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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La chasse

Auteur Sujet: La chasse  (Lu 1385 fois)

Hors ligne voile59

  • Troubadour
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La chasse
« le: 19 Juillet 2017 à 09:58:59 »
Bonjour. La lecture de certains textes ici m'ont redonner l'envie de commenter et d'écrire. Je poste la première partie d'un texte à l'arrêt depuis des mois. J'espère ainsi me donner une motivation supplémentaire pour accoucher de la fin     

          La troisième guerre mondiale fut longue et meurtrière. Beaucoup plus que les deux premières. Ce qui est logique au vu des immenses et merveilleux progrès accomplis en un siècle.

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        Jon le chauve se recroquevilla. Il avait peut être escompté une fois de trop sur sa veine mais au soir tombant, couvert de boue noire comme il était, caché sous les buissons touffus, il avait peu de chance d’être découvert. Quand même, ce fossé recouvert de branchages épineux avait été une aubaine bien venue dans sa galère.
        Jon repensa à la décision qui l’avait conduit à cette situation. Entre le danger que représentait le fait de pénétrer dans le territoire des Blocs et la promesse d’un repas copieux pour toute la famille que représentait ce daim, il n’avait pas longtemps hésité. Et dans cette région vallonnée, fortement boisée, prudent, il ne devrait pas faire de mauvaise rencontre. De plus la traque promettait d’être longue et passionnante. Malheureusement, tout à sa course et à sa piste, il s’était dangereusement rapproché des ruines. Il s’en était brusquement rendu compte en tombant sur les vestiges d‘une route. Comprenant son erreur il avait fait demi-tour. Trop tard. Le cri d’alarme d’un guetteur lui fit aussitôt réaliser que de chasseur il était devenu gibier. Et depuis le milieu de la matinée il avait fui, traqué par des mangoms. Tout ce qui ne faisait pas parti du clan des Blocbéton était bon à manger. Jon n’avait aucune envie de se voir decoupé morceau par morceau. La proie vivante, il est plus facile de conserver la viande fraîche et elle est plus tendre.
         Il avait essayé de retourner vers son territoire où la connaissance du terrain l’aurait favorisé et où ses ennemis, loin d'être téméraires, feraient demi tour à l'idée d'une possible bataille rangée en cas de rencontre malencontreuse. Malheureusement les mangoms avaient suivi la même logique et avaient anticipé la manœuvre par un mouvement tournant qui avait failli le surprendre. Seule la maladresse d’un des chasseurs en révélant sa présence en faisant bruyamment rouler une pierre du haut de la ravine lui avait évité la capture. Ses ennemis étaient derrière lui et sur sa droite, longeant la ravine ou il se trouvait. Cela ne lui laissait que peu d’alternative. Retourner en territoire mangoms ou le territoire interdit. Sa décision fut vite prise et il obliqua vers le pays inconnu à la réputation maléfique. Il avait reprit sa course, aiguillonné par les cris excités des poursuivants.
         Il avait donc couru toute la journée, usant de toutes les ruses que l’expérience de la chasse lui avait apportées. Il savait que sa seule petite chance de leur échapper était de ne pas se faire attraper avant la nuit. Ensuite il se cacherait, alors peut-être abandonneraient-ils la chasse et partiraient traquer une proie plus facile. Ou peut-être pas. Nul ne pouvait prédire les réactions des hommes du clan des Blocbéton. Certains les disaient tellement fous de viande humaine qu’ils pouvaient poursuivre une proie des jours et des jours.
         Pour l’instant, cela faisait un moment qu’il ne les entendait plus. Peut-être avait-il réussi à les semer. Mais il tendait l’oreille car, sachant comme tout bon chasseur que parfois l’immobilité et le silence pouvaient s’avérer être une ruse efficace, il restait méfiant. A lui d’être plus patient qu’eux.
           Heureusement il avait pu garder ses armes, sa gourde et sa musette. Il se redressa un peu et en silence pour fouiller son sac. Il sortit deux languettes de viande séchée qu’il mâcha lentement, mangea un peu de galette de blé et but une rasade d’eau. Il lui en restait un demi-bidon. En restant à l'abri sous les arbres pour rester hors de vue, il avait réussi à économiser son eau
         Rassasié il repensa à la traque. Il était furieux contre lui-même. Il s’était laissé emporter par la fièvre du pistage. Une erreur d'enfant ! Il frappait ses fils quand eux-mêmes se laissaient mener par la frénésie de la traque, leur rappelant tous les dangers qu’ils risquaient de rencontrer seuls en dehors de la protection du clan de la Forêt. La vie ne faisait pas de cadeaux aux personnes se montrant trop arrogantes vis-à-vis de Mère Nétur. Et il avait oublié cette règle d’or.
           Bon, il devait se calmer et dormir, la battue n’était peut-être pas terminée. Pourtant avec la quasi-certitude que ses poursuivants ne pourraient pas le retrouver dans le noir, il se roula en boule en gardant ses armes à portée de main. L’adrénaline restante dans son sang l’empêcha de trouver tout de suite le repos. Il se tourna légèrement pour entrapercevoir le ciel étoilé au  travers des buissons. La nuit était clair, il ferait froid au petit matin. Tant mieux, ainsi il se réveillerait tôt et pourrait profiter de la nuit encore présente pour se glisser furtivement hors du fossé et s’enfuir. Il réfléchit un peu à quelles manœuvres il serait obligé si ces poursuivants n’avaient pas lâché prise. Puis la fatigue accumulée, associée à une chaude nuit de printemps le conduisirent à un sommeil calme mais attentif. Tel un chat, même assoupi, une partie de lui restait sur le qui-vive. Au firmament, des morceaux de lune éclairaient les branches d’une faible lueur blanchâtre.

