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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Sombre Peste

Auteur Sujet: Sombre Peste  (Lu 1344 fois)

Hors ligne BlackSpoon

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Sombre Peste
« le: 24 Septembre 2018 à 10:14:46 »
Bonjour,
Je vous soumet une petit texte dont vous reconnaîtrez rapidement la filiation. Il s'agit d'une commande qu'il me faut encore retravailler. Les remarques constructives sont donc les bienvenues. Bonne lecture.

      Je ne parviens toujours pas à comprendre ce qui peut bien se passer à Arkham. Certes, la ville a toujours été la proie à d'innombrable récits folkloriques et de rumeurs angoissantes, mais rien n'aurait pu présager la catastrophe qui s'abat sur elle depuis hier. A dire vrai, maintenant que j'y pense, plusieurs évènements étranges auraient du nous alerter, mais seul un fou, un dément ou un être versé aux sombres arts auraient pu recouper ces éléments pour aboutir à cette funeste logique. A moins qu'il n'en soit l'instigateur.
​Arkham est une bourgade atypique et, bien qu'elle soit de taille conséquente, elle vit recluse sur elle-même, tous les habitants se connaissent au moins de vue. Or, voilà une semaine que ses rues sont hantées par des individus étrangers à la région. Lorsque je dit « hantées », je choisit soigneusement mes mots. Aux Témoignages que j'ai recueillis, pas un ne s'est rendu aux magasins ni au restaurant de Velma. Ils semblent attendre quelque chose. Veuillez excuser ces supputations, mais ils ne semblent vivre que pour quelque chose d'imminent.
​Plus étrange encore, il y a trois jours nous reçûmes un télégramme d'Innsmouth nous demandant de porter assistance à un navire polaire baptisé Impérial. Celui-ci avait mit en panne au large d'Arkham.
Un remorqueur du nom de Hope partit et revint peu après sans difficulté apparente. Ils firent mouillage aux quais d'Arkham sous le regard d'un petit nombre de badauds. Après les manœuvres d'amarrage coutumières, l'équipage du Hope sortit alors que son capitaine descendait, lui de la passerelle de l'A.S.S Impérial.
L'équipage nous apprit par la suite que le bateau leur avait semblait vide d'occupants et ils avouèrent qu'il eurent un mal fou à le remorquer. La faute incombe, semble-t-il, au sentiment de malaise mêlé de vertige que l'équipage ressentit lorsqu'ils montèrent à bord. Et, malgré les menaces, provocations et récompenses que le capitaine promis à ses hommes, composés essentiellement de petits gens simples et de métis, aucun ne voulut remonter à bord pour tenir la barre au retour. Tant et si bien que ce fut le capitaine qui s'y attela, laissant sa raison de côté pour honorer son devoir. Dieu ait son âme, il ne souffre plus à présent.
Avant de prévenir le bureau fédéral, le maire décida de faire inspecter le navire abandonnée par le shérif et son adjoint. Je fus autoriser à les rejoindre afin de pouvoir en écrire un article. Nombreux sont ceux qui sont persuadés que si le maire avait suivit les procédures, toute cette ignominie ne serait arrivée. Et nous vivrions, maintenant dans l'ignorance de cette horreur tapie dans les sombres recoins, cachée derrière les planches goudronnées de l'A.S.S Impérial.
Je pense, quant à moi, et ce en tout état de cause, que les enjeux sont si profonds que l'horreur aurait finit par s'instiller dans nos corps et nos âmes. Et ce quoique l'on aurait pu faire ou entreprendre.
 
