Patchwork
-Où est l’arbre aux araignées ? Demandais-je au chat.
-Brr, je ne vais pas voir cet arbre, c’est une horreur, me dit le chat.
-Pourtant tu pourrais te promener autour de l’arbre, insistais-je.
-Vraiment, c’est trop sombre, dit-elle encore.
-J’eu souhaité savoir si les arbres aux araignées sont des baobabs, dis-je.
-Sous d’autres tropiques, peut-être, admis le chat.
**
Je me retournais dans mon lit. C’est alors que j’eu cette vision, effrayante et violente. Des couteaux, une dizaine, plongeaient dans un saladier ensanglanté. Les lames rougies étaient arrondies et les manches d’ivoire claire.
Sous l’éclat pâle de la vision, tout me semblait rougi, autant les murs émergé aux ombres violettes et noires que les ardeurs à vaincre la peur.
Je me précipitais à l’extérieur de ma chambre et, trouvant devant moi d’autres portes, tambourinaient aux battants de toute ma puissance d’être à peine éveillé. Une porte s’ouvrit et d’une chambre bleue et grise vint un jeune homme au crâne rasé. Il s’engouffre par ma porte laissée ouverte. Un soupçon terrible me vint – je prends peur de cet homme aussi, et m’en vais.
**
Le petit chat marche à mes pieds sur le trottoir, tantôt à gauche, tantôt à droite de mes jambes. La lumière d’un jour nouveau tombe impartialement sur nous.
Nous rejoignons des camarades dans une boutique construite en lattes de bois, à la façon d’un chalet. Là, nous sommes assis autour d’une table massive en pin clair.
Derrière nous, des femmes hésitent sur l’achat de rouge-à-lèvres énormes. Les tubes écarlates et lie-de-vin sont en formes de pénis. Elles les dévorent :
-C’est une pâte comestible à base de fond d’artichaut, explicite l’une d’elle.
-Sauvons la fabrique, demande Marie D. autour de la table.
J’ignore ce qu’est cette fabrique ni pourquoi elle nous commande ce désir auquel je n'ai pas l'intention de répondre.
**
Alors que le jour se poursuit, je rejoins le long d’une allée la cabane de broussailles qui est ma base secrète. Emergeant des branches emmêlées d’épines, il y a une boite à chaussures baignant d’eau , dans laquelle est posé un ballon de rugby, ovale comme tous les ballons de rugby.
Une enfant blonde m’interpelle devant ce buisson :
-Est-ce qu’on peut jouer avec ton ballon ? me demande-t-elle.
-Oui, concédais-je.
-est-ce que ton ballon se dégonfle ? s’enquiert-elle.
-Les ballons se dégonflent souvent au début puis sont inusables, dis-je.
Elle s’en va jouer au ballon.
Dans le buisson, je trouve une lettre de ma cousine. Elle a colorié le papier en vert, en rouge et en blanc. Aussi, on ne sait pas à quelle échelle ni de quelle couleur trouver l’écriture de son message. Cependant, je déchiffre :
-Je suis bien intégré à la famille de mon époux, les *
illisible*… J’ai ressenti le flux…J’espère que tu as pu te baigner dans l’étang, que tes cheveux un instant ont masqué le soleil. Dis-moi combien tes cheveux sont noirs.