les gestes quotidiens du vieil homme, quand il cuisine ou accueille ses petits-enfants. Il observe, en se demandant ce qui le distingue de lui.

***

Un soir que la pluie transforme le village en un véritable microcosme sous dôme détrempé, Ricoré, hagard, se cogne aux choses sans savoir où il va. Ses entrailles en carton humide lui donnent l’impression d’être une boite vide, sa physionomie n’abrite que des granulés. Ricoré se plie en tous sens quand il marche, ses membres se plissent, comme s’il n’était qu’un dragon-accordéon fantaisiste qui ne sied qu’au décorum champêtre des Sans-titres. Voire un origami mi-clos. Pourtant il déborde, la boite est trop pleine ce soir-là : des vermicelles oranges, jaunes,… tombent une à une sur le sol, égrenant des points de suspension colorés sur le bord de la route. Comment est-il arrivé dans cet endroit, ce sous-pluie ? Sans s’en rendre compte, il repasse devant l’inscription inclue dans la maisonnette : « Vous autres, observateurs, je vous ai beaucoup observés ». Les observateurs demeurent les personnes âgées qui scrutent l’horizon de la table comme celui du paysage. Ricoré hoquette quelques granulés en comprenant qu’il est la première personne du singulier. L’inscription sort de nulle-part, tout comme lieu : mots et dragon ont émergé parmi les Sans-titres. Pensif, mâchonnant quelques vermicelles qui perlent dans sa gueule, Ricoré se dit que c’est sans doute lui, qui a peint la phrase le jour où il est arrivé. Il peut lire mais pas parler. Alors écrire ? « Je vais les nommer, moi aussi ! », s’exclame-t-il. Norbert suit Ricoré quand il pique un sprint, mi-sautillant mi-voletant — ses facultés lui reviennent peu à peu — vers le Petit Magasin, la seule supérette à la ronde. Il chaparde un pinceau et de la gouache bleue électrique, pour une typographie vibrante sur le morne paysage. Il insère maladroitement dans l’inscription murale : « Vous autres, les Bonbons, je vous ai beaucoup observés ». Ricoré est un je et les Sans-titres sont maintenant des Bonbons. Ainsi, le dragon pensif se dote d’un pouvoir de remerciement infaillible, celui de nommer les gens.

Les lendemains chantent ;
Anna-Claude, Norbert et les autres
lisent leur nouvelle appellation
et l’adoptent aussitôt ;
ainsi se nomme la gazette des Bonbons

Quant à Ricoré, il vole des jours pantouflards
auprès de sa docte grand-mère
qui lui apprend, par la suite
tous les menus savoirs humains
« Modifié: 19 Août 2017 à 21:45:18 par Miromensil »

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Re : Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« Réponse #1 le: 19 Août 2017 à 00:03:46 »
Un texte de Miro ! :aah:

Citer
C’est un petit village, si petit que les habitants n’ont pas de nom.
J'aime ! :)

Citer
Cette absence de nomination les incommode
de dénomination (sinon c'est pas le même sens ! :D )
Citer
Il n’importe que cette inscription mystérieuse peinte entre ciel et terre, sur la façade d’une maisonnette, à la gouache bon marché.
J'ai pas très bien compris la structure avec le il n'importe (et c'est quoi cette inscription ?)

Citer
à cette heure matinale, sous laquelle l’asphalte mouillé d’une pluie de nuit reluit encore.
Joli :)

Citer
ne trouve d’écho dans l’esprit de quiconque.
Personne plutôt que quiconque, non ? (je dis ça au feeling, mais quiconque ne me semble pas aller, dans ce cadre)

Citer
Personne, si ce n’est un quelque chose recroquevillé sur la grille d’une bouche d’égout, à un mètre ou deux de le façade de la maisonnette.
Il manque un verbe à ta principale

Citer
Malgré la faim qui lui ronge les entrailles, il se questionne. Est-il un quelqu’un ou un quelque chose ?
J'aime !


Citer
Un dragounet. Il se pense dragounet parce que, contrairement à ses ancêtres mythologiques, il ne dépasse pas un poney au garrot.
:D

Citer
De même qu’on rajoute un « -tte » pour parler d’une petite maison
c'est tout subjectif mais j'aurais dit qu'on ajoute un " -ette" (ne serai-ce que parce que c'est davantage prononçable :D )

Citer
Et ça le rassure dans son fort intérieur
for

Citer
Son corps osseux crisse sur ce ramassis de maison.
J'aime l'allitération :) (par contre c'est maisons, non ?)