C'est le chant des oiseaux devançant l'aube et la fraîcheur qui le réveilla. Tout de suite en alerte. Il prit le temps de manger et de boire. Il n'aurait certainement plus le temps de le faire après et aurait néanmoins besoin de toutes ses forces durant la journée.
Puis il rampa jusqu'à la trouée qu'il lui avait permis de se cacher dans le fourrée. Passage qu'il avait pris bien soin de reboucher pour la nuit. Il dégagea l'accès et se glissa le plus silencieusement possible de sa tanière. Il hésita encore sur la marche à suivre. Devait-il continuer sa course vers le territoire interdit, tout proche maintenant, ou vérifier si les mangoms étaient toujours à sa poursuite. Il leva la tête. Non, le vent ne s'était pas encore levé. Son odeur ne pourrait pas le trahir. La boue qui le recouvrait hier soir avait séché et était tombé durant son sommeil. Mais il était encore très sale et il ne serait pas facile à voir dans la pénombre du matin. Le soleil n'était toujours pas levé mais le ciel s'éclaircissait déjà. Il se décida. Il commença à revenir sur ses pas, lentement, silencieux et attentif.  Il avançait courbé, souplement évitant tout frottement aux branches. Il avait fait à peine  trois cents pas quand il sentit l'odeur du feu. Par l'Atome ! Ils étaient si proches. Il essaya d'être encore plus furtif et s'approcha. Là, à une trentaine de mètre dormaient une dizaine de mangoms. Seul le veilleur du feu surveillait le campement, assis devant les cendres rougeoyantes un bras tenant un bâton tendu vers le feu. Jon le chauve, accroupi, l'épia. Mais le veilleur ne bougeait pas puis Jon vit que le bout de bois reposait dans le creux de la main ouverte et détendu du veilleur. Il dormait aussi. La chance  semblait vouloir lui sourire. Dans son clan, ce genre de faute valait quinze jours de corvée au coupable. Il observa les alentours. Peut-être pouvait-il contourner le campement et rejoindre son territoire. L'espoir l'envahit, si Mère Netur le voulait bien, il reverrait sa femme et ses enfants.