​L'inspection du navire fut, là aussi, prétexte à l'attroupement. Le bateau sans équipage était, à Akham, au cœur de toutes les conversations. Les jeunes en discutaient ouvertement, parlant de bateau hanté ou d'équipage massacré par des pirates. Mais lorsque j'interrogeais les clients des tripots des quais, pour la plupart des marins de sang-mêlé et des figures locales, mémoires du folklore de la région, je n'obtenais que des grognements ou des regards fuyants. Au mieux, on me conseillait de ne pas tenter d'en savoir plus et de rester éloigné de ce navire sans plus d'explications.
Faisant fi de ces conseils, je me joignit donc aux deux hommes de l'ordre et le lendemain en milieu de matinée, nous grimpâmes sur la passerelle de l'A.S.S Impérial alors que le clocher d'Arkham sonnait dix heures. La brume ne s'était pas encore dissipée et barrée la vue du large.
A peine avais-je posé le pied sur le pont que je sentit le malaise relaté par l'équipage du remorqueur. Et, bien qu'ils ne me l'aient jamais avoué, je devinais qu'il en était de même pour le shérif et son adjoint.
L'inspection du pont ne donna rien de probant. De toute manière, aucun d'entre nous n'étant versé dans l'art marine, nous n'aurions su déceler quelconque anomalies dans les cordages, nœuds ou disposition de voiles.
Nous surmontames notre appréhension et descendîmes jusqu'à l'entrepont, l'adjoint en tête. Que dire sinon que l'obscurité m'étouffait. Une noirceur palpable m'entourait comme si ce n'était qu'un voile de pétrole mou et fluide. Je fus le premier à allumer ma lampe torche. L'adjoint, un brun d'une trentaine d'années dont les joues creuses et l'air grave lui donnaient l'aspect, sous nos faisceaux lumineux, d'un mort, nous quitta pour descendre jusqu'à la cale alors que je suivais le shérif vers la proue du navire. Nous marchions à pas mesurés afin de ne pas trébucher tant nos lampes ne semblaient efficaces à faire reculer cette indicible obscurité. Tâtonnant, nous nous efforcions de scruter les moindres détails. Que cherchions nous en vérité ? Qu'allions nous débusquer dans cet antre emplie de mystères irrésolus ? Nous avancions l'un derrière l'autre, et tandis que je baladais mes yeux et ma lampe de droite à gauche pour trouver je ne sais quelle horreur, je ne pouvais m'empêcher de me retourner au plus vite vers mon guide. Je ne l'aurais lâché pour rien au monde. Soudain un cris retentit en dessous de nous. Je sus tout de suite qu'il s'agissait de l'adjoint. Le cris fut suivit d'un bruit de chute et d'un coup de feu immédiatement après. Sous la surprise, ou peut être la terreur, j'en lâchais ma lampe qui se brisa au sol. Ce qui se passa par la suite fut assez trouble. Trop rapide pour être appréhendé par autre chose que mon subconscient. Une cavalcade, la voix du shérif qui s'amenuisait. J'avais beau lui hurler de m'attendre, j'avais beau courir dans la direction de la voix, je ne parvint à la rejoindre et je restais là, seul dans le noir. La panique me prit tout de suite et je suffoquais d'angoisse. Je criais, pleurais mais rien ne me revenait. Au bout d'un moment, une légère phosphorescence se dégagea des parois du navire. Pas seulement des parois en fait, de tout mon environnement. Cette faible lumière me permit de me dirigeais vers ce que je croyais être le chemin emprunté peu de temps avant.  Hélas pour moi, je ne reconnu pas les couloirs traversés à l'aller et ce fut dans une autre partie du bateau que je parvins. Après maintes détours - trop pour être contenu dans un navire me semble-t-il -  je débouchais sur un long couloir que j'empruntais faute de mieux. Long de trois mètres, il finissait sur une porte close de bois ouvragé.  