Citer
ses cheveux mal colorés et volubiles.
à moins que les cheveux ne parlent, je pense que "volubiles" n'est pas l'adjectif que tu cherchais

Citer
sur les façades ou les béances d’endroits trop connus — ou disparus.
je comprends pas béances dans ce cadre

Citer
Mais elle ne l’avais jamais entrevu
avait

Citer
Cet autre bête,
cette

Citer
puis, elle et le dragounet clopin-clopine jusqu’au parvis de l’église.
Je connais pas le verbe clopin-clopiner mais il doit être au pluriel :mrgreen:

Citer
devant leur étale.
étal

Citer
« D’accord, et pour le dragon, quelque chose ? ».
:D

Citer
les cagots de légumes sous l’oeil curieux des fermiers.
cageots ?

Citer
une salade bien joufflue
j'aime

Citer
La maison de Anna-Claude est grande
d'Anna

Citer
d’enfants venus passés l’été chez elle. Soit.
passer

Citer
Il y a une présence venue lui rendre visite un jeudi de crachin
Je trouve pas la formulation très claire/élégante

Citer
Ses pupilles filent de gauche à droite sur toutes lettres à sa portée.
toute lettre (ou toutes les lettres, au choix)

Citer
Enroulé au pied de la table, elle essaie de le retaper comme elle peut.
Je sais plus comment s'appelle la règle, mais dans une structure comme ça, la partie avant la virgule s'applique au sujet de la principale ; or c'est le dragon qui est enroulé, pas Anna-Claude, du coup la phrase est bancale

Citer
La charpente de son dos se désarticule au fur et à mesure de sa progression en ce bas-monde, tout défenestré qu’il est.
Je comprends pas bien ce que veut dire la phrase, et je trouve pas que défenestré convienne, même métaphoriquement

Citer
Mais c’est à quelqu’un auquel la vieille dame s’adresse
Pas très joli

Citer
De la même taille que les trous qui parsèment ses ailes, les écailles tricotées le réchauffent quand il les replie sur lui.
Moooh, c'est chou (ça m'a rappelé Crocmou)

Citer
un intérêt lancé par la fenêtre de la cuisine
J'ai pas compris (mais c'est peut-être une expression belge ?)

Citer
Ricoré aussi les a vu passées.
passer

Citer
devant l’étale de la ferme des Trois Pommiers
étal

Citer
veille à ne lui causer aucun agrément,
désagrément (sinon c'est pas sympa de sa part :D )

Citer
Les observateurs demeurent les personnes âgées
Formulation pas très élégante

Citer
Je vais les nommer moi aussi !
"Je vais les nommer, moi aussi !" (pour la même raison que c'est On mange, les enfants, et pas On mange les enfants :P )



C'est mâââgnon ^^ J'ai bien aimé cette lecture, et il y a des formulations mimis tout du long.
J'ai un souci de visualisation au niveau de l'inscription, ceci dit : je n'arrive pas du tout à comprendre où elle est écrite (ça vaudrait bien une phrase de description).
Je trouve ceci dit la fin en demi-teinte. L'idée est mignonne, mais elle ne "résout" rien : qu'est-ce que ça change, que les Sans-titres aient un nom ? Du coup l'effet "chute" ne fonctionne pas à 100%, ça ne "boucle" pas le texte parce que ça ne résout pas vraiment un de ses enjeux. Peut-être qu'il faudrait donner plus d'importance au fait qu'ils n'aient pas de nom, pour que le geste du dragounet à la fin ait davantage de sens ?

Merci pour cette lecture ! :mafio:


Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Miromensil

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Re : Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« Réponse #2 le: 19 Août 2017 à 12:42:52 »
Un commentaire de Mil !  :coeur:

Citer
J'ai pas très bien compris la structure avec le il n'importe (et c'est quoi cette inscription ?)
Le fait que quelque chose importe… J’ai enlevé le « il » en attendant de trouver mieux
(et je suis en train de me demander si ce n'est pas le mot "inscription" qui ne convient pas)

Citer
Personne plutôt que quiconque, non ? (je dis ça au feeling, mais quiconque ne me semble pas aller, dans ce cadre)
Ouip, tu as raison je pense. J'ai changé

Citer
Il manque un verbe à ta principale
J’ai mis « il n’y a »

Citer
c'est tout subjectif mais j'aurais dit qu'on ajoute un " -ette" (ne serai-ce que parce que c'est davantage prononçable  )
D’ac aussi !