A suivre
« Modifié: 23 Juillet 2017 à 16:39:10 par voile59 »
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne Sophie131

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Re : La chasse
« Réponse #1 le: 19 Juillet 2017 à 10:38:16 »
       ce fossé recouvert de branchage épineux avait été une aubaine bien venue dans sa galère.
branchages
                 Il avait bien essayé de retourner vers son territoire ou la connaissance du terrain l’aurait favorisé. Et ses ennemis étaient loin d’être téméraire. Chasser un homme seul à plusieurs ne leurs poser pas de problème
où la connaissance, téméraires, ne leur posait pas de problème
         Certains les disaient tellement fous de viande humaine qu’il pouvait poursuivre une proie des jours et des jours.
ils pouvaient
parfois l’immobilité et le silence pouvait s’avérer être une ruse efficace, il restait méfiant.
pouvaient
 
Il sortit deux languettes de viande séché qu’il mâcha lentement, mangea un peu de galette de blé et bu une rasade d’eau.
viande séchée, but une rasade d'eau
         Rassasier il repensa à la traque. Il était furieux contre lui-même. Il s’était laissé emporter par la fièvre du pistage. Une erreur d'enfant ! Il frappait ses fils quand eux-mêmes se laissaient mener par la frénésie de la traque, leur rappelant tous les dangers qu’il risquait de rencontrer seul en dehors de la protection du clan de la Forêt.
rassasié, il repensa à la traque / tous les dangers qu'ils risquaient de rencontrer seuls
 
Il réfléchit un peu à quelles manœuvres il serait obligé si ces poursuivants n’avait pas lâché prise. Puis la fatigue accumulée, associé à une chaude nuit de printemps le conduisirent à un sommeil calme mais attentif.
n'avaient pas lâché prise / associée à une chaude nuit
Là, à une trentaine de mètre dormait une dizaine de mangoms sauf le veilleur du feu.
dormaient / c'est bizarre de dire "sauf le veilleur" (peut-être faire une autre phrase pour dire que seul le veilleur ne dormait pas)

A part ça, j'ai bien aimé ton texte, très immersif

Hors ligne Loïc

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Re : La chasse
« Réponse #2 le: 22 Juillet 2017 à 22:40:52 »
Salut salut !

Citer
La troisième guerre mondiale fut longue et meurtrière. Beaucoup plus que les deux premières. Ce qui est logique au vu des immenses et merveilleux progrès accomplis en un siècle.

C'est pas ouf comme entrée de texte, surtout qu'après c'est vachement plus intéressant. Suis pas sûr qu'on ai besoin de ça.

Citer
Il avait peut être escompté une fois de trop sur sa veine. Mais

Je comprends pas ce que ça veut dire.
Commencer par une conjonction de coordination, c'pas ouf.

Citer
ce fossé recouvert de branchage épineux avait été une aubaine bien venue dans sa galère.

branchages ?
bienvenue

Citer
Et dans cette région vallonnée, fortement boisée, s’il était prudent, il ne devrait pas faire de mauvaise rencontre.

Problème de concordance des temps, non ?

Citer
s’en était brusquement rendu compte en tombant sur les vestiges d‘une route. Comprenant son erreur il avait fait demi-tour mais trop tard.

Vestiges est pas hyper adapté, je trouve.
En retravaillant la deuxième phrase, tu pourrais lui donner plus de force je trouve. (il faut au moins une virgule avant mais)

Citer
Tout ce qui ne faisait pas parti du clan des Blocbéton, était bon à manger

Virgule à supprimer.

Citer
Jon n’avait aucune envie de se voir mourir morceau par morceau car ces cannibales attendaient toujours le dernier moment pour achever leur proie.

Pas ouf cette phrase.

Citer
vers son territoire ou la connaissance du terrain l’aurait favorisé.


On attend quelque chose dans la continuité de cette phrase, notamment à cause du "bien"
Phrase suivante : et pas nécessaire.

