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Tu n’es plus seul.
Au loin gronde une prosodie nouvelle, encore effrayante, mais dont tu commences à percevoir la douceur réconfortante et sécurisée au sein de laquelle tu te plongeras pleinement, sans t’en rendre compte, et comme si tu l’avais toujours vécue.
De nouvelles normes, de nouvelles considérations humaines, centrées sur la causalité immanente à ton être, à ton cosmos. Ces règles te semblent encore outrageantes, tu les répudies aujourd’hui après les avoir moquées, et demain tu les considéreras comme entière part de toi.
Tu n’es plus seul.
Tu te répètes pour te convaincre les lignes de ce combat psychique. Tu n’acceptes pas tout-à-fait, tu voudrais qu’il en soit autrement, car ça te remet en cause, et tu es trop imbu pour effectuer cette manipulation sur toi-même.
Il y a quelque chose de sensé, de prévisible, mais d’encore trop flou pour affirmer une certitude qui pourrait, tu crois, te détruire. Une fragrance désagréable, un instant acide qui te plonge dans l’autre par désir de velours.
Tu n’es plus seul.
Ces théories qui t’ont agité, ces intuitions, ces réflexions, appelle-les comme tu veux, sont plus proche de toi à présent. Tu te croyais seul avec un fardeau insurmontable. Ce fardeau existe bel et bien, et il semble effectivement insurmontable. Mais tu n’es plus seul.
Tu n’es plus seul car tu sais maintenant que tu construis un lien. Avec des autres toi que tu ne connais pas. Avec des autres que tu n’as jamais vu. Tu te connectes avec tes prédécesseurs et tes successeurs. Ce lien intouchable, tu le palpes malgré tout.
Tu n’es plus seul.
Car maintenant vous vous levez ensemble. Mais tu as peur. Qui donc cette prosodie concerne-t-elle vraiment ? Les autres suivront-ils le chemin de la science, ou plongeront-ils dans l’obscurantisme ?
Eux, sont-ils capables d’accepter, ou le fil est-il trop fragile pour que vous vous unissiez sous la bannière de ta vérité ? Tu te demandes : comment les amener là où il n’y aurait pas de fracture, pas de drame, pas d’horreur indicible ?
Tu n’es plus seul ?
A moins que…