Je ne saurais dire à présent ce qui traversa mon esprit en cet instant. Peut être espérais-je trouver le ciel d'Arkham derrière cette porte. Ce ne fut, hélas, pas le cas. A peine entrouvrais-je la porte que me parvins une musique aux accents flutés. Une musique lancinante et ténue qui arborait les relents pourrissant d'une civilisation pré-historique, primitive. J'ouvris tout a fait la porte lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Je crus m'évanouir de frayeur et, plutôt que de me retourner pour affronter la chose qui s'en prenait à moi, ou alors fuir à toute jambe par la pièce, j'eus un réflexe si humain que je n'en éprouve aucune honte, bien que ce sentiment soit devenu maintenant aussi futile que la peur, la joie ou la colère. J'attendis patiemment que se termine mon existence mais cette fin ne vint pas. « Avez-vous vu qui s'était ? » Me dit une voix lugubre. L'adjoint m'avait rejoint. Il était seul. Devant ma passivité il réitéra sa question. «  Allons ? D'où vient ce sang ? » Il y avait effectivement une longue trainée de sang sur le plancher qui partait de la pièce ou en revenait. Nous fouillâmes la pièce de fond en comble. Il s'agissait probablement de la cabine du capitaine. Mais elle ne portait nulle trace ni de son propriétaire, ni du shérif. L'adjoint décida de suivre la trace de sang qui parcourait tout le couloir. Je ne m'étonnais plus de ne pas l'avoir vu à l'aller et je suivais docilement l'adjoint sans chercher à trouver quelconque indices. Tout ce que je voulais à présent, c'était sortir. L'homme me fit remarquer qu'il y avait des trous dans le plancher à intervalle régulier. Comme si quelqu'un y avait planter un pieux ou un couteau. A moins que ce ne soit quelque chose. Au fur et à mesure que nous avancions, nous parvint un bruit des plus saugrenus. Un crissement régulier qui se répandait jusqu'à nos oreilles. Nous descendîmes quelques marches et le bruit devint plus net. Rien n'aurait pu me préparer à ce spectacle alors, bien qu'à présent, je ne suis plus en mesure d'être surpris. Nous nous retrouvâmes dans ce qui semblait être un espace pour des marchandises. Les crissements étaient à présent ponctués par des halètements. Et nous avons vu. Oui, par saccade, une vive lumière s'échappait du fond de la pièce où s'amoncelait des barriques arrimées à la coque. L'adjoint du shérif braqua sa lampe sur la source pour mettre en lumière ce qui avait du être un homme. Je ne savais si je devais rire ou pleurer; rire ou hurler. L'homme tourna sa tête ahuris vers nous et dans un grognement guttural se jeta sur l'adjoint qui, bien que l'arme au poing, ne put résister à l'assaut. Je me cachais dans un recoin, derrière un tonneau, ferma les yeux et  boucha mes oreilles. Des flash crépitèrent de je ne sais où, des cris résonnèrent dans ma tête et je la vit derrière mes paupières que j'avais clos. Une citée cyclopéenne immergeant des flots où elle était restée engloutit depuis des milliers d'années. Je la vit, cette bête immonde et magnifique qui se jetait sur Arkham. Je ne sais si ces visions n'étaient qu'allégories et je ne tiens pas à le savoir, mais lorsque ses visions me furent insoutenables j'ouvris les yeux et étouffais un cris d'horreur. Devant moi se tenait la créature  qui venait d'assaillir mon compagnon. Celui-ci gisait à présent à ses pieds. L'homme, ou plutôt la créature, était nu et portait de remarquables stigmates de pathologies inconnues. Son corps flasque semblait presque transparent comme s'il n'était constitué que d'eau et pourtant, des pieds à la tête, sa peau était recouverte d'un réseau de vaisseaux noirs pulsant de façon malsaine. Il me regarda et se baissa pour prendre le révolver posé sur le sol. Il arma le chien tout en me regardant. Je vis ses lèvres bouger lentement sans qu'aucun son n'en sorte, mais bizarrement, je savais ce qu'il disait. Une phrase que je n'avais jamais entendu auparavant, une phrase hors de notre monde, hors de notre portée. « Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn ». Il se tourna et se dirigea à nouveau vers les tonneaux. « Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn » Cette phrase revenait sans cesse. Elle m'était destinée,  je ne sais toujours pas pourquoi. L'homme se retourna une dernière fois vers moi, porta le révolver à sa tête et appuya sur la détente. Une sombre puissance monta en moi. Je revis les citadelles et cette bête mi-octopode mi-humaine. Je ne sais ce qu'il s'est produit par la suite.
 