Citer
ne leurs poser pas de problème mais l’idée

leur posait
virgule avant mais

Citer
. Seule la maladresse d’un des chasseurs qui avait révélé sa présence en faisant bruyamment rouler une pierre du haut de la ravine lui avait évité la capture. Ses ennemis étaient derrière lui et sur sa droite longeant la ravine ou il se trouvait.

ça manque de virgules

Citer
Retourner en territoire mangoms ou le pays inconnu. Sa décision fut vite prise et il obliqua vers le territoire interdit à la réputation maléfique.

Je ne comprends pas de quoi tu parles
Juste après : reprit

Citer
l’immobilité et le silence pouvait s’avérer être une ruse efficace,

pouvaient

Citer
      Rassasier il repensa à la traque

rassasié

Désolé, je viens de voir que le relevé des fautes avait déjà été fait. Ce serait chouette de faire les corrections, du coup...

Citer
La vie ne faisait pas de cadeau aux personnes se montrant trop arrogante vis à vis de Mère Nétur.

Cadeaux ?
arrogantes
vis-à-vis
Nature ?

Citer
Il réfléchit un peu à quelles manœuvres il serait obligé si ces poursuivants

Plutôt obligé de faire quelque chose.
Ses poursuivants

Citer
Il fut tout de suite en alerte. Il prit le temps de manger et de boire. Il n'aurait certainement plus le temps de le faire après et il aurait besoin de toutes ses forces durant la journée.

Trop de il en peu de mots.

J'aimais bien le début, mais après je trouve que ça s'est enlisé et que t'es resté dans des banalités de suite d'actions sans vraiment de liens entre elles, c'est dommage.
Le texte est vraiment redescendu dans la tension aussi, du coup c'était plus dur de s'y accrocher.

"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne voile59

  • Troubadour
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Re : La chasse
« Réponse #3 le: 23 Juillet 2017 à 16:37:08 »
Bonjour
Désolé du retard mais les randonnées en montagne puis le retour de vacances m 'ont un peu éloigné du site.
Sophie, Loïc: merci de m'avoir lu et d'avoir corrigé mes fautes ridicules.
Loïc: Quelques une de tes observations m'ont permis de corriger des lourdeurs. Merci.
Par contre:
Phrase d'entrée nécessaire, je pense, à la future chute de histoire. Il me faut situer le moment.
 ...veine : juste un petit indice sur le personnage. Il a généralement beaucoup de chance.
bienvenue en un seul mot n'a pas le même sens.
vestiges: pas trouvé de mot plus approprié. Et je vais utiliser le mot "ruine" un peu souvent, plus tard.
Nétur:  Nature mais déformé... par le temps.
Le texte est vraiment redescendu dans la tension aussi, du coup c'était plus dur de s'y accrocher. ça va repartir avec la chasse mais chuut......
« Modifié: 23 Juillet 2017 à 17:40:19 par voile59 »
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne voile59

  • Troubadour
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Re : La chasse - ajout suite et fin
« Réponse #4 le: 24 Juillet 2017 à 18:19:37 »
Son soulagement failli lui être fatal mais ses réflexes le sauvèrent. Il sentit le sol vibré légèrement, il se retourna vivement et vit un énorme mangom se glisser derrière lui le gourdin levé. Il eût juste le temps de brandir sa lance d'un bras pour dévier le coup tout en se laissant tomber sur le côté. Il jeta son propre gourdin dans les jambes du gros cannibale qui trébucha et s'écroula, hurlant et avec fracas dans les buissons devant lui. Jon bondit sur ses pieds et en un instant analysa la situation. Le camp s'éveillait mais les mangoms ne semblaient pas très vifs au réveil et paraissaient ne pas savoir quelle réaction avoir. Jon, lui agit très vite. Il ramassa son gourdin et, dans le même mouvement, l'abbatit sur une des chevilles du mangoms encore empêtré dans les épineux. L'obèse se remit à hurler pendant que Jon faisait demi-tour et repartait vers le territoire interdit en courant. Il espérait prendre assez d'avance avant que les cannibales ne comprennent qu'il était le problème et ne s'organisent. Jon avait entendu dire que parfois les mangoms achevaient leurs blessés pour les manger. Il espérait que ses poursuivants se contenteraient de l'obèse plutôt que de s'épuiser à le poursuivre.Il venait à peine de dépasser sa cachette de la nuit quand il entendit les cris derrière lui.
La chasse avait repris.