Citer
for
Et je le sais, pourtant x)

Citer
à moins que les cheveux ne parlent, je pense que "volubiles" n'est pas l'adjectif que tu cherchais
Et là, mesdames et messieurs, je découvre que volubile n’a pas le sens que je croyais qu’il avait oO Attends… volatiles !

Citer
je comprends pas béances dans ce cadre
Le fait que des maisons ont disparu ? Je note que c'est maladroit

Citer
Je sais plus comment s'appelle la règle, mais dans une structure comme ça, la partie avant la virgule s'applique au sujet de la principale ; or c'est le dragon qui est enroulé, pas Anna-Claude, du coup la phrase est bancale
Ah oui, je vois ce que tu veux dire… les deux verbes ont des sujets différents, et le premier n’est nommé que dans la seconde partie de la phrase. Ou en tout cas, le premier verbe ne peut pas se rattacher au sujet de la 2e phrase, or c'est ce qu'on attend. Je vais voir ce que je peux faire

Citer
Je comprends pas bien ce que veut dire la phrase, et je trouve pas que défenestré convienne, même métaphoriquement
En fait ça évoque la possible arrivée du dragon dans notre monde, mais je n’ai pas insisté plus, alors c’est incongru… je vais approfondir cette partie.

Citer
Pas très joli
Oui, en effet >< J’ai mis « à une personne » en attendant mieux.. « Mais c’est à une personne à qui la vieille dame s’adresse quand elle veut lui donner un prénom » -> arf, c’est pas encore tout à fait ça

Citer
J'ai pas compris (mais c'est peut-être une expression belge ?)
Ah non.. Je vais changer ça

Citer
Formulation pas très élégante
Euh oui, aussi.. J’ai mis en rouge dans mon doc pour la modifier

Citer
"Je vais les nommer, moi aussi !" (pour la même raison que c'est On mange, les enfants, et pas On mange les enfants  )
:D Ce serait drôle, n’empêche, qu’il les appelle Moi Aussi (virgule ajoutée o/)

Pour le reste de l’ortho, j’ai modifié (rololo, ce qu’il reste quand même, ça m’étonne toujours). Pour les phrases bancales, j’en ai déjà changées certaines, d’autres nécessiteront plus ample réflexion.

Citer
J'ai un souci de visualisation au niveau de l'inscription, ceci dit : je n'arrive pas du tout à comprendre où elle est écrite (ça vaudrait bien une phrase de description).
Mmmh zut : c’est juste une phrase peinte sur le mur en pierres d’une petite maison. Je vais voir ça

Citer
Je trouve ceci dit la fin en demi-teinte. L'idée est mignonne, mais elle ne "résout" rien : qu'est-ce que ça change, que les Sans-titres aient un nom ? Du coup l'effet "chute" ne fonctionne pas à 100%, ça ne "boucle" pas le texte parce que ça ne résout pas vraiment un de ses enjeux. Peut-être qu'il faudrait donner plus d'importance au fait qu'ils n'aient pas de nom, pour que le geste du dragounet à la fin ait davantage de sens ?
Ah oui, je vois… Pour le dragon, c’est important de recevoir un nom parce qu’à la fin, ça le convainc qu’il n’est pas juste un petit « quelque chose ». Pour les habitants, à part qu’ils ne savent pas comment s’appeler entre eux, l’enjeu est moindre (et ils ont le « Sans-titre » faute de mieux). Oooh je viens d’avoir une idée : peut-être que sans aucun nom sous lequel se regrouper, les habitants du village ne sont pas soudés du tout et sont un peu chacun chez eux, isolés, éparpillés et sans lien. Tandis que s’ils ont le nom d’une gazette, d’une salle des fêtes, d’un lieu etc, ça leur permettrait de se rassembler et de trouver un point commun/une appartenance entre eux, sous laquelle chacun s’identifie. Je crois que je vais faire comme ça ^^

Merci beaucoup pour ton commentaire très pertinent !

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Re : Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« Réponse #3 le: 30 Août 2017 à 19:14:42 »
Coucou !
Un peu en retard, je reviens répondre ^^

Citer
Pour le dragon, c’est important de recevoir un nom parce qu’à la fin, ça le convainc qu’il n’est pas juste un petit « quelque chose ». Pour les habitants, à part qu’ils ne savent pas comment s’appeler entre eux, l’enjeu est moindre (et ils ont le « Sans-titre » faute de mieux). Oooh je viens d’avoir une idée : peut-être que sans aucun nom sous lequel se regrouper, les habitants du village ne sont pas soudés du tout et sont un peu chacun chez eux, isolés, éparpillés et sans lien. Tandis que s’ils ont le nom d’une gazette, d’une salle des fêtes, d’un lieu etc, ça leur permettrait de se rassembler et de trouver un point commun/une appartenance entre eux, sous laquelle chacun s’identifie. Je crois que je vais faire comme ça ^^
Ah oui, ça pourrait être une chouette façon de donner plus d'intensité à la fin, ça !