Je me suis réveillé à l'hôpital St Anne dans le quartier des prisonniers. Je ne sais ce qu'il se passe, mais je n'entend désormais plus que cette phrase. Cette éternelle litanie accompagnée des flutes démoniaques. Deux agents fédéral viennent de partir, me laissant dans l'expectative. Ils m'ont interrogé. Durant de longues heures, d'interminables heures peuplées des cauchemars que mon cerveau a dû se remémorer face aux questions des inspecteurs. Je suis suspecté de meurtres et d'enlèvements sur les personnes du shérif et de son adjoint. Les autorités n'ont trouvé aucune trace de leurs corps sur l'ASS Impérial, ni celui de la créature mais une crise les occupent bien plus que ces disparitions.
Il paraît qu'une épidémie s'abat sur la ville. Je ne sais si c'est une allégorie et je ne tiens pas à le savoir.
 
 
 
 
 
 
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Hors ligne B.Didault

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    • Bernard Didault
Re : Sombre Peste
« Réponse #1 le: 27 Septembre 2018 à 07:51:39 »
BlackSpoon

Ton texte est impressionnant.
Je ne suis pas habituellement un fan du genre, mais je me suis laissé aspiré par l'histoire.
Je ne suis pas non plus un grand correcteur, mais j'ai relevé quelques bizarreries.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Beau travail, merci pour le partage
Bernard
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Hors ligne BlackSpoon

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Re : Sombre Peste
« Réponse #2 le: 28 Septembre 2018 à 15:34:29 »
Bonjour,

Merci beaucoup Bernard pour ton retour.
Tout d’abord merci pour ton compliment. Il flatte mon égo qui commencait à se fletrir face à l’absence d’intérêt que suscitait mon texte. Merci, ça fait plaisir de faire plaisir à un lecteur.

Je te remercie aussi pour ta lecture minutieuse et tes remarques plutôt pertinentes. Doublement merci.
« Modifié: 28 Septembre 2018 à 15:46:39 par BlackSpoon »
"Ceux qui n'ont pas peur du vide ne tombent pas."

Hors ligne Loïc

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Re : Sombre Peste
« Réponse #3 le: 30 Septembre 2018 à 11:32:09 »
Salut à toi !

Citer
d'innombrable récits folkloriques et de rumeurs angoissantes

le "de" avant rumeurs angoissantes n'est pas nécessaires je pense.

Citer
auraient du nous alerter



Citer
aux sombres arts auraient pu recouper ces éléments pour aboutir à cette funeste logique.

ça fait beaucoup d'éléments indéfinis pour une seule phrase

Citer
elle vit recluse sur elle-même, tous les habitants se connaissent au moins de vue.

Un et plutôt que la virgule ?

Citer
Aux Témoignages que j'ai recueillis

Je ne comprends pas la majuscule, ni la suite de la phrase

Citer
Un remorqueur du nom de Hope

le nom du remorqueur est-il nécessaire ?

Citer
composés essentiellement de petits gens simples et de métis

"ses hommes" ne peut pas être composé
Une proposition : "à ses hommes, essentiellement des petits gens simples et des métis"
(voir si gens ne devient pas féminin au pluriel)

Citer
Tant et si bien que ce fut le capitaine qui s'y attela, laissant sa raison de côté pour honorer son devoir.

"Tant et si bien" est très très lourd, je trouve

Citer
le maire décida de faire inspecter le navire abandonnée

abandonné
Juste après : autorisé

Citer
afin de pouvoir en écrire un article

"en" reprend quoi ? Tu peux le supprimer je pense

Citer
toute cette ignominie ne serait arrivée.

l'élision du "pas" ne me semble pas heureuse

Citer
Et nous vivrions, maintenant dans l'ignorance de cette horreur tapie dans les sombres recoins, cachée derrière les planches goudronnées de l'A.S.S Impérial.

Ponctuation à revoir dans cette phrase

Citer

​L'inspection du navire fut, là aussi, prétexte à l'attroupemen

l' en trop

Citer
nous n'étant versé dans l'art marine,

l'art marin / l'art de la marine ?

Citer
Nous surmontames notre appréhension

surmontâmes

Citer
Après maintes détours

maints

Citer
« Avez-vous vu qui s'était ? » Me dit une voix lugubre.

c'était
pas de majuscule à me

Citer
Comme si quelqu'un y avait planter un pieux ou un couteau. A moins que ce ne soit quelque chose.

planté
manque un mot dans la deuxième phrase ?

Citer
Rien n'aurait pu me préparer à ce spectacle alors, bien qu'à présent, je ne suis plus en mesure d'être surpris.

je ne comprends pas de quel spectacle tu parles

Citer
en lumière ce qui avait du être un homme.

dû, toujours

Citer
Je me cachais dans un recoin, derrière un tonneau, ferma les yeux et  boucha mes oreilles.

cachai, fermai, bouchai

Citer
je la vit derrière mes paupières que j'avais clos.

vis, closes
Juste après : engloutie

Citer
. Je la vit, cette bête immonde et magnifique qui se jetait sur Arkham.

vis

Citer
Je ne sais si ces visions n'étaient qu'allégories et je ne tiens pas à le savoir, mais lorsque ses visions me furent insoutenables j'ouvris les yeux et étouffais un cris d'horreur.

répétition de vision
étouffai

Citer
. Deux agents fédéral

fédéraux

Citer
mais une crise les occupent bien plus que ces disparitions.

occupe

Je ne comprends pas trop le lien avec le début, où il connait la crise, et la fin où a priori il est enfermé à Sainte Anne depuis quelque temps.
À part ce problème de cohérence, j'ai plutôt bien aimé. La tension permanente et l'ambiance sont bien retranscrites.
Au plaisir !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


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