Jon s'empressait, sa lance dans la main droite, le gourdin dans la gauche et sa besace tressautant dans son dos. Le terrain descendait constamment maintenant. Il allait bientôt sortir des collines boisées, entrer dans la vallée et le territoire maudit où il serait à découvert. Mais les hurlements dans son dos ne lui laissaient pas d'autre choix. Le bois s'eclaircissait devant lui. Il commençait à apercevoir la prairie aux hautes herbes où sa course serait ralentie. Mais les chasseurs auraient les même problèmes que lui et s'il avait pris suffisamment d'avance, ils ne pourraient pas utiliser leurs lance-pierres. Il jaillit dans la prairie, continuant sa course en pointant sa lance pour écarter les plantes se dressant devant lui. Il fonçait droit sur d'immenses ruines. Son instinct et les histoires des anciens lui disaient de ne pas s'en approcher. Il dévia donc légèrement sa course pour éviter les bâtiments. Soudain derrière lui des cris enthousiastes retentirent. Il se retourna sans trop ralentir pour jauger la situation. Deux jeunes mangoms venaient de surgir des bois à leur tour et l'avaient à portée de vue. Ils s'arrêtèrent pour appeler leurs congénères. Jon continua sa course jusqu'à un des rares arbres qui parsemaient la plaine et se cacha derrière pour épier ses ennemis. Les autres les rejoignirent.  L'un d'une grande stature, le corps couverts de motifs bizarres et quelques cheveux blancs indiquaient un vétéran et un chef. Les deux jeunes excités lui montrèrent la direction qu'il venait de prendre et voulurent reprendre la poursuite. A la surprise de Jon qui se préparait à fuir, l'ancien bloqua sa troupe d'un geste. Restant caché, il continua à surveiller ses poursuivants. Certains contestèrent la décision du chef mais celui-ci montra les ruines avec son gourdin et sembla tenir un discours. Tous se tournèrent vers les gigantesques débris qui occupaient une grande partie de l'horizon.
 Ainsi, les mangoms, eux aussi, avaient peur du territoire maudit, se dit Jon.
Peut-être allaient-ils enfin lâcher la chasse.
Le chef se tourna vers les premiers arrivés et leur parla. Les deux jeunes lui montrèrent de nouveau l'arbre où se cachait leur proie. Le meneur réfléchit puis donna un ordre. Ses hommes se répartirent le long de la lisière et se mirent en position d'attente, accoupris sur leurs talons, au repos mais prêts à bondir.
 Jon soupira et lâcha un chapelet d'injures. La peur qui ne l'avait pas effleuré jusqu'à présent s'insinua en lui. Il devinait les supposition du chef mangoms.
Jon ne pouvait rester sur place, il ne pouvait non plus longer la forêt en  conservant la distance. Dans les hautes herbes, ses poursuivants le garderaient en ligne de mire et ne le laisseraient pas filer. Il ne pouvait faire qu'une chose et elle lui répugnait. Il jeta un œil dubitatif et inquiet aux ruines puis se décida. Sans se cacher ni courir, il se dirigea droit vers les troublants vestiges. Des cris retentirent. Il se retourna. Tous les mangoms s'étaient levés, l'invectivaient mais ne faisaient pas mine de le suivre. Le chef fit un geste et six ennemis  prirent la direction du territoire du clan de la forêt pour lui barrer la route. Jon n'avait plus aucun choix. Il devait  faire un long détour en traversant le territoire maudit pour rejoindre les siens. Il reprit sa marche avec appréhension. Il allait au devant de l'inconnu et de légendes terrifiantes mais que faire d'autre face à l'horreur d'être mangé vivant.