À bientôt pour la V2, du coup ! ^^
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« Réponse #4 le: 30 Août 2017 à 21:47:16 »
Salut Miro' !

Le fameux dossier "textes qui cassent pas trois pattes à un canard". Genre Miromensil elle fait des textes qui cassent pas trois pattes à un canard  :huhu:

Sans oublier les conventions de circonstance, ils ont demandé à Anna-Claude ce qui lui ferait plaisir.
Pourquoi utiliser le passé composé ?

Le dragounet, peu assuré, renifle les cageots de légumes sous l’oeil curieux des fermiers.
Pourquoi sont-ils curieux ? Ils ne le semblaient pas auparavant.

Toutes les typographies démodées passent au crible de ses iris fendus. Anna-Claude a dit à son mari, qui hante encore les lieux d’après elle
Pareil, pourquoi le passé composé ?

il leur manque des écailles comme il manque des tuiles à un toit ancestral
La comparaison ne me semble pas des plus utiles, elle alourdit plus qu'autre chose.

Avec son allure d’écroulé sur lui-même
Je suis pas fan, dans ce que tu fais d'habitude, "écroulé sur lui-même" ça me semble coller, mais bizarrement, pas là.

. A côté du mug, elle n’a pas rangé le pot contenant sa vespérale drogue à l’état de solide
Alors la périphrase me semble un peu capillotractée. Je me suis demandé un moment si tu parlais de sucre.

Elles filent entre sa mâchoire fermée pour rejoindre le sol,
Ses mâchoires ? (je suis pas sûr)

L’inscription sort de nulle-part, tout comme lieu
tout comme lui ?

Bon, c'est très bien écrit, vraiment le choix des mots et des expressions est admirable, j'adore. Mais au niveau de la narration, j'adhère moins. Tout va trop vite et s'enchaîne un peu sans lien : les personnages de Norbert et de tante Chiche sont balancés sans préambule alors qu'on suivait le dragounet et Anna-Claude, le "jeu" de Ricoré avec Norbert reste un peu trop évasif, les vermicelles pareil, et le mal du dragon aussi sort un peu comme ça, sans prévenir alors que le texte était assez paisible jusque-là. Il y a vraiment de chouettes idées pourtant, les Sans-Titre, le coup des Bonbons, la relation entre Ricoré et Anna-Claude, simple et naïve, etc. Le tout avec des images bien à toi comme les vermicelles et les Bonbons. Mais ça aurait pu mieux passer, ça mérite un peu plus de travail à mon avis.
Mais je suis pas d'accord avec Mil', pour moi donner un nom aux Sans-Titre marche bien comme fin ^^

Tcho, merci pour cette lecture !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Ari

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Re : Dragounet échaudé ne craint pas ma mamie
« Réponse #5 le: 01 Février 2018 à 22:48:08 »
Coucou

Citer
Autant de pièces qui aurait dû être pleine de vie,
auraient dû, pleines de vie, non ?

Citer
Toutes les typographies démodées passent au crible de ses iris fendus.
J'aime bien cette formule (il y en a pas mal que j'ai appréciées mais celle-ci j'avais envie de la relever).

Citer
Anna-Claude a dit à son mari, qui hante encore les lieux d’après elle :
Le passé composé me surprend, on n'était pas au présent ?

Citer
Il avale les petits pois tout ronds,
tout rond (il me semble que ça va avec le verbe, c'est l'expression "avaler tout rond", et non un qualificatif des petits pois ?)

Citer
Mais c’est à une personne à qui la vieille dame s’adresse quand elle veut lui donner un prénom.
Je n'ai pas compris cette phrase. ??

Citer
L’inscription sort de nulle-part, tout comme lieu : mots et dragon ont émergé parmi les Sans-titres.
Est-ce que ce n'est pas plutôt : "tout comme lui" ?

J'ai adoré ton histoire. Pleine de tendresse et d'une atmosphère toute particulière, bien à elle. On s'attache aux personnages, on visualise le décor, et le récit est bien mené. Merci beaucoup pour ce texte.
~ Ari ~

 


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