Les ruines étaient composées de plusieurs structures aux formes très différentes. Les plus impressionnantes étaient les restes de ce qui avaient du être quatre gigantesques tours circulaires et concaves. A côté, de nombreux immeubles rectangulaires dont un immense avec un coté totalement éventré. Un autre n'avait plus de toit mais on devinait les restes d'un dôme.  Il reprit son chemin marchant courbé, attentif et anxieux. Il avançait avec prudence  car partout trainaient des bouts de ferraille rouillés et tranchants. En même temps, il surveillait les alentours à l'affût du moindre mouvement indiquant la présence d'un prédateur. Un malaise l'oppressait. Il sentait qu'il y avait quelque chose d'anormal mais n'arrivait pas à identifier le problème. Il arriva sur un squelette d'animal qu'il reconnut comme étant un cerf. Il s'aperçut qu'il y avait nombre d'ossements maintenant qu'il y prenait garde. Il crut même deviner des ossements humains. Lui dont le  village vantait le courage sentit sa peur se transformer en angoisse. Il se tassa sur lui-même et se tourna dans tous les sens pour voir d'où provenait la menace que son sixième sens de chasseur détectait. Quelque chose n'allait pas mais il ne voyait rien, n'entendait rien.
Par l'atome ! C'était cela ! Pas un bruit, rien. Pas de fuite d'un lapin ou d'un rat, pas d'oiseau, pas même un insecte, rien !. C'était impossible. Quel monstre pouvait ainsi faire fuir toute vie animal ? Oubliant les principes de silence et de précaution, il se mit à courir pour traverser au plus vite les ruines monstrueuses. L'angoisse lui faisait entrevoir des ombres menaçantes de tout cotés. Au bout d'un temps qui lui parut interminable, il se retrouva dans la plaine de l'autre côté des ruines. Il continua sa course encore un moment puis commença à tituber et dut se laisser tomber. Il vomit et sentit que ses intestins allaient se vider. Il eut juste le temps de retirer son pagne. L'épisode de désorientation dura de longues minutes puis il perdit connaissance. Quand il se réveilla, le soleil avait bien avancé dans sa promenade journalière. Il se sentait mieux et il prit le temps d'analyser sa situation Calmé, il se rendait compte que la panique lui avait fait prendre des risques insensés et surtout rendu malade. Une inspection physique s'imposait avant toute chose.
« Incroyable » se dit-il, sa chance lui avait de nouveau souri. Pas une blessure ni aux pieds ni aux jambes. Il aurait pu se couper sur un des nombreux éclats métalliques et attraper la mort rouge. Son mal de tête devait être la conséquence de son exposition prolongée au soleil et du manque d'eau. Il vida sa gourde. Tout son corps réclamait du repos mais les mangoms avait certainement abandonné la chasse et il était tout prêt de son territoire,  loin de la frontière du clan Blocbéton. Il ne pouvait pas abandonner maintenant. Il n'avait pas  traversé le pays maudit sans encombre et échappé à ses poursuivants pour rien quand même. On allait l'appeler Jon le chanceux dorénavant.
Son retour au soir tombant fut une surprise pour tout le clan. Son absence ayant été signalée, on avait lancé les pisteurs sur sa trace qui les avait conduits jusqu'au territoire des terribles mangoms. Sa disparition se prolongeant, on le comptait déjà parmi les victimes des cannibales.  Dans l'allégresse générale, et plus particulièrement celle de sa famille, on prépara un grand festin et autour du feu où il narra ses aventures, les transformant en exploit. Il ne cacha pas sa grande peur durant la traversée des ruines maudites pour rendre son haut fait plus retentissant.
Tout à son bonheur et à celle de sa famille, il ne remarqua pas que Ainé, le chef et le plus ancien de la tribu, tout sourire au début de la narration perdait toute sa bonne humeur au récit de la traversée des ruines.
 L'alcool ayant beaucoup coulé, on ne fut pas surpris quand il dit qu'il se sentait fatigué et qu'il avait mal au crâne. Il voulait rentrer chez lui mais Ainé s'interposa. Il appela deux robustes chasseurs qui prirent Jon par les bras pour le conduire au tipi du chaman. Jon se mit soudain à tituber puis recommença à vomir avant même d'arriver. Des trainées rouges brunâtres se mirent à couler le long de ses jambes, sortant de son pagne. Dans le tipi, Ainé murmura:
« Mal d'atome ». Le chaman hocha la tête.
Dans la nuit, vint le délire, puis il sombra dans le coma.
Jon le chanceux mourut au petit matin.
« Modifié: 24 Juillet 2017 à 21:00:57 par voile59 »
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne Sophie131

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Re : Re : La chasse - ajout suite et fin
« Réponse #5 le: 24 Juillet 2017 à 18:49:51 »
Il sentit le sol vibré légèrement, il se retourna vivement et vit un énorme mangoms se glisser derrière lui le gourdin levé.
vibrer, c'est normal que "mangoms" soit au pluriel ?
qui trébucha et s'écroula hurlant et fracassant les buissons devant lui.
il manque une virgule avant hurlant, et je trouve que "fracasser des buissons" pourrait être mieux dit
Jon, lui agit très vite. Il ramassa son gourdin et dans le même mouvement l’abattis sur une des chevilles
virgule après lui et après mouvement, l'abattit
qu'il était le problème et ne s'organise. Jon avait entendu dire que parfois les mangoms achevait leurs blessés pour les manger.
ne s'organisent, achevaient
le territoire maudit ou il serait à découvert.

la prairie aux hautes herbes où sa course serait ralenti.
ralentie
continuant sa course en pointant devant lui sa lance pour écarter les plantes se dressant devant lui.
dommage la répétition "devant lui", le deuxième suffit
Deux jeunes mangoms venait de surgir des bois à leurs tours et l'avait à portée de vue.
venaient, à leur tour, l'avaient
L'un d'une grande stature, entièrement peints de motifs bizarres et quelques cheveux blancs indiquaient un vétéran et un chef.
peint, la phrase est formulée bizarrement, et même si on comprend le sens, ça ne veut pas dire grand chose
Ainsi, les mangoms, eux aussi, avaient peur du territoire maudit se dit Jon.
virgule après maudit
au repos mais prêt à bondir.
prêts
Jon ne pouvait rester sur place, il ne pouvait non plus longer la forêt en restant à distance.
répétition de rester
 
Dans les hautes herbes, ses poursuivants le garderai en ligne de mire et ne le laisserai pas filer. Il ne pouvait faire qu'une chose et elle lui répugnai.
garderaient, laisseraient, répugnait
Tous les mangoms s'était levés, l'invectivait mais ne faisaient pas mine de le suivre.
s'étaient, l'invectivaient
face à l'horreur d'être manger vivant.
mangé
Il reprit son chemin marchant courbé, attentif et anxieux. Il avançait avec prudence et précaution car partout trainait des bouts de ferrailles rouillés et tranchant.
virgule après chemin, précaution et prudence sont très proches un seul suffit, trainaient, ferraille, tranchants
à en identifier le problème. Il arriva sur un squelette d'animal qu'il reconnu comme étant un cerf. Il s'aperçut qu'il y avait nombres d'ossements maintenant qu'il y prenait garde. Il cru même deviner des ossements humains.
à identifier le problème, reconnut, nombre d'ossements, crut
Quelle monstre pouvait ainsi faire fuir toute vie animal.
quel, manque le point d'interrogation
L'angoisse lui faisait entrevoir des ombres menaçantes de tout cotés.
tous côtés (il manque toujours l'accent circonflexe sur côté)
s'imposait avant toutes choses.
toute chose
et attrapait la mort rouge. Son mal de tête devait être la conséquence de son exposition prolongé au soleil et du manque d'eau.
attraper, prolongée
les mangoms avait certainement abandonné la chasse et il était tout prêt de son territoire
avaient, près
qui les avait conduit jusqu'au territoires des terribles mangoms.
conduits, territoire
Tout à son bonheur et à celle de sa famille, il ne remarqua pas que Ainé, le chef et le plus ancien de la tribu, tout sourire au début de la narration perdit toute sa bonne humeur au récit de la traversée des ruines.
perdait toute sa bonne humeur (c'est une action progressive), virgule après narration
 
Des trainées rouges brunâtres se mirent à couler le long de ses jambes sortant de son pagne.
virgule après jambes

et maintenant un commentaire global sur le texte : comme la première partie, ça se lit bien, mais les phrases sont maladroites et le vocabulaire est parfois simpliste, ce qui rend les phrases moins percutantes que si le vocabulaire était choisi avec soin. Je trouve que le passage dans les ruines n'est pas assez angoissant, peut-être qu'un découpage plus rythmé des phrases pourrait aider (genre sauter plus souvent des lignes et faire des phrases plus concises) Et la fin est trop attendue, ça manque de suspense. Pour ma part, j'ai su qu'il allait mourir dès que tu évoques le panneau "nucléaire".
C'est un texte qui pourrait être bon si tu arrivais à rendre la traque plus prenante pour le lecteur.
J'ai préféré la première partie, que je trouvais mieux écrite

Hors ligne voile59

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Re : La chasse
« Réponse #6 le: 25 Juillet 2017 à 10:52:24 »
Bonjour

Merci à toi Sophie. Encore beaucoup trop de fautes stupides et évitables. Tes commentaires sont très juste.

Je n'aurai pas du me forcer à terminer ce texte, ni surtout à le poster si vite. 2 relectures seulement et un premier jet quasi illisible.
J'ai supprimé le passage qui tuait la chute.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne seixal

  • Tabellion
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Re : La chasse
« Réponse #7 le: 26 Juillet 2017 à 04:55:02 »
Salut,

En dépit de certaines qualités d'imagination, je dois dire que j'ai trouvé ce texte très indigeste. La faute a un trop grand nombre de phrases du calibre de
Citer
Il avait peut être escompté une fois de trop sur sa veine mais au soir tombant, couvert de boue noire comme il était, caché sous les buissons touffus, il avait peu de chance d’être découvert.
Ça part un peu dans tous les sens, et ça rend la narration confuse.

De même, je dirais aussi que ton texte pêche essentiellement dans le fait qu'il "raconte plus qu'il ne montre". Narrer des actions, plutôt que de les raconter aide le texte à gagner en fluidité. Plutôt que de dire "Pierre alla à la poste, non sans avoir enfilé son bonnet car il avait froid", "Pierre enfila son bonnet, et claqua la porte de son appartement. L'air de la rue était froid, il allongait le pas en direction de la poste".
Il serait aussi judicieux de revoir certaines règles de ponctuation, les virgules notemment.

Bon courage, et au plaisir de te lire!
« Modifié: 26 Juillet 2017 à 05:01:45 par seixal »
L'éloge offre à la vanité ce qu'il vole à l'humilité.
http://davereis.blogspot.com/

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
Re : La chasse
« Réponse #8 le: 26 Juillet 2017 à 16:41:04 »
Bonjour

Merci de ta lecture et de tes remarques seixal. je ne suis pas content de ce texte et depuis un bon moment.
Je le traîne depuis presque deux ans et, comme dit auparavant, j'en suis arrivé à le poster pour me forcer à en écrire la fin.
Bon, ben ce n'est pas une réussite. Ce qui m'ennuie le plus c'est que j'en ai trois autres en souffrance.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

 


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